Catéchisme de Heildelberg

Du Dieu Unique [Q24-25 Heidelberg]

Je ne sais comment, j’ai directement attaqué par le Dieu créateur (Q26) en négligeant la question 24-25, sur le Dieu Unique et Trinitaire. Je répare cet accroc ici.

Q24. Comment ces articles sont-ils divisés ?

  • En trois parties :
    • La première concerne Dieu le Père et notre création ;
    • la seconde, Dieu le Fils et notre rédemption ;
    • la troisième, Dieu le Saint Esprit et notre sanctification.

EXPOSITION

 Il y a trois parties principales incluses dans le credo des Apôtres :

La première traite de Dieu le Père et de notre création ;

Le second de Dieu le Fils, et notre rédemption ;

Le troisième de Dieu le Saint-Esprit, et notre sanctification.

[…]

Objection 2 : Les œuvres que les personnes de la divinité accomplissent d’elles-mêmes, c’est-à-dire telles qu’elles les accomplissent en référence aux créatures, sont indivisibles, c’est-à-dire qu’elles ne peuvent être attribuées à aucune personne de la Trinité sans égard pour les autres personnes. La création, la rédemption et la sanctification sont des œuvres extérieures à la divinité. Elles sont donc indivisibles et, par conséquent, cette distinction n’est pas nécessaire. Réponse : Nous répondons à la proposition majeure : les œuvres de la Trinité sont indivisibles, mais pas au point de détruire l’ordre et la manière de travailler propres à chaque personne de la divinité. Toutes les personnes de la Divinité accomplissent certaines œuvres en référence aux créatures, mais pourtant cet ordre est préservé, à savoir que le Père fait toutes choses de lui-même par le Fils et l’Esprit ; le Fils fait toutes choses du Père par le Saint-Esprit ; et le Saint-Esprit fait toutes choses du Père et le Fils par lui-même. Ainsi donc, toutes les personnes de la Divinité créent, rachètent et sanctifient ; le Père médiatement par le Fils et le Saint-Esprit ; le Fils médiatement par le Saint-Esprit ; et le Saint-Esprit immédiatement par lui-même, mais médiatement par le Fils, car il est le Médiateur. Mais les œuvres de la divinité, qui sont appelées œuvres ad extra et ad intra, seront expliquées dans la septième division de la doctrine concernant Dieu.

Q25. Puisqu’il n’y a qu’un seul Être Divin, pourquoi parles-tu de trois personnes :  Père, Fils et Saint-Esprit ?

Parce que Dieu s’est ainsi révélé dans Sa Parole, que ces trois Personnes distinctes sont le Dieu unique, vrai, éternel.

EXPOSITION

Dans cette question, nous avons contenu la doctrine de l’Église en référence au seul vrai Dieu et aux trois personnes de la divinité.

Les principales questions qui méritent notre attention, à ce sujet, sont les suivantes :

  1. A partir de quoi apparaît-il qu’il y a un Dieu ?
  2. Quel est le caractère de ce Dieu que l’Église reconnaît et adore, et en quoi diffère-t-il des idoles païennes ?
  3. N’en est-il qu’un, et dans quel sens les Écritures appellent-elles les créatures des dieux ?
  4. Que signifient les termes Essence, Personne et Trinité, et en quoi diffèrent-ils ?
  5. Est-il convenable de conserver ces noms dans l’église ?
  6. Combien y a-t-il de personnes de la divinité ?
  7. 7. Comment ces personnes se distinguent-elles les unes des autres ?
  8. 8. Pourquoi est-il nécessaire que l’Eglise s’accroche à la doctrine de la Trinité.

1. À PARTIR DE QUOI APPARAÎT-IL QU’IL Y A UN DIEU ?

L’existence d’un Dieu est prouvée par de nombreux arguments communs à la philosophie et à la théologie.  Ces arguments, nous les présenterons dans l’ordre suivant :

  1. L’ordre et l’harmonie que nous observons partout dans la nature témoignent de l’existence de Dieu. Il y a, comme chacun doit le percevoir, un arrangement sage de chaque partie de la nature, et une succession constante de changements et d’opérations, selon certaines lois, qui ne pourraient exister et être préservées, à moins que par quelque être intelligent et tout puissant. Les Écritures se réfèrent à cet argument, très longuement, aux endroits suivants : Psaumes 8, 19, 104, 135, 136, 147 et 148 ; Rom. 1, Ac 14 et 17.
  2. Une nature rationnelle ayant quelque cause, ne peut exister que si elle procède de quelque être intelligent, du fait qu’une cause n’est pas d’un caractère plus inférieur que l’effet qu’elle produit. L’esprit humain est doué de raison et a une raison. C’est pourquoi il est parti d’un être intelligent, qui est Dieu. « Il y a un esprit dans l’homme », etc. « Pourtant, ils disent : le Seigneur ne verra pas, » etc. « Nous sommes aussi sa progéniture. » (Job 32:8 ; Ps. 94:7 ; Actes 17:28)
  3. Les conceptions ou notions basiques qui nous sont naturelles, comme la différence entre ce qui est propre et ce qui ne l’est pas, ne peuvent être le fruit du hasard, ou provenir d’une nature irrationnelle, mais doivent nécessairement être naturellement gravées dans notre cœur par une cause intelligente, qui est Dieu. « Les païens montrent l’œuvre de la loi écrite dans leur cœur, » etc. (Rom. 2:15)
  4. De la connaissance ou du sentiment que nous avons tous qu’il y a un Dieu. Il n’y a pas de nation, aussi barbare ou non civilisée soit-elle, qui n’ait pas une notion ou un système religieux qui présuppose une croyance en un Dieu. « Ce que l’on peut connaître de Dieu se manifeste en eux[c’est-à-dire dans le mental des hommes], car Dieu le leur a montré. » (Rom. 1:19)
  5. Les reproches de la conscience, qui suivent la commission du péché et harcèlent l’esprit des impies, ne peuvent être infligés que par un être intelligent – celui qui sait faire la distinction entre ce qui est convenable et ce qui est incorrect – qui connaît les pensées et les cœurs des hommes, et qui peut faire surgir ces craintes et pressentiments dans le mental des méchants. « Leur ver ne meurt pas. » « Il n’y a pas de paix pour les méchants. » « Dieu est un feu dévorant. » « Ils montrent l’œuvre de la loi écrite dans leur cœur, leur conscience les accusant ou les excusant. (Is 57:21 ; Deut 4:24 ; Rom 2:15)

Addenda. Ces preuves de conscience, communes à tous les hommes, peuvent être considérées comme une réponse suffisante à l’objection que l’on oppose parfois à l’existence de Dieu, qu’il s’agit d’un simple dispositif subtil, inventé et publié par des philosophes et des législateurs pour empêcher les hommes de commettre des crimes, car s’il est vrai que c’est un simple complot, pourquoi ces hommes qui ont apparemment perçu ce mythe sont, pourrait-on demander, plus harcelés par leur conscience ? Comment aussi, pourrait-on se demander, la simple affirmation de quelques individus pourrait-elle suffire à persuader toute l’humanité de cette croyance et à la maintenir dans tous les âges qui suivront ? Et si, pour affaiblir la force de cet argument, on affirme qu’il y a ceux qui ne croient pas en un Dieu, ni ne sont troublés par leur conscience, nous répondons que ceci, qu’ils imaginent, est des plus faux, car aucun des méchants n’est libre de ces humiliations de conscience ; pour autant ils peuvent mépriser Dieu et toute forme de religion et essayer de réprimer leurs peurs, au point où ils se font torturer, et où on les fait trembler à toute mention et approche de Dieu. C’est pourquoi nous voyons souvent ceux dont la vie est pour la plupart profane et sûre, mourir dans le désespoir quand ils sont opprimés par les jugements de Dieu.

  1. Les récompenses des justes et les châtiments des méchants comme le déluge, la destruction de Sodome par le feu, le renversement de Pharaon dans la mer Rouge, la chute de royaumes florissants, etc. sont des preuves de l’existence d’un Dieu ; car ces jugements, qui sont infligés aux méchants hommes et nations, témoignent qu’il doit exister un juge universel et tout puissant du monde entier. « Dieu est connu par les jugements qu’il exécute. » « C’est un Dieu qui juge sur la terre. » (Ps. 9:16 ; 58:11)

Addenda. Et bien que les méchants prospèrent souvent pendant un certain temps, tandis que les pieux sont opprimés, ces exemples qui sont peu nombreux n’affaiblissent pas la règle générale avec laquelle la plupart des événements concordent. Et quand bien même les méchants ne sont pas aussi souvent punis que les justes, ces exemples, bien que peu nombreux, témoignent qu’il y a un Dieu, et qu’il est aussi mécontent des offenses des autres qui ne semblent pas être si sévèrement punis. Mais il n’est vrai pour aucun des méchants qu’ils ne sont pas punis dans cette vie, car tous ceux qui ne sont pas convertis sont tôt ou tard dépassés par le châtiment ; oui, ils meurent le plus généralement dans le désespoir, lequel châtiment est plus sévère que tous les autres, et est le commencement et le témoignage du châtiment éternel. Et bien que le châtiment des méchants dans cette vie ne soit pas aussi grand que leurs péchés le méritent, il correspond néanmoins aux crimes les plus tragiques des impies, de sorte que la doctrine de l’Église nous enseigne que la complaisance que Dieu a envers les méchants et la sévérité qu’il semble montrer aux justes, n’affaiblissent en rien sa providence et sa justice, mais déclarent plutôt sa bonté, en ce sens qu’il invite les méchants à la repentance, tandis qu’il retarde leur châtiment, et perfectionne le salut des justes en les exerçant avec croix et châtiments.

  • Il n’est pas possible d’apporter aux hommes un pacte civil ou une communauté civile, gouvernée sagement par des lois justes et saines, si ce n’est par un être intelligent qui approuve cet ordre ; et comme les démons et les méchants haïssent et s’opposent généralement à cet ordre, ce doit nécessairement être Dieu qui, jusque là, a conservé celui-ci. « Par moi, les rois règnent et les princes rendent justice. » (Prov. 8:15)
  • L’enthousiasme héroïque, ou cette sagesse et cette excellente vertu d’entreprendre et d’accomplir des œuvres dépassant les pouvoirs ordinaires de l’homme, comme la dextérité et le plaisir des habiles maîtres-artisans et des dirigeants à découvrir et faire progresser les arts, à concevoir divers conseils ; aussi cette grandeur de pensée dans la réalisation des œuvres de renommée et dans la gestion des affaires comme il en fut à Achille, Alexander, Archimède, Platon, etc, tous donnent la preuve qu’il doit y avoir une cause supérieure et omnipotente qui excite et incite les hommes à s’engager dans ces choses. On dit de Josué : « Le Seigneur lui-même ira devant toi, il sera avec toi. » « Le Seigneur a réveillé l’esprit de Cyrus. » « L’Esprit du Seigneur est venu sur lui. » (Deut. 31:8 ; Esdras 1:1 ; Jud. 14:19)
  • La prédiction d’événements futurs qui n’auraient pu être connus ni par la sagacité humaine, ni par des causes ou des signes naturels, comme les prophéties qui avaient trait au déluge, à la postérité d’Abraham, à la venue du Messie, etc., ne sont connus par la force des choses, qu’en étant révélés par celui qui a les hommes et la nature des choses si complètement dans son pouvoir, que sans sa volonté rien peut se produire. Il est vraiment Dieu, celui qui peut ainsi prédire ce qui va arriver. « Montrez ce qui vous attend dans l’au-delà, afin que nous sachions que vous êtes des dieux. » (Ish. 41:23)
  • La fin et l’utilisation des choses ne sont généralement pas le fruit du hasard, ni d’un être dépourvu de raison, mais d’une cause qui est sage et omnipotente, qui est Dieu. Toutes choses sont maintenant sagement adaptées et ordonnées à leurs propres fins particulières et certaines.
  • L’ordre de cause à effet est fini, et il ne peut pas non plus arriver que la chaîne ou le cours des causes efficaces puisse être d’une étendue infinie. Il doit donc y avoir une cause première qui, soit médiatement, soit immédiatement, produit et déplace le reste, et dont dépendent toutes les autres causes ; car dans tout ordre qui est fini, il y a quelque chose qui est premier et avant toute autre chose.

2. QUI, ET QU’EST-CE QUE DIEU ?

Dieu ne peut être défini, parce qu’il est immense et parce que nous ignorons son essence. Nous pouvons cependant le décrire dans une certaine mesure à partir de la révélation qu’il s’est plu à faire de lui-même ; mais en donnant une description de Dieu, nous devons veiller à y inclure les attributs, représentations et œuvres particulières qui le distinguent de toutes les fausses divinités.

Dieu est philosophiquement décrit comme un esprit ou une intelligence éternelle, suffisant en lui-même à toute félicité, le meilleur des êtres, et la cause du bien dans la nature. Une description théologique et plus complète de Dieu, celle que l’Eglise reçoit, est la suivante :

Dieu est une essence spirituelle, intelligente, éternelle, différente de toutes les créatures, incompréhensible, des plus parfaites en elle même, immuable, de grande puissance, sagesse et bonté ; juste, vrai, pur, miséricordieux, magnanime, bienfaisant, très libre et détestant le péché qui, depuis toujours, engendra le Fils à sa propre image ; le Fils, qui est l’image co-éternelle du Père ; et le Saint-Esprit, venant du Père et du Fils, comme cela a été divinement révélé par la parole sûre délivrée par les Prophètes et les Apôtres, et les témoignages divins ; que le Père éternel, avec le Fils et le Saint-Esprit, a créé le ciel et la terre, et toutes les créatures, est présent avec toutes les créatures, afin de les préserver et de les gouverner par sa providence, et de produire toutes choses bonnes en elles ; et que de la race humaine, faite à son image, il a choisi et rassemble pour lui-même une Église éternelle, par et/ou pour son Fils, afin que par l’Église cette seule et véritable divinité soit ici connue et glorifiée, selon la parole révélée du ciel, et qu’il juge le juste et le méchant dans la vie à venir ; qu’il est le juge du juste et le mal.[…]

Cette même description enseigne que le vrai Dieu, que l’Église adore, peut être distingué des faux dieux de trois façons : par ses attributs, ses distinctions personnelles et ses œuvres. Dieu a déclaré par ses œuvres qu’il est un tel que ses attributs sont importants par nature. Il montre aussi qu’il y a trois personnes dans une même essence divine, puisque, selon ses œuvres, qui sont soit des œuvres de création, soit des œuvres de rédemption, soit des œuvres de sanctification, Dieu a des titres différents qui lui sont attribués, et à chaque personne de la Divinité, un nom particulier est appliqué. Dieu, par conséquent, diffère des idoles,

  • D’abord, par ses attributs. En dehors de l’église, aucun attribut de Dieu ne peut être connu à juste titre et pleinement. […]
  • Deuxièmement, par les distinctions personnelles de la divinité. Les philosophes et sectes païens ne savent ni ne reconnaissent qu’il y a trois personnes dans une essence divine. L’église, cependant, reconnaît et appelle le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Dieu unique, subsistant en trois personnes, comme il s’est révélé lui-même dans sa parole.
  • Troisièmement, par ses œuvres. Ceux qui sont en dehors de l’église n’ont pas une connaissance appropriée de la création et du gouvernement de toutes choses, et encore moins une connaissance correcte de l’œuvre de rédemption et de sanctification par le Fils et le Saint Esprit. Le vrai Dieu se distingue, à ces égards, des idoles. La connaissance de Dieu, que sa parole révèle à l’Eglise, est également différente de celle que les païens ont obtenue de la lumière de la nature.

UNE BRÈVE EXPLICATION DE LA DESCRIPTION DE DIEU, TELLE QU’ELLE EST DONNÉE PAR L’ÉGLISE

Dieu est une essence, c’est-à-dire une chose qui ne jaillit ni ne dépend d’aucune autre chose, mais qui existe de et par elle-même seule, et qui est la cause de l’existence de toute autre chose. C’est pourquoi Dieu est appelé Jéhovah, comme pour dire qu’il existe de lui-même, et qu’il fait exister toutes les autres choses.

Spirituel

C’est-à-dire incorporel, invisible et imperceptible par les sens ; et aussi, vivre ou exister de lui-même, et vivifiant toute autre chose.

  • Objection 1 : Mais Dieu est souvent apparu aux hommes ; c’est pourquoi sa nature ne peut être spirituelle dans le sens qui vient d’être expliqué. Réponse : Dieu, dans ces apparitions, a simplement pris une forme corporelle à l’époque, sans montrer sa propre substance, qu’aucun homme n’a ou ne peut voir.
  • Objection 2 : Mais il a été vu face à face. Réponse : Cela ne signifie pas pour autant que Dieu était perceptible à l’œil naturel, mais qu’il y avait une perception claire de lui par l’esprit.
  • Objection 3 : Mais les Écritures attribuent très souvent à Dieu les différentes parties et membres du corps humain. Réponse : Ces représentations de Dieu doivent être comprises au sens figuré, telles qu’elles sont dites à la manière des hommes.
  • Objection 4 : Mais il est dit que l’homme a été fait à l’image de Dieu. Par conséquent, Dieu ne peut pas être spirituel, comme expliqué ci-dessus. Réponse : L’image de Dieu, dans laquelle l’homme a été créé, ne consiste pas dans la morphologie ou la forme du corps, mais dans l’essence de l’âme, dans ses pouvoirs et son intégrité.

Intelligent

L’esprit humain, avec les notions ou conceptions générales qu’il a, qui viennent de Dieu, prouve qu’il est doté de cet attribut. « Celui qui a planté l’oreille, n’entendra-t-il pas ? » (Ps. 94:9)

Eternel

C’est-à-dire, avoir une existence sans commencement ni fin. « D’éternité en éternité, tu es Dieu. » (Ps. 90:2)

Différent de toutes les créatures et choses

Dieu n’est pas la nature elle-même, ni la matière, ni la forme, ni aucune partie de la nature, mais la cause efficace de toutes choses ; son essence n’est ni mélangée ni se confondant avec les autres choses ; elle est différente et se distingue des autres choses.

  • Objection 1 : Toutes les choses viennent de Dieu ; elles ne peuvent donc pas être différentes de lui. Réponse : Toutes choses viennent en effet de Dieu, mais seulement en ayant été créées par lui à partir de rien.
  • Objection 2 : Nous sommes la descendance de Dieu. Réponse : Mais seulement par rapport à une ressemblance de propriétés, et par création.
  • Objection 3 : Les saints sont nés de Dieu. Réponse : C’est, cependant, par la régénération du Saint Esprit.
  • Objection 4 : Nous participons à la nature divine, selon l’apôtre Pierre. (2 Pierre 1:4) Réponse : Cela ne signifie rien de plus que Dieu habite en nous, et que nous avons un conformisme avec lui.
  • Objection 5 : Le Christ est Dieu et a un corps divin. Réponse : Mais c’est en vertu de l’union hypostatique et de la glorification.

Incompréhensible

Dieu est incompréhensible ;

  1. En ce qui concerne nos pensées ou notre connaissance de lui.
  2. Dans l’immensité de son essence.
  3. Dans la communication de son essence, strictement unique.

Le plus parfait en lui-même

  1. Parce que lui seul a tout ce qu’il faut pour perfectionner la félicité, afin que rien ne puisse lui être ajouté pour augmenter sa gloire ou son bonheur.
  2. Parce qu’il a toutes ces choses en lui et de lui-même.
  3. Parce qu’il est aussi suffisant pour le bonheur de toutes les autres créatures.
  • Objection 1 : Mais on dit que Dieu s’est fait toutes choses pour lui-même. Réponse : Dieu a créé toutes choses, non dans le but de se faire du bien, mais dans le but de se communiquer à ses créatures.
  • Objection 2 : Mais Dieu emploie ses créatures pour réaliser ses desseins. Réponse : Il ne le fait pas par désir ou par nécessité dans le cas présent, mais pour honorer ses créatures en en faisant d’elles des dispensatrices de sa générosité, et des collaborateurs avec lui-même.
  • Objection 3 : Nous sommes tenus d’adorer Dieu. Réponse : C’est ce que nous devons à Dieu, et cela se traduit par notre bien.
  • Objection 4 : A qui est donné ce qui lui est dû, à lui est ajouté quelque chose. Réponse : Cela n’est cependant pas vrai en ce qui concerne ce qui est dû selon l’ordre de la justice, et ce qui est dû selon l’ordre de la justice contribue au bonheur du donneur.
  • Objection 5 : Dieu aime notre obéissance. Réponse : Il le fait dans la mesure où notre obéissance est un objet, et non dans la mesure où elle est une cause efficace de joie.

Immuable

Dieu est immuable ; 1. dans son essence. 2. Dans sa volonté. 3. Pour ce qui est du lieu, parce qu’il est immense.

  • Objection 1 : Mais on dit que Dieu s’est repenti de ce qu’il a fait. Réponse : C’est ce que l’on dit au sens figuré.
  • Objection 2 : Dieu a souvent promis et menacé des choses qu’il n’a pas faites. Réponse : Ces promesses et menaces étaient toujours conditionnelles.
  • Objection 3 : Mais Dieu change ses préceptes, ses observances et ses oeuvres. Réponse : Il les change selon son décret éternel.

Omnipotent

  1. Dieu peut faire tout ce qu’il veut.
  2. Il les fait par sa seule volonté, sans aucune difficulté.
  3. Il les fait, ayant tout en son pouvoir.

Objection : Mais il y a beaucoup de choses que Dieu ne peut pas faire, comme pécher, se contredire, etc. Réponse : Mais ces choses sont révélatrices de faiblesse et d’imperfection.

D’une immense sagesse

Cela se manifeste, 1. en se voyant et en se comprenant lui-même, et toutes choses hors de lui-même, d’un seul coup d’œil ou d’un seul regard, parfaitement et à tout instant. 2. En étant la cause de toute la connaissance dans les anges et les les hommes.

D’une immense bonté

  1. La nature de Dieu est telle qu’elle a été révélée dans la loi et l’évangile.
  2. Il est la cause et le modèle de toute bonté chez ses créatures.
  3. Il est le bien suprême.
  4. Il est essentiellement bon.

Juste

Dieu est juste ;

  1. En ce qui concerne sa justice générale, il a voulu et fait de façon immuable les choses qu’il a prescrites dans sa loi.
  2. En ce qui concerne sa justice particulière, selon laquelle il distribue des récompenses et des punitions invariablement appropriées.
  3. En ce qu’il est la règle et le modèle de la justice dans ses créatures.
  • Objection 1 : Dieu envoie le mal sur les justes et le bien sur les méchants. Réponse : Ce ne sera cependant pas toujours le cas : il en sera de même pour les justes et pour les méchants.
  • Objection 2 : Dieu ne punit pas immédiatement les méchants. Réponse : Il reporte la peine dans leur cas pour diverses raisons.
  • Objection 3 : Il ne devrait jamais y avoir de mal contre les bons. Réponse : Pas avec ceux qui sont parfaitement bons, ce qui n’est le cas de personne dans cette vie.
  • Objection 4 : Dieu fait certaines choses contraires à la loi. Réponse : Il enlève certaines choses de sa volonté générale par sa volonté spéciale, ce qu’il a le droit de faire, car il n’est lié par personne.
  • Objection 5 : Dieu accorde des récompenses inégales aux hommes qui sont placés dans des circonstances similaires. Réponse : Il ne donne cependant à personne son juste abandon.

Vrai

  1. Dieu a une connaissance vraie et certaine de toutes choses.
  2. Il ne veut pas ou ne dit pas des choses contradictoires.
  3. Il ne trahit pas et ne trompe pas.
  4. Il ne change jamais d’avis.
  5. Quoi qu’il dise, il fait passer.
  6. Il ordonne la vérité et la véracité à tous.
  • Objection 1 : Mais Dieu a prédit des choses qu’il n’avait pas l’intention d’accomplir. Réponse : Ces choses ont été dites conditionnellement.
  • Objection 2 : Dieu a trompé les prophètes. Réponse : Dans son juste jugement, il les a livrés au diable, afin qu’ils soient trompés.

Pur

  1. Sa nature est très pure.
  2. Il aime et commande ce qui est pur.
  3. Il déteste grandement et punit sévèrement toute forme d’impureté, qu’elle soit interne ou externe.
  4. Il se distingue par cette marque notable des démons et des esprits méchants. « C’est la volonté de Dieu, votre sanctification, que vous vous absteniez de forniquer, que chacun de vous possède son vase dans la sanctification et l’honneur. » « Ne vous souillez pas dans aucune de ces choses, car de toutes ces choses les nations sont souillées. » (1 Thess. 4:3, 4 ; Lev. 18:24)

Miséricordieux

La miséricorde de Dieu apparaît en cela :

  1. Qu’il veut le salut de tous les hommes.
  2. Qu’il diffère le châtiment et invite tous à la repentance.
  3. Qu’il s’adapte à notre infirmité.
  4. Qu’il rachète ceux qui sont appelés à son service.
  5. Qu’il a donné et livré à la mort son Fils unique.
  6. Qu’il promet et fait toutes ces choses très librement par pitié.
  7. Qu’il confère des avantages à ses ennemis, et à ceux qui sont indignes de son estime.
  • Objection 1 : Mais Dieu semble prendre plaisir à se venger des impies. Réponse : Seulement dans la mesure où c’est l’exécution de sa justice.
  • Objection 2 : Il refuse la miséricorde aux impies. Réponse : Seulement à ceux qui ne se repentent pas.
  • Objection 3 : Il ne sauve pas tous les hommes alors qu’il en a le pouvoir. Réponse : Dieu agit ainsi pour qu’il puisse manifester sa justice avec sa miséricorde.
  • Objection 4 : Il n’exerce pas sa miséricorde sans une satisfaction suffisante. Réponse : Mais il a donné très librement son Fils, afin qu’il soit satisfait par sa mort.

Généreux

On dit que Dieu est généreux ;

  1. Parce qu’il crée et préserve toutes choses.
  2. Parce qu’il confère des bienfaits à tous, même aux méchants.
  3. A cause de l’amour libre et illimité qu’il exerce envers ses créatures, spécialement envers l’homme.
  4. A cause de l’amour qu’il chérissait pour l’Eglise, et en donnant la vie éternelle et la gloire à son peuple.
  • Objection 1 : Mais les Écritures parlent de la colère dévorante de Dieu. Réponse : Il est en colère contre le péché et la dépravation, mais pas contre ses créatures.
  • Objection 2 : Dieu inflige souvent un châtiment à ses créatures. Réponse : Seulement sur ceux qui sont impénitents.

Le plus libre

Dieu est le plus libre ; 1. de toute culpabilité, misère, obligation, servitude et contrainte. 2. Il veut et fait très librement et avec justice toutes choses, et il les veut et les fait quand et de la manière qu’il veut.

  • Objection 1 : Les causes secondes travaillent nécessairement, et pourtant elles ne fonctionnent pas sans Dieu. Réponse : La nécessité dont il est question ici est une nécessité de conséquence selon la première cause.
  • Objection 2 : Mais Dieu est invariablement bon. Réponse : Dieu est inaltérablement bon par une nécessité d’immuabilité, et non de contrainte.
  • Objection 3 : Mais ce que Dieu a décrété une fois, il le veut nécessairement. Réponse : Il les veut immuablement, mais sans contrainte.
  • Objection 4 : Dieu ne fait pas toujours ce qu’il veut, comme, « Combien de fois je le ferais, et vous non. » (Luc 13:33.) Réponse : Ces déclarations et d’autres semblables montrent dans quoi Dieu se réjouit, mais pas ce qu’il a pleinement voulu faire.

Détestant le péché

C’est-à-dire, Dieu est terriblement mécontent du péché, et le punira dans le temps et pour l’éternité.

3. PAR QUOI APPARAÎT L’UNITÉ DE DIEU ?

L’unité de Dieu est prouvée, en premier lieu, par le témoignage exprès de l’Écriture. « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu, est un Dieu unique. » « Voyez maintenant que je suis lui, moi aussi, et qu’il n’y a pas de Dieu avec moi. » « Je suis le Premier et le Dernier, et à côté de moi il n’y a pas de Dieu. » « Nous savons qu’une idole n’est rien au monde, et qu’il n’y a d’autre Dieu qu’un seul. » « Il n’y a qu’un seul Dieu, et un seul Médiateur entre Dieu et l’homme, l’homme Jésus Christ. » (Deut. 6:4, 32:39 ; Is. 44:6 ; 1 Cor. 8:4 ; l Tim. 2:5) Voir aussi Deut. 4:35 ; Ps. 8:31 ; Ish. 37:16, 45:21 ; Osée 13:4 ; Mal. 2:10 ; Marc 12:32 ; Rom. 3:20 ; Gal. 3:20., etc.)

Deuxièmement, l’unité de Dieu peut être prouvée par de nombreux arguments solides, tels que les suivants :

  1. Il n’y a qu’un seul Dieu – le Dieu que l’Église adore – qui a été révélé par des témoignages indubitables et sûrs, comme des miracles, des prophéties et d’autres œuvres qui ne peuvent être accomplis que par un Être tout-puissant. « Et qui est celui qui ait appelé comme moi, qui m’ait déclaré, et ordonné cela, depuis que j’ai établi le peuple ancien ? qu’ils leur déclarent les choses à venir, les choses, [dis-je], qui arriveront ci-après. » « Parmi les dieux, il n’y a personne comme toi, Seigneur, et il n’y a aucune œuvre semblable à tes œuvres. » (Is 44,7 ; Ps 86,8)
  2. Celui qui règne seul sur tous, qui gouverne toutes choses de la même manière, et qui possède ainsi le pouvoir suprême et la majesté, ne peut être plus qu’un. Mais il n’y a personne, en dehors de Dieu, qui soit si suprême et si grand, qu’il ne puisse exister ou être conçu plus grand. Par conséquent, il est Dieu seul, et en dehors de lui, il ne peut y avoir d’autre Dieu. « Je suis le Seigneur, c’est mon nom, et je ne donnerai pas ma gloire à un autre. » « Maintenant, au Roi éternel, immortel, invisible, le seul Dieu sage, » etc. « Tu es digne, Seigneur, de recevoir gloire, honneur et puissance, car tu as créé toutes choses. » (Esaïe 42:8 ; 1 Tim. 1:17, Apoc. 4:11)
  3. Celui qui est parfait au plus haut degré ne peut être qu’unique, car celui qui seul a le tout et chaque partie est absolument parfait. Dieu, maintenant, est donc parfait, parce qu’il est la cause de tout ce qui est bon dans la nature. Rien n’est donc plus absurde que de supposer que quelqu’un est Dieu, qui n’est pas suprême et parfait, au plus haut degré. « Seigneur, qui est semblable à toi ? » (Ps. 89:8)
  4. Il ne peut y avoir plus d’un être omnipotent, car s’il y en avait plusieurs, ils s’entraveraient et s’opposeraient mutuellement, et ne seraient donc pas omnipotents. C’est par cet argument que la monarchie du monde est attribuée à un seul Dieu dans la prophétie de Daniel, où il est dit : « Personne ne peut subsister dans son alliance ni résister à sa volonté ». (Dan. 4:35)
  5. Si nous supposons que beaucoup de dieux existent, aucun d’entre eux ne pourrait régner seul et individuellement sur tout le reste, et ainsi tous seraient imparfaits, et non des dieux ; ou bien le reste serait à l’aise et superflu. Mais il est absurde de supposer que Dieu est un Dieu qui n’a pas assez de pouvoir pour gouverner toutes choses, ou qui est à l’aise et superflu. Il n’y a donc, nécessairement, qu’un seul Dieu, qui seul est suffisant pour toutes choses.
  6. Il ne peut y avoir plus d’un être qui soit infini, ou immense ; car s’il y en avait plus d’un, personne ne serait partout. Par conséquent, il ne peut y avoir beaucoup de dieux, mais un seul Dieu, qui seul est infini.
  7. Il ne peut y avoir qu’une seule première cause de toutes choses. Dieu est cette première cause. Par conséquent, il est un seul Dieu, excluant tous les autres.
  8. Le bien le plus élevé ne peut être qu’unique ; car s’il y avait en plus un autre bien le plus élevé, il serait soit supérieur ou inférieur, soit égal au premier. Mais s’il était plus grand, le premier ne serait pas le plus élevé, et pourtant ce serait Dieu qui serait un reproche à la Déité ; s’il était moins, alors ce ne serait pas le bien le plus élevé, et ce ne serait pas Dieu non plus ; et s’il était égal, alors ni le bien le plus élevé, ni Dieu.

L’utilité ou l’avantage de cette question est qu’en voyant qu’il n’y a qu’un seul Dieu, nous ne devons pas vénérer ou adorer quiconque à ses côtés, ni chercher ailleurs que vers ce Dieu unique pour toutes choses bonnes, et lui être seuls reconnaissant de ce que nous avons reçu.

Objection : Mais les Écritures déclarent qu’il y a beaucoup de dieux : « J’ai dit, vous êtes des dieux. » « Il y a beaucoup de dieux et beaucoup de seigneurs. » (Ps. 82:6 ; 1 Cor. 8:5) On dit aussi que Moïse a été fait un dieu pour Pharaon. (Ex. 7:1) Oui, le diable est appelé le dieu de ce monde. (2 Cor. 4:4) Réponse : Le mot Dieu est utilisé dans un double sens. Parfois il signifie celui qui est Dieu par nature, et qui n’a son être que de lui-même. Un tel Etre est le Dieu vivant et vrai. Mais encore une fois, il désigne quelqu’un qui ressemble au vrai Dieu dans sa dignité, sa fonction, etc.

Lisez aussi :
1) le monothéisme – Ursinus
2) Les catégories trinitaires – Ursinus

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *