La symbolique masculine et féminine et le pastorat – Alastair Roberts
30 décembre 2019

Traduction d’une transcription d’Alastair Roberts « What is the case against women’s ordination? » Alastair Roberts est professeur au Theopolis Institute et au Davenant Institute, blogueur et écrivain évangélique de premier plan, et l’un des animateurs du podcast Mere Fidelity. Il a enseigné l’éthique chrétienne au London Seminary et est l’auteur de deux livres publiés par Crossway, Echoes of Exodus : Tracing Themes of Redemption through Scripture (2018) et, Heirs Together : A Theology of the Sexes (à paraître). Il blogue sur le site http://www.alastairadversaria.com et est également rédacteur en chef de la section Politique des Écritures de la revue Political Theology Today.


« Comment résumeriez-vous l’argument contre l’ordination des femmes ? »

C’est une question assez importante à laquelle il faut répondre dans cette petite vidéo, mais je vais donner quelques réflexions très expérimentales qui nous aideront à réfléchir à cette question.

Tout d’abord, nous avons les commandements et les restrictions bibliques de base dans le Nouveau Testament, dans des endroits comme 1 Timothée 2 et ailleurs, où se trouvent des limitations imposées à l’enseignement des femmes, à l’exercice de l’autorité et à la parole dans le contexte de l’Église. Ces enseignements eux-mêmes fournissent une première base pour la restriction.

Ensuite, nous avons l’évidence circonstancielle – le fait que Jésus choisisse douze apôtres qui sont tous des hommes ; qu’il s’entoure d’hommes ; qu’il établisse la direction de l’Eglise primitive avec des hommes. Et tout au long du processus, nous avons ce modèle de direction masculine au sein de l’Église. C’est donc aussi une chose importante à remarquer.

Dans l’Ancien Testament, nous voyons aussi un sacerdoce entièrement masculin. Nous voyons que les rois sont tous des hommes, à l’exception d’Athalie, qui est l’usurpatrice. Ainsi donc, à part elle, il y a des monarques entièrement masculins, des prêtres entièrement masculins, et il y a aussi des apôtres masculins. Maintenant, les gens vont parler du personnage de Junia – on pourrait en dire beaucoup plus sur elle ; peut être dans une autre vidéo si quelqu’un veut que je réponde à cela. Mais en examinant ces cas, il semble évident que les hommes et les femmes ne sont pas considérés comme interchangeables lorsqu’il s’agit de ces postes de direction, qu’il s’agisse de prêtres ou de rois.

Une autre chose à remarquer, c’est que dans toute l’Écriture, on insiste beaucoup sur l’importance symbolique de l’homme et de la femme : l’homme et la femme – quels que soient leurs compétences, leurs dons et leurs capacités – ne sont pas interchangeables, parce qu’ils sont essentiellement soit un homme soit une femme avec toute la signification symbolique qui en découle. Ainsi, par exemple, quand vous regardez le système sacrificiel dans Lévitique, vous voyez une distinction faite entre les sacrifices. Pourquoi faudrait-il sacrifier un bouc pour le chef du peuple ou un taureau pour le prêtre ? Ce sont des questions que nous devrions nous poser.

Il y a un symbolisme et un poids symbolique donné au genre et au sexe que nous trouvons très difficile à comprendre dans notre société parce que notre société est construite autour d’organisations modulables avec des gens qui sont assez interchangeables. Nous voyons les gens comme des fonctions au lieu de les voir comme représentant un ordre symbolique plus profond. Et pourtant, cet ordre symbolique est proéminent dans toute l’Écriture ; nous voyons tout l’enseignement de l’Écriture concernant les hommes et les femmes et le poids symbolique qu’ils ont tous deux.

Ainsi, les hommes ont une importance symbolique que nous voyons apparaître au premier plan dans des personnages comme Adam ou dans la figure du Christ. Que le Christ s’incarne en tant qu’homme, c’est significatif. Le Christ prend aussi une épouse, l’Église. De même, la création d’Ève – Ève est distincte d’Adam. Adam est créé avec une orientation particulière dans le monde et Ève est créée avec une orientation particulière dans le monde. Ève est créée du côté d’Adam pour apporter l’unité et la communion en se joignant à Adam ; et Adam est créé de la terre principalement pour former, labourer, garder et établir l’ordre de Dieu dans le monde et sur terre. Nous voyons aussi cette disposition dans les malédictions.

Lorsque nous regardons plus profondément, nous voyons des liens plus profonds entre les hommes et les femmes et des réalités symboliques plus larges. Ainsi, par exemple, l’homme est associé plus étroitement au ciel ; la femme est associée à la terre. Si nous regardons, par exemple, dans la malédiction, la femme est associée à la terre ; elle produit du fruit de son corps, tout comme la terre produit du fruit de son corps. La terre est l‘adamah et l’homme est l’adam : la femme est celle d’où viennent tous les futurs hommes ; les hommes viennent du sein de la femme. Et le ventre de la femme est associé à la terre : « Je suis sorti nu du sein de ma mère, et nu je retournerai dans le sein de la terre », « Tissé dans les profondeurs de la terre ». De telles images sont très importantes pour comprendre le monde symbolique de l’Écriture.

Ainsi, quand Dieu parle de lui-même comme Père, c’est significatif. La terre est notre mère, Dieu est notre Père. Et en tant que Père, Dieu est dans une relation différente avec nous : nous ne naissons pas du sein de Dieu, mais Dieu nous crée par sa parole, et il est lié à nous par sa parole, son engagement et son amour pour nous. Mais il y a un fossé, une distance, une rupture, une distinction fondamentale entre créature et Créateur qui est en partie maintenue conceptuellement en appelant Dieu « Père ».

Maintenant, quelle est la fonction du pasteur ? La fonction de pasteur est en grande partie conçue pour représenter la forme paternelle et maritale de l’autorité dans les relations avec l’Église. Il est donc approprié qu’elle soit exercée exclusivement par des hommes. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous avons dans l’Ancien Testament un sacerdoce exclusivement masculin. Dieu n’est pas une mère, Dieu est un Père ; et ainsi la transcendance de Dieu est symboliquement masculine.

Et nous voyons tous ces liens symboliques dans les Écritures qui nous sont tout à fait étrangers dans notre société. Parce que nous avons tendance à penser que le pasteur ne fait qu’exercer certaines fonctions – certaines fonctions thérapeutiques, certaines fonctions d’enseignement – il a besoin de connaître sa théologie, il a besoin de savoir comment travailler avec les gens, et il a besoin de savoir comment parler publiquement et ce genre de choses. Nous supposons qu’un pasteur n’est que cela. Mais pourtant, dans l’Écriture, un pasteur représente aussi quelque chose d’autre : le pasteur représente et symbolise l’autorité de Dieu au sein de la congrégation. Et nous réagissons différemment à l’autorité maternelle et paternelle – non pas principalement à cause de comportements distincts, mais à cause de l’origine de ces comportements. Le comportement d’une mère a une saillance et une résonance différentes de celles d’un père. Et même s’ils faisaient exactement la même chose, ce serait très différent, parce que l’un serait l’action du père et l’autre l’action de la mère. Et c’est une des raisons pour lesquelles les prêtres et les pasteurs doivent être exclusivement masculins : parce que c’est une forme d’autorité paternelle qui est représentée.

Dieu est également présenté d’une manière qui met en évidence une certaine autorité masculine – comme Roi, comme Juge, comme Souverain. C’est le législateur, le maître, le père, toutes ces images sont des images masculines.

Maintenant, vous pouvez avoir des homologues féminins, mais si vous avez des homologues féminins, vous perdez quelque chose dans le processus ; elles ne fonctionnent pas de la même façon. Et quand nous commençons à appeler Dieu « Notre Mère », il n’est pas surprenant que nous nous orientions vers une approche plus panthéiste. Nous commençons à penser en termes d’union métaphysique avec Dieu : Dieu ne s’oppose pas à nous – la relation de Dieu avec nous est une relation où il ne donne pas la Loi, il ne s’oppose pas, en tant que Créateur, à ses créatures. Toutes ces sortes de relations commencent à s’effondrer dans le processus, et nous commençons à imaginer de nouveau ce qu’être en relation avec Dieu signifie. Nous commençons à le voir dans une sorte d’intimité primitive entre l’enfant et la mère, plutôt que dans les concepts plus bibliques du fils qui grandit en maturité par rapport au père et à la mariée par rapport à son mari. Et ce genre d’images sont les images qui sont principalement celles qui nous permettent de comprendre notre relation avec Dieu. Et son autorité telle qu’elle est représentée dans l’Église est représentée par les hommes en grande partie pour cette raison.

Mais il y a aussi d’autres raisons que nous pouvons ajouter à cela. Je pense que c’est la raison la plus fondamentale, parce que « homme » et « femme » signifient deux choses différentes – ce ne sont pas les mêmes créatures. Nous sommes tous les deux humains, mais nous sommes des hommes et des femmes ; et ces choses représentent différentes sortes de relations avec différentes sortes de significations.

Cependant, si nous allons plus loin que les symboles, nous voyons que des traits virils sont nécessaires dans la direction de l’église. Si vous n’avez pas des caractéristiques viriles dans la direction d’église, la direction d’église échoue. C’est une des choses dont nous n’aimons pas beaucoup parler, mais il y a une raison pour laquelle le patriarcat est à peu près la norme universelle, historiquement et socialement. C’est parce que les hommes sont la source du pouvoir et de la force au sein de la société. C’est ainsi que se forment la plupart du temps les institutions, les sociétés et les structures sociales : elles sont formées par la force masculine, par des groupes masculins.

Et la vision de la direction de l’Église que nous avons tendance à concevoir est plus thérapeutique : le leader doit juste aider à former son point de vue et avoir des entretiens très enrichissant avec les gens. Mais pourtant, dans les Écritures, nous voyons que les anciens et les pasteurs sont avant tout les gardiens de l’Église. Nous voyons qu’ils sont des bergers : en tant que bergers, ils sont censés combattre et maintenir la sécurité des moutons. Et ce que vous voyez quand ces choses sont abandonnées, quand les traits virils qui devraient caractériser ce leadership sont perdus, c’est que nous finissons par avoir un « beau leadership » : mais un « beau leadership » ne veut rien dire, cela ne protège pas les églises et ne soutient pas la vérité.

Il y a quelque chose d’efféminée qui est apparu dans la direction de l’Église avec la montée des femmes dans les postes de direction. Parce que la charge pastorale exige des traits masculins ; elle exige le symbolisme de l’identité masculine, mais aussi ces traits masculins. Et là où cela vient à manquer, ce que nous avons, c’est une direction faible ; et nous avons comme résultat une Église faible.

Beaucoup de gens donneront des exemples comme Déborah : « C’est le genre de leader qu’il nous faut ! » Mais cela vaut la peine de faire remarquer que Débora se considère comme une mère en Israël, dont la vocation est d’élever des fils qui seront capables de combattre et de représenter Israël. Son but n’est donc pas d’aller dans la bataille ; elle veut que Barak y aille. Le problème, c’est que quand Barak ne veut pas aller, car il hésite à y aller : c’est Jaël qui doit tuer Sisera, et Débora doit aller avec lui. Idéalement, c’est lui qui devrait intervenir et se charger de cette tâche – et Débora fait pression sur lui pour qu’il accomplisse ses fonctions. Ce n’est pas parce qu’elle ne croit pas qu’en tant que femme, elle devrait avoir une influence ou une signification en Israël, loin de là. C’est plutôt parce qu’elle croit qu’Israël se porterait mieux si elle avait la force des hommes pour la protéger et la soutenir, des hommes pour assurer sa sécurité, sa vérité, son ordre civil et son ordre national contre ces forces qui l’ont détruite. Et comme ces forces environnantes ont brisé Israël, elles l’ont fait précisément en supprimant le pouvoir des hommes.

Et c’est l’une des choses que nous voyons tout au long de l’Écriture : que les forces qui veulent contrôler une société le font généralement en détruisant le pouvoir de leurs hommes, en tuant les bébés garçons ou en faisant quelque chose de ce genre. Des choses qui frappent les hommes qui, en temps normal, donne la force et constituent l’épine dorsale de la société – dans son maintien de ses frontières et en établissant ses fondations. Or, le monde intérieur, la glorification et le cœur de la société et de la vie – la réalité intérieure de la société – est principalement ordonnée autour des femmes. Ce sont les femmes qui l’établissent, qui donnent aux hommes une raison de se battre, une cause pour laquelle ils doivent donner leur vie (NdE : c’est à dire que les femmes sont celles qui font la société que les hommes préservent ensuite). Je pourrai aborder plus tard certains des problèmes qui surgissent lorsque nous mélangeons ces choses. Ainsi, la signification de ces traits – les traits de la force masculine utilisée dans le service et la protection de l’ensemble de la communauté – sont des choses qui sont nécessaires dans le leadership du peuple de Dieu.

Voici quelque chose que nous remarquons en parcourant les Écritures : les chefs du peuple de Dieu sont toujours des hommes durs. Ce ne sont pas des blagues : à peu près tous les dirigeants que vous rencontrez dans les Écritures sont des hommes qui ont tué quelqu’un. Maintenant, nous n’y pensons pas parce que nous avons une idée très efféminée du leadership. Mais ces hommes étaient des hommes durs parce qu’ils protègent le peuple de Dieu ; ils le protègent contre les loups, contre les ours, contre les lions – c’est ce que le mot berger signifie dans ce contexte. Moïse le berger frappant les Égyptiens avec sa verge ; David le berger tuant l’ours et le lion ; Christ le berger donnant sa vie pour les brebis, et Moïse le berger chassant les faux bergers.

Toutes ces images du berger sont des images clés qui nous aident à comprendre la signification du rôle pastoral : cela signifie que vous avez besoin de personnes qui sont fortes dans cette position. Et le problème est que notre compréhension du pastorat féminin s’organise de plus en plus autour d’un mythe de l’autonomie. Il y a une différence entre les gens qui ont la force naturelle d’avoir un office où ils exercent cette force pour le bien d’une communauté, et ceux qui cherchent un office pour le bien de leur autonomie. Plus ces derniers accèdent à des postes de responsabilité et d’autorité formelle, plus ces postes d’autorité manqueront de poids, de force et de capacité à servir la communauté et à orner de pouvoir la communauté dans son ensemble convenablement. C’est une autre chose importante.

Au-delà, il y a aussi le fait que, comme je l’ai mentionné, les femmes représentent quelque chose : elles représentent le cœur de la communauté, l’unité, les liens de la communauté, la vie intérieure de la communauté, la source reproductive de la communauté. A tous ces égards, elles ont une signification et une importance particulières par leur présence symbolique, ce qui fait qu’il leur est très difficile de s’impliquer dans certaines fonctions sans changer leur dynamique de manière significative.

Ainsi, l’une des choses que l’on constate, c’est que lorsque les femmes s’engagent dans ces postes de direction, leur dimension agonistique a tendance à diminuer, les gens ont tendance à devenir plus agréables, ou alors les femmes s’endurcissent. Ainsi, soit nous perdons la sensibilité du cœur de la société, soit nous avons des « non-combattants » en première ligne de ces antagonismes sociaux qui sont censés protéger la communauté, ce qui fait que les gens ne combattent pas l’erreur. Ainsi, la gentillesse de l’Église – la gentillesse qui est conçue pour être accueillante, favorable, responsabilisante et inclusive des femmes – se termine avec une Église qui ne combattra jamais l’erreur. Et une grande partie de cet accent mis sur l’inclusivité dans les rôles pastoraux consiste en une perte de ce devoir.

Une autre chose que nous remarquons, c’est que la montée des femmes dans le ministère pastoral va de pair avec ce que j’ai mentionné plus tôt – la montée de l’organisation managériale, l’organisation corporative qui est détachée des structures normales de la société. Lorsque nous perdons le sens de la structure naturelle et organique de la société humaine, nous finirons par ne penser qu’en termes de management : des bureaux à remplir avec des individus qui ont certaines compétences, sans reconnaître les différences qui existent entre les personnes. Parce que le modèle d’entreprise vise à aplatir les individus, à les considérer comme fondamentalement détachés, comme dépourvus de sens symbolique, comme dépourvus d’enracinement dans la société, dans la culture, l’histoire et toutes sortes d’autres choses et à les classer au sein de la communauté selon certaines compétences.

Au contraire, dans les Écritures, nous voyons l’organisation de l’Église construite sur la structure organique de la société : la structure organique de la société avec la relation du mari à la femme et la relation du mari aux enfants et ce genre de dynamique. Et lorsque cette relation naturelle est perdue, nous nous retrouvons avec des organisations abstraites qui ne conduisent pas à un développent naturelle de la vie de la culture, de la structure organique naturelle de la culture. Je pense donc qu’il s’agit là de problèmes clés.

En plus, il y a d’autres problèmes qui découlent de notre incapacité à comprendre ce que signifie la charge pastorale. Nous nous sommes de plus en plus concentrés, tout d’abord, sur l’Église en tant qu’organisation, l’Église en tant qu’institution, l’Église en tant que domaine de contrôle et d’ordre, d’enseignement, de structure formelle – ce genre de choses. Par conséquent, nous avons eu tendance à nous concentrer sur la charge pastorale, sur les positions officielles, les rôles formels qui sont exercés au sein de l’Église. Ce que nous perdons dans ce processus, c’est ce sens de l’Église comme, avant tout, un organisme – principalement un domaine de vie, de vie partagée en communauté – et une fois que cela est perdu, nous finissons par accorder de plus en plus d’importance à ce qui se passe sur l’estrade le dimanche matin et sur la position du pasteur. Et le pasteur cesse d’être principalement le gardien et l’épine dorsale de l’Église et devient de plus en plus la personne qui exerce la majorité du ministère de l’Église. Par conséquent, les femmes sont poussées à la marge et tout le travail qu’elles font au sein de l’Église soit passe inaperçu, soit sort du domaine de l’Eglise. L’Église devient implicitement l’équipe du ministère ou les membres du personnel.

C’est une façon très moderne de voir les choses ; c’est une vision qui découle d’un modèle très managérial de l’Église, avec la congrégation en tant que consommateurs religieux. Elle est aussi liée en partie à un modèle sacerdotal préexistant, où l’Église est associée à la fonction sacerdotale qui accomplit certains rites pour sacraliser les choses. Le sacralisme est un problème, mais le modèle managérial en est un aussi.

Nous devons donc aller plus loin, pour comprendre que l’idée d’une restauration de la femme au sein de l’Église nécessite une réforme de cette ecclésiologie qui est devenue si étroitement centrée sur les aspects institutionnels de l’Église qu’elle est incapable de voir la gamme plus riche de ce qui existe dans l’Église et l’importance du caractère organique de son existence.

Je pense donc que ces réflexions constituent un bon point de départ concernant une très grande question. Il y a tellement plus à dire sur cette question, et je l’ai dit dans divers contextes, publiés et non encore publiés.

Etienne Omnès

Mari, père, appartienT à Christ. Les marques de son salut sont sa confession de foi et les sacrements qu'il reçoit.

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Dans les Églises où est récité le Symbole des Apôtres, les chrétiens récitent d’une traite qu’ils croient « à l’Église, à la communion des saints, à la rémission des péchés… » Et s’il est vrai que le croyant protestant perçoit assez intuitivement comment le thème de l’Église et celui de la communion des saints peuvent être traités ensemble (puisque la théologie protestante définit précisément l’Église comme la communauté des saints ou des fidèles, c.-à-d. des croyants), il lui est en revanche difficile à première vue de voir un lien immédiat entre l’Église et la communion des saints d’une part, et la rémission des péchés d’autre part.
Ce n’était pas le cas de Jean Calvin. Celui-ci, dans l’un de ses premiers écrits, sa Brève Instruction Chrétienne (1537), à la fin de son explication de ce qu’il faut comprendre par la clause « Je crois à la rémission des péchés », lie ensemble ces trois expressions de la manière suivante : « nulle rémission des péchés n’est donnée d’ailleurs ni par autre moyen, ni à d’autres [que ceux qui en font partie], vu qu’hors de cette Église et communion des saints, il n’y a point de salut. » Calvin énonce ici le caractère ecclésial de la rémission des péchés : c’est dans l’Église seulement que les péchés sont pardonnés. Une telle affirmation peut étonner de la part d’un des pères fondateurs du protestantisme. Comment la comprendre ?

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