Alliances,  Baptême des enfants,  Sacrements

Jérémie 31 nous dit-il que l'Église n'est plus composée que de régénérés aujourd'hui ?

Ce qui suit est un extrait de mon livre sur le baptême.


« Les réformés baptistes tout comme les adhérents de la New Covenant Theology reprochent aux réformés de judaïser le Nouveau Testament et de christianiser l’Ancien[1]. Ce serait un reproche facile s’il ne se basait pas sur de réels arguments exégétiques, développés et soutenus. Nous nous adresserons surtout aux réformés baptistes ici, puisque nous traiterons la New Covenant Theology plus tard.

Jérémie 31 promet que, sous la nouvelle alliance, tous connaîtront l’Éternel (v. 34). J’irai plus loin que cela en disant que non seulement Jérémie, mais aussi Esaïe nous dit que tous les fils de Sion seront disciples du Seigneur (54 :13) et qu’il n’y aura plus que des justes parmi le peuple (60 :21). Dès lors, les baptistes n’ont-ils pas raison d’insister sur le fait que l’Église n’est que le reste fidèle, n’est plus composée d’irrégénérés et ne peut pas fonctionner selon la logique « tous ceux qui sont d’Israël ne sont pas Israël » (Romains 9 :6) ?

Cette question est la question principale qui m’a fait définitivement basculer du baptisme au pédobaptisme, après avoir étudié les données bibliques mentionnées plus haut. C’est donc que je pense désormais que les baptistes ont tort d’insister sur ce point.

Ainsi, dans un premier temps, il nous faut nous pencher sur le texte principal dans ce débat (Jérémie 31) et son utilisation par l’épitre aux Hébreux, dont l’ensemble en est comme un commentaire. Puis, nous pourrons poursuivre par l’étude de divers textes du Nouveau Testament appuyant notre conclusion.

Ici, je m’appuierai surtout sur le mémoire de Pierre-Sovann Chauny mentionné plus haut qui, avec les écrits de Meredith Kline, constitue ce qui a le plus influencé ma façon de comprendre Jérémie 31.

Chauny propose de considérer premièrement, et c’est plein de bon sens, ce que Jérémie désigne implicitement par ancienne alliance puis d’examiner les propriétés de la nouvelle alliance en cherchant à déterminer ce qui est réellement nouveau selon l’oracle. Ensuite, il convient d’examiner l’eschatologie des prophètes pour pouvoir avancer notre distinction fondamentale entre inauguration et parachèvement de la nouvelle alliance. Nous pourrons alors nous tourner vers l’utilisation que fait le Nouveau Testament de l’oracle de Jérémie tout d’abord de façon générale puis en particulier pour chacune des quatre clauses de l’oracle. Une fois ce parcours biblique terminé, nous serons en mesure de placer la nouvelle alliance en rapport avec les autres alliances.

L’alliance ancienne

« Non pas comme l’alliance que j’ai conclue avec leurs pères, le jour où je les ai saisis par la main pour les faire sortir d’Egypte » dit Jérémie. La nouvelle alliance ne sera pas comme l’alliance au Sinaï. Mais pourquoi cet accent sur le Sinaï ? Est-ce à dire que l’alliance abrahamique est résumée en Moïse et que, elle aussi, est prête à disparaître ? Ou est-ce parce que l’alliance au Sinaï a des caractéristiques qui la distingue précisément de l’alliance abrahamique ?

Chauny commence par montrer que l’alliance adamique existe, qu’elle est une alliance des œuvres, que dans une telle alliance il faut mériter son salut, que si Adam n’avait pas péché il aurait obtenu la vie éternelle et que l’alliance des œuvres est le fondement légal de l’alliance de grâce. Je ne détaillerai pas cela ici puisque les réformés baptistes l’admettent.

Il poursuit en montrant que l’alliance abrahamique est une alliance de grâce, que dans une telle alliance la vie et le salut sont offerts aux pécheurs gratuitement, en Jésus-Christ et que la foi et l’obéissance y sont requises. Puisque nous nous concentrons sur l’alliance mosaïque en Jérémie 31, nous ne nous étendrons pas sur ces points.

Chauny poursuit en montrant que l’alliance mosaïque est une administration de l’alliance de grâce incluant à un niveau typologique le principe des œuvres. Autrement dit, il défend le point de vue de Meredith Kline, qui me semble aussi être le plus fidèle aux données bibliques.

Déjà à l’époque de Turretin, il y avait ceux qui disaient que l’alliance mosaïque était une alliance de grâce, d’autres qui disaient qu’elle avait des éléments de l’alliance des œuvres et les amyraldiens qui disaient qu’elle était d’un troisième type.[2]

Chauny donne alors trois raisons pour lesquelles l’alliance mosaïque est une alliance de grâce[3] :

(i) Le Dieu qui instaure l’alliance sinaïtique par l’intermédiaire de Moïse est le Dieu qui s’est souvenu « de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob » (Ex 2.24) et qui s’est présenté à Moïse au moment de l’appeler pour être le libérateur de son peuple comme « le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. » (Ex 3.6).

(ii) En conséquence, l’ « alliance sinaïtique n’est pas autre que l’alliance de grâce conclue auparavant avec les pères» puisque que l’alliance conclue au Sinaï pour faire d’Israël son peuple est « selon ce qu’il a juré à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob » (Dt 30.12). L’alliance sinaïtique est donc présentée comme le prolongement naturel de l’alliance abrahamique.

(iii) Il faut ajouter que Dieu se présente comme le rédempteur de ce peuple (Ex 20.2), celui qui pardonne ses péchés (Ex 34.6-7), qui le sanctifie et qui lui promet la circoncision du cœur (Dt 30.6, 8), un tendre père qui chérit ses enfants (Dt 32.6-10), un roi qui fait la grâce à son peuple de demeurer au milieu d’eux (Ex 25.8 ; 29.45-46 ; Lv 26.11-12). « Puisque d’aussi nombreuses et grandes bénédictions ne peuvent être obtenues de Dieu [par des pécheurs] si ce n’est en vertu de l’alliance de grâce, l’alliance sinaïtique dans laquelle il s’est montré tel ne peut être autre qu’une alliance de grâce».

Je rajouterai à ces éléments la façon dont le reste de l’Écriture parle de ces deux alliances (en Abraham et en Moïse) comme si elles n’en étaient qu’une (Ps 105 :8-11).

Puis, il poursuit en montrant que l’alliance mosaïque est une réaffirmation typologique du principe des œuvres et, là encore, je pense ne pas avoir besoin de montrer cela aux réformés baptistes qui le reconnaissent aisément, peut-être même à l’exclusion du caractère gracieux souligné plus tôt.

Ces précisions faites, nous comprenons que Jérémie, tout comme Meredith Kline (et Saint Paul !), nous disent que la nouvelle alliance ne sera précisément pas comme l’alliance mosaïque, au sens klinien du terme. Comme le dit Chauny (p. 20) :

En opposant la nouvelle alliance à l’alliance mosaïque, l’oracle de Jérémie désigne implicitement l’alliance mosaïque comme « ancienne », « vieillie » et « en passe de disparaître » (cf. Hb 8.13). L’incorporation du principe d’héritage par les œuvres au niveau typologique correspond au caractère transitoire de cette alliance : l’administration mosaïque de l’alliance de grâce est, de ce point de vue, une parenthèse dans l’histoire du salut. La Loi joue un rôle pédagogique, pour conduire au Christ.

[…]

Une telle spécificité de l’alliance mosaïque suppose que la nouveauté de la nouvelle alliance réside dans une large mesure dans l’abrogation des dispositions spécifiques de l’alliance mosaïque relatives à son caractère typologique. La discontinuité de la nouvelle alliance avec l’alliance mosaïque seule est mise en évidence. Il faudra en tenir compte lorsque la relation entre les alliances sera esquissée.

Ce qui fait que ces deux alliances sont discontinues, c’est précisément la réaffirmation du principe des œuvres. Ce qui fait que l’économie mosaïque est en continuité avec la nouvelle alliance dans d’autres passages, c’est le fait qu’elle accomplisse l’alliance abrahamique et administre ainsi l’alliance de grâce. Ce double langage ne nous posera pas de problème si nous gardons en tête la distinction proposée entre alliance et économie mosaïque.

Si nous réalisons cela, nous commençons déjà à voir que l’argumentation baptiste bat de l’aile, car il devient impossible de se baser sur Jérémie 31 pour argumenter une discontinuité entre l’alliance abrahamique et la nouvelle. Ce n’est pas à dire qu’aucune discontinuité n’existe, mais que ce n’est pas sur la base de Jérémie 31 que nous pouvons les souligner. Or l’argument réformé pour le pédobaptême, nous le rappelons, ne repose pas sur Moïse mais sur Abraham.

L’alliance nouvelle

Maintenant que nous comprenons mieux le lien entre alliance adamique, alliance abrahamique et alliance mosaïque, nous pouvons nous arrêter sur la façon dont Jérémie nous parle de la nouvelle alliance.

Le terme hébreu utilisé dans l’expression « une alliance nouvelle » désigne quelque chose de véritablement nouveau. Pour Jérémie, il y a donc réelle discontinuité entre cette nouvelle alliance et l’alliance du Sinaï. Toutefois, et c’est ce qui étonne, les formulations utilisées pour parler de la nouvelle alliance reprennent des formulations bien connues dans l’ancienne. Comme si la discontinuité ne pouvait être exprimée qu’en supposant une continuité fondamentale. L’intériorisation de la loi, la promesse d’être le peuple de Dieu, la connaissance de Yahvé, le pardon des péchés ne sont pas des thèmes qui commencent avec la nouvelle alliance. Et, comme le dit Meredith Kline[4] :

Mais si la particularité de la nouvelle alliance est celle d’être une consommation, si quand elle abroge elle consomme, alors sa discontinuité est l’expression d’une unité profonde et organique avec l’Ancienne Alliance.

Ne sautons pas trop vite à cette conclusion et soulignons d’abord comment les clauses de la nouvelle alliance font écho à l’ancienne avant de se demander pourquoi Jérémie utilise un tel vocabulaire.

Le verset 33 nous parle de la première clause de cette alliance : les lois dans le cœur. D’autres passages en Jérémie sont parallèles à cette promesse en ce qu’ils mentionnent le cœur, la formule d’alliance et la promesse de restauration (24 :4-7, 32 :37,38). Mais ce thème n’est pas unique à Jérémie, bien que l’expression « écrite dans le cœur » lui soit propre. D’après le Deutéronome, c’est le fait d’avoir « un cœur pour connaître » qui permet d’obéir à l’alliance (29 :3,8). Avoir un cœur incirconcis, c’est être rétif ; avoir un cœur circoncis c’est obéir (Jr 4 :4, 7 :24, 9 :13, 13 :10, 16 :12, 18 :12, 23 :17 ; Dt 10 :16, 11 :1, cf. 6 :4-6). Le Deutéronome avait déjà pour but que la loi aille jusqu’au cœur. Mieux, une telle circoncision du cœur était promise (30 :6). Le Seigneur sait que le peuple aurait un cœur incirconcis, aussi leur annonce-t-il l’exil. A l’horizon du retour d’exil, ces éléments deutéronomiques sont l’arrière-plan de l’oracle de la nouvelle alliance.

La deuxième clause est celle d’être le peuple de Dieu. Cette promesse était présente dans l’alliance abrahamique et dans l’économie mosaïque (Gn 17 :7-8 ; Ex 6 :7 ; Lv 11 :45; 22 :33; 25 :38; 26 :45 ; Nb 15 :41). Elle est aussi présentée après l’Exode comme une bénédiction à venir (Lv 26 :3-12, cf. Dt 29 :9-12, Jr 7 :23). Le livre de Jérémie souligne l’échec d’Israël, Jérémie 31 nous annonce qu’un jour les promesses de Lévitique 26 et Deutéronome 29 s’accompliront. Ici, le langage est donc emprunté directement à la Torah.

La troisième clause de l’alliance est celle de « connaître l’Eternel ». Dans le livre de Jérémie, cela signifie obéir à sa loi (4 :22, 5 :4-5, 9 :7,23, 22 :15,16). Alors que du plus petit jusqu’au plus grand, tous étaient âpre au gain (6 :13), il est promis maintenant que du plus petit au plus grand, tous connaîtront l’Eternel. Jérémie annonce donc un jour où la situation sera inversée, où il y aura une repentance et où le peuple sera ce qu’il aurait dû être : un peuple obéissant, du plus petit au plus grand.

La dernière clause est celle du pardon des péchés. Cette terminologie est absente du Deutéronome mais Salomon, après avoir listé les jugements deutéronomiques lors de la dédicace du temple, a utilisé ce langage pour parler de la restauration, du retour d’exil (1 R 8 :33-50). Le langage du pardon correspond donc à la restauration que le Deutéronome annonçait déjà. La prière de Salomon trouve sa réponse dans l’oracle de Jérémie : les malédictions deutéronomiques seront inversées, il y a aura un retour d’exil et une nouvelle alliance sera établie. Alors que Jérémie témoigne partout du fait que la sentence d’exil est irrévocable, il annonce ici le pardon. Ainsi, même si le langage n’est pas emprunté directement du Deutéronome comme c’est le cas pour d’autres clauses, il réitère néanmoins une des principales promesses deutéronomiques.

Chauny conclut alors :

L’étude des quatre clauses de la nouvelle alliance énoncées par le prophète Jérémie met en lumière l’arrière-plan deutéronomique de l’oracle. Celui-ci s’inscrit en particulier dans la perspective présentée en Deutéronome 29.9-30.10. Ce passage enseignait que, parce qu’Israël est le peuple de Yahvé selon la promesse faite à Abraham (29.12), aucun Israélite ne devait détourner son cœur de Yahvé (29.17). Mais puisque Yahvé prévoit une telle infidélité, il annonce que le peuple sera inexorablement conduit en exil (29.26-27) conformément aux sanctions prévues en Deutéronome 28.63-68. Puis le peuple se repentira (30.1 ; cf. 1 R 8.47) et reviendra à Dieu de tout son cœur (30.2) parce que Yahvé lui-même le circoncira (30.6). Le peuple connaîtra à nouveau son Seigneur, il respectera son alliance. Dans le langage de la prière de Salomon, Dieu pardonnera ainsi le péché de son peuple, i.e. les malédictions de l’alliance seront renversées (30.7-10).

C’est maintenant que nous avons cela en tête que nous pouvons comprendre la question que je posais plus tôt : si la nouvelle alliance est vraiment nouvelle, comment expliquer cette réutilisation du langage deutéronomique dans sa formulation même ?

Chauny suggère alors plusieurs raisons expliquant ce langage. Premièrement, ce langage souligne l’échec de l’ancienne disposition et c’est le thème de tout le livre de Jérémie.

Deuxièmement, ce langage est typologique : puisque Jérémie ne peut pas utiliser le langage néotestamentaire de régénération, il utilise l’idée de la loi gravée dans le cœur. Puisqu’il n’utilise pas le langage de communion avec Dieu en Christ, il utilise celui de peuple de Dieu, favoris des prophètes. « Connaître Yahvé » est une expression caractéristique de Jérémie, le Nouveau Testament complète la perspective en disant que nous sommes enseignés par le Seigneur, par l’œuvre de l’Esprit (1 Th 4 :8-9). En revanche, pour ce qui est de la dernière clause, le langage n’a rien de typologique : l’idée du « pardon des péchés » est exprimée de la même manière par le Nouveau Testament.

Troisièmement, ce langage exprime une continuité fondamentale entre les deux alliances. Alors que les croyants de l’ancienne alliance devait garder les paroles de l’alliance dans leur cœur, être le peuple de Dieu, connaître l’Éternel et expérimenter son pardon ; c’est en réalité la nouvelle alliance qui apportera cela puisque l’ancienne n’a pas su le faire et a conduit à l’exil.

Il faut donc commencer par souligner les discontinuités entre les deux alliances : ce que l’alliance mosaïque n’a pas pu apporter, la nouvelle le fera. Et en partant de cette discontinuité, nous réalisons qu’elle est la continuité : c’est précisément ce que Moïse n’a pas pu apporter que Jésus apportera. C’est ce qui était prophétisé comme restauration par Moïse, dès l’alliance mosaïque, qui sera accompli en Christ.

Si la discontinuité entre Moïse et Jésus est soulignée et que néanmoins une continuité demeure, que dire de l’alliance abrahamique, où la discontinuité n’est pas soulignée par Jérémie ? Il parait évident que la continuité sera plus forte. C’est précisément ce dont témoigne le Nouveau Testament : Là où Moïse est opposé à Jésus, la Loi à la Grâce (Jn 1 :17), etc. les membres de la nouvelle alliance sont fils d’Abraham. Discontinuité avec Moïse, continuité avec Abraham.

Un fait étonnant est que les croyants de l’ancienne alliance connaissaient déjà les bénédictions promises ici par Jérémie (Ps 32). En réalité, le langage de l’Ancien Testament est un langage d’anticipation, qui promet comme futur ce que certains expérimentent déjà afin d’orienter l’espérance d’Israël dans le bon sens : vers Jésus-Christ.

L’eschatologie des prophètes

Le dernier fait qui étonne est que l’oracle de la nouvelle alliance ne précise pas comment il s’accomplira. C’est l’eschatologie des prophètes que nous allons maintenant considérer qui nous explique cela. En examinant les textes des prophètes, Chauny montre que le concept de nouveauté chez les prophètes ne désigne pas quelque chose d’absolument nouveau (Es 1 :26), que l’eschatologie des prophètes vise la finalité de l’histoire humaine, que le peuple (31 :27), la cité royale (v. 38) et l’alliance sont concernés, que l’horizon de l’accomplissement de ces promesses est le retour d’exil car ce triple rétablissement se situe dans « le livre de la consolation » de Jérémie. Il ne faut donc pas examiner la question de l’alliance sans les autres. Il montre dans une longue étude que le peuple de Dieu sera purifié intérieurement, Jérusalem sera une cité vraiment sainte et fidèle, les membres individuels de l’alliance seront renouvelés intérieurement, un nouveau cœur sera donné.

Il poursuit en montrant que les attentes eschatologiques d’Israël dépassent le retour d’exil, c’est ce que le livre Esdras-Néhémie illustre : des réformes sont encore nécessaires, le peuple est encore infidèle et la gloire n’est pas totalement rétablie. Mieux encore, le repeuplement promit du pays préfigure la venue des nations, comme l’annoncent les prophètes, la nouvelle Jerusalem sera un nouvel Eden, préfigurant la nouvelle création qui adviendra par un bouleversement cosmique. Une pleine communion avec Dieu sera instaurée et celle-ci sera centrée sur un serviteur de Yahvé mystérieux, qui est appelé Israël puisqu’il représente ce peuple, le relève et est la lumière des nations.

Ce parcours de l’eschatologie des prophètes nous intéresse ici surtout pour en faire ressortir un point : les prophètes eux-mêmes témoignent de la progressivité de l’accomplissement des promesses, qui s’étend du retour d’exil jusqu’à la nouvelle création. Cela nous donne un cadre herméneutique indispensable pour comprendre le Nouveau Testament : les notions d’inauguration et de parachèvement sont centrales pour saisir ce qui constitue la nouveauté de la nouvelle alliance.

L’inauguration de la Nouvelle Alliance

Il est clair que la naissance de Jésus signe le début de l’accomplissement de l’espérance d’Israël. La venue du royaume de Dieu qu’il annonce s’accompagne aussi de la prédication du jugement qui arrive sur Israël, en particulier dans la prédication de Jean-Baptiste. Le ministère tout entier de Jésus témoigne que le royaume est ici et la nouveauté consiste en ce que ce qui était promis est en train de s’accomplir !

Le Christ est celui qui accomplit la Loi divine, sa tentation montre qu’il passe l’épreuve qu’Israël a échoué (après Adam), sa souffrance et sa mort montrent son obéissance passive à cette Loi. Ainsi, par sa vie et sa mort il accomplit toutes les exigences de la Loi. La nouveauté de la nouvelle alliance, en somme, c’est l’avènement de Jésus-Christ qui nous mérite la vie éternelle et garantit ainsi l’accomplissement de toutes ces promesses. L’Esprit promis aussi, inaugure une nouvelle ère, eschatologique. Il est la puissance à l’œuvre dans la résurrection et signe un changement de siècle, il étend aussi le règne de Christ à toutes les nations. Le Messie garantir l’accomplissement des promesses, l’Esprit inaugure une nouvelle ère. Loin d’être totalement nouveau, cette ère est en fait l’inauguration de l’accomplissement de ce qui était promis.

Jusqu’à maintenant, nous avons donc fait un parcours des différentes alliances bibliques, puis nous avons considéré quelle était la nouveauté de la nouvelle alliance selon l’oracle de Jérémie, nous nous sommes ensuite tourné vers l’eschatologie des prophètes pour voir comment la nouveauté émergerait et nous avons rappelé que la nouveauté eschatologique a fait irruption dans le Nouveau Testament. Il nous reste à considérer maintenant comment l’oracle s’est accompli selon le Nouveau Testament pour pouvoir ensuite conclure et répondre à l’argument baptiste.

Inaugurée ou parachevée ?

Il est manifeste que toutes les attentes eschatologiques n’ont pas été accomplies dès la venue du Messie. Nous ne vivons pas encore dans la nouvelle Jérusalem. Les prophètes nous invitent à nous poser la question : qu’est-ce qui relève de l’inauguration de l’alliance et qu’est-ce qui relève de son parachèvement ?

Pour ce qui est de la première clause (la loi dans le cœur), le Nouveau Testament ne réutilise pas ce vocabulaire. Toutefois, la régénération, la nouvelle naissance et la circoncision du cœur sont des moyens de déclarer que cette clause a reçu un accomplissement. Mais cette Loi n’est pas gravée au point que nous ne soyons plus capable de pécher. Nous sommes capables de pécher et capables de ne pas pécher pour reprendre Augustin. Ainsi, cette clause semble recevoir son plein accomplissement uniquement dans le parachèvement de l’alliance, au retour de Christ, où nous ne pourrons plus pécher. De plus, l’auteur de l’épître aux Hébreux interprète christologiquement cette clause (Heb 10 :5-10) en citant le Psaume 40 qui dit « ta loi est au fond de mon cœur » (v. 9). Ainsi, la clause s’est accomplie parfaitement en Christ qui a parfaitement obéis, mais elle n’a reçue qu’un accomplissement partiel pour nous.

La métaphore du peuple de Dieu est employée très rarement dans le Nouveau Testament (2 Co 6 :16 et Ap 21 :3). Ce dernier verset nous laisse penser que l’accomplissement, là encore, est futur. Si Dieu a commencé à habiter au milieu de nous (2 Co 6 :16), ce n’est que dans l’eschaton qu’il dressera pleinement sa tente chez nous. Là encore, difficile de ne pas voir que l’incarnation a aussi accompli d’une certaine manière cette promesse.

La connaissance de Yahvé par tous les participants de l’alliance (Hb 8 :11), n’est pas non plus reprise par le Nouveau Testament. Toutefois quelques allusions sont présentes (1 Th 4 :9, 1 Jean 2 :27) qui montrent que par l’Esprit nous sommes enseignés par Dieu. Mais nous n’avons que les prémices de l’Esprit, nous sommes encore bien ignorants et tant que l’Esprit coexiste avec la chair, il y aura des ministres de la Parole qui devront nous dire « connaissez l’Éternel ! ».

Pour ce qui est de la dernière clause, le pardon des péchés, le Nouveau Testament lui prête une attention bien plus marquée que les trois autres : le pardon des péchés est sans cesse et explicitement proclamé. L’œuvre du Christ pour le pardon des péchés a eu lieu une fois pour toute, cette clause est pleinement accomplie. C’est réellement à ce sujet que nous pouvons dire « Tout est accompli ». Cette clause semble donc être, comme nous l’avions pressenti chez Jérémie, une exception en ce que dès l’inauguration de l’alliance elle est pleinement accomplie. En fait, le cœur de l’épitre aux Hébreux (8 :1-10 :18) a pour but de caractériser notre ère comme celle du pardon. L’inscription de la loi dans le cœur du Christ et sa parfaite obéissance sont servantes de l’accomplissement de cette clause.

Quelle est la nouveauté de la nouvelle alliance ? Le Christ est venu et a accompli en sa personne toutes les clauses et, par l’effusion de son Esprit, il inaugure un âge où le pardon est plein et entier pour les croyants, ayant garanti pour nous les autres clauses de l’alliance dont nous attendons l’accomplissement total. Ici, vous l’aurez compris, il faut appliquer la dialectique du déjà et du pas encore.

Conclusion : la relation entre les alliances historiques

Nous sommes donc maintenant en mesure de conclure. Le lien entre les deux alliances est fait de continuité et de discontinuité et Christ est la nouveauté de la nouvelle alliance. Citons ici Chauny :

(i) La nouvelle alliance est « l’aboutissement de toute l’histoire antérieure qui visait le Christ ». Le temps de l’Église est celui de la πλήρωμα τοῦ χρόνου (plénitude des temps). La continuité dans l’histoire de la rédemption est fondamentale.

(ii) Le contraste entre le temps de l’attente et celui de l’accomplissement est marqué par une dualité : Moïse et Jésus-Christ, la Loi et la Grâce (Jn 1.17), l’ancienne et la nouvelle alliance, la lettre et l’Esprit (2 Cor 3 ; cf. Hb 8.1-10.18), etc.

(iii) L’exégèse de l’apôtre Paul en Galates 3-4 met en évidence une autre dualité au sein de l’Ancien Testament : au régime de la Loi et de ses œuvres s’oppose le régime abrahamique de la promesse et de la foi. Les membres de la nouvelle alliance sont enfants d’Abraham. La théologie des alliances ne s’articule pas seulement autour de Moïse et de Jésus, mais aussi autour d’Abraham. L’accent néotestamentaire doit être respecté : le rapport avec Abraham est d’abord celui de la continuité, le rapport avec Moïse celui de la discontinuité.

(iv) Cette articulation n’est pas seulement chronologique : la Loi advenue sous Moïse n’a pas annulé la promesse faite à Abraham (Ga 3.17-29). Les croyants qui vivaient sous le régime de la Loi étaient néanmoins sauvés au moyen de la foi (cf. Rm 4.6-8). La promesse est demeurée en vigueur lorsque la Loi a été ajoutée. Paul trouve donc dans la Loi mosaïque non seulement la formule caractéristique de la justification par les œuvres (Lv 18.5 ; cf. Ga 3.12 ; Rm 10.5) mais aussi le langage de la justification par la foi (Dt 30.12-14 ; cf. Rm 10.6-8).

(v) Cette tension provient de la coexistence, à deux niveaux différents, des principes de grâce et des œuvres. Elle se retrouve d’ailleurs dans l’alliance abrahamique : le principe de la justification par la foi est évidemment en son cœur (Gn 15.6) mais un principe d’obéissance est ajouté (cf. Gn 22.16-18 ; 26.5), car Abraham était également un type du Christ.

(vi) Les deux principes de grâce et d’œuvres coexistent depuis le début de l’histoire de l’humanité déchue. Le principe de la grâce et de la foi remonte jusqu’à Abel (Hb 11.3) et même au jour de la Chute (cf. Gn 3.15). Quant au régime des œuvres, son principe n’est pas plus récent : le principe légal contenu dans la Loi mosaïque (Ga 3.23-29) correspond aux στοιχεῖα τοῦ κόσμου (rudiments du monde) régissant les pratiques païennes (Ga 4.1-7), i.e. au principe des œuvres créationnel connu de tous mais qui demeure impuissant à sauver des pécheurs.

Et au sujet du Christ :

(i) La relation entre Dieu et les hommes est d’abord réglée par « le pacte d’Éden». Il s’agit de l’« alliance des œuvres » créationnelle par laquelle l’homme devait mériter (ex pacto) son entrée dans la vie eschatologique. Cette « alliance des œuvres » demeure en application après la Chute et signifie la condamnation et la mort de ceux qui sont en Adam.

(ii) Toutes les dispositions ajoutées après la Chute, à partir du protévangile, procèdent de la grâce de Dieu et sont, quant à leur substance, une expression de l’unique alliance de grâce en Christ. Le médiateur de cette alliance est un nouvel Adam. Il accomplit « l’alliance des œuvres » à la place de ceux qui, par la foi, sont « en lui ». En effet, il remplit les conditions de l’alliance à leur place par son obéissance active et prend sur lui les malédictions de l’alliance par son obéissance passive. L’alliance de grâce est donc coordonnée à l’alliance des œuvres : nous sommes sauvés gratuitement parce qu’un autre en a payé le prix.

(iii) Puisque l’alliance de grâce est ratifiée par l’événement historique précis de la crucifixion (cf. Hb 9.16), la nuée des croyants qui nous a précédés n’a été au bénéfice de l’alliance que par anticipation (cf. Hb 11.40-12.1). Dès lors, « la jouissance des biens de l’alliance ne pouvait pas être aussi entière avant qu’après». Les croyants sous l’ancienne économie étaient déjà au bénéfice d’une régénération intérieure par l’Esprit-Saint, sans toutefois disposer de la jouissance de la pleine conscience d’une telle œuvre de Dieu en eux. La nouvelle alliance est donc appelée nouvelle non parce que les croyants de l’ancienne alliance n’étaient pas à son bénéfice, mais parce qu’ils ne l’étaient que par anticipation.

(iv) Avant la venue de Jésus-Christ, Dieu a régi ses rapports avec son peuple au moyen de diverses administrations de l’alliance de grâce. Ces administrations (appelées en Romains 9.4 « alliances » au pluriel), en particulier l’administration mosaïque, incorporaient le principe légal de manière préparatoire (pédagogique) et typologique (de l’œuvre du Christ). La tension entre le « déjà » de la possession anticipée des biens à venir et le «pas encore» du plein accomplissement des promesses est exprimée par un langage orienté vers l’avenir. L’accent porte alors surtout sur le « pas encore ». Yahvé promet ainsi pour l’avenir (par exemple, ses lois gravées dans les cœurs) ce qui était non seulement requis sous l’ancienne alliance (cf. Dt 6.4-6) mais aussi déjà vécu (cf. Dt 30.11-14 ; Ps 119). Promettre pour l’avenir ce qui est déjà possédé permet de marquer le caractère proleptique d’une telle possession des promesses. Les dispositions typologiques soulignent que l’arrangement ne vaut que pour ce qu’il anticipe. Ainsi, la Loi avec ses cérémonies et sacrifices ne pouvait être que temporaire (cf. Hb 9.9-10).

(v) Après la venue de Jésus-Christ, la relation est inversée. Le « déjà » est désormais mis en lumière. Néanmoins, du « pas encore » demeure. Dès la première venue, la rémission des péchés est pleinement obtenue. Ce qui était possédé par anticipation l’est désormais rétrospectivement. Dès lors, la gloire du Christ dans l’accomplissement initial de la nouvelle alliance n’est jamais trop mise en valeur et la théologie de l’alliance doit s’attacher à ne pas la minimiser.

(vi) Il faut tenir compte de la continuation de cette tension eschatologique pour ne pas succomber à une eschatologie surréalisée. L’Église, « déjà » au bénéfice de l’œuvre du Christ, ne jouit « pas encore » des biens du monde à venir qui seront siens lorsqu’il paraîtra une seconde fois.

La théologie baptiste, qui argumente à partir de cet oracle pour établir une église de professants et pour refuser le pédobaptême commet donc deux erreurs. La première est de ne pas considérer que la discontinuité n’est pas entre alliance abrahamique, sur laquelle repose le pédobaptême, et nouvelle alliance (mais entre alliance mosaïque et nouvelle alliance). La seconde est d’adopter une eschatologie surréalisée.

Le point de vue réformé considère que, jusqu’à la parousie, il n’y aura pas une coïncidence parfaite entre Eglise visible et invisible. Il y a encore une distinction entre substance et administration, entre alliance en tant que relation légale et en tant que communion avec Dieu. La théologie réformée est profondément christocentrique en ce qu’il est le but des alliances anciennes et qu’il est l’inauguration de la nouvelle. Il est la nouveauté de la nouvelle alliance. Mais toute la nouveauté qu’il nous a obtenu n’est pas encore expérimentée par l’Eglise.

Maintenant que cet argument central dans la logique baptiste est tombé, il nous reste encore à analyser quelques textes qui confirmeront notre conclusion, à savoir que le peuple de Dieu est mixte en notre ère et que seuls ceux qui croient parmi eux ont part à la substance et au pardon. »

[1]H. Blocher, « Old Covenant, New Covenant », in A.T.B. MCGOWAN (sous dir.), Always Reforming, Leicester, Apollos, 2006, p. 118.

[2]F. Turretin, Institutio theologiae elencticae, Vol. 2, Genève, Samuel de Tournes, 1689, XII.XII.I, p. 286.

[3]Page 17 de la thèse mentionnée.

[4]Meredith Kline, For You and Your Children, Oath and Ordeal signs, second article, Westminster Theological Journal, p. 133 “But if the distinctiveness of the New Covenant is that of consummation, if when it abrogates it consummates, then its very discontinuity is expressive of its profound, organic unity with the Old Covenant.”

 

Étudiant en médecine, passionné de théologie et marié à la meilleure femme du monde. Vous entendrez souvent dans ma bouche "Thomas D'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique".

33 commentaires

  • Maxime Georgel

    Il faudrait que je réponde en détail car ce commentaire est intéressant.
    Mais je ne comprends pas un reproche : pour moi l’alliance avec Moïse est une alliance des oeuvres. Je te suggère de relire mes articles sur l’alliance mosaïque qui précisent ce que j’entends par là.

    • Maxime Georgel

      Meredith Kline et les réformés baptistes n’ont pas de problème à dire que l’alliance mosaïque est une alliance des oeuvres et qu’elle connait un parallèle avec l’alliance adamique. Mais la vraie question est la nature de ce parallèle.
      L’alliance mosaïque ne propose pas, comme celle avec Adam, de faire parvenir l’homme à la gloire éternelle par l’obéissance, cela n’aurait aucun sens pour un homme déchu et c’est ici la doctrine des judaïsant. Mais l’alliance mosaïque, a un niveau national et typologique, réaffirme le principe des oeuvres « fais ceci et tu mourras ». Il convient aussi que le Messie, qui va accomplir le principe des oeuvres en obéissant à la loi de Dieu, naisse sous une alliance qui réaffirme ce principe.
      Ainsi, elle administre la promesse faire à Abraham (donc la grâce) mais cela n’annule pas le parallèle avec Adam car elle administre la grâce en réaffirmant à un niveau typologique le principe des oeuvres.
      L’ambiguïté provient d’un double langage que j’ai expliqué ici : https://parlafoiblog.wordpress.com/2018/05/30/lalliance-avec-moise-une-clarification/

    • Maxime Georgel

      Euh oui, c’est pourquoi nous disons que l’alliance mosaïque réaffirme le principe des oeuvres à un niveau typologique : si Israel obéit, Israel demeure dans le pays. Mais jamais Dieu n’a eu pour intention de présenter cela comme espérance de salut pour quiconque, je pense qu’on sera d’accord là-dessus. Encore une fois, pas de différence sur ce point entre baptistes et Kline.

  • Maxime Georgel

    Oui, je n’ignorais pas que les baptistes reconnaissaient que nous ne sommes pas dans l’eschaton ^^. Disons que la charge de la preuve est plutôt dans l’autre sens : les baptistes invoquent Jérémie 31 pour nous dire qu’il n’y a que des régénérés dans l’alliance et nous répondons que ce texte ne permet pas de l’affirmer.

  • Yendis

    Pour l’instant je ne me suis arrêté qu’au début de l’article, et je voulais revenir sur un point avant de poursuivre. Vous faites un lien entre Alliance Abrahamique et Alliance Mosaïque (Sinaïtique), le problème c’est que vous ne différenciez pas les deux Alliances en Abraham.
    Il y a en effet une Alliance en Abraham qui correspond à celle faite au mont Sinaï mais il y a une deuxième Alliance en Abraham (ou plutôt, chronologiquement parlant : une première).
    En effet l’Eternel fit Alliance avec Abraham en Genèse 15, l’Alliance de la Promesse. Puis, à cause des transgressions, l’Eternel fit une deuxième Alliance avec Abraham en Genèse 17.
    En Abraham nous retrouvons l’Alliance de la Promesse et l’Alliance de la circoncision. C’est cette dernière, qui est une Alliance des œuvres, que l’on peut rapprocher de l’Alliance Mosaïque contractée au mont Sinaï, comme nous le dit Paul dans Galates 4.
    Dès lors les explications de MM. Chauny et Kline sur le lien entre Alliance Abrahamique et Alliance Sinaïtique sont caduques dès lors que l’on ne spécifie pas de quelle Alliance Abrahamique il s’agit.

  • Yendis

    Refuser qu’il existe deux alliances en Abraham c’est refuser ce que nous dit Paul en Galates 4:21-31 à ce sujet : « Ces choses sont allégoriques ; car ces femmes sont deux alliances. » (Galates 4:24)
    Paul fait l’exégèse de la vie d’Abraham et des deux enfants qu’il a eu et dit qu’en Abraham il y eut deux alliances distinctes : l’une est le mont Sinaï et l’autre est le mont Sion (la Jérusalem céleste).
    En revanche voir 3 alliances en Abraham n’est nulle part apporté par l’enseignement du Nouveau Testament, il faut voir en Genèse 22 une répétition de la Promesse (et non pas une alliance distincte).

  • Yendis

    Paul dit qu’il y a deux alliances en Abraham :
    – une alliance qui enfante pour la servitude (qui est une alliance des œuvres)
    – une alliance qui enfante pour la liberté (est une alliance de grâce)
    Paul ne dit pas qu’il y a deux administrations d’une seule et même Alliance en Abraham mais il dit bien « deux alliances ».
    De Brive-la-Gaillarde

    • Maxime Georgel

      Pas du tout.
      Paul ne dit pas qu’il y a deux alliances en Abraham. Il dit que les 2 femmes d’Abraham symbolisent 2 alliances (verset 24 « il y a là une allégorie car ces femmes sont les deux alliances »). Puis il précise quelles sont ces alliances.
      1) Agar, puisqu’elle enfante Ismaël qui n’a pas part à la promesse symbolise l’alliance du Sinaï (alliance mosaïque et non pas alliance de Genèse 17 car celle de Genèse 17 n’est pas conclue sur le Sinaï) car cette alliance engendre aussi l’esclavage (principe des oeuvres).
      2) L’autre alliance symbolisée par Saraï est celle à laquelle ont part les Galates, la nouvelle.
      3) Romains 4:11 nous apprend que la circoncision est sceau de la justice reçue par la foi, qui est une promesse de la nouvelle alliance et non du principe des oeuvres.
      4) Le fait qu’il dise que les femmes d’Abraham sont l’allégorie de deux alliances n’implique certainement pas que ces deux alliances ont été conclues avec Abraham et encore moins que Gen 12/15/17/22 doivent être vus comme des alliances distinctes.

    • Maxime Georgel

      « Paul ne dit pas qu’il y a deux administrations d’une seule et même Alliance en Abraham mais il dit bien « deux alliances » »
      Il n’y a ni 2 administrations, ni 2 alliances.
      Par ailleurs, vous confondez langage systématique et langage biblique. Quand nous parlons d’administrations, nous désignons par cela les alliances historiques. Ainsi, ce que la Bible appelle alliance s’appelle en systématique une administration. Parfois, la Bible utilise le mot alliance dans le sens de promesse, alors nous utilisons en systématique le terme substance.

    • Maxime Georgel

      Réponse de Pierre Sovann lui-même :
      Gn 17 confirme l’alliance abrahamique, elle n’en établit pas une nouvelle. En outre, c’est contradictoire de dire qu’une alliance des œuvres a été établie suite à la transgression d’une alliance de promesse…
      Gn 17 reprend les promesses de Gn 12 et Gn 15, donc je ne vois pas sur quel fondement on pourrait dire qu’il y a une seconde alliance ici. La seule chose qui est ajoutée, c’est le sacrement qui « visibilise » tellement l’alliance que la circoncision elle-même est appelée alliance.

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