Histoire de l'Église

Pourquoi cette opposition à l’intellectuel chez les évangéliques ?

La meilleure introduction possible de ce post est probablement cet article de Sébastien Fath (sociologue évangélique), dans un de ses billets il disait :

Les semenciers industriels et les conglomérats de la chimie cherchent à breveter le vivant, tuent les abeilles et détruisent la biodiversité, compromettant l’équilibre des générations futures…

Mais un certain christianisme haine-angélique off-shore préfère revenir régulièrement se focaliser sur une chose : la braguette.

Et il rejoignait un courant de critiques assez courantes – et que je fais moi-même – sur le fait que nous sommes très performants et alertes sur les sujets sociétaux, mais les sujets économiques et sociaux sont complètement hors de notre radar, et cela est très dommage. J’avais alors répondu à Sébastien Fath dans mon article « Les évangéliques à braguette contre les évangéliques à gamelles »

Il y a eu peu de réflexion sur le sujet sous une optique proprement chrétienne. Nous avons des bibliothèques entières sur le sujet de la famille dans une optique chrétienne, mais nous avons tout au plus une demie-douzaine de livres sur la vision chrétienne de l’écologie. Depuis ma naissance dans l’église évangélique, je n’ai jamais entendu un seul début d’enseignement sur la prostitution. J’espère aborder un jour ces sujets avec Phileo-Sophia, mais le manque relatif de tradition chrétienne sur le sujet me gêne un peu.[…]

Je dois avouer maintenant que je me suis trompé : il y a bien une tradition chrétienne sur les sujets économiques et sociaux, il faut juste l’absorber et la faire vivre (« juste »…). Mais je ne me suis pas trompé sur le fait que je n’ai jamais entendu un intellectuel évangélique sur ces sujets. Et la raison de cette absence a été diagnostiquée et décrite avec une très grande précision par Mark Noll, dans son livre « The scandal of evangelical mind ». L’article présent est basé sur ce livre.

Pourquoi il n’y a pas de pensée évangélique

Mark Noll est un historien de l’église, particulièrement compétent sur l’histoire des protestants américains de l’ère moderne – autrement appelés : les évangéliques. Il raconte donc comment cette branche du protestantisme –aujourd’hui le seul refuge du protestantisme conservateur- s’est formé. Il distingue 3 influences culturelles/philosophiques qui en leur temps ont protégé le protestantisme évangélique de la dévastation des Lumières, mais qui aujourd’hui sont un handicap. J’ai trouvé ça particulièrement fascinant. Il distingue :

  • L’impact des réveils
  • L’influence des Lumières Ecossaises
  • Le fondamentalisme

Son analyse est très centrée autour du contexte américain, comme souvent avec les théologiens américains, qui semblent ignorer qu’il y a une chrétienté occidentale en dehors des USA. Et pourtant son analyse reste étonnamment pertinente. J’attribue cela au fait que le monde évangélique francophone doit énormément aux missionnaires américains du milieu XXe siècle, dont nous commençons seulement à nous affranchir de l’influence culturelle. Ils ont façonné notre vision même de la religion chrétienne, et c’est pour cela que les évangéliques français sont concernés par ce qui est écrit par ce livre.

L’influence des réveils

Mark Noll écrit :

Les églises chrétiennes ont toujours connu des périodes de réveil, donc il n’y a rien de nouveau à propos de la présence en Amérique de réveils en tant que tel. Ce qui était nouveau après le milieu du XVIIIe siècle, c’est la manière dont le réveil est apparu comme le thème dominant, définissant la nature et les buts de l’Église pour les Américains. Sur ce continent, le renouveau est devenu prépondérant à travers les expériences du Premier Grand Réveil dans les années 1740 et le Second Grand Réveil du début du XIXe siècle. [Le premier Réveil] a été important pour de nombreuses raisons, mais pour ce qui est de l’impact sur la pensée chrétienne, deux aspects ont été les plus importantes. Le premier était la façon dont le Réveil a favorisé un nouveau style de leadership – direct, personnel, populaire et beaucoup plus dépendant sur la capacité d’un orateur à attirer la foule que sur la place de cet orateur dans une hiérarchie établie. Le deuxième est la façon dont le réveil a sapé l’autorité traditionnelle des Églises. La vie ecclésiastique est restée importante, mais pas aussi importante que la décision de l’individu proche du Christ. Les effets combinés de ces deux éléments n’avaient à l’origine rien à voir avec la vie de l’esprit en soi. Le brillant Jonathan Edwards a été le défenseur le plus zélé du Réveil. Mais ils ont semé les germes de l’individualisme et de l’immédiatisme qui ont fini par exercer une profonde influence sur la pensée chrétienne.[…]

Le problème du revivalisme pour la vie de l’esprit, cependant, réside précisément dans son antitraditionalisme. Les Réveils ont appelé les gens au Christ comme un moyen d’échapper à la tradition, y compris à l’apprentissage traditionnel. Ils ont appelé les individus à faire le pas de la foi pour eux-mêmes. Ce faisant, ils ont souvent donné l’impression que les croyants individuels ne pouvaient rien accepter des autres. Tout ce qui a de la valeur dans la vie chrétienne devait venir du choix de l’individu – pas seulement de sa foi personnelle, mais de chaque parcelle de sagesse, de compréhension et de conviction concernant la foi. Ce rejet de la tradition n’est pas mieux illustré que dans un commentaire mémorable de deux revivalistes du Kentucky au début du XIXe siècle. Lorsque des citations de Calvin ont été utilisées pour argumenter contre Robert Marshall et J. Thompson, ils ont répondu : « Nous ne connaissons pas personnellement les écrits de Jean Calvin, et nous ne sommes pas certains à quel point nous sommes d’accord avec ses vues de la vérité divine ; nous nous en fichons ».[…]

Il n’est pas nécessaire de promouvoir le Réveil sous ces formes précises, mais c’était ainsi en Amérique avant la guerre de 1914. La forme de revivalisme qui finit par prévaloir comme mode dominant de la vie évangélique de l’Église était activiste, immediatistique et individualiste. En tant que tel, il a été capable de mobiliser un grand nombre de personnes pour la cause du Christ. Mais aussi en tant que tel – avec son mépris de la tradition, sa concentration sur la compétence individuelle, sa méfiance à l’égard du savoir médiatisé – le renouveau américain a beaucoup contribué à paralyser la vie de l’esprit (c’est-à-dire, de l’intellect). 

Ne reconnaissez-vous pas nos églises françaises dans cette description ? Ce revivalisme américain est une forme de piétisme qui est une réaction à l’orthodoxie desséchée telle qu’elle était vécue en France dans les années 50. Ce n’est pas un hasard si nos frères les plus partisans d’un réveil sont ceux qui ont grandi dans l’église catholique pré-Vatican II. Ce discours anti-tradition était rafraîchissant et libérateur pour eux. Mais ce qui a été libérateur pour cette génération est aujourd’hui le fardeau d’une autre : dépourvu de Tradition, une jeune génération cherche aujourd’hui son identité, allant parfois jusqu’à « traverser le Tibre » -c’est-à-dire passer au romanisme. Ayant pleinement absorbé l’individualisme propre au Revivalisme, nous perdons une grande quantité de jeunes à l’athéisme, faute de transmettre notre foi.

Les Lumières Ecossaises

Car oui, les évangéliques sont un christianisme façonné et influencé par les Lumières. Mais pas les mêmes que celles que vous connaissez en France. Mark Noll explique :

La clé pour comprendre pourquoi il y a eu un puissant siècle des Lumières évangélique en Amérique est de se rappeler que l’histoire intellectuelle de ce côté de l’Atlantique n’était pas la même que celle du continent européen. Un livre important d’Henry May, The Enlightenment in America, est essentiel à cette fin, car il montre que les Américains du XVIIIe siècle ont perçu plusieurs Lumières, plutôt qu’une seule. Les Américains en général ont tenu en haute estime, mais de loin, ce que May appelle le siècle des Lumières modéré, illustré par Isaac Newton et John Locke. En revanche, les évangéliques d’Amérique en sont venus à répudier deux autres formes, deux autres courants des Lumières européennes – le courant sceptiques, telles que définies par Voltaire et David Hume ; et révolutionnaires, comme dans l’œuvre de Rousseau, William Godwin, et (après 1780) Tom Paine. Une quatrième variété de Lumières, cependant, a reçu un accueil très différent en Amérique protestante. Ce siècle des Lumières didactiques, qui a récemment fait l’objet d’une nouvelle attention scientifique, était en grande partie un produit de l’Ecosse. Trois générations de philosophes et de moralistes […] ont lutté pour rétablir la confiance intellectuelle et la cohésion sociale dans l’idéal des Lumières. Ils ont atteint ces objectifs en faisant valoir que tous les humains possédaient, par nature, un ensemble commun de capacités – à la fois épistémologiques et éthiques – leur permettant de saisir les réalités fondamentales de la nature et de la morale. De plus, ces capacités humaines pourraient être étudiées aussi scientifiquement que Newton a étudié le monde physique. Une étude aussi rigoureuse, en particulier de la conscience, produirait des lois pour le comportement humain et l’éthique tout aussi scientifiques que les conclusions de Newton sur la nature. Aux États-Unis, cette forme écossaise des Lumières a dominé la vie intellectuelle pendant plus d’un demi-siècle de l’histoire de la nation. 

Et alors ? En quoi cela nous concerne-t-il ?

Nulle part le mariage entre le protestantisme et les Lumières n’a produit une progéniture plus vivante que dans l’appropriation américaine de la Bible.[…] Ce que Nathan Hatch a écrit sur la religion populiste dans la première république était vrai aussi pour presque tous les évangéliques : « Dans une culture qui s’attaquait de front à la tradition, aux élites médiatrices et aux institutions, la Bible devint très facilement…’un livre tombé du ciel pour que toutes sortes d’hommes l’utilisent à leur façon’.

Et voilà d’où vient le « biblicisme » de nos assemblées. « Nous n’avons pas besoin de théologiens, j’ai la Bible et cela me suffit. Je n’ai pas besoin que d’autres l’interprètent pour moi, j’ai assez de bon sens et de capacités pour tirer toute sa substance par moi-même. Nous on suit la Bible, pas la Tradition.» Cette idée-là est originaires des Lumières dites « Ecossaises » que nous n’avons pas connu en France, mais qui a façonné le monde évangélique américain, et dont nous avons hérité.

L’importance de ce « biblicisme » [Bible-onlyism], au détriment d’une théologie bien articulée, signifiait que lorsque de nouvelles conditions surgissaient – d’abord les grands changements sociaux de la fin du XIXe siècle, puis la série continue de changements du XXe siècle : la Grande Dépression, le pluralisme religieux extrême, la Deuxième Guerre mondiale, la montée du communisme, la chute du communisme – il y avait peu de réflexion en stock. Tout au long du XIXe siècle, les évangéliques n’avaient pas travaillé très consciemment à réfléchir aux meilleurs moyens, conformes à la Bible elle-même, de faire passer la pensée de l’Écriture aux situations modernes et inversement. En d’autres termes, les habitudes d’étude patiente étaient beaucoup moins bien exercées que les habitudes de citation rapide. Le proof-texting n’ont pas causé de grands dommages tant que la culture dans son ensemble s’en tenait aux valeurs chrétiennes générales, mais lorsque ces valeurs chrétiennes générales ont commencé à s’affaiblir, la faiblesse de la théologie évangélique – encore plus, de la pensée chrétienne sur le monde en général – est devenue trop manifeste.

Ainsi donc, ce que nous croyons être la chose la plus biblique au monde est en fait une invention des Lumières, et aujourd’hui elle nous entraîne vers le fond. Pour la génération aînée des chrétiens évangéliques, c’était pourtant une vraie source de joie et de vie : eux qui ont connu une église romaine qui interdisait de lire et étudier l’Ecriture pour soi-même, l’idée que la Bible n’avait pas besoin d’un cortège de tradition et de commentaire était très vivifiante. Mais la nouvelle génération n’a connu que les mauvais côtés de cette « méthode ». Elle a connu les interprétations très personnelles et très multiples, la pensée chrétienne incapable d’interagir avec la plupart des sujets de société. Il se développe alors une double réaction : soit elle va jusqu’au bout de ces principes des Lumières et proclame que l’avortement est ok avec Dieu puisque la Bible ne l’interdit pas ouvertement. Soit elle redécouvre la Tradition qui accompagne la Bible et s’y jette comme dans un trésor.

Le fondamentalisme

Ici, je parle bien du mouvement écclésiologique américain de la fin XIXe-milieu XXe siècle, pas de l’insulte de référence de TF1 pour désigner un croyant. Il a commencé à émerger au milieu du XIXe siècle, quand les universités américaines ont commencé à être moins chrétiennes et protestantes, et que la vie intellectuelle de la nation américaine a commencé à se séculariser. Il est d’ailleurs décrit comme un mouvement de réaction religieuse contre le modernisme dans son ensemble.

Pour les chrétiens théologiquement conservateurs, l’épisode fondamentaliste de l’histoire de l’Église américaine est ambigu. Les fondamentalistes du début du XXe siècle ont défendu de nombreuses convictions essentielles à une compréhension traditionnelle du christianisme. À une époque où le naturalisme menaçait la religion, où le relativisme s’attaquait à la morale sociale, où les modes intellectuelles faisaient de la Bible un livre d’intérêt purement antiquaire, les fondamentalistes disaient ce qu’il fallait dire sur le caractère surnaturel de la religion, l’objectivité de la morale chrétienne et la validité éternelle des Écritures. En même temps, le fondamentalisme a créé des problèmes majeurs de plusieurs manières pour la vie de l’esprit. Premièrement, elle a donné un nouvel élan à l’anti-intellectualisme général ; deuxièmement, elle a renforcé les engagements évangéliques conservateurs envers certaines caractéristiques de la synthèse évangélique américaine du XIXe siècle qui étaient problématiques au départ ; et troisièmement, ses grandes orientations théologiques ont eu un effet paralysant sur l’exercice de la pensée chrétienne sur le monde

En somme, les fondamentalistes sont les ultra-montains du protestantisme américain, et nous avons leur héritage. Par exemple, voici ce que disait Lloyd-Jones du « Holiness movement » (précurseur des pentecôtistes), dit aussi « mouvement Keswick »

Le mouvement Keswick a également contribué à une réduction de l’intérêt pour la théologie biblique et la recherche plus profonde. Aucun chrétien sain d’esprit ne désire autre chose que la vraie sainteté et la justice dans l’église de Dieu. Mais Keswick avait isolé une doctrine, la sainteté, et l’avait altérée par la fausse simplicité contenue dans le slogan, « Give up, let go and let God » [Abandonne, laisse aller et laisse Dieu faire] . Si vous voulez être saint et juste, nous dit-on, l’intellect est dangereux et on pense généralement qu’il est peu probable qu’un bon théologien soit une personne sainte…… Vous m’avez demandé de diagnostiquer les raisons de la faiblesse actuelle et je le fais….. Si vous enseignez que la sanctification consiste à « lâcher prise » et à laisser l’Esprit Saint faire tout le travail, alors ne me blâmez pas si vous n’avez pas de savants !

Oh quelle ironie que le héros de notre génération soit précisément le bourreau de la précédente ! Bref, ces trois influences – piétisme revivaliste, Lumières Ecossaises qui créent l’individualisme théologique, et la réaction fondamentaliste- expliquent pourquoi il n’y a pas d’école de pensée évangélique sur les sujets socio-économiques (entre autres).

Sur ce, ne désirant pas m’attarder sur les détails, passons vite à ce que Mark Noll observait dans les années 80 : il observait une résurgence de l’intellect des évangéliques. A ceci près que…

Pourquoi faire évangélique quand on peut faire réformé ?

On sait aujourd’hui qu’il y a une résurgence réformée, et qu’elle imprime sa marque partout. C’est un changement de paradigme énorme. Mais d’où vient-il au fait ? J’étais incapable de répondre à cette question avant de lire le livre de Mark Noll.

Le fondamentalisme était en mauvaise santé dans les années 50, tout comme le catholicisme ultra-montain. Persévérer dans la logique fondamentaliste et séparatiste ne convenait plus à personne ; arrive alors Billy Graham, dont l’immense succès et les qualités personnelles lui attirent le respect des masses évangéliques. Or Billy Graham enterre d’une certaine façon les réflexes fondamentalistes : il endosse et encourage des savants évangéliques (ce qui donne un effet « imprimatur » à ceux-ci), il dialogue avec des catholiques romains, il fonde Christianity Today pour interagir avec la société américaine. Il a réconcilié les protestants « classiques » qui étaient restés conservateurs et les évangéliques « fondamentalistes ». C’est ainsi qu’il est devenu possible de concevoir qu’un évangélique puisse lire C.S Lewis ou des presbytériens. 

D’autre part, la communauté reformée hollandaise immigrée achevait son intégration en Amérique, ce qui abaissait les barrières qui existait entre elles et les autres protestants du pays. Comme les évangéliques américains, cette communauté valorisait la piété pratique, à l’instar des Nadiere Reformadje– orthodoxe en théologie, piétiste en pratique. Or, cette communauté avait conservé bien précieusement son héritage théologique réformé classique. Cette interaction a donné les maisons d’édition de Grand Rapids, qui sont aujourd’hui les porte-étendards de la théologie réformée en amérique.

Bref, mettez ensemble une communauté réformée prête à discuter avec des évangélique, une communauté évangélique à la recherche d’une théologie comme les réformés, et ajoutez un catalyseur comme Billy Graham… et vous obtenez une résurgence réformée en Amérique, et par influence culturelle, en France.

Mais nous arrivons à un constat assez vexant –du point de vue évangélique- décrit ainsi par Mark Noll, alors qu’il parle de la résurrection d’une philosophie chrétienne évangélique telle que pratiquée par William Lane Craig.

En résumé, les évangéliques ont constitué un élément très important dans l’émergence de la philosophie comme une entreprise solide, respectable sur le plan académique et fidèlement chrétienne. Mais pour faire partie de ce renouveau, les évangéliques ont soit laissé derrière eux, soit largement ignoré les habitudes intellectuelles qui ont défini pendant près de deux siècles l’expérience évangélique en Amérique.

Traduction : les penseurs évangéliques n’ont réussi à développer une pensée évangélique… uniquement à partir du moment où ils ont arrêté de penser comme un évangélique. Face à ce constat qui sonne comme une défaite, Mark Noll semble à la fois capituler et s’attendre à une pensée vraiment évangélique.

A ce stade de notre existence, les évangéliques n’ont pas grand-chose à offrir sur le plan intellectuel en tant que tel. Nous avons perdu un siècle ou plus, et nous avons beaucoup à rattraper. Nous avons besoin de beaucoup d’aide, qui peut venir d’autres traditions chrétiennes (anabaptiste, orthodoxe orientale, luthérienne, réformée, catholique romaine) où une activité intellectuelle continue a été entreprise comme une discipline spirituelle. Les évangéliques peuvent-ils offrir quelque chose en retour ? Nous ne venons peut-être pas les mains vides. Car nous, les évangéliques, nous sommes des gens qui savons à quel point nous avons désespérément besoin d’être sauvés. Nous connaissons quelque chose de la joie du salut, même si nous compromettons cette joie en l’habillant sans réfléchir à la mode de notre époque. Nous avons un peu de vie, un peu de pep’s spirituel, et  -bien que mal équipés- beaucoup de recrues. En ces termes, nous pouvons considérer les évangéliques comme une paire de deux. Certes, dans la plupart des jeux de cartes, on ne veut pas d’une main entière de deux. Mais si on joue au poker avec des deux, un deux peut rendre une main assez bonne beaucoup plus forte. C’est peut-être valable pour la vie intellectuelle. Si nous pouvions utiliser le deux de l’urgence spirituelle évangélique pour remplir la ligne droite de la loi naturelle catholique, ou l’ajouter aux deux paires de théories des deux royaumes luthériens, ou aux trois as du confessionnalisme réformé, nous pourrions contribuer comme évangéliques à la pensée aussi bien qu’à l’action.

D’un côté la proposition de Mark Noll est pertinente, et vérifiable : les nouveaux réformés ont le zèle évangélique et les habitudes de pensées réformées. De l’autre, est-ce là encore des évangéliques, ou bien s’agit-il maintenant de réformés ? Que chacun réponde à la question selon ce qu’il juge vrai.

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