Apprendre le latin avec les Colloques de Mathurin Cordier (5)
18 décembre 2019

Livre I, Colloque V

Claudius & Durant
C. Quando vis prandere ?Quand veux-tu dîner ?
D. Ego jam prandi.J’ai déjà dîné.
C. Quota hora ?A quelle heure ?
D. Sesqui octava.A huit heure et demie.
C. Tam mane igitur prandetis ?Dînes-tu si matin ?
D. Sic fere solemus in astate ; vos autem ?C’est presque toujours notre coutume en été, et vous ?
C. Non prandemus ante sesqui decimam, interdum ab undecima.Pour nous, nous ne dînons guère avant dix heures et demie, quelques fois à onze.
D. Pape! cur non citius ?Nom d’un Pape ! pourquoi pas plus tôt ?
C. Expectandus est pater, dum e curia redierit.Il faut attendre que mon père soit revenu du palais.
D. Ta igitur non potes adesse schola ut mos est.Tu ne peux donc pas te trouver en classe, comme les autres.
C. Raro admodum intersum.Je ne m’y trouve pas fort souvent.
D. Quomodo excusaris ?Comment t’en excuses-tu ?
C. Exemptus sum illo munere.J’en suis exempt.
D. Quis te exemit ?Qui t’en a exempté ?
C. Didascalus, patris mei monitus.Mon Maître, par l’ordre de mon père.
D. Ergone omnes senatorum filii habent ejusmodi privilegium ?Et tous les enfants de sénateurs ont-ils le même privilège ?
C. Habent, modo patres jubeant.Oui, si les pères le veulent.
D. Nonne mater posset tibi dare prandium ante reditum patris a senatu ?Ta mère ne pourrait-elle pas bien te faire dîner, avant que ton père revînt du palais ?
C. Posset quidem, sed pater vult a me expectari.Elle le pourrait bien, mais mon père veut que je l’attende.
D. Quamobrem ?Pourquoi ?
C. Quia sit illi placet.Parce que c’est sa volonté.
D. Nunc mihi tacendum est, es enim occlusisti.Je n’ai plus rien à dire pour le coup, car tu m’as fermé la bouche.
C. Cur tu et tam curiosus percontator ?Pourquoi aussi es-tu si curieux ?
D. Puer sum, et pueri semper copiunt aliquid scire novi.Je suis jeune, et les jeunes gens souhaitent toujours apprendre quelque chose de nouveau.
C. Frateor, sed est modus in rebus, ut Praeceptor nos sape docet. Je l’avoue, mais en toutes choses il y a une mesure, comme Monsieur nous l’enseigne souvent.
D. Ergo discedamus, ut te pransum conferas.Retirons-nous donc afin que tu ailles dîner.
C. Ignosce, quaeso, si qua in re te offenderim.Pardonne-moi, je t’en prie, si je t’ai offensé en quelque chose.
D. Ego abs te idem peto ; ego inquam potius, qui te offendere potui loquacitate mea, sed interim nihil mali cogitans.Je te demande la même grâce, avec bien plus de raison, moi qui ai pu te fatiguer par mon importunité, mais pourtant cela a été fort innocemment.

Caleb Abraham

Sauvé, mari, père, historien et passionné de théologie.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *