Commentaires sur : Les guerres de religion sont un mythe https://parlafoi.fr/2022/08/03/les-guerres-de-religion-sont-un-mythe/ Blog de théologie réformée Tue, 11 Apr 2023 03:15:43 +0000 hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.5 Par : « Les évangéliques à la conquête du pouvoir » : une analyse – Par la foi https://parlafoi.fr/2022/08/03/les-guerres-de-religion-sont-un-mythe/#comment-15774 Tue, 11 Apr 2023 03:15:43 +0000 https://parlafoi.fr/?p=31691#comment-15774 […] et hégémonique, c’est de la politique. Comme nous l’avons vu dans l’article « Les guerres de religions sont un mythe » il n’y a pas de séparation entre politique et religion : la politique est une religion […]

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Par : Victor https://parlafoi.fr/2022/08/03/les-guerres-de-religion-sont-un-mythe/#comment-14377 Fri, 05 Aug 2022 09:54:25 +0000 https://parlafoi.fr/?p=31691#comment-14377 Je pense qu’il serait injuste de ne pas évoquer même brièvement la dernière « guerre de religion » entre catholiques et protestants qui n’est pas si ancienne puisqu’elle se déroula en 1847 en Suisse. Elle est nommée plus souvent « guerre civile », pourtant son arrière-plan essentiellement confessionnel fut déterminant dans son déclenchement. Elle fut même la dernière guerre en Europe où catholiques et protestants s’opposèrent les armes à la main. Peut-être que William Cavanaugh en parle dans d’autres chapitres de son livre ?
L’influence française grandissante depuis la création par la France de la République Helvétique en 1798 allait permettre aux idées des Lumières de se propager encore davantage. Si cela convenait plutôt aux Libéraux qui étaient majoritairement protestants, c’était au contraire de plus en plus mal supporté par les Conservateurs catholiques, surtout dans certains cantons restés farouchement hostiles à la Réforme et qui pensaient que le temps était venu d’en finir une fois pour toutes avec le protestantisme et la prétendue modernité libérale. Cette opposition exacerbée allait produire ce qui était tant redouté : un conflit armé en 1847, la guerre du Sonderbund. L’enjeu de ce conflit n’était rien de moins que l’hégémonie politique et religieuse du parti victorieux. Cependant, la ligne de démarcation entre les deux partis restait floue, outre que certains cantons s’affichèrent neutres, certains protestants ne suivant pas l’orientation libérale officielle se trouvaient plus proches du camp conservateur catholique sur le plan politique et certains catholiques adhéraient au libéralisme sans devenir pour autant protestants. Nommé à la tête de l’armée des Libéraux, la personnalité très estimable que fut le général protestant genevois Guillaume Henri Dufour gagna très rapidement la guerre qui fit heureusement peu de victimes. Le cas de l’armée du parti Conservateur catholique qui fut défaite est révélateur de l’inexistence d’une parfaite homogénéité confessionnelle à l’intérieur de chaque camp : c’est en connaissance de cause qu’elle fut placée sous le commandement du général Johann Ulrich von Salis-Soglio parce qu’il était conservateur, argument qui prévalut sur le fait qu’il était aussi… protestant ! Il accepta ce commandement sachant qu’il consistait à combattre des coreligionnaires.
De plus, les mêmes causes produisant les mêmes effets, on peut observer que de même que les guerres de religion du XVIe et XVIIe siècle ont marqué profondément l’Europe toute entière, de même cette guerre de 1847 a marqué durablement la Suisse en confortant son pacifisme qui demeure toujours aujourd’hui une composante importante de l’identité helvétique. L’Etat fédéral moderne né en 1848 est né de ces événements.
Je trouve donc que la guerre du Sonderbund dont on parle peu et dont la dimension religieuse est indéniable illustre bien la thèse que William Cavanaugh expose dans ce chapitre que vous nous avez fait découvrir (à moi, en tout cas) dans cet article fort instructif.

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