Commentaires sur : 20 juin 1872 : l’Église réformée confesse sa foi https://parlafoi.fr/2022/06/20/20-juin-1872-leglise-reformee-confesse-sa-foi/ Blog de théologie réformée Tue, 21 Jun 2022 06:20:53 +0000 hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.5 Par : Tribonien Bracton https://parlafoi.fr/2022/06/20/20-juin-1872-leglise-reformee-confesse-sa-foi/#comment-14185 Tue, 21 Jun 2022 06:20:53 +0000 https://parlafoi.fr/?p=31028#comment-14185 Après avoir été tenus en échec par les orthodoxes au Synode national de l’Église réformée de France en 1872, les libéraux adoptèrent une stratégie nettement érastienne pour parvenir à leurs fins. Ils investirent l’État républicain et utilisèrent l’autorité du glaive étatique pour forcer l’Église réformée – majoritairement orthodoxe – à accepter les libéraux en son sein. Cela, tout en empêchant aux orthodoxes majoritaires de tenir de nouveaux synodes pendant trois décennies (!) :

« Sous la IIIe République, les réformés purent convoquer un synode. Celui-ci adopta une confession de foi orthodoxe, rédigée par Charles Bois (1826-1891). Les libéraux, qui ne pouvaient y souscrire, furent autorisés par le gouvernement à rester dans l’Église. Le gouvernement interdit de nouveaux synodes ; les orthodoxes ne purent donc avoir pendant 30 ans que des synodes officieux, tandis que les libéraux avaient des assemblées générales. »

Source ↑ : Jules-Marcel Nicole, ‹Précis d’histoire de l’Église›, Éditions de l’Institut Biblique, Nogent-sur-Marne, 2005, p. 224 sur 295.

Ainsi, la libéralisation du protestantisme français est largement le fait de jacobins en soutane qui, battus sur le terrain ecclésiastique, instrumentalisèrent l’État pour affaiblir les orthodoxes en leur interdisant de tenir de nouveaux synodes tout en permettant aux libéraux de continuer à contaminer l’Église réformée. Ferdinand Buisson (1841-1932), Directeur de l’Enseignement primaire de 1879 à 1896, Jules Steeg (1836-1898) et Félix Pécaut (1880-1896), tous deux Inspecteurs généraux de l’Éducation nationale, de même que Louis Liard (1846-1917), Directeur de l’Enseignement supérieur de 1884 à 1902, furent les figures de proues de ce revanchisme libéral « protestant ».

Source ↑ : Philippe Nemo, ‹Les Deux Républiques françaises›, Chapitre III : ‹Troisième mythe – 1793 aurait été laïque›, Presses universitaires de France, 2008, 308 p.

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