Eschatologie

13 arguments pour une transition en Matthieu 24:36

Jésus déplace son attention de la destruction du temple en 70 ap. J.-C. à sa seconde venue à la fin de l’histoire. Dans cet article je présenterai plus d’une douzaine d’arguments en faveur de cette transition dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 24. 


Le Discours du Mont des Oliviers (Mt 24-25) est l’un des cinq discours majeurs de Jésus qui structurent l’Evangile de Matthieu. Il est suscité par la dénonciation dramatique que prononce Jésus sur Jérusalem et sur le temple (Mt 23,37-38), son départ cérémoniel final du temple (Mt 24,1a), la question confuse de ses disciples concernant le temple comme un beau lieu de culte (Mt 24,1b), et sa déclaration sur la destruction prochaine de celui ci (Mt 24,2).

En effet, dans ce discours, Jésus prophétise la destruction prochaine du temple en l’an 70 de notre ère. Mais il fait plus. Considérons la question de savoir s’il se réfère également ou non à Sa seconde venue.

Comme l’affirment J. A. Gibbs (Jerusalem and Parousia), R. T. France (L’Évangile selon Matthieu) et d’autres, le Discours des Oliviers a une structure en deux parties qui correspond aux deux questions des disciples en Matthieu 24:3 :

« Pendant qu’il était assis sur le Mont des Oliviers, les disciples vinrent à lui en privé, en disant:’Dis-nous, quand cela arrivera-t-il, et quel sera le signe de ta venue et de la fin du monde ? ‘ »

Leur première question demande « quand » la destruction du temple aura lieu : on y répond dans les vv 4-31. Leur deuxième question concerne « quel » sera le signe de « ta venue » : cela est répondu en 24:36-25:46.

Mais comment savons-nous que c’est la structure prévue du passage ? C’est une chose de déclarer une structure en deux parties, c’en est une autre de le prouver.

Examinons donc si vous le voulez bien, les preuves que Jésus détourne bien son attention de la destruction du temple en l’an 70 après J.-C. vers sa seconde venue à la fin de l’histoire, dans ce passage.

Je présenterai une douzaine d’arguments en faveur de cette transition en Matthieu 24.

1. Argument basé sur la déclaration finale

Selon toute apparence, Matthieu 24:34 fonctionne comme une déclaration finale ; elle semble mettre fin à la prophétie précédente :

 « Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point, que tout cela n’arrive. »

Pourquoi une telle affirmation serait-elle insérée au quart du discours si elle traitait dans son intégralité des événements qui devaient se produire dans « cette génération » ? Cela n’aurait aucun sens. Ce serait comme si quelqu’un faisait un discours, et après quinze minutes dirait : « En conclusion », puis poursuivait le discours pendant encore quarante-cinq minutes.

Par conséquent, nous devons comprendre Matthieu 24:34 comme servant à clore une partie du discours. À ce moment, Jésus annonce qu’il a répondu à la question des disciples concernant « quand » ces choses arriveront (Mt 24:3). Mais Il a encore leur prochaine question à traiter.

Cela signifie que le texte suivant se rapporte à des événements qui ne se sont pas produits dans « cette génération ». Ainsi, toutes les prophéties avant le verset 34 devaient se réaliser dans la propre génération des disciples du premier siècle.

2. Argument basé sur l’indicateur de transition

Dans Matthieu 24:36, nous trouvons un dispositif de transition  : « Mais concernant le jour et l’heure, personne ne le sait  » La phrase d’introduction en grec est : peri de (« mais de, concernant, en ce qui regarde ). Cette structure grammaticale suggère une transition dans le passage impliquant un changement de sujet.Nous pouvons voir cette structure de phrase marquer fréquemment par l’apparition d’un nouveau sujet, comme dans Matthieu 22:31 ; Actes 21:25 ; 1 Thessaloniciens 4:9 et 5:1.

R. T. France note que le verset 36 « marque un changement délibéré de sujet » Ailleurs, il affirme que c’est une « formule rhétorique pour un nouveau départ ». Jean Nolland (L’Évangile de Matthieu) est d’accord lorsqu’il affirme que peri fonctionne dans Matthieu 24:36 comme  » un mot d’introduction pour 24:37- 25:30″.

De plus, Gibbs démontre que la préposition utilisée seule peut avoir une connotation pausale. En d’autres termes, peri (« à propos , concernant ») peut reprendre un sujet abordé plus tôt dans un récit en servant de signe que l’orateur revient à nouveau à cette question.

Ainsi, dans Matthieu 24:36 peri renvoie à la deuxième question des disciples sur les deux qui ont été soulevées dans le v. 3 ; après avoir répondu à leur première question dans le v. 4-35, il revient maintenant à leur deuxième.

Par cette structuration du passage nous voyons que la v 36 introduit un nouveau sujet différent de celui des vv 4-35. C’est aini qu’il s’éloigne ici de sa prophétie de 70 ap. J.-C. et commence à parler de sa Seconde Venue à la « fin des temps », qu’il couvrira dans 24:36-25:46.

3. Argument basé sur la limitation de sa connaissance liée à l’état d’humiliation

En nous concentrant une fois de plus Matthieu 24:36, nous lisons :

 « Mais concernant le jour et l’heure, personne ne les connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, mais le Père seul. »

Le Christ affirme ici que dans son état d’humiliation (la période qui va du moment de sa conception terrestre dans le sein de Marie jusqu’à sa glorification à sa résurrection), il ne sait pas lui-même quand « ce jour et cette heure » arriveront. Mais de quel « jour et heure » parle-t-il ?

Il doit parler de son futur second avènement parce que, dans la section précédente de son Discours, il dit à ses disciples que de nombreux signes seront donnés, mais que « la fin [du temple] ne sera pas encore » (Mt 24,6). Cela indique qu’il sait exactement quand cet événement se produira. Il leur enseigne aussi dogmatiquement que ces premières choses arriveront immanquablement dans « cette génération » (24,34). Ainsi, comme le note Nolland : « il y a un contraste délibéré entre le ton confiant du discours prédictifs jusqu’ici dans le chapitre, culminant au v. 34, et l’insistance que SEUL le Père connaît à partir du verset 36 »

4. Argument basé sur les marqueurs temporels

En continuant à examiner Matthieu 24:36, nous remarquons qu’il manque un marqueur de transition temporelle pour le relier aux événements précédents. Cette section n’a aucun rapport avec la section précédente en termes de progression temporelle. Ceci est surprenant dans la mesure où dans la section  précédente, nous voyons un progrès historique en lien direct avec des déclarations récurrentes (24:9, 14, 16, 21, 23, 30), ainsi qu’une déclaration : « immédiatement après » (24:29).

Mais quand Christ fait cette déclaration dans Matthieu 24:36, nous n’entendons rien qui la relie à la section précédente. Nous ne lisons absolument aucun « alors » ou « après ces choses », ni aucun autre indicateur de progrès temporel de ce genre.

C’est ainsi que R. T. France  note: « son contenu se distingue de la séquence historique décrite jusqu’ici. »Clairement, parce qu’il est éloigné des événements de l’an 70 de notre ère.

5. Argument basé sur la distinction du « démonstratif » en grec.

Matthieu 24:34-36 fournit une preuve supplémentaire d’une transition d’un sujet à un autre. Jésus met en contraste les événements proches et lointains :

« Je vous le dis en vérité, cette génération ne mourra pas avant que toutes ces choses n’aient eu lieu. »

(24:34)

« Mais au sujet de ce jour et de cette heure, personne ne les connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, mais le Père seul. »

(24:36)

Dans ce passage, « cette génération » est mise en contraste avec « ce jour-là ». Par ces paroles, le Seigneur regarde au-delà des signes qui viennent d’être donnés pour « cette génération » (du grec haute, démonstratif proche, 24:34), vers l’événement de « ce jour-là » en grec ékéines, démonstratif lointain) (24:36). L’attention du Seigneur se tourne bien ici vers son lointain Second Avènement à la fin de l’histoire.

6 Argument basé sur le point d’observation

Avant sa déclaration en Matthieu 24:34, Christ mentionne de nombreux événements qui servent de signes historiques, tels que : (Mt 24,6), « famines et tremblements de terre » (v 7), « faux prophètes » (v 11), et ainsi de suite. Il mentionne spécifiquement un signe prééminent : « le signe du Fils de l’Homme. »

Ainsi, il informe ses disciples (qui lui ont posé les questions) des moyens leur permettant de reconnaître l’heure de la fin prochaine du temple ; Il s’agit d’un événement prévisible.

En fait, le Seigneur donne même aux disciples une parabole illustrant comment l’arrivée de cet événement devant survenir durant leur vie pourra être reconnu, les incitant à lire correctement tous les signes à venir :

« Maintenant, apprenez la parabole du figuier : quand sa branche est déjà devenue tendre, et qu’elle produit ses feuilles, vous savez que l’été est proche ; de même, vous aussi, quand vous voyez toutes ces choses, reconnaissez qu’Il est proche, juste à la porte »  

(Mt 24:32-33)

Mais après Matthieu 24:34, Jésus abandonne toute mention de signes et toute notion de prévisibilité. Au lieu de cela, il inclut des déclarations mettant l’accent sur la surprise absolue et l’imprévisibilité totale :

  • « Mais de ce jour et de cette heure personne ne connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, mais le Père seul » (24:36)
  • « ils ne se doutèrent de rien » (v 39)
  • « vous ne savez pas » (v 42)
  • « si le chef de la maison savait » (v 43)
  • « venant à une heure où vous ne pensez pas qu’Il le fera » (v 44)
  • « il ne l’attend pas » (v 50)
  • « Vous ne savez pas » (25:13)

Cela indique inévitablement que la section suivante porte sur un événement qui survient à un moment tout à fait inconnu et indéterminable. Il ne parle donc plus de la destruction du temple en 70 ap. J.-C., mais de Sa Seconde Venue dans un avenir lointain.

7. Argument basé sur le pluriel du mot « jour »

De par la nature même de l’affaire, les nombreux événements qui ont conduit à la destruction du temple en 70 ap. J.-C par la force militaire romaine,  nécessiteront un certain nombre de jours.

C’est pourquoi, dans la partie de son Discours précédant Matthieu 24:36, Jésus mentionne « ces jours-là [au pluriel]  » (v 19, 29) et réconforte même ses disciples en faisant remarquer que « ces jours-là » seront « abrégés » (v 22).

Cette mention des jours de la période de tribulation contraste fortement avec « le jour » au singulier – en fait, le moment exact – de la seconde venue :

« Mais concernant le jouret et l’heure personne ne les connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, mais le Père seul ».

(Mt 24:36)

Après cette transition en 24 :36, il mentionne à plusieurs reprises le « jour » au singulier (24 :42, 50) ou « le jour » et « l’heure » (25 :13).

Le Second Avènement n’implique ainsi aucune série d’actions historiques, comme c’est le cas des opérations militaires romaines contre les Juifs, Jérusalem et le temple. Le Second Avènement est un événement unique et catastrophique mené par un individu seul, le Christ lui-même.

8. Argument basé sur le danger d’égarement.

Dans la première partie du Discours, Jésus met en garde à plusieurs reprises contre le danger de tromperie de la part de ceux qui voudraient « induire en erreur » (planao) :

« Jésus leur répondit : Veillez à ce que personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront en Mon nom, disant : « Je suis le Christ, » et tromperont plusieurs. »

(Mt 24:4-5)

« Et beaucoup de faux prophètes se lèveront, et en tromperont beaucoup. »

(24:11)

« Car de faux Christs et de faux prophètes se lèveront, et ils montreront de grands signes et des prodiges, afin d’induire en erreur, si possible, même les élus. »

(24:24)

Tout cela sert d’indicateur signifiant un changement de sujet quand on le compare à son enseignement après Matthieu 24:36. Car à partir de du verset 36, il ne mentionne plus le danger de l’égarement : le mot planao(« tromper ») disparaît du récit.

En fait, la Seconde Venue surprendra soudainement les gens en plein milieu de leurs activités quotidiennes :ils mangeront, boiront et se marieront (Mt 24:38-39). Ils travailleront sur les champs(v 40). Ils meuleront le grain(v 41). Ils seront autant surpris que celui dont la maison est cambriolée sans avertissement(v 43).

A contrario, personne n’a été surpris de la destruction du temple en l’an 70 de notre ère. En effet,  durant cette guerre, les Romains ont tenu un siège acharné durant cinq mois pour entrer dans Jérusalem et détruire le temple en avril 70 après J.C. Cela s’est même produit bien après qu’ils se soient engagés formellement dans la guerre contre les juifs au printemps 67 après J.C. ainsi qu’après les premières opérations militaires en Galilée et ailleurs.

9. Argument basé sur les contrastes socio-politico-religieux

Les circonstances sociales de la première partie du Discours des Oliviers diffèrent considérablement de celles de la dernière partie.

Dans la première section (jusqu’à Matthieu 24:36) tout est chaotique, dangereux et confus. Cette période est chargée de guerres et de rumeurs de guerres (Mt 24,6-7), de famines et de tremblements de terre (v 7), de trahisons et de persécutions (v 10), d’anarchie (v 12), de grandes tribulations (v 21). Ainsi, malheur sur malheur arrive aux hommes dans cette première partie chaotique du Discours.

Dans la deuxième partie, tout ce bouleversement et cet atmosphère de danger disparaissent. Les circonstance sociales semblent tranquilles, permettant aux affaires de continuer comme si de rien n’était alors que les activités mondaines de la vie courantes continuent. Les gens se marient, mangent et boivent (Mt 24:38), travaillent dans les champs (v 40), et meulent à au moulin (v 41).

Le chaos absolu qui a présidé à la destruction du Temple en  l’an 70 après J.-C. contraste fortement avec les conditions paisibles qui prévalent dans le texte au moment de la seconde venue du Christ.

10. Argument basé sur l’opportunité de la fuite.

Dans la première section, le Christ recommande vivement la fuite désespérée de la région, ce qui implique clairement qu’il y aura du temps et des occasions de fuir : « alors que ceux qui sont en Judée s’enfuient dans les montagnes « (Mt 24,16).

En fait, un signe particulier – l’abomination de la désolation – sera le signal pour quitter la région.

A cause de cette opportunité de fuite, beaucoup de vies des élus de Dieu seront sauvées :

« si ces jours n’avaient pas été abrégés, aucune vie n’aurait été sauvée ; mais à cause des élus, ces jours seront abrégés ».

(24:22)

Mais en entrant dans la deuxième partie du Discours, nous n’entendons aucune incitation à fuir, il n’existe aucune possibilité de fuite. En fait, c’est tout le contraire. Une fois de plus, nous lisons les avertissements sur la nature imprévisible de la Seconde Venue ( voir argument n°6 donné précédemment) et nous constatons qu’en raison de la nature même de l’évènement, il n’y aura aucune possibilité de fuite :

  • « Mais de ce jour et de cette heure personne ne connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, mais le Père seul » (24:36)
  • « ils ne s’y attendaient pas » (v 39)
  • « vous ne savez pas » (v 42)
  • « si le chef de la maison savait  » (v 43)
  • « venant à une heure où vous ne pensez pas qu’Il le fera » (v 44)
  • « il ne l’attend pas » (v 50)
  • « Vous ne savez pas » (25:13)

11. Argument basé sur la fonction narrative

J. A. Gibbs (Jerusalem and Parousia) note que lorsque nous comparons les deux sections du Discours du Seigneur, nous pouvons rapidement constater que la première section donne des avertissementsconcernant la séduction et le danger. Par exemple, nous entendons : « Veillez à ce que personne ne vous égare « (Mt 24, 4) ; « vous entendrez parler des guerres  » (24, 6) ;  » ils vous livreront aux tribulations, et vous tueront « (24, 9) ; et ainsi de suite.

Alors que la deuxième section du récit se démarque par son ton en ce qu’elle exhorte le lecteur à faire preuve de fidélité et de diligence en ce qui a trait au jugement et à la récompense futurs.

Le lecteur est exhorté à « être sur le qui-vive » (Mt 24, 42) ; à « être prêt » (24, 44), de sorte qu’il sera considéré « l’esclave fidèle et sensible » (24, 45).

Dans Matthieu 25:31-46, le Seigneur parle du jugement dernier « quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui » (Mt 25:31a). Ici, il « sépare les brebis des chèvres » (25,32b) en se basant sur l’évidence de leur vraie conversion, démontrée par leur amour pour le Christ et son peuple (25,35-46). Ainsi, il aborde le jugement final de manière à ce qu’il serve d’exhortation à la continuité dans la foi au sein du peuple de Dieu.

Les avertissements faisant craindre un danger imminentdans la section précédente diffèrent grandement des exhortations morales à la fidélité à long terme et à la préparationdans cette dernière section.

Cette différence démontre ce que nous avons vu sur la base d’autres considérations, à savoir que ces deux sections abordent deux sujets fondamentalement différentes.

12. Argument basé sur le contraste eschatologique.

Jésus semble utiliser des termes clés qui distinguent sa venue symbolique en 70 ap. J.-C. de sa venue physique lors du Second Avènement. Dans Matthieu 24:4-34 il n’utilise jamais le mot parousie ( » venue « ,  » présence « ) – sauf dans le v. 27 où il distingue intentionnellement Sa Seconde Venue visible des fausses annonces affirmant au premier siècle qu’il serait caché ici ou là (24:34) (note : c’est-à-dire que même dans la première section du texte, Jésus mentionne sa Seconde venue mais seulement pour la distinguer des fausses annonces qui seront faites au premier siècle).

Ceci est significatif dans la mesure où la question originale des disciples concernant sa « venue » utilise le mot parousie : « quel sera le signe de ta venue [parousia] » (Mt 24:3).

Pourtant, Jésus évite soigneusement le terme pour décrire les événements qui se produisent dans la première section, bien qu’il utilise le mot erchomenos (« venir ») dans le verset clé en 24:30 :

« alors apparaîtra le signe du Fils de l’homme dans le ciel, et alors toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l’homme venir [erchomenos] sur les nuages du ciel avec puissance et grande gloire. »

Après Matthieu 24:34, au contraire, il utilise deux fois le mot parousie pour parler de cette venue imprévisible dans un avenir lointain :

« Car la venue [parousia] du Fils de l’Homme sera comme les jours de Noé. »

(v. 37)

« Ils n’ont pas compris jusqu’à ce que le déluge vienne et les emporte tous ; ainsi sera la venue [parousia] du Fils de l’Homme. »

(v. 39)

13. Argument basé sur la distance temporelle

Dans la première partie de Matthieu 24, le délai est court. Les disciples seront confrontés à des dangers réels qui se manifesteront dans « cette génération »(Mt 24,34). Ils doivent être à l’affût de divers signes, en particulier celui qui se produit dans le temple (24:15), car c’est alors qu’ils devront fuir la région (24:16). Tout cela correspond à l’avertissement introductif de Jésus sur le jugement qui frappera les scribes et les pharisiens – également dans « cette génération » (23:34-36).

Dans la section suivante de Matthieu 24:36 et dans le chapitre 25, le délai est très long. Nous n’entendons plus parler de « cette génération », au contraire les paraboles de Jésus anticipent un avenir lointain :

« Mais si ce méchant serviteur dit en son cœur : « Mon maître retarde sa venue. »

(24:48)

« Mais pendant que l’époux était retardé, elles se couchèrent et dormirent toutes. »

(25:5)

« Longtemps après, le seigneur de ces serviteurs vint régler les comptes avec eux. »

(25:19)

Conclusion

Les preuves exégétiques et contextuelles du Discours du Mont des Oliviers suggèrent fortement que Jésus sépare les questions des disciples en deux événements distincts : La destruction du Temple en l’an 70 après J.C,  et la Seconde Venue. Dans leur esprit, ils pensaient probablement que la destruction du temple signifierait la destruction du monde. Telle était leur focalisation judéo-centrée. Mais Jésus les informe que la catastrophe de l’an 70 de notre ère n’est qu’une esquisse lointaine de l’événement mondial le plus important de la fin de l’histoire : la Seconde Venue.


Article de K. Gentry traduit par Ulisses De Sousa Mendes.

Étudiant en médecine, passionné de théologie et marié à la meilleure femme du monde. Vous entendrez souvent dans ma bouche "Thomas D'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique".

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