Catholicisme Romain,  The Calvinist International

La Gouvernance de l’Église catholique (8) : Conclusion sur le Nouveau Testament

Le Nouveau Testament offre une image quelque peu diversifiée de la gouvernance de l’Église primitive. Jésus recommande Pierre d’une certaine manière et lui donne « les clés du royaume », mais le livre des Actes des apôtres montre que le travail de l’Église dans l’ordination, la gouvernance et la discipline était effectué par des groupes, d’abord par « les Douze », puis par des groupes d’anciens-évêques. Il y a aussi « les Sept », ainsi que divers « prophètes » qui occupent un certain office. Jacques semble avoir une position d’ancien à Jérusalem, et il rend le jugement final au Conseil de Jérusalem.

Paul est appelé et ordonné immédiatement par Dieu, sans acte d’aucune autre structure ecclésiastique, et il défend son autorité et son indépendance sur ces bases. Il dit que Pierre a un apostolat auprès des Juifs et qu’il a un apostolat auprès des païens (Gal. 2:8). Paul semble identifier Timothée comme son propre successeur personnel, et Pierre, semble-t-il, nomme Marc comme étant le sien, bien que ni Timothée ni Marc ne reçoivent le titre d’apôtre. Au lieu de cela, le titre ordinaire qui se développe est « ancien » qui est aussi parfois appelé « surveillant » ou « évêque ». Les titres d’ancien et d’évêque se chevauchent, voire sont identiques, dans le Nouveau Testament, bien qu’il y ait des occasions où un ou plusieurs anciens assument une domination dans un collège d’anciens. Une seconde classe de fonctions apparaît aussi comme « diacres ». Les anciens et les diacres sont tous deux des offices de l’Église locale, et plusieurs anciens peuvent être présents dans les Églises de la même région.

L’imposition des mains est présente comme un moyen d’ordination, mais aucune explication n’est donnée. Aucun des apôtres ne fait appel à leurs rituels d’ordination ou à leur accréditation formelle d’aucune manière explicite, et lorsque Paul est contesté, il rejette ces normes comme étant définitives et fait plutôt appel à une révélation spéciale, ainsi qu’au fruit de son propre ministère.

Il n’y a pas de cas où quelqu’un fasse appel à Pierre ou au siège de Rome dans le Nouveau Testament. Aucune Église ne semble nécessairement avoir priorité ou autorité sur les autres Églises, et il n’y a pas de structure épiscopale claire et plus vaste pour organiser le développement de nouvelles congrégations. Dans le seul cas où Pierre et Paul entrent en conflit direct, c’est Paul qui réprimande Pierre, et l’histoire subséquente du canon de l’Écriture et de la théologie chrétienne a justifié Paul dans cette action.

Ainsi, les affirmations catholiques romaines distinctives sur la fondation de l’Église ne sont pas présentes dans les Écritures du Nouveau Testament. En fait, certains faits qui contredisent ces affirmations sont présents, et la structure ecclésiastique globale est très différente. Au lieu d’une hiérarchie monoépiscopale unissant toute l’Église, le Nouveau Testament montre un ensemble d’Églises régionales qui existent par leur lien avec des « anciens » et des « évêques » particuliers, dont certains descendants directs de plusieurs apôtres, et qui possèdent plus ou moins la même stature et la même autorité, en travaillant ensemble.

Nous examinerons ensuite les preuves historiques des siècles suivants pour voir comment le Nouveau Testament s’est poursuivi dans les Églises en développement et si une image cohérente peut être discernée.

Maxime est étudiant en médecine en 4ème année (FASM1) à la Faculté de Médecine et Maïeutique de l'Université Catholique de Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas D'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde avec laquelle il vit sur Lille.

2 commentaires

  • JOSSE Pierre

    Voici ce que j’ai lu dans votre article et qui a retenu mon intention : « Paul est appelé et ordonné immédiatement par Dieu, ». Paul a été appelé en effet, directement par Dieu, à l’image des autres Apôtres qui ont été appelé par Dieu vivant en sa Parole devenue homme, Jésus. Par contre, Paul a été envoyé par Dieu au représentant de l’Eglise qu’était Ananie, qui va recevoir « confirmation » de l’appel que Dieu a adressé à Paul, du choix que Dieu a fait d’appeler Paul pour évangéliser plus particulièrement les païens. C’est ce qui se vit dans l’Eglise catholique où l’on peux recevoir directement de Dieu un appel à le servir, appel qui est ensuite « confirmé » par un représentant de l’Eglise, ce qu’était Ananie du temps de Paul, et qui est pour nous « l’évêque du lieu » où nous demeurons. On ne peut donc pas dire que Dieu a ordonné directement Paul, puisque Paul s’est mis a prêché dans les synagogues après avoir reçu l’imposition des mains d’Ananie, afin que Paul reçoive l’Esprit Saint, l’Esprit du Père qui allait dorénavant l’accompagner et témoigner avec lui et par Lui, comme Jésus l’avait annoncé à ses Apôtres.

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