Science

La datation des roches a-t-elle prouvé que la terre était vieille ?

La philosophie est particulièrement utile en ce qu’elle permet de juger toutes les sciences. Et cela pour une raison fort simple : les sciences étudient la réalité de manière directe. Mais seule la philosophie étudie les principes même qui fondent les sciences. Par exemple, c’est en philosophie que l’on peut établir la fiabilité de la méthode scientifique. La science ne peut pas se prouver elle-même tandis que la philosophie est « autonome » en ce qu’elle défend elle-même ses propres principes. En science, on utilise constamment les lois de la logique, mais ces lois indispensables à la science reposent sur la philosophie.

Et je dis cela pour justifier ce que je vais faire dans cet article : parler d’une science que je ne maîtrise pas totalement. Pourquoi puis-je faire cela ? Parce que dans le domaine de la logique, le philosophe peut juger de toutes les sciences, même s’il ne les maîtrise pas. Si une science vient contredire dans ses conclusions un principe logique, alors le philosophe peut la reprendre.

La Loi de non-contradiction est une loi qui signifie qu’une proposition A ne peut pas être vraie en même temps et dans le même sens que la proposition non-A. Par exemple, on ne peut pas dire « Socrate est homme » et « Socrate n’est pas un homme » dans le même sens et en même temps. L’une des deux propositions est fausse. Si un scientifique arrivait à des résultats qui violent cette loi, le philosophe serait en droit de lui dire qu’il a tort, même s’il n’a pas saisi tout le raisonnement l’amenant à cette conclusion.

Dans cet article, j’aimerai relever 3 hypothèses de la méthode de datation des roches puisque cet argument est souvent avancé comme si cette méthode avait indubitablement prouvé que la terre avait 4,57 milliards d’années. Comme dit plus haut, le philosophe n’a pas à être impressionné par un résultat scientifique, même lorsqu’il fait consensus, si celui-ci a des conclusions contraires à la logique ou s’il repose sur des présupposés douteux.

Le principe de base de la datation des roches

Avant de présenter les 3 hypothèses que je juge douteuses, il convient d’expliquer le principe d’une façon simple et vulgarisée. La datation des roches repose sur la « transformation » d’éléments dans les roches en d’autres éléments. Pour faire simple, disons qu’un élément « père » donne un élément « fils ».

Le principe ressemble à celui d’un sablier : les scientifiques déterminent à quelle vitesse un père devient un fils tout comme on pourrait déterminer dans un sablier le temps qu’il faut pour que 10% des grains de sable passent du compartiment du haut à celui du bas. Ainsi, il nous suffit de regarder le sablier, de mesurer combien d’éléments sont en haut, combien sont en bas et l’on peut déterminer depuis combien de temps il a été retourné. De même, il suffit de regarder combien il y a d’éléments père, combien d’éléments fils pour déterminer depuis combien de temps telle roche a été formée.

Il existe diverses manières de dater une roche, mais la plupart reposent sur ce principe et ne diffèrent que dans l’élément qui est considéré.

Les 3 hypothèses

Mais pour que cette méthode « du sablier » soit valide, il faut postuler 3 choses :

  1. Quand le sablier a été retourné, tous les grains de sable étaient en haut. En effet, si déjà 50% des grains se trouvaient en bas, alors notre calcul se trompera grandement.
  2. Le sable s’écoule d’une façon régulière ou du moins suit une courbe d’écoulement connue. En effet, si pour l’une ou l’autre raison l’écoulement varie (par exemple si une personne bouge le sablier), la méthode n’est plus valable à 100%.
  3. Le sablier est étanche. En effet, si l’on vient retirer ou ajouter du sable dans l’un ou l’autre des compartiments, la méthode se retrouvera encore bancale.

Il faut donc supposer que la roche s’est formée avec des éléments pères uniquement, que la « transformation » suit strictement une fonction connue et qu’il n’y a pas eu d’évènements introduisant ou retirant l’un ou l’autre des composants.

La conclusion d’une méthode ou un raisonnement n’est jamais plus solide que ses prémisses ou hypothèses de départ. Si donc l’une des hypothèses listées (et il y en a surement d’autres) est douteuse, la conclusion ne peut pas être certaine, quelque soit la rigueur des techniques de mesure et du raisonnement. Je peux connaître la composition de mon sablier au grain de sable près, si l’une des hypothèses listées est fausse, ma méthode sera bancale.

En réalité, la datation de la terre repose sur une autre hypothèse douteuse. En effet, ce ne sont pas les roches terrestres qui nous ont donné ce fameux 4,57 milliards. Il s’agit de la datation de roches de météorites que l’on supposent s’être formées en même temps que la terre.

La vérité pour autorité

Toute vérité vient de Dieu et toute vérité fait autorité. Dès lors qu’une chose est prouvée comme vraie, nous devons nous y soumettre. En raison de la Loi de non-contradiction, la vérité ne s’opposera jamais à la vérité. Ainsi, nous pouvons avoir confiance, en tant que chrétiens, que la Raison, la Science et la Révélation biblique sont en accord. Si les lois de la logiques sont vraies, si la méthode scientifique permet de déterminer des vérités naturelles et si la Bible est révélation de Dieu ; alors les 3 s’accordent.

L’exégèse du texte biblique me semble devoir prendre bien des détours pour éviter la conclusion que la terre est relativement jeune. Or, des méthodes de datation viennent, dans leurs conclusions, contredire cela. Dès lors, soit ces méthodes reposent sur une ou plusieurs hypothèses fausses, soit ces méthodes appliquent un raisonnement erroné, soit la juste interprétation du texte biblique n’implique pas une terre jeune. Il me semble que la première solution doit être préférée ; premièrement parce que les hypothèses sont en effet douteuses et qu’il ne serait donc pas surprenant qu’au moins l’une d’elle soit fausse, deuxièmement parce que, comme je l’ai dit, l’interprétation du texte qui semble juste implique une terre jeune et troisièmement parce qu’il y a effectivement des cas dignes d’attention où cette méthode de datation a été dans l’erreur.

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