Abraham savait ces choses (Genèse 22) – Notules d’exégèse
26 août 2025

Cet article est issu d’une discussion sur notre groupe Telegram « PLF Lectures Bibliques » associé à notre plan de lecture, d’où le style plus léger.


À propos de Genèse 22, voici une remarque proposée par James B. Jordan :

Nous pouvons commencer par faire quelques commentaires sur la psychologie du passage. En général, les exégètes veulent se concentrer sur la psychologie d’Abraham, sur le fait qu’il était affligé et que cela lui était extrêmement difficile, ou bien ils veulent soutenir qu’il n’était pas affligé et qu’il a simplement obéi instantanément à Dieu, etc. Je ne pense pas que ce soit là le sujet central ici. Nous savons, d’après ce passage et d’après le livre des Hébreux, qu’Abraham comptait sur la résurrection d’Isaac. Il y a quelque chose d’horrible à prendre un couteau et à le plonger dans la poitrine de son fils unique. Mais bien que cet acte soit horrible, le contexte dans lequel Abraham prévoyait de le faire était qu’Isaac ressusciterait d’entre les morts. Ainsi, si nous voulons analyser psychologiquement ce texte, nous devons le faire avec beaucoup de prudence et sans aller trop loin. Ce qui aurait été dans l’esprit d’Abraham ici, c’est la croyance que la mort d’Isaac sauverait la race humaine. Et il est tout à fait possible qu’Abraham se soit réjoui d’avoir reçu cette instruction, car dès le début, il avait été dit que la venue de la semence détruirait le serpent.

Et toute la vie d’Abraham a été consacrée à l’avènement de la semence. Et tout au long de sa vie, Abraham a été opprimé par le serpent. Le serpent a tenté de tuer l’épouse ou de la prendre. Le serpent a tenté de l’utiliser pour faire naître la semence. Et le serpent n’y est pas parvenu. Cela était draconien. Puis Satan se manifeste sous la forme d’un serpent et a tenté de séduire Abraham pour qu’il devienne un Cananéen. Lorsque le roi de Sodome vient lui faire une offre et, comme nous le verrons aujourd’hui, lorsque les fils des Hittites viennent lui faire une offre, Satan tente de le séduire pour qu’il devienne un Cananéen. Et lorsque cela ne fonctionne pas, Satan vient et se présente comme un accusateur. Ainsi, lorsque Pharaon et Abimélec traitent avec lui, ils portent de fausses accusations contre lui et tentent de lui faire porter toute la responsabilité de la situation. Abraham a donc beaucoup d’expérience avec le diable et il sait qu’Isaac est la semence et qu’Ismaël ne l’est pas. Toutes ces choses ont conduit Abraham à comprendre, à avoir de bonnes raisons de croire qu’Isaac, par sa mort, car il comprenait le principe du sacrifice, allait détruire le diable par sa mort et sa résurrection. Abraham savait ces choses.

Et voici ce qui se passe dans l’esprit d’Abraham : je vais sacrifier mon fils, il va revenir à la vie et ainsi, le diable sera détruit. Si nous pouvons interpréter le texte à partir de ce qui s’est déjà passé dans la Genèse, c’est ainsi que nous pouvons comprendre la psychologie d’Abraham. Cela ne veut pas dire qu’il ne pouvait pas y avoir de chagrin ni de douleur. Mais ce chagrin et cette douleur pouvaient être replacés dans un contexte plus large : celui de la destruction de l’ennemi et du salut du monde. Dieu lui avait dit que toutes les nations seraient bénies grâce à sa descendance. Nous n’avons pas besoin de lire le Nouveau Testament pour comprendre cela, car tout est déjà présent dans la Genèse.

Pierre-Sovann Chauny

Pierre-Sovann est professeur de théologie systématique à la Faculté Jean Calvin, à Aix-en-Provence. Il s'intéresse particulièrement à la doctrine des alliances, à l'interprétation des textes eschatologiques, à la scolastique réformée, aux prolégomènes théologiques et aux bons vins. Il est un époux et un père heureux.

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