Apprendre le latin avec les Colloques de Mathurin Cordier (4)
11 décembre 2019

Livre I, Colloque IV

Magister & Puer
M. Esne paratus ad reddendam studii tui rationem ?Es-tu prêt à rendre compte de ton étude ?
P. Paratus, ut mihi videor.Je suis prêt, à ce qu’il me semble.
M. Redde igitur, et esto praesenti anime.Dis donc, et aie l’esprit présent.
P. Hoc matutino tempore primum pronuntiavimus carmen ex Catone, deinde de ejus interpretationem Latine et Gallice reddidimus : postremo bini tractavimus singulas partes orationis, cum attributione et significatione.Ce matin nous avons dit premièrement un vers de Caton, ensuite nous l’avons expliqué en français et en latin ; enfin, nous avons fait deux à deux les parties de chaque mot, avec les applications, et la signification.
M. Recte-ne fecisti officium ?As-tu bien fait ton devoir ?
P. Puto me satisfecisse Praeceptori magna ex parte.Je crois avoir satisfait à Monsieur pour la plus grande partie.
M. Vide ne mentiaris : nam ego illum percontabor.Ne mens pas, car je lui demanderai.
P. Ut voles, Praeceptor, nihil hac in re metuoComme vous voudrez, Monsieur, je ne crains rien de cela.
M. Age, pergamus ; meridie quid habebis reddere ?Courage, continue ; qu’auras-tu à dire à midi ?
P. Habemus declinare verbum possum, Latine et Gallice.Nous aurons à conjuguer le verbe possum, en latin et en français.
M. Nihil praeterea ?N’as-tu rien davantage que cela ?
P. Nihil.Rien.
M. Ego te istud alias docui : tenesne memoria ?Je t’ai appris cela autrefois par cœur ; t’en souviens-tu bien ?
P. Non ausim affirmare, donec tentatavero.Je n’oserais l’affirmer, jusqu’à ce que je l’aie essayé.
M. Declina in primas personas : caetera tibi erunt facillima.Conjugue-le par les premières personnes, tout le reste te sera très facile.
P. Indicatif : possum, je puis ; poteram, je pouvais ; potui, j’ai pu ; potero, je pourrai. Imperativus : deest, il n’y a point d’impératif. Subjonctivus : ut possim, que je puisse ; possem, que je pusse ; potuerim, combien que j’aie pu ; quamvis potuissem, combien que j’eusse pu ; cum potuero, quand j’aurai pu.
M. Conjugue l’infinitif, le présent, et le prétérit imparfait.
P. Du mode infinitif, posse, pouvoir. Le prétérit parfait et le plus que parfait, potuisse, le reste manque.
M. Cur hoc verbum possum caret futuro indefinito ? cur item participio in rus ?Pourquoi ce verbe, possum, n’a-t-il point de futur à l’infinitif ? Et pourquoi n’a-t-il pas encore de participe terminé en rus ?
P. Quia non habet supinum.Parce qu’il n’a point de supin.
M. Quid tum ?Et alors ?
P. Ista enim voces a supino formari solent. Car ces voix se forment du supin.
M. Da exemplum in aliquo verbo integro.Donne-moi un exemple dans un verbe entier.
P. Ut a supino lectum sit lecturus, et a lecturus sit lecturum esse.Comme du supin, lectum se fait lecturus, et de lecturus se fait lecturum esse.
M. Recte sane, sed cur praetermisisti participium praesens a verbo possum, quum sit in usu, potens, potentis.Certes tu as bien dit, mais pourquoi as-tu omis le participe présent du verbe possum, puisqu’il est en usage, potens, potentis.
P. Quia (ut saepe nos docuisti) potens non est participium, licet a possum veniat.Parce que, comme vous nous avez enseigné souvent, potens n’est pas un participe, encore qu’il vienne de possum.
M. Quid ergo est ?Qu’est-ce donc ?
P. Nomen adjectivum.C’est un adjectif.
M. Probe meministi : utinam sic pergas semper.Tu t’en souviens bien, Dieu veuille que tu continues toujours de la sorte.
P. Spero in dies meliora per Dei gratiam.J’espère que je ferai mieux de jour en jour, avec la grâce de Dieu.
M. Ego quoque id tecum spero : nunc restat ut dicas praeteritum cum prole.Et moi j’espère aussi la même chose que toi. Maintenant, il te reste à dire le prétérit avec ses dérivés.
P. Potui, potueram, potuerim, potuero, potuissem, potuisse.J’ai pu, j’avais pu, que j’aie pu, j’aurai pu, j’eusse pu, avoir pu.
M. Dic terminationes.Dis les terminaisons.
P. i, ram, rim, ro, ssem, sse.
M. Dic significationem.Dis la signification.
P. Possum, posse.Je puis, pouvoir.
M. Hactenus : ecce vocamur ad prandium.En voilà assez ; on nous appelle pour diner.

Caleb Abraham

Sauvé, mari, père, historien et passionné de théologie.

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