Dix citations de théologie féministe qui en montrent les défauts
30 juillet 2020

Suite à ma lecture de l’Introduction à la théologie historique de Alister McGrath, j’ai consacré une bonne semaine à des lectures intensives de théologie féministe, notamment du Cambridge Companion of Feminist Theology édité par Susan F. Parsons, puis de Beyond God the Father de Mary Daly et enfin d’Introducing Asian Feminist Theology de Kwok Pui-Lan. Au cours de mes lectures, j’ai relevé plusieurs citations très intéressantes à mon sens, où les auteurs avouent très clairement la nature et les limites de la théologie utilisée dans un but féministe. Je vous les présente dans cet article, avec des commentaires minimaux. Je prendrai grand soin à référencer avec soin ces citations, afin que chacun puisse aller les vérifier dans leur contexte. Voici donc ce que disent des auteurs féministes :

  1. Le féminisme est en danger d’auto-destruction.
  2. La théologie féministe ne traite pas du tout de Dieu, mais des théologiennes.
  3. La théologie féministe est nécessairement pluraliste au point de fracturer son unité.
  4. La théologie féministe est très dépendante des séminaires libéraux.
  5. La doctrine du péché structurant est deresponsabilisante et inefficace.
  6. La révolution sexuelle est une catastrophe pour les femmes.
  7. Le féminisme est un Antichrist.
  8. Les hommes ne peuvent pas être féministes.
  9. Si Jésus est féministe, c’est donc un antisémite.
  10. La position de Jésus quant aux femmes est sans importance, il faut de toute façon détruire le christianisme.

1. Le féminisme est en danger d’auto-destruction

Dévoiler ce que la religion comporte de répressif est un élément nécessaire du mythe de l’émancipation, mais une fois qu’elle a commencé, elle n’a aucune raison de s’arrêter, sauf par un exercice de pur pouvoir atypique et injustifié, pour mettre un terme à la déconstruction. Les femmes ne peuvent protéger cet espace de réserve qu’en se disciplinant entre elles, et en avertissant les autres de se tenir à distance.

Non seulement cela a jeté les femmes dans une quête continuelle pour savoir lesquelles d’entre elles sont les plus opprimées, afin que cette ressource soit gardée pure de toutes les corruptions du pouvoir, armée d’une « hiérarchie des victimes » qui peut être une source d’exploitation. Mais en plus ce passage à la pratique requiert la plus grande affirmation de nous-mêmes en tant que femmes, de notre sagesse et de notre expérience, que les concepts mêmes de péché structurel et d’ubiquité du pouvoir nous interdisent de réclamer dans sa forme pure.

PARSONS, Susan Frank, « Feminist Theology as Dogmatic Theology », in Cambridge Companion of Feminist Theology, Cambridge University Press, 2004, pp. 121-122.

Trois choses sont à retenir de cette citation :

  • Les méthodes d’exégèse féministes détruisent aussi bien les interprétation traditionnelles que les interprétations féministes. C’est un acide qui se neutralise lui-même.
  • Le féminisme se perd dans des hiérarchies victimaires qui le rendent inopérants. C’est ainsi que les théologiennes blanches sont critiquées par des théologiennes africaines, qui sont critiquées par des africaines pauvres, qui sont critiquées par des africaines pauvres et lesbiennes, qui sont… en fin de compte, aucune théologienne ne peut prendre autorité pour fixer une doctrine une bonne fois pour toutes. Ce serait priver de parole un autre groupe plus opprimé qu’elle.
  • Elles pratiquent ce qu’elles dénoncent : agressivité, recherche du pouvoir, appropriation culturelle etc. Et elles sont obligées de le faire.

2. La théologie féministe ne traite pas du tout de Dieu, mais des théologiennes.

Les théologiennes féministes asiatiques doivent réaliser que nous sommes le texte, et que la Bible et la Tradition de l’Église sont le contexte de notre théologie.

CHUNG Hyun Kyung, citée par KWOK, Pui-Lan, Introducing to Asian Feminist Theology, Sheffield Academic Press, 2000, p. 38.

C’est l’expression la plus concise d’un fait visible dans tous les traitements féministes de la théologie que j’ai pu lire jusqu’ici : il n’y a pas de « lecture féministe fidèle » de la Bible. Par définition, il s’agit d’utiliser la Bible comme un matériau, un réservoir de représentation afin de mieux définir et affirmer les femmes opprimées. Ces représentations sont ensuite utilisées dans la philosophie féministe, qui est un animal complètement différent de la théologie chrétienne. Ainsi donc, contrairement à ce qu’une lecture superficielle peut laisser entendre, la « théologie des femmes » n’est pas une interprétation des Écritures selon un regard féminin, mais l’interprétation des femmes avec le langage de l’Écriture.

3. La théologie féministe est nécessairement pluraliste, au risque de fracturer son unité

La théologie féministe […] est un mouvement qui traverse les différentes lignes de traditions, influence toutes les traditions religieuses, et qui est pertinent pour toutes ces dernières. En effet, dans les premières années du mouvement théologique féministe, il se trouvait que les chrétiens, les juifs, les post-chrétiens et les théologiens bouddhistes travaillaient étroitement ensemble et étaient également visible dans le mouvement. Néanmoins, la lutte pour la diversité n’est pas nouvelle pour le mouvement de la théologie féministe. Avec le recul, il est clair que la diversité — de buts, de soucis, de perspectives — a toujours été présente même quand les rassemblements féministes se sentaient unis, enthousiastes et triomphants dans leur opposition à la religion patriarcale et aux recherches androcentrées.

Au milieu des années 80, des cris d’outrage se répandirent au sujet de la devise des débuts du mouvement féministe théologique : « l’expérience des femmes ». Le mouvement féministe théologique a universalisé « l’expérience des femmes » blanches, de classe moyenne, d’orientation hétérosexuelle, disait-on. Ainsi donc, pour être authentiquement inclusif, la diversité de classes, de races, de culture et d’orientation sexuelle devait être prise au sérieux. Des différences théologiques réelles et irréconciliables ont ainsi émergé. Vivre cette rupture de ce que nous percevions être un front uni contre le patriarcat fut traumatisant et douloureux.

GROSS, Rita, « Feminist Theology as Theology of Religion », in Cambridge Companion of Feminist Theology, Cambridge University Press, 2004, p. 62.

La citation se suffit à elle-même : les principes même du mouvement féministe exigent de tenir compte de toute la diversité. Elles se retrouvent ensuite en incapacité d’être unie, et donc d’être efficace. La frustration augmente en conséquence, et avec la frustration l’extrémisme.

4. La théologie féministe est très dépendante des séminaires libéraux.

Il y a inévitablement à la fois des sujets et des perspectives qui manquent dans une telle collection. La disponibilité des gens pour écrire ce genre de livres est normalement imprédictible, mais elle a été sûrement intensifiée dans ce cas par les énormes pressions sous lesquelles les femmes doivent travailler dans le monde universitaire, par les exigences quotidiennes de survie à des places de risque dans lesquelles écrire est un luxe.

PARSONS, Susan Frank, « Preface », in Cambridge Companion of Feminist Theology, Cambridge University Press, 2004, p. xvi.

Ainsi nous apprenons que :

  • Le monde académique est le seul endroit où l’on trouve des théologiennes féministes : elles n’ont pas de plan B où elles pourraient travailler à la même chose.
  • Même dans les séminaires libéraux, leur place est chèrement acquise et chèrement défendue.

Or, les séminaires libéraux sont en mauvaise santé financière, et ferment les uns après les autres, sans grand espoir visible. Quant aux universités publiques, elles vont faire face à une crise majeure à cause du coronavirus. On peut prévoir un crépuscule de la théologie féministe.

5. La doctrine du péché structurel est à la fois déresponsabilisante et inefficace

Peu de doctrines du péché peuvent être plus pénétrantes que celle du péché structurel, qui soulage les individus de leur responsabilité personnelle, mais fait assurément peu de choses pour améliorer les voies totalement décisives par lesquelles nous sommes englués dans les toiles d’injustice.

PARSONS, Susan Frank, « Feminist Theology as Dogmatic Theology », in Cambridge Companion of Feminist Theology, Cambridge University Press, 2004, p. 120.

Le péché structurel est la doctrine qui consiste à situer la propagation du péché non dans le cœur des individus, mais dans les structures sociales. En ce moment, on en entend parler plutôt dans son application au racisme. Or, selon Susan Parsons, elle enlève la responsabilité aux seuls êtres qui sont capables de changer quoi que ce soit — les individus agents — et ne propose rien d’efficace à la place.

6. La révolution sexuelle est une catastrophe pour les femmes

La révolution sexuelle a été en fait une extension de plus de la politique du viol, une nouvelle moralité de fausse libération a été imposée aux femmes, à qui l’on a dit qu’elles étaient libres d’être ce qu’elles ont toujours été : des objets sexuels. La différence est simplement que, dorénavant, il y a une pression sociale pour que chaque femme soit disponible en un clin d’œil, d’être une putain [whore] bénévole.

DALY, Mary, Beyond God the Father: Toward a Women’s Liberation Philosophy, Boston : Beacon press, p. 122.

Remarquons bien que sur le sujet, les féministes divergent, et que Mary Daly est parmi les plus radicales qui aient jamais été. Malgré cela, il est intéressant de voir que cette opinion fait partie du spectre du féminisme. Si une féministe qui voulait « castrer Dieu », « supprimer la christolâtrie » et « bâtir une Anti-Église » trouve que la révolution sexuelle est une catastrophe pour la femme, c’est que ce n’est pas seulement un délire de chrétien conservateur.

7. Le féminisme est un Antichrist

Il y a donc un lien entre la révolution des femmes comme Antichrist et leur importation d’une Anti-Église.

DALY, Mary, Beyond God the Father: Toward a Women’s Liberation Philosophy, Boston : Beacon press, p. 140.

Même remarque que précédemment : Mary Daly est aussi bien admirée que critiquée, on ne peut pas réduire tout le féminisme a son opinion. Il est cependant intéressant de voir que sous sa forme la plus « pure » et la plus radicale, il y a une honnêteté brutale au sujet du projet féministe.

8. Les hommes ne peuvent pas être féministes

Premièrement, il est clair que les hommes peuvent souhaiter « dialoguer » avec les femmes sur le sujet pour toutes sortes de raisons destructrices et/ou superficielles. De telles raisons incluent le sadisme, la curiosité, le désir d’une stimulation émotionnelle, sexuelle ou intellectuelle, un désir de « connaître l’ennemi » ou — à un niveau moins vulgaire — un désir d’être « équitable » en « écoutant l’autre opinion ». Ce dernier motif est courant parmi les intellectuels libéraux et souvent la superficialité basique du procédé est visible dans les conditions de la « rencontre ». Il n’est pas rare, par exemple, qu’une femme soit invitée à s’adresser à quinze ou vingt collègues hommes sur le sujet, sans la présence d’une autre femme — ou peut-être avec la présence d’une ou plus de « gages » ou de femmes timides. Avec de telles conditions de « dialogue », elle peut être sûre de se retrouver dans une position « indéfendable ». Si elle montre de la force et de la rationalité on dira qu’elle est « abrasive ». Si elle fait des compromis subtils pour « laisser la porte ouverte », en se vendant elle-même et ses sœurs, elle sera peut-être traitée gentiment mais sa position, ou plutôt sa non-position, sera archivée avec d’autres choses triviales facilement réglées.

Un deuxième point à garder en tête est que la compréhension purement cérébrale de certains aspects de l’oppression des femmes fonctionnera de la façon dont la raison technique se sépare de la raison ontologique. Cela veut dire qu’il utilisera « l’information » ou « la connaissance au sujet » de la libération des femmes au service des hiérarchies en place. Des femmes dont la conscience féministe est à peine naissante sont parfois surprises de trouver davantage de compréhension chez les hommes que chez les femmes. Il faut absolument considérer ceci : les hommes ont eu davantage d’opportunités de réfléchir au fonctionnement des structures de pouvoir, ayant été bien plus à l’intérieur que les femmes. L’innocence et la naïveté infligées aux femmes les empêche de le voir avant que la colère ne leur donne le pouvoir de se libérer. En sens inverse les hommes, ayant appris le pouvoir politique, sont disposés à chipoter sur des analogies quand l’idée d’oppression de la femme leur est présentée pour la première fois. Cependant cette connaissance au sujet de la situation de la femme est facilement exploitable. Dans le cas des administrateurs hommes, cette connaissance peut être utilisée pour estimer la limite de tolérance d’une femme, et jusqu’à quel point cette nouvelle conscience peut être exploitée, que ce soit directement pour des gains économiques (comme dans les universités, l’édition, ou les médias) ou pour améliorer l’image « libérale » de l’institution en accordant des récompenses mineures aux femmes, sans rien changer d’essentiel. Les femmes dont la conscience féministe est mûre apprennent vite à percevoir l’écart entre l’affichage de la compréhension cérébrale et le comportement concret de beaucoup d’hommes libéraux à l’égard des femmes qui les servent, telles que leurs épouses et leurs secrétaires.

Un troisième point dont il faut se souvenir est que même la compréhension masculine qui va au-delà des jeux de mots et la manipulation de soucis réels peut être limitée aux domaines qui sont directement bénéfiques aux hommes en même temps qu’aux femmes, sans que ceux-là aient à renoncer à leurs privilèges.  J’ai remarqué que beaucoup d’hommes montraient un souci réel pour des questions comme la contraception et l’avortement, sans aller plus loin dans le féminisme. D’autres ont identifié le féminisme avec « la révolution sexuelle » pour des motifs égoïstes. Certains hommes gays ont fait le lien entre féminisme et révolution gay et vu en elle une source d’alliées, mais n’ont pas absorbé plus profondément cette idée […].

Louis Cutrona, psychologue à Boston, grand activiste dans la libération des hommes, a exprimé son découragement au sujet de la myopie des hommes dans les groupes de libération masculine. Selon son expérience avec de tels groupes, il découvrait un consensus général sur les stéréotypes sexuels aussi longtemps qu’ils opprimaient les hommes, en les forçant à supprimer leurs émotions, à contrôler le besoin de pleurer, à être toujours agressif, à prendre toujours l’initiative, et à être obsédés par la performance. Cependant, quand on en vient à la question d’abandonner les bénéfices des rôles stéréotypés, très peu étaient volontaires ou même capables de voir le problème. Ils considéraient qu’ils « faisaient une faveur » à leur femme en les aidant dans le travail domestique plutôt qu’en le faisant tout simplement parce que c’est une égale responsabilité.

DALY, Mary, Beyond God the Father: Toward a Women’s Liberation Philosophy, Boston : Beacon press, pp. 169-171.

9. Si Jésus est féministe, c’est donc un antisémite

Certains auteurs ont insisté sur l’attitude libérale de Jésus dans ses rapports aux femmes, à l’opposé des coutumes juives de son époque. Mais une telle interprétation a été critiquée comme servant les intérêts apologétiques des chrétiens, de sorte qu’elle contribue à l’antisémitisme.

KWOK, Pui-Lan, Introducing to Asian Feminist Theology, Sheffield Academic Press, 2000, p. 53.

Dans ces conditions, à quoi bon insister sur le traitement favorable que Jésus donnait aux femmes ?

10. La position de Jésus quant aux femmes n’a en fait aucune importance, il faut quand même rejeter le christianisme

Dans un article admirable et érudit, Léonard Swidler a rassemblé des preuves historiques pour montrer avec force que Jésus était un féministe. La réponse qui paraît venir de bien des femmes est : « Bien. Merveilleux. Mais même s’il ne l’était pas je le suis ». Le travail du professeur Swidler a l’avantage de viser la précision historique et de maintenir la continuité avec la tradition. En même temps, il y a des difficultés inhérentes à cette démarche.

Premièrement, cette idée que l’on peut extraire des « idées religieuses » à partir de « catégories conditionnées dans le temps » semble dire que l’on peut enlever les scories d’une longue histoire d’oppression et revenir à la clarté pure d’une révélation originale. C’est problématique dans le sens où l’on regarde en arrière, en faisant au moins implicitement l’hypothèse que l’histoire passée (ou certains moments glorieux du passé) ont plus d’autorité que l’expérience présente, comme si le recours au passé était nécessaire pour légitimer l’expérience présente.

La deuxième difficulté de l’approche selon laquelle « Jésus était un féministe » va avec la première : on y retrouve implicitement l’idée qu’il y a des modèles adéquats qui peuvent être extraits du passé.

DALY, Mary, Beyond God the Father: Toward a Women’s Liberation Philosophy, Boston : Beacon press,  p 73-74.

En sens inverse, Rosemary Ruether et Elizabeth Fiorenza ont défendu la compatibilité du christianisme avec le féminisme, et la pertinence de cette méthode « historique ». Mais la soumission d’Anne à son benêt de mari est-elle vraiment un modèle féministe ? Ruth qui recherche absolument la protection et la bourse d’un homme est-elle vraiment un modèle féministe ? Pour chaque modèle biblique de féminité, on peut trouver une critique et une accusation de machisme. La libération de la femme n’a que faire des modèles du passé.

Illustration : Marco Palmezzano, Judith tenant la tête d’Holopherne, tempera sur bois, 1525 (Musée d’Art et d’Histoire, Genève).


Etienne Omnès

Mari, père, appartient à Christ. Les marques de mon salut sont ma confession de foi et les sacrements que je reçois.

5 Commentaires

  1. Lazslo

    Bonsoir
    glup’s !!! Je n’ ai rien compris !!!! Je pense que le fait de “saucissonner” les textes de plusieurs livres, n’aident pas à la compréhension ?!
    Ou alors, peut-être faudrait-il faire un plus gros effort de vulgarisation ?
    Ou encore, sans doute n’ ai-je pas le niveau suffisant pour comprendre (si, si .. sérieusement) ??

    Cordialement

    Réponse
    • Etienne Omnès

      C’est bien volontiers que je voudrais clarifier, mais quelles sont les citations que vous avez du mal à comprendre ?

      Réponse
      • Lazslo

        Bonsoir,

        en premier lieu, c ‘est d’abord l’ objectif (ou intention) de l’ article que je ne perçois pas clairement ?!
        Je ne suis pas familier avec cette notion de théologie féministe. Aussi, serait-il possible de l’ expliciter un peu ? De quoi s ‘agit-il exactement ?
        Je n’ ai rien trouvé sur le sujet dans ce blog (je n’ai peut-être pas bien cherché …).
        Plus globalement, c ‘est aussi le besoin de vulgarisation, car la plupart des citations (et j’avoues aussi les commentaires) me semblent compliqués à appréhender. Par exemple la citation 2.
        Merci

        Réponse
        • Etienne Omnès

          L’intention de l’article est apologétique: il s’agit d’utiliser ces citations authentiques afin de remettre en cause la théologie féministe.

          La théologie féministe c’est la philosophie féministe appliquée à la religion/théologie. La philosophie féministe, selon les mots de Sarah Gamble “est la doctrine selon laquelle les femmes, purement et simplement parce qu’elles sont des femmes, sont traité de façon inéquitable à l’intérieur d’une société organisée pour privilégier des points de vue et des soucis masculins. A l’intérieur de ce paradigme patriarcal, les femmes deviennent tout ce que les hommes ne sont pas. Selon cette vision, qui considère les femmes de façon négative, on refuse aux femmes un accès égal aux affaires publiques aussi bien qu’aux représentations culturelles. En termes simples, le féminisme veut renverser cette situation.” La théologie féministe, c’est cette démarche dans le champ de la théologie.

          Venons en à la citation 2: Normalement, c’est la Bible (et la Tradition éventuellement) qui sont le *texte* que nous étudions pour élaborer notre théologie. Or, Chun Hyun Kyung renverse ici la démarche: Ce qui est étudié, ce n’est pas la Bible, mais les femmes elles-même, et la Bible n’est qu’un “réservoir” de représentations pour aider à cette définition. C’est de l’anti-théologie en quelques sorte.

          J’espère vous avoir été utile,

          Réponse
  2. Lazslo

    Bonsoir
    merci pour ces explications. C ‘est clair 🙂
    Du coup, je profite de l’occasion, svp … existe t’il un lien entre la théologie féministe et ce que d’aucun nomment “l’égalitarisme” ?
    Et en France, quelle est l ‘importance de la théologie féministe ?

    Merci

    Réponse

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