Commentaires sur : La substitution pénale s'oppose-t-elle à la notion biblique du pardon ? https://parlafoi.fr/2020/05/09/la-substitution-penale-soppose-t-elle-a-la-notion-biblique-du-pardon/ Blog de théologie réformée Wed, 27 May 2020 16:36:10 +0000 hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.5 Par : La substitution pénale annule-t-elle la liberté de Dieu en le soumettant à une justice supérieure ? - Par la foi https://parlafoi.fr/2020/05/09/la-substitution-penale-soppose-t-elle-a-la-notion-biblique-du-pardon/#comment-8702 Mon, 11 May 2020 22:58:07 +0000 https://parlafoi.fr/?p=11076#comment-8702 […] Cet article est le deuxième d’une série qui vise à répondre aux objections à la substitution pénale puis à la défendre positivement. Retrouvez l’article précédent ici. […]

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Par : Maxime N. Georgel https://parlafoi.fr/2020/05/09/la-substitution-penale-soppose-t-elle-a-la-notion-biblique-du-pardon/#comment-8701 Sun, 10 May 2020 07:10:48 +0000 https://parlafoi.fr/?p=11076#comment-8701 En réponse à Aurore.

Bonjour,
Avant de répondre, je tiens à corriger un malentendu : cet article n’a pas pour but d’établir la substitution pénale mais de répondre à une objection. Ainsi, je suis d’accord sur le fait que le fils prodigue ou la parabole de la dette remise n’implique pas nécessairement une substitution pénale, je réponds simplement à ceux qui les utilisent contre elle en notant que la notion de dette remise n’équivaut pas à celle de « dette annulée ». Si un tel ne paye pas sa dette, c’est son créancier qui la paye nécessairement. Je n’ai aucun soucis à utiliser des notions comptable pour parler du pardon divin. Cette analogie est conforme à la vérité, avec des limites. Néanmoins cette notion est assez importante pour que le Christ juge utile de l’inclure dans notre prière quotidienne.
Oui, nous devons pardonner comme Dieu nous a pardonné. La non-correspondance stricte est sur la notion de vengeance (non pas sur celle de pardon) où l’Ecriture nous dit explicitement de ne pas nous venger ET que Dieu vengera. Aussi, le fait que l’Ecriture donne le pardon divin en exemple pour le pardon humain n’implique pas que le mouvement puisse être effectué dans l’autre sens. Dieu nous a pardonné gratuitement, pardonnons gratuitement. Mais ici la gratuité est pour celui qui est pardonné et non nécessairement pour celui qui pardonne. D’une manière générale, il n’y a jamais univocité entre ce que fait Dieu et ce que nous faisons. Ainsi, le parallèle doit être maintenu dans ses limites : c’est sur la notion de gratuité et de libéralité pour le pardonné que se situe le parallèle et non sur la position de Dieu comme juge.
Oui, ces remarques sur Romains 12 sont exactes. Mais elles ne changent pas mon principal point : les chrétiens sont appelés à ne pas se venger non pas parce que la vengeance est mauvaise mais parce qu’un autre s’en chargera. Le livre des Proverbes fait intervenir ces paroles et la formule « A moi la rétribution » est utilisée dans d’autres contextes plus larges que la persécution. Il semble donc que Paul applique ici un principe général à la situation particulière de la persécution. Mais cela fait encore ressortir mon point : la (en tout cas, celle donnée par Paul) raison pour laquelle les chrétiens n’ont pas à se venger de leurs ennemis mais à les bénir est que Dieu se chargera de la vengeance, il le fait entre autre par les magistrats et eschatologiquement par le Fils.
Le mot « secret » ne sera peut-être pas retenu, mais l’idée est la suivante : une des raisons pour lesquelles nous ne nous vengeons pas est notre confiance dans le fait que Dieu vengera lui-même ses ennemis et fera justice. Cette notion est présente tout au long de l’Ecriture à tel point qu’on aura bien du mal à dire quel Psaume est à proprement parler imprécatoire et quel ne l’est pas !
Par rapport à la question : je ne dis pas que Dieu est contraint de châtier pour pardonner, je dis qu’il a choisi de manifester ainsi sa justice. Le pardon accordé par Jésus s’interprète évidemment dans le cadre de son ministère tout entier qu’on ne saurait lire sans sa mort expiatoire. Et ce n’est pas à sa mort qu’on le découvre, dès son baptême il est annoncé comme l’Agneau qui ôte les péchés… en les prenant sur lui et il répètera qu’il est venu pour mourir à une fréquence croissante tout au long de son ministère. L’utilisation de Lévitique 16 en Esaie 53 et la subséquente utilisation d’Esaie 53 dans le Nouveau Testament en rend compte.
Cet article est bien loin d’établir la substitution pénale et ce n’est pas son but. Par contre, il répond à ceux qui disent que « libre pardon » implique « pas de peine ». L’idée principale à en retenir, c’est que la peine subie par le Fils est à lire dans le contexte trinitaire : c’est Dieu, celui qui pardonne, qui assume les conséquences et non pas un tiers innocent.
Ce podcast pourra être utile (13 min) : https://www.thegospelcoalition.org/podcasts/tgc-podcast/did-jesus-and-paul-preach-the-same-gospel/
Ou cette vidéo (1h) : https://www.youtube.com/watch?v=3Ss5CdnTBao

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Par : Aurore https://parlafoi.fr/2020/05/09/la-substitution-penale-soppose-t-elle-a-la-notion-biblique-du-pardon/#comment-8700 Sat, 09 May 2020 17:13:06 +0000 https://parlafoi.fr/?p=11076#comment-8700 Salut Maxime. Dieu nous pardonne en ce qu’il efface notre dette. D’accord avec toi, c’est le principe du pardon : ne pas réclamer ce qui nous est dû. Mais ensuite continuer en disant que Dieu a lui même payer cette dette (en subissant lui même la colère méritée) c’est il me semble pousser l’illustration (car il s’agit bien d’une illustration n’est-ce pas?) de la dette bien trop loin et c’est voir le pardon divin comme une opération comptable.
Ensuite tu écris qu’il ne faudrait pas tendre a une stricte correspondance entre ce que Dieu nous demande et ce qu’il fait. Stricte non mais le nouveau testament fait bien cette correspondance entre pardon divin et le pardon qui est demandé aux chrétiens. La parabole en Matthieu 18 en témoigne, également Saint Paul nous demander de pardonner comme nous avons été pardonné.
Sur le paragraphe d’un Dieu vengeur, il me semble nécessaire de préciser que le verset sur les charbons est un verset dont le sens est débattu. Une des interprétations serait que l’ennemi aurait des remords en voyant la bonté du chrétien, qu’il se sentirait honteux. Quelques versets plus haut Saint Paul demande aux romains : « bénissez ceux qui vous persécutent ». Le passage sur la vengeance de Dieu peut donc être lu dans un contexte où les chrétiens sont persécutés et voudraient se faire justice eux-même.
S’en remettre à la justice de Dieu est nécessaire (tout comme s’en remettre a la justice des hommes), néanmoins je nuancerai tes propos qui disent que le secret de notre pardon gratuit c’est que Dieu fera justice. Après tout, notre Seigneur Jésus-Christ sur la croix a prié « Père pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ».
J’ai une question pour toi (peut être un prochain article?) : comment comprend-tu les passages ou Jésus pardonne les péchés librement (exemple en Marc 2) par rapport à ta vision du pardon divin qui nécessite un châtiment ?

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