Baptême des enfants

Le pédobaptisme donne-t-il une fausse espérance à l’enfant baptisé ?

Une critique que l’on peut entendre du pédobaptisme dans les milieux évangéliques concerne le fait que ce baptême donnerait une fausse assurance à l’enfant baptisé.

D’où vient cette critique ?

Cette critique vient de plusieurs facteurs. Premièrement l’expérience du catholicisme romain en France qui baptise les enfants et entretient, sous diverses formes et de façon variable en fonction des paroisses, une certaine superstition donnant l’impression que le baptême opère quelque chose dans l’être de l’enfant et que ce qui a été opéré peut servir d’appui à une espérance « mal placée », c’est-à-dire placée ailleurs qu’en Christ seul.

Cette critique vient aussi du fait que les baptistes « lisent » la position pédobaptiste avec leurs présupposés de baptistes. En effet, pour un baptiste, le baptême est le signe que la personne dit « je crois » et donc, implicitement, « je suis sauvé ! ». Avec une telle définition du baptême, il n’est pas étonnant que la position pédobaptiste leur semble entretenir une confusion.

Est-elle juste ?

Oui et non. Elle est juste dans le sens où il est certainement possible qu’une pratique du pédobaptême associée à un mauvais enseignement (comme celui que l’on peut voir dans les Eglises catholiques romaines) peut créer une fausse assurance. Néanmoins, bien comprise, la position pédobaptiste est très au clair sur le statut de l’enfant baptisé.

En effet, nous pensons que Dieu, dans sa grâce, inclus dans l’Eglise visible les familles des croyants et se plait à les placer ainsi sous l’influence de la prédication de la Parole et sous la « prédication visible » et symbolique des sacrements (ou ordonnances). Autrement dit, être baptisé ne confère pas le salut éternel mais confère un privilège et une responsabilité : le privilège de l’inclusion dans le peuple visible de Dieu, qui doit vous considérer comme un de ses membres, prendre soin de vous, vous exhorter, prier pour vous : bref, agir en frère et soeur en Christ avec vous. Quant à la responsabilité, elle concerne l’Eglise, qui doit comme nous l’avons dit vous considérer comme l’un de ses enfants, elle concerne les parents qui doivent éduquer l’enfant « dans le Seigneur », c’est-à-dire dans une relation privilégiée avec lui et selon sa Loi et elle concerne le baptisé qui sera exhorté tout au long de sa vie à se dépouiller de lui même, se repentir, suivre le Christ, à chercher la circoncision du coeur : à vivre ce que le baptême symbolise tous les jours de sa vie.

Puisque nous croyons que l’Eglise visible à laquelle s’adresse nos prédications et les sacrements est composée d’un tel peuple, comportant de véritables croyants et des personnes qui ont le nom de chrétiens sans être régénérés dans leur être intérieur, notre prédication, comme celle des apôtres, insistera sur la responsabilité de celui qui se déclare chrétien et avertira du danger de laisser le péché envahir un coeur incrédule. C’est ce que Paul fait en 1 Corinthiens 10 et ce que l’auteur de l’épitre aux Hébreux fait.

Tu quoque

Mais ne pourrait-on pas rétorquer aux baptistes que leur position aussi peut donner une fausse espérance et est peut-être même plus exposée à cela ? En effet, les baptistes pensent baptiser après la conversion et pensent que l’Eglise n’est composée que de personnes régénérées. Si donc une personne se fait baptiser alors qu’elle était en réalité incrédule (comme Simon le Magicien en Actes 8), ne courrions-nous pas le risque de lui donner la fausse espérance d’être régénéré ? En réalité, toute Église saine saura admettre que tous les baptisés ne sont pas régénérés et qu’il faut donc prêcher les avertissements de la Parole à nos Églises. Ainsi, s’inquiéter de donner une fausse espérance est une préoccupation légitime, mais elle ne peut pas régler la question : ce qui compte, c’est l’ordonnance divine et nous pouvons faire confiance à Dieu sur le fait qu’il est plus sage que nous sur la meilleure manière d’administrer son Église !

Pour aller plus loin

Sur la prédication et le statut des enfants : Parler la langue de la Bible au peuple de Dieu.

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