Prière pour réformer l’Église – Guillaume Farel
22 avril 2020

Nous présentons ci-dessous, dans une langue très légèrement modernisée, le texte intégral de la Forme d’oraison pour demander à Dieu la sainte prédication de l’Évangile et le vrai et droit usage des Sacrements de Guillaume Farel, rédigée en 1545, alors qu’il œuvre à la réformation de la ville de Metz. Les références bibliques sont celles de l’édition de Genève de 1865 (Du vrai usage de la Croix de Jésus-Christ…, Jules-Guillaume Fick).


Dieu éternel et Père de toute miséricorde, tu as dit par la bouche sacrée de ton Fils, que ceux qui ont soif viennent à toi, et qu’ils boivent ; et que tu donnes l’eau de vie, et que tu es le pain de vie qui est descendu du ciel : et tu nous as promis que tout ce que nous demanderons en ton nom, nous l’aurons1. Et tu dis que tu répondras avant qu’on t’invoque ; et quand on criera, que tu diras, me voici2. Nous crions, ô Seigneur, de faim : notre pauvre âme, qui a été si longtemps en chemin si misérable, par les déserts et par les désolations de l’Antéchrist, revient en la maison de connaissance, et a grand faim de toi.

Ouvre-nous la porte de ta miséricorde, ô Sauveur, et ne t’arrête pas tant avec ceux qui sont avec toi, et qui te sont agréables, que tu ne regardes aussi à nous, qui par nos iniquités sommes dehors ; donne-nous du pain de ta parole. Et bien que nous soyons envers toi pires que des chiens, tant s’en faut que nous soyons pour être tenus de tes enfants, s’il n’y a d’autre égard qu’à nous, et à ce qui vient de nous. Mais, Seigneur, toi qui fais luire ton soleil sur les bons et sur les mauvais, et envoyes la pluie sur les justes et les injustes3, ces pauvres chiens n’auront-ils point quelque miette de pain, qui tombe de la table des enfants ? Aide-nous, envoie-nous cette viande céleste, ce pain de ta parole. Ne feras-tu point la vengeance de notre ennemi, qui nous fait tant de tort4? Tu as dit que tu exauceras le cri de l’oppressé, de la veuve, de l’orphelin et de l’étranger5. Ne vois-tu point, ô Père, comment les pauvres veuves se sont multipliées, comment les pupilles sont en grand nombre : leurs maris et pères ont été tués et meurtris pour ta parole, et tous leurs biens ont été ravis ? Ne crient-ils point à toi, ô Seigneur, de la pauvreté qu’ils endurent ? Et avec tel ravissement, quelles finesses et cautelles les prêtres et les moines ont-ils trouvées, pour attirer tous les biens des veuves, des pupilles et de tous ? Combien ont-ils détruit de gens et mis en grande pauvreté ? Et si pour les ravissements des biens, toi, juste juge, fais vengeance, non seulement des ravisseurs, mais aussi de ceux qui n’aident pas les indigents, et qui ne donnent du leur : tu feras bien plus grande vengeance du sang répandu iniquement. Ô Seigneur, si jamais il a été répandu horriblement, n’est-ce pas en notre temps ? car il a été fait en telle fureur et rage, que Satan n’a pu faire pire. Car comme au temps de ta nativité, pour te mettre à mort, il a tué les petits enfants qui n’avaient aucune connaissance6 : combien, Seigneur Jésus, en y a-t-il eu de tués, qui ne savaient et n’entendaient rien de ta parole ? Mais la fureur était telle, que de dire Christ simplement, ou parler sans jurer le corps et le ventre, on était luthérien7 et hérétique. Et que dirons-nous ? Ton vrai ennemi l’Antéchrist, craignant d’être trop découvert par de tels meurtres tant évidents, a repris ceux qui faisaient ainsi, demandant qu’on servît au diable plutôt qu’au Dieu vivant. Tu sais, Seigneur, en quelle cruauté tes serviteurs ont été démenés : car d’autant que ton Esprit plus puissamment par eux parlait, d’autant plus on a été enragé contre eux. Le cri du sang de tes serviteurs, Seigneur Jésus, n’est-il point parvenu à tes oreilles8? Et nous, Seigneur, qui ne voyons que sang par toute la terre, que corps jetés par les caves, et que feu et fumée dans les airs, meurtres de tes serviteurs : pour toute vengeance nous ne demandons rien d’autre, sinon que ta parole ait lieu et que Satan soit confondu. Exauce notre requête, ô bienveillant Sauveur, car que sont les biens et les corps au prix des âmes ? Hélas ! Seigneur, qui les as rachetées, quelle désolation ! quelle tuerie ! quel meurtre est-ce aux pauvres âmes d’être privées de cette Parole ! Venge, ô juge équitable, venge ton Église, qui a été comme veuve si longtemps et qui crie à toi, venge-la, ô juste Juge, car tu vois comment elle crie, et comment par grande détresse de cœur elle lève sa voix à toi, ayant toutes ses entrailles rongées et amèrement tranchées : étant toute détruite et gâtée, et en extrême tristesse pour la grande multitude des âmes qui sont conduites et menées vers la perdition, par le poison de la superstition diabolique du pape et des siens ! Ne feras-tu point la vengeance de telles abominations ? Ne la consoleras-tu point par ta douce parole ? Hélas ! Seigneur, ce qui reste des pauvres âmes qui soupirent après toi, et demandent ton aide, ne les garderas-tu point ? Ne secourras-tu point ce que tu as tant chèrement racheté ?

Regarde, ô Seigneur, comment les pauvres âmes soupirent après toi, bien qu’elles ne te connaissent que bien petitement ; toutefois, le désir qu’elles ont est d’avoir salut et de suivre le droit chemin : besognes-y, Seigneur, œuvre par ta justice contre l’iniquité de Satan, et par ta grande miséricorde, besogne sur les pauvres âmes. Ne ferme point tes entrailles, toi qui as eu pitié du pauvre troupeau égaré9, quand tu étais ici en chair, voyant les pauvres gens qui étaient comme des brebis sans pasteurs. Et puisque tu commandes qu’on prie le Seigneur de la moisson qu’il y envoie des ouvriers, nous t’en prions, nous t’en requérons que tu le fasses : ô Seigneur Jésus, envoie, envoie des bons et fidèles ouvriers, détruis l’iniquité et toute la doctrine de mort.

Jean-François Millet, L’Été, les batteurs de sarrasin, huile sur toile, 1868-1874.

Ô vrai auteur de justice, qui es notre vie, duquel vient la doctrine qui vivifie et sauve, cette moisson n’est-elle point grande, ô Seigneur Jésus ? N’est-elle point à toi ? Ah, doux Jésus, n’useras-tu point de ta douceur et de ta grande bienveillance ? Oublieras-tu d’avoir pitié de notre peuple ? Nous te prions, ô notre Sauveur, ô notre Rédempteur, envoie-nous des ouvriers fidèles, et donne grâce à ceux qu’il t’a plu de nous envoyer, d’accomplir ce que tu as commandé : c’est de prêcher ton Évangile, et de nous enseigner purement tout ce que tu commandes.

Ô Saint-Esprit, vrai vivificateur des pauvres âmes, qui distribues tes dons et grâces selon ton bon plaisir, en l’édification du corps de Jésus : toi qui as parlé par les Prophètes, qui n’ont point parlé par volonté ni affection humaines, mais en ta vertu : toi qui mènes en toute connaissance de vérité, qui as rempli les saints apôtres de telle vertu, que là où ils avaient abandonné leur Maître tout épouvantés, s’étant tus, et renâclant10 à prêcher depuis la prise de Jésus jusqu’à ce que tu sois descendu sur eux ; alors, lorsqu’ils t’ont reçu, tu leur as tellement échauffé les cœurs, et tellement ouvert leurs bouches, qu’avec grande ferveur, ardeur, hardiesse et pleine assurance ils ont parlé de Jésus, et ont prêché sa résurrection, et même à toutes nations qui étaient alors à Jérusalem, parlant à tous en langues que tous entendaient11.

Ah, Seigneur Dieu, regarde en quelle pauvreté nous sommes, et nous et ceux qui sont en tant de lieux, tant qu’il y en a qui ont eu quelque connaissance de Jésus ! Car s’ils ne sont aidés et secourus par ta grâce, ils sont plus près pour la plupart de renoncer à Jésus et à l’Évangile que de le confesser. Chasse, ô Esprit de vérité, tout ce qui est de l’esprit d’erreur et de mensonge. Chasse tous hérétiques d’entre nous et d’entre tous les autres. Glorifie le Seigneur Jésus, car sa gloire est la tienne, et celle du Père. Reprends, ô Seigneur, reprends le monde de péché, de jugement et de justice : touche les cœurs de tous, afin qu’ils soient enseignés par Dieu, pour entendre la parole de vérité, en l’oyant, la recevant et la gardant par foi12. Montre ta vertu sur tous ceux qui te résistent, ne souffre plus que ta doctrine soit outragée, en te blasphémant et injuriant. Détruis l’Antéchrist et sa méchante et maudite doctrine. Et par ta clarté et lumière pure et sainte, par laquelle tu purifies, sanctifies et parfais les âmes, chasse toutes les ténèbres d’erreur et de superstition, toute feintise, hypocrisie et tromperie cauteleuse, en découvrant les faussetés de Satan et des siens, et conserve-nous en toute vérité, nous et nos pasteurs ; donne et envoie-les tels que tu as révélé qu’ils doivent être, sans quoi nous sommes perdus et gâtés par la déception, tromperie et tyrannie de ceux qui sont menés par les esprits d’erreur : séduits, ils séduisent les autres.

Paul Chaigneau, Troupeau au soleil couchant, huile sur toile, 1879-1938.

Ah, bon Sauveur, bien que notre foi soit fort légère pour aller à toi, nous venons tout de même à toi pour te demander cette eau, pour en boire. Augmente-nous la foi, et confirme-la nous, nous donnant ta parole et tes saints sacrements purement. Donne-nous, Seigneur, cette eau de vie qui ôte la soif, car nous avons puisé trop de l’eau de nos pères, ne sachant pas ce que nous voulions, ni ce que nous faisions : et plus nous avons bu d’eau infecte de vieilles citernes, plus nous avons eu soif13. Donne-nous le pain de vie qui est descendu du ciel : donne-le nous par ta sainte parole et doctrine céleste, et par tes pures ordonnances. Ô Seigneur, que nous soyons nourris de toi, pour vivre éternellement14. Hélas ! le son et le levain des pharisiens, la doctrine diabolique de toute hypocrisie et tromperie nous ont tant enflés que nous en sommes crevés, et toutes les entrailles de nos âmes en sont corrompues. Car la doctrine perverse a tout perdu, empoisonné et gâté en nous. Seigneur Jésus, vrai Sauveur, vrai Rédempteur, aie pitié de nous. Commande et fais que ta parole nous soit prêchée, et que tes saints sacrements nous soient purement administrés, comme tu l’as ordonné et commandé. Tu as ouï la Canaanéenne, ô Seigneur, donne-nous des miettes qui tombent de la table de tes enfants. Seigneur, les autres à qui tu as fait la grâce que ta parole leur ait été donnée, ont tant de prédications, tant de lieux, tant de ministres et pasteurs, qui continuellement leur enseignent, et leur administrent tes pures ordonnances et saints sacrements : et nous n’avons, ô Seigneur, pas un seul pasteur, un seul lieu, une seule prédication le jour, en une si grande ville, où tu as tant de peuple15; et nous ne pouvons recevoir purement tes saints Sacrements que parce que, pour l’amour de tes enfants, que tu as dans les Églises auxquelles tu t’es manifesté et à qui tu as donné purement ta parole, tu es si bienveillant que tu as présenté tes bénédictions et grâces aux iniques qui ne croient pas en l’Évangile ; et tu fais même que tes serviteurs les contraignent à ouïr ta parole, en sorte qu’ils sont souvent gagnés à toi et croient, là où ils étaient incrédules.

Bon Seigneur, n’auras-tu point pitié de nous ? N’entendras-tu point notre désir, prière et clameur ? Regarde à ton honneur et gloire, regarde à tes saintes promesses, ô Dieu, ô notre Dieu. Quel profit y aura-t-il, si nous demeurons ainsi : et si (comme il est advenu à plusieurs par faute d’ouïr et d’être avertis, tant en santé qu’en maladie) nous perdons ce peu de cœur que nous avons à toi et à ta parole, et si nous retournons à ce que nous détestons, à savoir la doctrine de l’Antéchrist, en adorant les créatures, et mettant notre confiance et espérance aux choses damnables, en t’offensant plus qu’auparavant ? Seigneur, nous auras-tu donné tel commencement et entrée en ta connaissance, pour nous laisser et abandonner ? Non, non, Seigneur, qu’il n’en soit pas ainsi ; mais aie pitié de nous, ouvrant les yeux de ta miséricorde sur nous : que tes entrailles soient émues à pitié, à miséricorde et compassion sur nous, ô Père de toute bonté. Hélas, que nous ayons ta parole, que nous la recevions par ton Saint-Esprit, et que tout en nous soit rangé, conduit, fait et gardé selon ta sainte volonté, qui est révélée et manifestée dans les saintes Écritures, dans lesquelles ta sainte parole est contenue. Fais qu’avec grand fruit nous entendions ta parole et la gardions : et que selon elle nous ayons purement tes purs et saints sacrements. Et afin que nous puissions bien enseigner nos enfants en ta sainte doctrine, en ta crainte, en la vraie et vive foi, fais que droite instruction leur soit donnée, comme en la primitive Église ; et que les pasteurs n’aient seulement le soin des grands tant en général comme en particulier ; mais qu’ils l’aient aussi des petits, et qu’ils les instruisent en pure doctrine de la foi, et de tout ce qui appartient à la foi : et que toutes choses soient dressées comme il appartient.

Marc Louis Benjamin Vautier (1829-1898), Après l’école du dimanche, huile sur toile.

Qu’en ton Église soit correction, admonition, réception et rejection ; que ta parole y ait toutes ses propriétés, et que le vrai usage des clefs soit gardé : que les écoles et saints exercices pour conserver ta doctrine soient saintement dressés et entretenus ; que les pauvres soient, selon le devoir, soulagés et secourus. Seigneur, qu’on connaisse que tu y as besogné, et que tout l’honneur et la gloire te soient rendus de nous avoir tirés de si horrible malédiction, à une si grande et excellente bénédiction ; fais-nous cette grâce, poursuis-la et entretiens-la jusqu’à la fin, et à nous et aux nôtres. Bon Dieu, touche et illumine les cœurs de nos supérieurs, pour obéir16 à cette bénédiction : et au lieu de résister, qu’ils soient les plus ardents, et qu’ils y travaillent. Tu as promis d’aider ainsi ton Église par les rois, princes et seigneurs ; donne-leur pleine connaissance, et droit et entier jugement pour connaître ce que tu veux, ô Père ; et avec la connaissance donne-leur la grâce d’exécuter en rondeur de vérité, et à ton honneur et gloire, tout ce qui est de leur office, selon ta parole ; tellement que nous et eux puissions heureusement passer de cette cité terrienne à la cité éternelle17. Seigneur, comme il t’a plu de changer le cœur de saint Paul, qui était si âpre et si enflammé contre ta parole, aie pitié des pauvres prêtres, moines, et de tous ceux qui par ignorance contreviennent à ta parole, et de ceux qui tâchent de détruite ton Église et la doctrine de la foi, ne sachant ce qu’ils font. Et comme tu fais que ce qu’ils font n’est point pour maintenir, comme ils pensent, ton Église, ni la foi chrétienne, mais pour maintenir l’assemblée damnable de confusion, qui est la mère d’erreur, pour entretenir la grande paillarde avec sa doctrine diabolique, et les songes et inventions des hommes : Seigneur, fais leur merci, en leur pardonnant ; donne-leur la grâce de pouvoir suivre et poursuivre, garder et tenir ta sainte doctrine, et fais-leur la grâce de vivre au corps de Jésus, qui est son Église ; ô Seigneur, par ta vérité, puissance et vertu réédifie, restaure et remets-la dans l’état qu’il se doit, conserve-la et garde-la par toute la terre, afin que tu sois partout lué, servi et adoré en esprit et en vérité. Et que de Satan, et de l’Antéchrist qu’il a élevé par ses cautèles, tromperies, faux signes et miracles, en toute tromperie, et de ce fils de perdition, qu’il ne soit plus rien ici : qu’il n’ait plus de lieu, mais qu’il soit complètement exterminé, et comme il s’est assis en ton temple, s’élevant sur toi, se faisant adorer comme toi18, ainsi en toute confusion et ignominie il soit entièrement abattu ; et qu’il n’ait ni en ton temple, ni en autre lieu, domination ni puissance quelconque, mais toute douleur, angoisse et détresse.

Donne le royaume, ô Père éternel, à Jésus ton Fils, et que de nul autre il ne soit mention, ni d’autre doctrine, pour faire, dire ni penser autrement, qu’ainsi que Jésus a ordonné et commandé ; tellement, Seigneur, que tous vivants qui sont sur la terre obéissent à l’Évangile par pure foi, et s’emploient à tout bien par servante et ardente charité, et persévèrent en grande constance et fermeté, ô Seigneur Dieu et Père, pour l’amour de Jésus ton Fils, remplissant tous de ton bon Esprit, afin que toute louange, gloire, action de grâces te soient données éternellement.

Amen.


  1. Jean 7,37 ; 6,35 ; 14,13.[]
  2. Ésaïe 58,9.[]
  3. Matthieu 5,45.[]
  4. Luc 18,7.[]
  5. Psaumes 146,7-9 ; Exode 20,21-22.[]
  6. Matthieu 2,16.[]
  7. Terme employé pour l’ensemble des protestants au début de la Réforme.[]
  8. Psaumes 79,11.[]
  9. Matthieu 9,36.[]
  10. desistans.[]
  11. 1 Corinthiens 12, Éphésiens 4,12 ; 2 Pierre 1,21 ; Jean 16,13 ; Actes 2,3-4.[]
  12. Jean 17,1 ; 16,8 ; 6,45 ; Ésaïe 54,13 ; 2 Thessaloniciens 2,8.[]
  13. Jérémie 2,13.[]
  14. Matthieu 16,6.[]
  15. Allusion directe à la ville de Metz que Farel travaille à réformer.[]
  16. entendre à…[]
  17. Actes 9,6.[]
  18. 2 Thessaloniciens 2,4.[]

Arthur Laisis

Enseignant en linguistique et étudiant de premier cycle en théologie à la faculté Jean Calvin, Arthur participe au blog notamment en tant que relecteur et traducteur. Il s'intéresse beaucoup aux Églises d'Europe centrale et orientale, en particulier des pays baltes où il a vécu plusieurs années.

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Dans les Églises où est récité le Symbole des Apôtres, les chrétiens récitent d’une traite qu’ils croient « à l’Église, à la communion des saints, à la rémission des péchés… » Et s’il est vrai que le croyant protestant perçoit assez intuitivement comment le thème de l’Église et celui de la communion des saints peuvent être traités ensemble (puisque la théologie protestante définit précisément l’Église comme la communauté des saints ou des fidèles, c.-à-d. des croyants), il lui est en revanche difficile à première vue de voir un lien immédiat entre l’Église et la communion des saints d’une part, et la rémission des péchés d’autre part.
Ce n’était pas le cas de Jean Calvin. Celui-ci, dans l’un de ses premiers écrits, sa Brève Instruction Chrétienne (1537), à la fin de son explication de ce qu’il faut comprendre par la clause « Je crois à la rémission des péchés », lie ensemble ces trois expressions de la manière suivante : « nulle rémission des péchés n’est donnée d’ailleurs ni par autre moyen, ni à d’autres [que ceux qui en font partie], vu qu’hors de cette Église et communion des saints, il n’y a point de salut. » Calvin énonce ici le caractère ecclésial de la rémission des péchés : c’est dans l’Église seulement que les péchés sont pardonnés. Une telle affirmation peut étonner de la part d’un des pères fondateurs du protestantisme. Comment la comprendre ?

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