Somme Théologique

Notre adoration pour Christ – Thomas d’Aquin

Nous avons décrit quasiment tout de Christ, il ne manque encore plus qu’une chose avant de conclure sur l’incarnation proper : Sa qualité d’être adoré. Doit-on lui rendre un culte, et surtout quel genre de culte ? C’est la première fois que je ferais un commentaire de lui en rejetant rondement certaines de ces conclusions, aussi je ne me contenterais pas seulement de retransmettre ses opinions, mais j’interagirais avec elles.

  1. Est-ce une seule et même adoration que nous rendons à Dieu le Fils et le Christ humain ? Oui.
  2. Doit-on adorer la chair de Christ ? Oui.
  3. Doit-on rendre un culte de latrie à l’image du Christ ? Oui.
  4. Doit-on rendre un culte de latrie à la mère du Christ ? Non.
  5. Doit-on rendre un culte aux saints ? Oui.

Etant un fieffé réformé, je rejette bien sûr les conclusions de l’article 3 à 5, mais cela ne m’empêchera pas de l’exposer.

Article 1 : Est-ce une seule et même adoration que nous rendons à la divinité du Christ et à son humanité ?

Nous lisons dans les chapitres du cinquième Concile oecuménique de Constantinople : « Si quelqu’un dit que le Christ est adoré dans ses deux natures de telle manière que cela implique deux adorations… , et s’il n’adore pas d’une seule adoration Dieu Verbe incarné avec sa propre chair, comme le veut la tradition constante de l’Église de Dieu, qu’il soit anathème. »

Il faut considérer deux motifs quand on parle d’adoration :

  • Nous adorons Christ pour ce qu’il est. (Celui-là même que l’on honore)
  • Nous adorons Christ pour ce qu’il fait. (Le motif de l’honneur)

Or il n’y a pas lieu de distinguer Dieu le Fils de Christ l’homme dans les deux cas :

  • Parce que Dieu le Fils et Jésus le Christ sont une seule et même personne (ou plutôt, la même hypostase).
  • Parce que les diverses œuvres du Christ sont celles d’une seule et même personne.

Donc nous adorons un homme, qui est Dieu le Fils.

Article 2 : Doit-on adorer la chair de Christ ?

Jean Damascène écrit : « Dieu le Verbe s’étant incarné, la chair du Christ est adorée, non pour elle-même, mais parce que le Verbe de Dieu lui est uni selon l’hypostase. » Et au sujet de la parole du Psaume (99, 5) : « Adorez l’escabeau de ses pieds », la Glose écrit : « Celui qui adore le corps du Christ ne regarde pas la terre, mais plutôt celui dont elle est l’escabeau, et en l’honneur de qui il adore l’escabeau. » Or, le Verbe incarné est adoré d’une adoration de latrie. Donc aussi son corps ou son humanité.

Ici apparaît la distinction entre latrie et dulie (ou vénération) que même la conférence des évêques de France trouve délicate à maintenir.

Il est donc juste d’adorer le corps du Christ, parce que c’est la nature humaine qui est unie à Dieu le Fils. C’est l’adoration de latrie dont nous avons l’habitude, même dans le monde évangélique.

Mais il y a aussi l’adoration du Christ en raison de « l’humanité elle-même perfectionnée par tous les dons de la grâce ». L’humanité de Christ « prise à part » en quelque sorte. Celle-là n’est pas à adorer selon la latrie, mais selon la dulie/vénération. Cela est inconnu de notre tradition.

Je cite Thomas d’Aquin :

Cela n’a rien de contradictoire; car Dieu le Père lui-même doit recevoir une adoration de latrie en raison de sa divinité, et une adoration de dulie pour la souveraineté avec laquelle il gouverne les créatures. Aussi, à propos de cette parole du Psaume (7, 1) : « Seigneur mon Dieu, j’ai espéré en toi », lisons-nous dans la Glose : Seigneur de tous  » à cause de la puissance », à qui est dû le culte de dulie; Dieu de tous  » par la création », à qui est dû le culte de latrie.

Cette distinction est donc enracinée dans le souhait –très bon- d’honorer non seulement Dieu, mais aussi les œuvres de Dieu. Jusqu’ici, je n’ai pas grand-chose à objecter : on retrouve couramment dans la théologie réformée le tryptique : « Dieu, sa volonté et ses œuvres » que nous devons connaître pour adorer. Dans la théologie médiévale, cette « adoration des œuvres » est distinguée par le culte de dulie, orienté vers les œuvres de Dieu en tant que telles. Honorer la création pour honorer le créateur en quelque sorte.

La latrie est une adoration qui a Dieu pour sujet et Dieu pour but.

La dulie est une adoration qui a la créature pour sujet et Dieu pour but. (Du moins selon Thomas d’Aquin. Le magistère actuel enseigne différemment)

Encore une fois, j’accepte et honore le souhait de louer Dieu non seulement pour ce qu’il est, mais surtout pour ce qu’il a fait. Cependant, je rejette l’idée qu’il faille honorer la création pour honorer le créateur, d’une quelconque façon. Le mieux est ici de citer Turretin :

La distinction entre latrie et dulie n’enlève rien à cette erreur : (1) Elle ne repose sur aucune fondation solide, parce que latreias et douleuias est équivalent chez les auteurs profanes. […]

Ni sur les Ecritures, car bien que dans le Nouveau Testament n’est jamais utilisé en dehors du culte rendu à Dieu seul, le mot douleuias est souvent utilisé pour la même chose (Gal 4.8, 1 Thess. 1.19 ; Mt 6.24 ; Rom 12.11 ; 14.18 ; Eph 6.7) La Septante attribue latreia aux hommes (Dt 28.48 ; Lev 23.7) ; un travail servile interdit lors du sabbat est appelé latreuton ; Paul s’appelle toujours doulon de Christ et jamais un latreuten.
Elle n’est pas non plus fondée sur l’autorité des pères, car bien qu’Augustin fasse la distinction entre latreian et douleuian, son intention n’était pas de distinguer de degrés d’adoration religieuses : l’un pour Dieu et l’autre pour les saints. Son intention était plutôt de distinguer entre la servitude qui est dûe à Dieu seule et qu’il appelle, dans un but pédagogique, latreian et celle qui est dûe aux hommes, qu’il appelle dulia.  […] Nos opposants sont forcés de confesser que cette distinction n’est pas écrite, et que les hébreux comme les grecs utilisaient pareillement les deux mots.   

François Turretin, Instituts de Théologie Elenctique, volume 2, Sujet 11, Q7, §15

Enfin, je conclus ce paragraphe en faisant remarquer que la doctrine de Thomas n’est pas la doctrine actuelle de l’église romaine. Aujourd’hui, Rome enseigne qu’il n’y a pas seulement une différence de degré entre la latrie et la dulie, mais une différence de nature même. En conséquence, Thomas attribue faussement la latrie à l’image du Christ et à la Croix, d’après le magistère.

Mon commentaire est le suivant : Si cela est vrai, alors du coup on perd le dernier vestige de légitimité au culte de dulie. En effet, il était encore possible de dire qu’il était légitime pour un chrétien de vénérer le saint, dans la mesure où il s’agissait d’une seule et même chose, mais d’un degré inférieur. Si la dulie n’a rien à voir avec la latrie, alors pourquoi la pratique-t-on ?

Article 3 : Doit-on rendre un culte de latrie à l’image du Christ ?

Est-il légitime de rendre culte aux statues, icônes représentant Christ ?

Jean Damascène dit en citant S. Basile : « L’honneur rendu à l’image atteint le prototype », c’est-à-dire le modèle. Mais le modèle, qui est le Christ, doit recevoir une adoration de latrie. Donc aussi son image.

Thomas d’Aquin s’appuie sur Aristote pour dire qu’il y a deux façons de se porter vers l’image :

  1. Notre âme se porte vers l’image en tant qu’image.
  2. Notre âme se porte vers la réalité qui est représentée par l’image.

Dans le cas d’une image de Christ, nous n’avons évidemment aucun culte à rendre à du bois peint. Mais vu qu’il s’agit d’une image de Christ, et en tant que « médium » de Christ, nous devons lui rendre le même genre de culte qu’à Christ. Soit de la latrie.

Contre Jean Damascène, je vais citer François Turretin :

L’honneur d’une image ne passe pas au prototype et exemple, à moins que ce dernier en a ainsi décidé et voulu. Mais si au contraire il a interdit que soit faite ou honorée toute image de lui-même, on l’offense en allant contre sa volonté. C’est ce que nous affirmons qu’il est fait à Dieu ici. Une bonne intention ne suffit pas ici, parce que la bonté de l’œuvre ne doit pas être jugée selon l’intention du fabricant, mais selon l’ordre du législateur.

François Turretin, Instituts de Théologie Elenctique, volume 2, Sujet 11, Q9, §23

Il est intéressant de voir comment Thomas d’Aquin interagit avec des objections que nous connaissons bien.

Objection 1 : Le Deuxième commandement

Il est écrit (Ex 20, 4) : « Tu ne feras pas de statue ni aucune image. » Or, on doit éviter toute adoration contraire au précepte divin. Donc on ne doit pas rendre à l’image du Christ l’adoration de latrie. Réponse : Le précepte en question n’interdit pas de faire une sculpture ou une image, mais de la faire en vue de l’adorer, si bien que l’Exode ajoute : « Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux, et tu ne les adoreras pas. » Et puisque, nous venons de le dire, c’est le même mouvement qui se porte sur l’image et sur la réalité, la même défense interdit l’adoration de la réalité et celle de l’image. Il faut donc comprendre que l’adoration prohibée est celle des images que les païens fabriquaient pour vénérer leurs dieux, c’est-à-dire les démons; et c’est pourquoi le texte avait dit d’abord : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant moi. » Quant à Dieu lui-même, puisqu’il est incorporel, aucune image de lui ne pouvait être proposée car, dit S. Jean Damascène : « C’est le comble de la sottise et de l’impiété que de modeler une image de ce qui est divin. » Mais parce que sous la nouvelle alliance Dieu s’est fait homme, il peut être adoré sous son image corporelle.

A ceci, François Turretin (17e siècle) répond :

Troisième objection : Dans la loi, ce ne sont pas toutes les images qui sont interdites, mais celles qui sont faites pour l’adoration de latrie et qui sont considérées comme des « dieux ».  Nous répondons que les mots de la loi rejettent une telle explication. Ils n’interdisent pas seulement la latrie, mais aussi la dulie qui est rendue à ces images, car le mot hébreu signifie « les servir » (douleuin [qui donne dulie]) (2) Si seules les images pouvant être confondues avec des dieux étaient interdites, alors le problème serait l’objet de l’adoration et non son mode. Or, on confond ainsi le premier et le second commandement. (3) Si l’objection est bonne, alors les païens seraient facilement excusés du crime d’idolâtrie. Ils professent souvent qu’ils ne considèrent pas leurs idoles comme des dieux. […] Les israélites n’auraient pas non plus été idolâtres à cause du veau d’or, puisqu’ils n’ont pas supposé qu’il était Dieu. –

François Turretin, Instituts de Théologie Elenctique, Sujet 11, Q9, §10

Objection 2 : C’est une œuvre païenne

Thomas dit :

Nous ne devons avoir rien de commun avec les oeuvres des païens, nous dit l’Apôtre (Ep 5, 11). Mais ce que l’on reproche surtout aux païens c’est  » qu’ils ont échangé la majesté du Dieu incorruptible contre l’image d’un homme corruptible  » (Rm 1, 23). Réponse : L’Apôtre interdit de communier aux  » oeuvres stériles  » des païens (Ep 5, 4), mais non à leurs oeuvres utiles. Or l’adoration des images doit être comptée parmi les oeuvres stériles pour deux motifs. D’abord en ce que certains des païens adoraient les images comme des réalités, croyant qu’elles contenaient quelque chose de divin à cause des réponses que les démons donnaient par elles, ou à cause d’autres prodiges. Puis du fait que ces images représentaient des créatures auxquelles ils rendaient un culte de latrie. Quant à nous, nous rendons une adoration de latrie à l’image du Christ, vrai Dieu, non pas à cause de l’image elle-même, mais à cause de la réalité qu’elle représente.

La réponse n’est pas directement donnée par Turretin, mais sur la base de tout son traitement sur le sujet (Instituts de théologie élenctique, Sujet 11, Q9) on peut dire ceci :

  • Les païens n’adoraient pas leurs images comme des réalités. Turretin cite le témoignage de Celsus, Arnobius et même le témoignage adverse d’Augustin qui rapporte l’opinion païenne. Comme le dit Celse, le philosophe païen : « Qui, sinon des enfants, considère ces représentations comme des dieux ? » En fait, leur justification ressemble très fort à celle des romains : ils n’adorent pas la statue, mais le dieu à travers la statue.
  • Il n’est pas permis d’adorer Christ par l’image de Christ si Christ lui-même a interdit de lui rendre un culte par des images.

Objection 3 : Il est idolâtre d’adorer un humain

Thomas dit :

On doit au Christ une adoration de latrie en raison de sa divinité, non en raison de son humanité. Mais l’image de sa divinité, imprimée dans l’âme rationnelle, n’a pas droit à une telle adoration. Bien moins encore l’image corporelle qui représente son humanité. Réponse : On doit à la créature rationnelle comme telle une certaine vénération. C’est pourquoi si, parce qu’elle est l’image de Dieu, on lui rendait une adoration de latrie, on pourrait tomber dans l’erreur, car le mouvement d’adoration pourrait s’arrêter à l’homme en tant qu’il est une réalité, et ne pas se porter jusqu’à Dieu dont il est l’image. Le même danger n’est pas à craindre pour une image sculptée ou peinte dans une matière insensible.

A ceci, je réponds que non seulement le danger est à craindre, mais qu’il s’est très souvent – et très salement- réalisé. Les abus autour des images à la fin du moyen-âge sont la raison pour laquelle la Réforme a aussi violemment rejeté tout usage des images. Encore aujourd’hui, certaines pratiques laissent très perplexes tous les observateurs des romains au point où les évêques eux-mêmes reconnaissent cette possibilité d’abus.

Objection 4 : Ce n’est pas conforme à l’enseignement des apôtres

Thomas dit :

On ne doit rien faire dans le culte divin qui n’ait été institué par Dieu. Aussi l’Apôtre lui-même, quand il va donner un enseignement sur le sacrifice de l’Église, dit-il (1 Co 11, 23) : « J’ai reçu du Seigneur ce que je vous ai transmis. » Or on ne trouve dans l’Écriture aucun enseignement en faveur de l’adoration des images du Christ. Réponse : Les Apôtres, guidés par l’impulsion intérieure de l’Esprit Saint, ont transmis aux Églises certaines traditions qu’ils n’avaient pas laissées dans leurs écrits, mais dans la pratique de l’Église, que les fidèles se transmettaient. C’est ainsi que S. Paul dit aux Thessaloniciens (2 Th 2,14) : « Tenez ferme et attachez-vous aux traditions que vous avez reçues de nous, de vive voix ou par lettre. » Et parmi ces traditions il y a l’adoration des images du Christ. C’est pourquoi on attribue à S. Luc une peinture du Christ qui se trouve à Rome.

Pour rappel, l’icône qu’invoque Thomas date du Ve siècle (même s’il l’ignorait à l’époque). Rien que cela met son raisonnement en péril. Mais au-delà de ça, il y a de bonnes raisons de croire que l’usage des images était rejeté par l’église des premiers siècles, et Turretin en fait un traitement de qualité, même s’il est trop long pour que je le recopie ici. Je me contenterais de citer le Concile d’Elvire (305), canon 36 : « On ne doit pas avoir d’images dans les églises, ni peindre de choses à honorer ou adorer sur les murs. »

J’ai commenté par ailleurs l’usage que Thomas fait de la Tradition dans cette question, qui est en contradiction avec la règle générale plutôt « Sola Scriptura » qu’il a défini dans la Première partie, Question 1, article 8.

Article 4 : Doit-on rendre un culte de latrie à la croix du Christ ?

 Nous adorons d’un culte de latrie ce en quoi nous mettons l’espérance de notre salut. Or nous mettons une telle espérance dans la croix du Christ, puisque l’Église chante : « Salut, ô croix, unique espérance! donne aux coupables le pardon. » Donc la croix du Christ a droit à l’adoration de latrie.

Thomas fait cette distinction quant à l’adoration de la croix :

  • Soit elle est honorée en tant qu’instrument de l’œuvre de Christ. Dans ce cas, elle est adorée par latrie, pour la même raison que la nature humaine « seule » de Christ.
  • Soit c’est son effigie (en métal précieux etc) qui est honorée, et dans ce cas elle est une image du Christ, et on lui doit une latrie comme définie dans la question précédente.

En plus des arguments déjà déployés contre chacune des deux lignes de raisonnement, cela, je cite François Turretin :

Bien que nous lisons que des chrétiens utilisaient le signe de croix avant le temps de Constantin, c’était seulement « irréel » (anyparkto) et formé dans l’air par un certain mouvement des doigts, comme il est décrit par Tertullien dans La Couronne chapitre 3. Il n’était pas fait à cause d’une quelconque loi de l’Ecriture, mais par la coutume seule (comme Tertullien le dit lui-même par ailleurs). Ils n’employaient pas non plus ce signe pour l’adoration ou comme étant efficace ex opere operato […] mais seulement comme un signe distinctif et une marque par laquelle les chrétiens se reconnaissaient mutuellement.

François Turretin, Instituts de Théologie Elenctique, Sujet 11, Q9, §25

Article 5 : Doit-on rendre un culte de latrie à la mère du Christ ?

La mère du Christ est une simple créature. Donc on ne doit pas lui rendre un culte de latrie.

Cependant, comme elle est la mère de Dieu, on lui doit une adoration de dulie, voire d’hyperdulie. Il est fascinant de voir que la position réfutée n’est pas l’absence de vénération de la Vierge, mais l’excès de latrie, ce qui montre bien où en était la théologie médiévale du XIIe siècle.

Cependant, comme on l’a vu, nous ne recevons pas le culte de dulie, ni l’hyperdulie. Par conséquent, nous devons trouver une autre manière d’honorer la mère de notre Seigneur, qui est bénie entre toutes les femmes.

Article 6 : L’adoration des reliques des saints

On lit dans le livre des Croyances ecclésiastiques : « Nous croyons que l’on doit vénérer très sincèrement les corps des saints, et principalement les restes des bienheureux martyrs, comme s’ils étaient les membres du Christ. » Et plus loin : « Si quelqu’un contredit cette doctrine, il n’est pas chrétien, mais sectateur d’Eunomius et de Vigilantius. »

L’idée développée par Thomas d’Aquin est résumée par une citation d’Augustin : « Si les vêtements et l’anneau d’un père sont d’autant plus chers aux enfants qu’ils aiment davantage leurs parents, on ne doit aucunement mépriser les corps qui nous sont encore beaucoup plus familiers et intimement unis que les vêtements que nous portons; ils se rattachent en effet à la nature même de l’homme » Les saints sont des membres du Christ. En honorant les restes des membres du Christ, nous honorons le Christ lui-même. C’est donc une adoration médiate de Dieu.

Turretin consacre une question entière à ce sujet (ITE, vol 2, Sujet 11, Q8). Je ne reporte ici qu’un seul de ses arguments, la section 4 :

Christ a dit : « Quel malheur pour vous, scribes et pharisiens, hypocrites ! Vous construisez les sépulcres des prophètes et ornez les tombeaux des justes » (Matthieu 23.29) en rejettant en même temps leurs doctrines.  Ceux qui adorent et vénère les cadavres dans des sépulcres méritent une pareille censure. Paul affirme qu’il ne connaît ainsi « personne selon la chair ; même si nous avons connu le Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière. » (2 Corinthiens 5.16). Personne ne niera que ceux qui cherchent à adorer les reliques du Christ et des saints, cherchent encore à les connaître selon la chair ? Ainsi, il est explicitement interdit de « s’adresser aux morts pour les vivants » (Esaïe 8.19).

En résumé : Christ seul doit être adoré, sans intermédiaire.

Mari, père, il appartient à Christ. Les marques de son salut sont sa confession de foi et les sacrements qu'il reçoit.

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