Les juifs antiques croyaient-ils en la Trinité ?
14 août 2017

La Trinité, ce Dieu que les chrétiens aiment et adorent, est un des aspects de leur foi les plus souvent attaqués, déformés et critiqués. Une des critiques que l’on peut faire envers les chrétiens et qu’ils auraient inventé cette doctrine, soit en la volant aux païens, soit pour expliquer la façon dont Jésus s’est révélé.

Un article ne suffit pas à traiter toute cette question, nous nous concentrerons donc ici sur ce que les Juifs de l’époque pré-chrétienne et du début de l’ère chrétienne croyaient au sujet de Dieu, avant de changer leur opinion à partir du deuxième siècle. En concluant cet article, nous verrons que nous n’avons fait que gratter la surface, mais cela permet déjà d’apporter une réponse à la question posée.

Il est vrai que la doctrine de la Trinité a été précisée et précisément définie uniquement par les chrétiens car ils ont reçu une révélation plus claire par l’Incarnation du Fils. Mais il est faux de penser que cette doctrine s’opposait aux attentes juives au sujet du Messie. Nous montrerons ainsi que ceux-ci attendaient un Messie qui est Dieu d’un côté, et de l’autre que ceux-ci croyaient en un Dieu multi-personnel. Nous remercions ici la chaine Youtube Inspiring Philosophy qui nous a permis de nous servir librement de ses travaux à ce sujet.

Un aveu des spécialistes Juifs

Le Docteur Juif Benjamin Sommer, dans sa conférence au sujet des corps de Dieu affirme que les Juifs ont tort de se moquer des chrétiens trinitaires puisque cette doctrine tire son origine du judaïsme antique. Celui-ci donne des exemples de textes Juifs qui confessent un Dieu en trois personnes. Il admet même que lorsqu’il faisait ses recherches pour écrire son livre à ce sujet, il n’avait pas du tout pour but de prouver que les juifs étaient trinitaires mais c’est la conclusion auquel il dit être forcé par soucis d’honnêteté intellectuelle. Ainsi, il dit :

Nous, juifs, n’avons aucune objection théologique à la doctrine de la Trinité.

Et encore :

Le concept de Trinité est présent dans le Tanakh ainsi que dans le mysticisme juif.

Nous présenterons donc ici des anciens textes juifs qui appuient les affirmations de ce docteur et invitons nos lecteurs à écouter sa conférence en entier.

Le Métatrôn ou Ange de l’Éternel

Commençons donc par le Talmud Babylonien. Dans ce Talmud Babylonien 38b, en commentant Exode 24:1, le rabbin signale que quand Dieu dit “monte vers l’Éternel” (et non “monte vers moi”), il parle du Métatrôn et non de Lui-même. Le Métatrôn est un titre du messager le plus élevé de Dieu, celui que l’Ancien Testament appelle “Ange de l’Éternel”. Ainsi, le rabbin attribue à ce Messager le nom YHWH, le Nom que Dieu a révélé à Moïse comme étant Son Nom propre.

Et nous ne devons pas nous tromper ici, ce n’est pas parce que le titre d’ange lui est donné qu’il est considéré comme un être créé. Le mot Mlak en hébreu que nous traduisons par Ange signifie simplement Messager ou Représentant. Ainsi quand Jacob envoie des messagers à son frères Esau en Genèse 32:3, le mot hébreu utilisé est le pluriel de Mlak, le pluriel d’ange. C’est ainsi que le rabbin pouvait dire que le Messager de Dieu est YHWH, l’Éternel.

Le spécialiste Juif Nahum Sarna reconnait ainsi :

Il est clair que dans plusieurs textes, la distinction entre Dieu et son Ange s’estompe. (Gen. 16:7-9, 11; 22:11-12, 15-18; Exod. 3:2, 4; Jug. 6:11-23). Lors de l’Exode hors d’Egypte, c’est tantôt Dieu (Exod. 13:21), tantôt son Ange (14:9) qui mène le camp des Israélites.

Nahum Sarna, Genesis, The JPS Torah Commentary, page 383.

La Memra ou Parole de Dieu

De même, le Targum juif parle d’une certaine entité appelée Memra (ou Parole) de Dieu qui est une personne distincte de Dieu, mais qui partage les attributs de Dieu. Ainsi le Targum, en expliquant de nombreux passages de la Bible qui décrivent une action de Dieu, dit que c’est en fait la Parole de Dieu qui est à l’oeuvre. Le tableau suivant, réalisé par biblestudying.net, fournit quelques exemples. La première colonne donne la référence, la deuxième le texte biblique et la troisième la paraphrase du Targum de Pseudo-Jonathan :

Genèse 1:27 Dieu créa l’homme. La Parole de Dieu créa l’homme.
Genèse 6:6-7 Et Dieu regretta d’avoir créé l’homme sur la terre. Et par sa Parole, Dieu regretta d’avoir créé l’homme.
Genèse 9:12 Et Dieu dit : “Voici le signe de l’alliance que je place entre vous et moi.” Et Dieu dit : “Voici le signe de l’alliance que je place entre vous et ma Parole.”
Genèse 15:6 Et Abraham cru en Dieu. Et Abraham cru en la Parole de Dieu.
Genèse 20:3 Alors Dieu vint vers Abimélek. Alors la Parole en face de Dieu vint vers Abimélek
Genèse 31:49 Que l’Éternel veille sur toi et sur moi ! Que la Parole de l’Éternel veille sur toi et sur moi !
Exode 14:31 Et ils crurent en Dieu Et ils crurent en la Parole de Dieu.
Exode 20:1-2 Alors Dieu prononça toutes ces paroles en disant : Je suis l’Éternel, ton Dieu… (les 10 commandements) Alors la Parole de Dieu prononça toutes ces paroles en disant : Je suis l’Éternel, ton Dieu…
Exode 25:22 Je te rencontrerai du haut du propitiatoire… Je mettrai ma Parole en haut du propitiatoire…
Lévitique 26:9 Je me tournerai vers vous… Et je me tournerai par ma Parole vers vous…
Nombres 10:35 Lève-toi , Éternel ! Lève-toi, Parole de l’Éternel !
Nombres 10:36 Reviens, Éternel ! Reviens, Parole de l’Éternel !
Nombres 11:23 La main de l’Éternel serait-elle trop courte ? La Parole de l’Éternel serait-elle retenue ?
Nombres 14:35 Moi, l’Éternel, j’ai parlé Moi, L’Éternel, j’ai décrété par ma Parole
Deutéronome 1:30 L’Éternel, votre Dieu, qui marche devant vous, combattra Lui-même pour vous. L’Éternel, votre Dieu, marche devant vous et sa Parole combattra pour vous.
Deutéronome 18:19 C’est Moi qui lui en demanderai compte. Ma Parole lui en demandera compte.
Deutéronome 31:3 L’Éternel, ton Dieu, passera Lui-même devant toi. L’Eternel, ton Dieu, sa Parole, passera lui-même devant toi.
Josué 1:5 Comme j’étais avec Moïse, je serai avec toi. Comme ma Parole venait en aide à Moïse, ma Parole te viendra en aide.
Juges 11:10 L’Éternel est témoin entre nous… La Parole de l’Éternel est témoin entre nous…
Ésaie 45:17 Israel sera sauvée par l’Éternel. Israel sera sauvée par la Parole de l’Eternel.

Ainsi, le Targum affirme que la Memra de Dieu crée l’homme, révèle les 10 commandements, sauve Israël, assiste Moïse, etc. lui attribuant ainsi des actions divines tout en la distinguant de YHWH. Il est clair aussi que la Parole de Dieu est une personne pour les Juifs antiques. L’Ange (ou la Parole) de Dieu sont ainsi, dans le Targum, ce qui permet d’être en relation avec Dieu.

Le Saint-Esprit

Mais le Targum connait aussi une troisième entité, appelée Saint-Esprit, intercédant entre l’Éternel et Israël. Ainsi le Docteur Michael Brown dit :

Lamentations Rabbah 3:60,9 rapporte qu’après que l’empereur romain Hadrien ait exécuté deux Juifs, le Saint-Esprit se mit à crier “Tu as vu, Ô Éternel, le mal qui m’est fait. Prends en main ma cause ! Tu vois leur vengeance, leurs complots contre moi”. Voilà un exemple du Saint-Esprit intercédant. Selon Lévitique Rabbah 6:1, le Saint-Esprit est un conseiller-avocat qui parle de la part du Seigneur à Israël et de la part d’Israël au Seigneur… Dans toutes ces citations, qui peuvent être facilement multipliées (voyez par exemple, Genèse Rabbah 84:11; Cantique des cantiques Rabbah 8:16, Lamentations Rabbah 1:48), il est clair que le Saint-Esprit est considéré comme un personne, un “qui” et non un “quoi”, avec une dimension personnelle et non simplement un pouvoir impersonnel. Il est considéré comme Dieu Lui-même et toutefois comme une entité distincte de Dieu qui peut intercéder entre Dieu et l’homme.

Dr. Michael Brown, Answering Jewish Objections to Jesus, volume 2, Page 55-56.

La suite de l’article éclairera encore la question de l’Esprit dans le judaïsme antique.

Philon d’Alexandrie

Philon d’Alexandrie un juif Alexandrin dit aussi, dans ses écrits, qu’il existe trois Figures Divines dans l’Ancien Testament qui font ce que Dieu seul fait. Il parle premièrement, comme le Targum, de la Parole.

… par la Parole, la cause de toutes choses, par qui tout a été créé.

Philon d’Alexandrie, Les sacrifices d’Abel et de Cain, 8

Philon d’Alexandrie appelle la Parole de Dieu, Premier-né (Sur les Rêves, Livre I, 37.215), Gouverneur et Administrateur de toutes choses (Questions et Réponses sur Genèse, 4.110), Grand-Prêtre (Sur la Fuite et les Trouvaille, 10.108-109), Fils de Dieu de qui Adam a été fait l’image (Sur la Création 40.139).

Il suggère aussi que le Messie, dont il est question en Zacharie, ne serait pas un simple homme, mais une personne divine :

…”Voici, un homme dont le nom est Orient !” (Zacharie). Voilà une appellation nouvelle, si vous considérez que cela est dit d’un homme fait d’un corps et d’une âme; mais si vous considérez que cela concerne un être incorporel qui ne diffère en rien de l’Image Divine, vous reconnaitrez que le nom d’Orient fut donné à celui qui est bienheureux. Car le Père de l’univers l’a causé à apparaitre comme Fils Ainé, celui qu’il appelle ailleurs le Premier-né, qui, étant ainsi né, imitant les voies de son Père, a formé telle et telle espèce.

Philon d’Alexandrie, Sur la Confusion des Langues, 14.62-63

Il fait donc un lien entre les prophéties de Zacharie sur le Messie et la figure de l’Image, du Premier-né, du Fils, c’est-à-dire de la Parole.

Philon affirmait par ailleurs que Dieu apparait à son peuple sous la forme de l’Ange de l’Éternel dans des visions. Pour lui, l’Ange était une manifestation de Dieu apparent sous cette forme (Philon, Som. I 234-237).

Le spécialiste juif Alan F. Segal remarque au sujet de Philon :

Philon affirme que le logos (la Parole) était le partenaire de Dieu dans la création. Ainsi, il appelait le logos, “Le Commencement”, “le Seigneur des anges”, et plus significativement, “le Nom de Dieu”. Puisqu’il voyait le logos comme une émanation de Dieu, il pouvait en parler comme de sa descendance, ou comme le premier-né de Dieu. Il était considéré comme immortel, un homme céleste, vrai père de l’humanité.

(Alan F. Segal, Two Powers in Heaven, [Brill Academic, 2002], p. 173 quoting Leg. All. Iii, 96; Conf. 146; Agr. 51; Fug. 72, etc.)

Des rabbins du second siècle rapportent des croyances similaires venant de la période du Second Temple et de la période Tannaïtique.

De même, pour Philon, le Saint-Esprit est Divin (Sur les Géants, chapitre 11), il viendra demeurer dans des personnes pour les aider à faire la volonté de Dieu (Les Lois spéciales, I, 54), il sera répandu sur des personnes (Sur les Vertus, 39), il conduira les personnes à chercher Dieu et à l’adorer (Les Lois spéciales, I, 48).

… il veut dire par cela que le Divin Esprit, procédant de l’Être bienheureux et béni, fut envoyé pour demeurer sur terre, pour le bien de notre race.

Philon d’Alexandrie, Sur la Création, 134

Enfin, Philon rapporte, au sujet de Genèse 18:2 où l’Éternel apparait à Abraham et celui-ci en levant les yeux voit 3 hommes, une tradition juive disant que ces trois sont Dieu. Il dit :

Il est raisonnable que l’un soit trois et que les trois soient un.

Philon d’Alexandrie, Sur Abraham 199-122

Le Messie s’appelle YHWH (l’Éternel)

Des spécialistes modernes Juifs comme Daniel Boyarin et Alan F. Segal ont prouvé dans leurs livres que les Juifs pré-Chrétiens et non-Chrétiens au début de l’ère chrétienne affirmaient que le Dieu unique était constitué de multiples personnes, rapporte Reformed Apologetics Ministries.

Boyarin conclue au sujet des anciens Juifs :

(Ils) croyaient que Dieu avait un Adjoint ou Emissaire ou même un Fils divin, exalté au-dessus des anges, qui agissait comme intermédiaire entre Dieu et le monde dans la création, la révélation et la rédemption.

Daniel Boyarin, The Jewish Gospels, The New Press, 2012.

Les recherches d’Alan F. Segal, un Juif non-Chrétien, se résument ainsi :

Les anciens Israélites connaissaient deux YHWH – l’un invisible, un esprit, l’autre visible, souvent sous forme humaine. Parfois les deux YHWH apparaissent ensemble dans le texte, parfois ils sont distincts, parfois non. (…) Ils ne voyaient pas cela comme une violation du monothéisme car les deux étaient YHWH. Il n’y avait donc pas de second dieu distinct gérant le cosmos. Durant la période du Second Temple, les théologiens et écrivains juifs ont spéculé sur l’identité du second YHWH. (…) Ces spéculations n’étaient pas vues comme non-orthodoxes. Toutefois, les choses changèrent lorsque certains Juifs, les premiers Chrétiens, ont fait la connection entre Jésus et ce concept juif orthodoxe. Cela explique pourquoi ces Juifs, les premiers convertis à suivre Jésus le Christ, pouvaient adorer simultanément le Dieu d’Israel et Jésus tout en refusant de reconnaître un autre dieu. Jésus était le second YHWH, le YHWH incarné. En réponse à cela, comme le montre Segal, le judaïsme a rejeté comme hérésie l’idée des deux pouvoirs (célestes) au second siècle après Jésus-Christ.

Michael S. Heiser, Two Powers in Heaven.

En appellant le Messie YHWH, ils ne faisaient en fait que reprendre ce que les prophètes eux-mêmes avaient annoncé :

Je susciterai à David un germe juste; il règnera en roi et prospérera, il pratiquera le droit et la justice dans le pays. En son temps, Juda sera sauvé, Israël aura la sécurité dans sa demeure. Et voici le nom dont on l’appellera : YHWH notre Justice.

Le Prophète Jérémie 23:5-6

Ce passage de Jérémie 23:6 n’est pas appliqué au Messie par les Chrétiens uniquement mais ce sont les Juifs eux-mêmes qui appliquaient ce verset au Messie :

Dieu appellera le Roi-Messie par son Nom, comme il est dit “Voici le nom dont on l’appellera : Yahvé, notre Justice”

Midrash Rabba sur les Psaumes, chapitre 21

Et encore, dans le livre kabbalistique par excellence :

Nous le savons de Booz qui dit à Ruth “YHVH est vivant ! Reste couchée jusqu’au matin.” Grâce à cette adjuration, il vainquit sa passion, et comme il préserva l’alliance, il mérita d’être le géniteur de rois plus puissants que tous les autres et même du Roi-Messie, qui est appelé par le nom du Saint, béni soit-Il.

Le Zohar, 93b-94a.

Et encore :

Quel est le nom du Roi-Messie ? Rabbi Abba Bar-Kahana a dit : “YHWH est son Nom, ainsi qu’il est écrit : voici le Nom dont on l’appellera, YHWH, notre Justice.”

Midrash Rabba sur les Lamentations, chapitre 1, verset 16.

Cela est confirmé par le Talmud :

Concernant le Messie, voici le nom dont il sera appelé : YHWH notre Justice.

Talmud de Babylone, Baba Bathra75b

Ainsi que par le Midrashei Ge-oula :

Et le Messie fils de David s’assiéra dans la Yéchiva d’en haut, par le Saint, béni soit-Il, et il sera appelé YHWH, comme est d’habitude appelé son Possesseur (le possesseur du Nom), ainsi qu’il est écrit, “et voici le Nom dont il sera appelé : YHWH notre Justice”.

Pirqei Mashiah, Midrashei Ge-oula

Dans la tradition Talmudique, le Messie a plusieurs noms. L’un de ces noms est Yinon (Engendré). En commentant ce nom, le MaHarSHA dit :

Le sens est que, du temps du Messie, le Tétragramme (YHWH), Nom du Saint, béni soit-Il, sera fréquent dans la bouche de tout le monde. Car le Messie portera ce Nom. Ainsi qu’il est enseigné “Le Messie sera appelé du Nom du Saint, béni soit-Il, selon qu’il est écrit  “et voici le nom dont on l’appellera : YHWH, notre Justice.”

Shmuel Eliezer Edeles, MaHarSHA, sur le traité Nédarim 39b.

Dans le Midrash des Psaumes, il est écrit que Dieu appelle le Messie de Son Nom, et quel est Son Nom ? La réponse donnée est : “YHWH, Homme de guerre” (Exode 15:3)

Le nom d’un individu fait référence à son identité-même, sa personne, son être. Dire que le Nom de Dieu est en quelqu’un ou que quelqu’un porte le Nom, c’est dire qu’il est Dieu. C’est comme si un musulman disait que le Messie s’appelle Allah.

Ce fait est entièrement reconnu dans le domaine académique. Par exemple, Ephraïm E. Urbach dans son livre les sages d’Israël, en parlant des souffrances du Messie selon Esaie 53 dans la littérature juive rabbinique, analyse les textes juifs cités par Justin Martyr. Il note au sujet des affirmations de Justin :

Comme nous l’avons vu, il n’y a rien d’étrange dans son assertion, pas même dans le témoignage que le Messie sera appelé Adonaï (substitut du tétragramme) et recevra le qualitatif de Saint (qui est un nom de Dieu). (…) Et voici le nom dont il sera appelé : YHWH, notre Justice.

Les sage d’Israël, p 985.

Ainsi, il est reconnu que les textes Juifs attribuaient le Nom, et par cela l’identité de Dieu, au Messie.

Mais, là encore, laissons la parole à un rabbin très apprécié des prosélytes musulmans, Moïse Ben Maimoun, aussi appelé Maïmonide. Ici, nous rapportons ce que Fidelis Verax, sur Youtube, cite de ses ouvrages :

Dans les Pirqei de Rabbi Eli’ézer, au chapitre 3, on lit : Avant la création du monde, il n’y avait que le Très-Saint et son Nom seul. Remarque bien comme il est dit clairement que ses noms dérivés ne sont tous nés qu’après la naissance du monde. Et cela est vrai, car ce sont tous des noms qui ont été établis par rapport aux actions de Dieu et que l’on trouve dans l’univers (Note : l’auteur fait ici référence aux noms tels que El, Elohim, El-Shaddaï, etc.). Mais si l’on considère son essence, dénuée et dépouillée de toute action, il n’a absolument aucun nom dérivé mais un seul nom improvisé pour indiquer son essence. Nous ne possédons pas de chem (nom) qui ne soit pas dérivé, si ce n’est celui-là, c’est-à-dire, Yod Hé Vav Hé (YHWH). Il est le Nom explicite (chem ha-meforach) absolu.

Maïmonide, Guide des égarés, p. 296-297

Maïmonide dit donc que le Nom YHWH est le seul qui fait explicitement référence à l’essence de Dieu, son Être-même, sa nature. Et ce nom est celui du Messie. Tous les autres noms ne sont que relatifs ou dérivés, c’est-à-dire lié à une action divine. Par conséquent, la manière la plus explicite de dire que le Messie est Dieu c’est de dire que son nom est YHWH. Même si l’on dit “le Messie est Dieu (Elohim)”, cela est un nom dérivé, moins explicite que si l’on dit “le Messie est YHWH”. Maïmonide rajoute :

En somme, ce qui fait que ce Nom a une si haute importance et qu’on se garde de le prononcer, c’est qu’il indique l’Essence-même de Dieu de sorte qu’aucun être créé ne participe à ce qu’il indique. Comme l’ont dit les docteurs au sujet de ce Nom : “Mon Nom, qui m’est particulier”.

Maïmonide, Guide des égarés, chapitre 61.

Si aucun être créé ne participe à ce Nom et que le Messie le porte, permettez-nous de conclure que le Messie n’est pas créé. Encore une fois, le tétragramme désigne exclusivement l’essence divine, les Juifs l’ont bien compris. Et les anciens textes Juifs donnent ce Nom au Messie, en accord avec le témoignage des prophètes.

Mais confirmons encore Maïmonide par un autre rabbin, David Kimchi toujours selon Fidelis Verax. Il analyse Esaie 42:8 quand il est dit “Je suis YHWH, c’est là mon Nom et je ne donnerai pas ma gloire à un autre ni mon honneur aux idoles” et paraphrase :

“C’est là mon Nom”, qui est approprié à Moi seul, non pas comme le nom des images gravées car, bien que leurs adorateurs les associèrent avec Moi dans les applications du nom Elohim, ils ne peuvent pas les associer avec Moi dans ce Nom. Car Je suis YHWH au-dessus de tout.

David Kimchi, Commentaire sur les prophéties de Zacharie.

Ainsi, pour ce rabbin, des idoles ont pu être associée aux noms “dérivés” comme Elohim mais personne, si ce n’est Dieu, ne peut s’approprier le Nom YHWH. Ce Nom est approprié à Dieu seul, celui qui porte ce Nom est Dieu. Il poursuit au sujet du titre “Dieu des armées” :

“Dieu des armées” exprime ce degré dans lequel se trouvent les anges et les orbes avec leurs étoiles, appelés El ou Elohim et par lesquels Dieu est associé avec eux. Mais, dans ce Nom (YHWH), il est associé à nul autre que Lui-même.

David Kimchi, Commentaire sur Osée.

Si personne, si ce n’est Dieu, ne peut être porteur de ce Nom et que le Messie le porte, cela ne nous laisse que peu d’options quant à l’identité du Messie.

Nous pouvons encore citer à ce sujet Sukkah 45b :

Quiconque associe le nom de Dieu à quelque chose d’autre est retranché de ce monde.

Ou Sanhédrin 63a :

R. Simeon b. Yohai a dit : Quiconque associe le Nom céleste à quelque chose d’autre est entièrement détruit, car il est écrit : “Celui qui sacrifie à tout dieu, sauf au Seigneur seul, doit être complètement détruit” (Exode 22:19)

Et pourtant le Messie s’appelle YHWH, toujours selon les rabbins. Il apparait alors clairement que pour ces rabbins le Messie n’est pas “quelque chose d’autre” que Dieu. Il est Dieu.

C’est ainsi que le Rabbi Simeon Ben Jochai, en commentant le Zohar dit :

Il existe un homme parfait, qui est un Messager. Ce Messager est le Metatrôn, le Gardien d’Israël; Il est à l’Image du Saint, béni soit-Il, qui est une émanation de Lui. Oui, il est YHWH; de lui on ne peut pas dire qu’il est créé, ni formé, ni fait; mais il est une émanation de Dieu. Cela s’accorde avec ce qui est dit par Jérémie. (…) Il est “YHWH notre Justice”. (Jérémie 23:5-6)

Rabbi Simeon ben Jochai. The Propositions of the Zohar. cap. 38, Amsterdam edition.

D’autres témoignages juifs anciens

Un juif Alexandrien nommé Ezéchiel le Tragique affirme qu’il y a une deuxième figure divine sur le trône de Dieu. (Howard Jacobson, The Exagoge oh Ezekiel, Cambridge University Press, 1983, p.55)

Dans le livre d’Enoch, le Messie est décrit comme pré-existant et adoré par l’humanité (I Enoch, 48, 3-5). Dans le même livre aux chapitres 70-71, le Messie est expressément identifié comme Dieu et “non compté parmi eux (les humains)”.

Dans le livre 4 Esdras, il est fait mention d’un homme divin qui combat les armées mauvaises à la fin des temps et est présenté comme recevant des offrandes de la part des croyants (4 Esdras 13, 2-13). 4 Esdras dit cela au sujet d’Esaie 66:20, qui dit pourtant que les offrandes seront apportées à Dieu. Ainsi cette figure est bien considérée comme divine, comme Dieu.

Une tradition préservée dans le Midrash Mekhilita du livre d’Exode (Alan F. Segal, Two Powers in Heaven, Brill Academic, 2002, p.54) rapporte une ancienne vue juive au sujet de Dieu le considérant comme multi-personnel selon plusieurs textes de l’Ancien Testament (Bahodesh, 5, Shirta 4).

Le livre juif appelé Apocalypse d’Abraham présente une figure nommée Yahoel comme un second pouvoir céleste qui a le nom de Dieu en lui (Apocalypse d’Abraham, 10.). Avoir le nom de Dieu en soi signifie avoir l’essence divine (comparer avec Ex 23:21).

Dans une portion du livre la Prière de Joseph, l’ange Uriel mentionne un second Yahweh pré-existant appelé aussi Ange de l’Éternel qui apparaissait aux hommes dans l’Ancien Testament. (The Prayer of Joseph, cité par Alan F. Segal, Two Powers in Heaven, Brill Academic, 2002, pp. 199-200).

C’est dans ce contexte religieux que le Christianisme est apparu et c’est pour cela que les premiers chrétiens ont identifié Jésus comme étant ce deuxième qui est Yahweh (Jean 1:1-3, 10; Colossiens 1:15-17, Hébreux 1:8, 10-12).

Le spécialiste J. C. O’Neill écrit donc :

Il n’y a aucun doute quant au fait qu’ils existaient des Juifs avant Christ qui reconnaissaient que, bien que Dieu soit Un, il est aussi Trois

J. C. O’Neill, Who Did Jesus Think He Was ? , Brill 1995, p. 94

De plus, le livre juif pré-chrétien 1 Baruch contient une formule trinitaire :

J’attends de l’Eternel votre délivrance, et la joie me vient de la part du Saint pour la miséricorde que vous enverra bientôt votre Sauveur éternel.

1 Baruch 4.22

De même, 1 Enoch 62:1-2 contient une formule trinitaire en mentionnant l’Éternel et son Esprit étant répandu sur l’Élu qui est le Fils de l’homme pré-existant de 1 Enoch, 48, 3-5; 70-71.

La Romance de Joseph et Aseneth dit qu’il y a Dieu le Père, que Jospeh représente le Fils de Dieu (6.2,6; 14.9), et que quand Joseph embrasse Aseneth il envoie sur elle l’Esprit de vérité (19.11).

Conclusion

En regardant les sources juives ainsi que leurs analyses faites par des spécialistes et docteurs tant Juifs que Chrétiens, une conclusion s’impose : la notion d’un Dieu multi-personnel n’est pas une idée inventée par les chrétiens ni volée aux païens.

Comme nous l’avons dit, ce sont eux qui ont formulé précisément la doctrine trinitaire, mais ils ont derrière eux une longue tradition juive reconnaissant un Ange/Parole/Fils/Sagesse et un Esprit appelés, avec le Père, Yahweh et accomplissant des oeuvres divines. Leur relation avec le Père étant décrit comme “procédant de” Lui ou “émanant de” Lui. Ainsi, sans confesser explicitement la Trinité, ils allaient dans le sens de celle-ci, la formulaient comme en balbutiant.

Une formulation imprécise qui essaye de rendre cohérentes les données de l’Ancien Testament. L’éclairage du Nouveau Testament permettra aux Chrétiens de confesser avec une précision admirable ces vérités. Et c’est en réaction aux chrétiens que les Juifs ont changé leurs interprétations, progressivement, tout au long du Moyen-Âge, comme en témoignent les pères de l’Église comme Justin Martyr, contemporain des premiers changements d’interprétation.

Post Scriptum : En rédigeant cette article, en consultant les diverses sources ci-dessous, j’ai assez vite remarqué qu’un article ne pourrait pas contenir toutes les citations juives sur le sujet. Aussi, cet article sera éventuellement complété par d’autres articles ou modifié pour être encore plus exhaustif. Un grand nombre de citations, en particulier sur l’idée d’un Dieu en Trois peuvent être retrouvées ci-dessous dans les sources de la section “à consulter”.

Sources

Inspiring Philosophy

Reformed Apologetics Ministries

Le Messie est Yahvé à la lumière des midrashim – Fidelis Verax

http://podcast.foundjs.org/the-bodies…

The Bodies of God and the World of Ancient Israel – Dr. Benjamin Sommer

http://www.biblestudying.net/trinity9…

Genesis, The JPS Torah Commentary – Nahum Sarna

Answering Jewish Objections to Jesus – Dr. Michael Brown

The Works of Philo – Translated by C. D. Yonge

À Consulter sur le sujet :

Le Messie est Yahvé : Exode 17,5 contre Jérémie 23,6 – Fidelis Verax

Sefaria, une bibliothèque en ligne des écrits juifs

Dr. Michael Heiser – Two Powers of the Godhead

Dr. Michael Heiser – The Jewish Trinity

Dr. Nabeel Qureshi – The Trinity is One God and is Jewish

Trinity Apologetics – Trinitarian Jews ?

D’autres citations trinitaires chez les anciens juifs

Cet article pourrait aussi vous intéresser : Justin Martyr et l’engendrement éternel du Fils.

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine en 4ème année (FASM1) à la Faculté de Médecine et Maïeutique de l'Université Catholique de Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas D'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde avec laquelle il vit sur Lille.

30 Commentaires

  1. aurore

    Merci pour cette article très intéressant. C’est la première fois que je lis quelque chose sur ce sujet. Votre podcast sur la relation juifs/chrétiens des premiers siècles était aussi très intéressant et poussait à la réflexion. Je me permets juste une petite remarque : pour que l’article soit un peu plus abordable, ce serait vraiment utile que certains mots soient expliqués (ex: le targum?) et les dates de certaines personnes citées (ex: Philon d’Alexandrie).

    Réponse
    • Maxime N. Georgel

      Merci pour ces remarques !

      Réponse
  2. Palop

    Si Dieu est trois personnes alors il est divise il n’est plus Dieu? une question que je pose.

    Réponse
    • Maxime N. Georgel

      Bonjour,

      Les trois Personnes ne sont pas trois parties de Dieu. Dieu reste parfaitement un en son essence car c’est la même essence qui est portée par 3 Personnes.

      Réponse
    • Maxime N. Georgel

      Bonjour,

      Quel est le problème avec ce texte ? Eusèbe cite la première partie de Matthieu 28:19. Les numéros de versets sont des références datant de Robert Etienne, au XVIème siècle.

      Réponse
      • PALOP

        Bonsoir, le problème est que Eusèbe ne cite pas “Les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit” Matthieu 28.19 b

        Réponse
        • Maxime N. Georgel

          Bonsoir,

          Ce n’est pas un problème. Eusèbe était trinitaire et bien des pères citent ce passage avant lui. Il arrive souvent à un croyant de ne citer que le début ou que la fin d’un passage.

          Réponse
    • PALOP

      Bonsoir, pourquoi 3 personnes?

      Réponse
  3. PALOP

    Le père, le Fils et le Saint-Esprit ont un Nom, dans les actes, les apôtres baptisés au Nom de Jesus-Christ.

    Réponse
    • Maxime N. Georgel

      Baptiser au nom de Jésus ne veut pas dire que les apôtres baptisaient en disant “je te baptise au nom de Jésus”. Cela signifie qu’ils baptisaient en tant que représentant de Jésus, en tant que ceux qui portent son nom. Cela signifie qu’ils baptisaient revêtus de son autorité, pour lui. Bref, ils baptisaient en son nom et non pas en leur propre nom.

      Cela n’est pas du tout contradictoire avec la Trinité et n’implique certainement pas que Jésus est le Père. Il est l’image parfaite du Père (tellement parfaite que lorsqu’on contemple le Fils, on voit le Père), le Fils du Père, l’empreinte de sa personne, mais il n’est pas le Père et jamais il ne dit être le Père mais toujours il dit être le Fils. De même, il parle d’envoyer l’Esprit mais jamais d’être l’Esprit. Et pourtant il est un en essence avec eux.

      Comme je l’ai écrit ailleurs :

      Le modalisme est une doctrine christologique ancienne, très rapidement dénoncée comme hérétique par les Pères de l’Eglise dès le IIIème siècle (cf. Tertullien, Adversus Praxean ; Hyppolite, Réfutations de toutes les hérésies, etc.).

      Elle affirme d’un côté que Jésus est à la fois le Père, le Fils et le Saint-Esprit et de l’autre elle nie que le Père et le Fils soient des personnes (ou plutôt des hypostases) distinctes. Pour les modalistes, il s’agit de modes divins de révélation, autrement dit des rôles que Dieu assume à différents moments de la ligne de temps.

      Exemple classique (qui n’en n’est pas la seule version) : Dieu se serait révélé comme Père durant l’Ancienne Alliance, comme Fils durant la période apostolique, et comme Saint-Esprit dans la période dite “de l’Eglise”.

      Depuis le début du XXème siècle, le modalisme connaît un certain renouveau, notamment dans quelques cercles charismatiques (par ex. le branhamisme de Shora Kuetu, ou encore Michèle d’Astier de la Vigerie, Morgan Priest, etc.)

      Cette doctrine, définitivement condamnée au Concile de Nicée (325) et surtout à Constantinople (381), n’est pas sans véhiculer de nombreuses difficultés irréconciliables avec le texte biblique.

      En voici une liste non exhaustive :

      1)Si Christ est le Père, pourquoi priait-il le Père ? Se priait-il lui-même ? La prière est bien un moyen de communication entre deux personnes

      2)Si Christ est le Père, comment l’un peut-il aimer l’autre ? (Cf. Jean 3:35, 5:20). Là encore, l’amour est une relation impliquant plusieurs personnes.

      3)Comment le Fils peut-il être envoyé par le Père ?

      4)Si Jésus est le Père, cela signifie t-il que le Père est mort sur la croix ?

      5)Si Christ est le Père, comment peut-il être soumis au Père, sachant de même que la soumission implique une relation entre au moins deux personnes ?

      6)Si Christ est le Père, alors il n’est devenu fils qu’au moment de l’incarnation. Que faire, dès lors, des versets qui affirment l’existence du Fils avant qu’il ne vienne en chair dans le monde ? (Jean 1:1-5,14-15,18 Jean 17:5 Héb. 1:2-3,5-9 etc.)

      7)Dieu change-t-il ? Si Dieu a assumé le rôle de Père uniquement depuis l’incarnation, alors il y a eu une variation majeure en lui (voir Jacques 1:17)

      8)Dans Jean 15-16, Jésus parle d’un “autre consolateur” (l’Esprit de vérité) qu’il enverra de la part du Père et que le Père enverra au nom du Fils. Comment cet Esprit serait-il un “autre” consolateur si Jésus est l’Esprit ?

      9)Que comprendre que Christ soit “à la droite de Dieu” ?
(cf. par ex. Luc 22:69 ; Actes 2:33 ; 5:31 ; 7:55, 56 ; Héb. 10:12, 1 Pie. 3:22)

      10)Auprès de qui Christ intercède-t-il ? (Rom. 8:34)

      11)Auprès de qui l’Esprit intercède-t-il ? (Rom. 8:26)

      Le modalisme doit par ailleurs reformuler certaines doctrines fondamentales du Christianisme :

      Avec qui le Christ cherche t-il à nous réconcilier en mourant ?
      Par qui est-il abandonné sur la croix ?
      De qui a-t-il subi la colère ?
      Que signifie être un médiateur entre Dieu et les hommes ?
      Pourquoi prier au nom du Fils ?
      Qu’est-ce que l’incarnation ?
      Qui est agent de la création ? Le Père ? Le Fils ? L’Esprit ?
      Que signifie être une habitation de Dieu en l’Esprit ? etc.
      Le Christ du modalisme ne peut pas sauver car il ne peut pas être ce médiateur éternel que nous présente l’épître aux Hébreux.

      Nier la Trinité est une décision lourde de conséquences, car tout le corps doctrinal s’en retrouve affecté.

      Ce n’est pas sans raison que l’Eglise a confessé au sujet de cette doctrine “Telle est la foi universelle : si quelqu’un n’y croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé.” (Symbole d’Athanase).

      Réponse
      • Palop

        Bonsoir Mr Geogel Maxime N, d’après actes 2:38 le baptême au nom de Jésus-Christ il y à pardon de péché car lui seul
        a été crucifié, mort est ressusciter pour nous sauver de la mort éternelle, il est mort pour nos péchés.

        Il n’y a de salut en aucun d’autre; car il n’y a sous le ciel autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. Actes 4:12 LSG
        Car lui habite corporelle ment toute la plénitude de la divinité. Vous avez tous pleinement lui qui est le chef de toute domination et de toute autorité. Colossiens 2.9-10 LSG

        Le salut ne dépend pas de la Trinité, mais de notre seigneur Jésus-Christ qui est mort et ressuscité pour notre salut.

        Pour ma part, ce qui est écrit dans la Bible est la vérité jésus-Christ est mon Seigneur est mon Sauveur.

        Salutation.

        Réponse
        • Maxime N. Georgel

          Bonjour,

          En effet, Jésus est le seul Sauveur et le seul Médiateur. Mais de quoi nous sauve-t-il ? Il nous sauve de la colère du Père. Entre qui et qui est-il le médiateur ? Entre Dieu le Père et les hommes.

          Actes 4:12 ne dit pas que son nom est le seul qui sauve par opposition à celui du Père. Ce verset dit que c’est le seul qui sauve SOUS LE CIEL et PARMI LES HOMMES.

          Colossiens 2 nous dit simplement que Jésus est Dieu. Pas qu’il est Dieu le Père.

          Le salut dépend de Jésus uniquement oui, car c’est lui l’agent de la Trinité qui est mort et ressuscité pour nous.

          Jésus dit toujours qu’il est un avec le Père, il ne dit JAMAIS qu’il est le Père.

          Réponse
          • Palop

            Bonjour, comment interpréter le versé 6 chapitre 9 de Esaïe. Car un enfant nous est né, un fils nous à été donné, et le gouvernement sera sur son épaule ; et on l’appellera son nom : Merveilleux, conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix. V Darby

            Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la domination reposera sur son épaule; On l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. Ésaïe 9.5 V Louis Segond 1910.

          • Maxime N. Georgel

            Bonjour,

            Esaie 9:6 nous exprime des vérités sur le Messie. Le titre “père d’éternité” signifie que Jésus est la source et le roi de toute éternité tout comme Socrate est le “père de la philosophie” ou James Brown le “père de la soul”. Dans le contexte du livre d’Esaie, il n’est pas question de la relation entre les personnes de la Trinité. En ce sens et dans ces contextes, le titre de père ne désigne pas nécessairement la personne du Père mais plutôt une caractéristique de Dieu, au même titre que “berger”, “rocher”, “forteresse”. Les anciens rois se faisaient appeler les pères de leurs sujets. Ce verset nous parle donc du fait que le Messie sera le Roi de son peuple, qui en prend soin comme un père et qui n’aura pas besoin d’un successeur car il est de toute éternité.

            Le traducteur Juif qui a traduit en Grec ce texte traduit “père du siècle à venir” et par cela nous comprenons que le règne du Christ n’est pas de ce monde mais que son pouvoir s’étend jusque dans l’éternité. Cela doit donner une assurance aux vrais croyants qui doivent tourner leur regard vers l’éternité, où règnera le Messie comme les rois règnent en père sur leur nation.

            Une des règles d’interprétation de tout texte et d’interpréter les textes les plus obscurs à la lumière des plus clairs. Or, il est très clair dans le Nouveau Testament que Jésus n’est pas le Père puisqu’il se distingue toujours de lui, même quand il veut marquer son unité avec lui. En d’autres termes, ils sont distincts sans être séparés et ils sont unis sans être confondus.

            Esaie 9 nous dit encore que le Roi qui vient sera *appelé* père d’éternité. C’est-à-dire qu’il sera reconnu comme tel. Les trinitaires reconnaissent en Jésus leur Roi, le père qui veille sur ces sujets. Mais si, par rapport à nous, il agit comme un père, il est néanmoins un Fils vis-à-vis du Père.

            Plus littéralement, on constate que les trinitaires (c’est-à-dire les disciples du Christ) appellent bien “père éternel” Jésus-Christ. Il suffit d’écouter le Messie de Haendel pour se rendre compte que ce titre lui est attribué par eux.

          • PALOP

            Bonjour, hors de JÉSUS-CHRIST pas de salut.

          • Maxime N. Georgel

            En effet, Dieu le Père nous sauve par son Fils Jésus-Christ et par lui seul.

  4. PALOP

    Jesus dit dans jean 14.9 il ya si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe! Celui qui ma vu a vu le Père; comment dit-tu: Montre nous le Père,

    Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l’Esprit de vérité , que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne le connaît point; mais vous le connaissez , car il demeure avec vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins , je viendrai à vous. Jean 14.16-18
    LS1910

    Réponse
    • Maxime N. Georgel

      Jésus ne dit pas “Je suis le Père” ni “je suis l’Esprit”. Mais il dit que par lui on voit le Père et qu’en le voyant nous voyons le Père. De plus, il appelle l’Esprit un AUTRE consolateur. Et le Fils est tellement uni à l’Esprit que lorsque l’Esprit vient habiter en nous, le Père et le Fils viennent aussi faire leur demeure en nous. Mais JAMAIS, absolument jamais, il ne dit qu’il est l’Esprit qui vient faire sa demeure. Il dit au contraire qu’il va envoyer l’Esprit, qui est un autre que lui, faire sa demeure en nous et qu’ainsi il ne nous laissera pas orphelin mais viendra vers nous.

      L’Ecriture dit par ailleurs que le Christ est au ciel et qu’il reviendra à la fin des temps. Il n’est donc pas l’Esprit qui est en nous, sinon il serait déjà revenu.

      Réponse
      • PALOP

        La trinité ou les trois personnes de la trinité ne son pas nomes dans la bibles comme Jesus-Christ ne dit pas je suis le père. La bible dit au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, pas trois personnes, car l’étymologie de personne provient du latin persona https://fr.wikipedia.org/wiki/Personne

        Dieu est Esprit et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité. Jean 4:24 v LSG

        Tout ce qui est Spirituel ne peut expliquer avec la théologie, ou par la pensée humaine philosophique platonicienne.

        Réponse
        • Maxime N. Georgel

          Les Trois personnes de la Trinité sont nommées dans la Bible, côte à côté, à plusieurs endroits comme en Mat 28, lors du baptême de Jésus ou encore à la fin de 1 Cortinthiens.

          Le mot utilisé en théologie pour désigner les 3 est “hypostase” : 2 hypostase en une substance ou 3 personnes en une essence ou 3 subsistances en une substance. Le mot “personne” n’est que la traduction de ce mot et il est totalement faux de croire qu’il faut se référer au sens étymologique d’un mot pour se faire une juste idée de son sens. La plupart des mots changent de sens avec le temps.

          C’est Dieu lui-même qui se connait, il a une connaissance de lui-même. C’est donc lui le premier Théologien. Nous nous parlons de Dieu d’une manière imparfaite mais il utilise le langage humain pour se révéler. La question n’est donc pas “peut-on faire de la théologie ?” car dès que nous disons “Dieu est…” nous faisons de la théologie. La question est plutôt : faisons-nous de la théologie sérieuse ou de la théologie en carton. Le modalisme est une théologie en carton, la Trinité est une théologie sérieuse.

          Réponse
          • PAlOP

            Comment ça se fait que Jésus Christ est au ciel et qu’il est aussi dans nos cœurs ?

          • Maxime N. Georgel

            Jésus Christ, qui est le Fils, est devenu homme. Il a été mis à mort et est ressuscité. Puis, son corps ressuscité s’est élevé au ciel. Mais Jésus Christ, en devenant homme, n’a pas cessé d’être Dieu et est donc par là même présent partout, en tout lieu et en tout temps.

            Puisqu’il oeuvre d’une manière particulière dans le coeur de ceux qui croient en lui, c’est-à-dire ceux qui croient qu’il est le Fils du Père et se confient en lui (ce qui n’est pas le cas des modalistes), on dit qu’il est présent par son oeuvre en eux.

    • PALOP

      Les disciples non jamais été trinitaires la bible ne le dit pas.

      Réponse
      • Maxime N. Georgel

        Les disciples ont exposés et défendus la doctrine trinitaire dans tous leurs écrits

        Réponse
      • PALOP

        Amen

        Réponse
    • PALOP

      Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donne son Fils unique, afin qu’il croit en lui ne périse point, mais qu’il ait la vie éternelle.
      Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour le mon soit sauvé par lui.

      Jean 3.16-17

      Jésus( Yeshoua en hébreu l’Eternel sauve)

      Réponse
      • Maxime N. Georgel

        Oui, Dieu le Père envoie son Fils pour sauver les hommes.

        Le prénom Jésus signifie qu’il est venu, de la part du Père, pour nous réconcilier avec le Père en nous sauvant de nos péchés, comme cela est annoncé lorsqu’il est dit à Marie et Joseph que l’enfant sera appelé ainsi.

        Réponse

Trackbacks/Pingbacks

  1. La Trinité, avant Nicée – PAR LA FOI - […] Cet article peut vous intéresser : Les juifs antiques croyaient-ils en la Trinité ? […]
  2. 3 raisons pour lesquelles il est faux de dire que les pères de l’église ont corrompu le christianisme – Phileo-sophia - […] théologiens hellénistiques faisaient beaucoup d’efforts pour dégager une théologie juive, au point de toucher du bout du doigt la…
  3. Les 20 articles les plus lus sur Par la foi – PAR LA FOI - […] dernières paroles de Jésus, Mohammed et Nabeel Qureshi. 2. Lettre à mon ami musulman 3. Les juifs antiques croyaient-ils en la…

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *