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La Gouvernance de l’Église Catholique #26 : 20 arguments contre la primauté romaine

Les éléments de preuve que j’ai fournis appartiennent à deux catégories. La première catégorie est un argument du silence, le fait que les revendications catholiques romaines essentielles ne sont présentes ni dans le Nouveau Testament ni dans les trois premiers siècles de l’Église. Les arguments du silence peuvent être valables, car des arguments extraordinaires devraient exiger une abondance de preuves en leur faveur. Néanmoins, les arguments du silence ne sont pas des arguments définitifs, et ils ne seront pas suffisants s’il y a des éléments de preuve contestés. J’ai donc aussi démontré que des affirmations positives sont faites dans le Nouveau Testament et dans l’Église des trois premiers siècles qui contredisent les affirmations catholiques romaines actuelles. Je vais maintenant énumérer ces affirmations positives.

20 Contre-arguments contre une papauté originale :

  • 1 Le livre des Actes des apôtres montre un collège de douze membres agissant par consensus.
  • 2 L’apôtre Paul est appelé et ordonné indépendamment de ce collège apostolique originel, nie que son autorité dérive de là, et prétend avoir une vocation et une autorité parallèles à celle de Pierre (voir surtout Gal 2,8).
  • 3 Le Concile de Jérusalem en Actes 15 montre un modèle conciliaire d’autorité ecclésiastique avec Jacques au poste de président du Concile.
  • 4 Paul choisit directement ses successeurs et les ordonna à des postes ministériels sans les subordonner à une autorité ecclésiastique supérieure (voir sa relation avec Timothée).
  • 5 Les évêques et les anciens sont la même fonction dans le Nouveau Testament, et ils sont des officiers de l’église locale (Actes 20:17 ; Tite 1:5, 7 ; 1 Pierre 5:2).
  • 6 Paul a laissé un groupe d’évêques en charge de l’Église à Éphèse (Actes 20:17, 28).
  • 7 A l’exception des lettres d’Ignace, toute la littérature post-biblique du Ier siècle continue à utiliser les noms « évêque » et « ancien » pour la même fonction.
  • 8 La première épître de Clément dit que les évêques sont nommés « avec le consentement de toute l’Église » (1 Clément 44:2). Ceci sera répété plus tard par Hippolyte de Rome (Tradition Apostolique partie 1, section 2.1-5) et Cyprien (Epître 51.8, 67.5).
  • 9 Ignace parle d’un évêque qui se tient au-dessus des autres anciens, mais son évêque est toujours un personnage pastoral local, celui qui est chargé d’être présent aux baptêmes et aux eucharisties, de surveiller les mariages et de connaître « tous les hommes par leur nom » (Lettre à Polycarpe 4.2).
  • 10 Ignace donne quelques raisons de penser que sa position sur l’évêque a été comprise comme une innovation historique en son temps, et il dit qu’il a appris son point de vue par une révélation charismatique (Lettre aux Philadelphes 7:1-2).
  • 11 Ignace et Polycarpe nient qu’ils exercent le même genre d’autorité que les apôtres (Ignace, Lettre aux Romains 4:3 ; Polycarpe, Lettre aux Philippiens 3:1-2).
  • 12 Écrivant vers la fin du IIe siècle, Irénée appelle encore les « évêques » par le nom de « presbytres », bien qu’il indique que l’évêque se tienne au-dessus des presbytres dans un rôle de premier plan.
  • 13 Irénée est le premier à soutenir que l’Eglise de Rome a été fondée par Pierre, mais il soutient en fait qu’elle a été fondée à la fois par Pierre et Paul (Contre les hérésies, 3.3.2).
  • 14 Des listes d’évêques et de leurs successeurs commencèrent à être rédigées vers la fin du IIe siècle, mais une contradiction importante surgit quant à savoir qui Pierre a ordonné comme son successeur immédiat. Irénée déclare que Pierre a d’abord ordonné Lin comme son successeur et que Lin a été suivi par Cletus qui a ensuite été suivi par Clément (contre les hérésies 3.3.3). Tertullien, écrivant peu de temps après Irénée, affirme que Pierre a ordonné Clément comme son successeur (Prescription 32). Cela a donné lieu à des listes contradictoires d’évêques qu’Epiphane, écrivant au IVe siècle, harmonise en disant que Pierre a ordonné plusieurs évêques sur les mêmes Eglises en même temps (Panarion, Livre 1, Section 2, 27.6.1-6). Ainsi, lorsque des preuves commencent à apparaître pour un chef épiscopal singulier à Rome, elles s’accompagnent rapidement de preuves contradictoires.
  • 15 Tertullien dit que les traditions contradictoires devraient être préjugées comme fausses (Prescription 21, 28). Il dit que la règle de la foi pour prouver quelque chose d' »apostolique » est qu’elle est en accord avec l’Eglise entière.
  • 16 Tertullien soutient que Rome a une position de primauté parce que Pierre et Paul y ont été faits martyrs (Prescriptio 36, Contre Marcion 4.5). Plus tard dans la vie de Tertullien, il rejeta explicitement l’affirmation selon laquelle Rome héritait du pouvoir apostolique de Pierre (Sur la modestie, chapitre 21).
  • 17 Cyprien soutient que tous les évêques possèdent également l’autorité épiscopale de Pierre (Epître 26.1 Citation ANF, De l’Unité de l’Église 4).
  • 18 Cyprien soutient que les tribunaux ecclésiastiques éloignés ne devraient pas renverser les jugements des tribunaux ecclésiastiques locaux (Épître 51.14, citation ANF).
  • 19 Cyprien soutient que le consentement de toute l’Eglise est la plus haute autorité et que même l’évêque de Rome devrait se soumettre au jugement de toute l’Eglise, qui est discerné par les conciles (Epître 30.1 ; 51.4-5, 8 citation ANF).
  • 20 Augustin, écrivant environ 150 ans plus tard, réaffirme la position de Cyprien sur l’autorité des conseils et dit que ce qu’écrit un évêque (même l’évêque de Rome) ne peut exiger qu’un autre évêque modifie sa pratique. Seul un concile plénier peut résoudre les conflits sur la tradition (Sur le baptême 2.3.4).

En bref, l’évidence positive montre une tradition post-biblique en développement où les évêques naissent au sein d’un collège d’anciens. Ils occupent d’abord un poste de congrégation, puis s’élèvent au rang de juridiction régionale. Ces évêques sont choisis par les gens de leur région, sont ordonnés par leurs confrères évêques (et parfois par des presbytres) et détiennent une autorité égale entre eux. Il n’y a aucune preuve d’une quelconque primauté romaine au Ier siècle, et comme on peut le constater, elle présente des contradictions et ne revendique pour Rome qu’une position d’ancienneté et d’estime. Les évêques de Rome n’ont pas à l’origine d’autorité juridique sur les autres évêques, et lorsqu’ils tentent d’exercer ce type d’autorité, ils sont contestés et des appels sont faits à l’autorité supérieure d’un concile.

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