Prières réformées (12) : prière pour le fidèle en voyage (Michel Le Faucheur)
11 octobre 2020

Pour encourager nos lecteurs dans leur dévotion et culte privé et leur faire découvrir la piété réformée, nous publierons régulièrement des prières d’auteurs réformés. Nous poursuivons avec une prière de Michel Le Faucheur (1585-1657) pour le fidèle en voyage tirée de son livre Prières et méditations chrétiennes.


Seigneur bon Dieu, duquel les bienfaits sont sans nombre, et les compassions sans mesure, aie pitié de moi, et encore que je ne sois qu’un pauvre pécheur devant toi, traite-moi comme ton enfant. Accepte la componction que j’ai de t’avoir offensé, pardonne-le-moi  par ta grâce, et reçois ma personne pour l’amour de ton Fils unique sous ta sainte protection.

Comme autrefois par un amour, et une direction particulière tu as conduit tes serviteurs, Abraham, Isaac et Jacob dans leurs pérégrinations, tu as retenu la rage de tous leurs ennemis en tous mauvais rencontres, tu les as garantis de dommage, et parmi un million de dangers, tu les as toujours amenés à bon port. Conduis-moi de même dans ce voyage, faisant marcher tes saints anges à mes côtés, qui me conduisent en toute sûreté, comme jadis tu conduisis ton peuple parmi les déserts par la colonne de nuée et de feu. Garantis-moi de l’invitation des voleurs, et préserve-moi de toutes chutes et désastres mortels.

Rends-moi enfin le ciel et la terre propice, afin que j’ai sujet de glorifier ton sain nom. Que si je souffre quelque incommodité, comme il advient d’ordinaire en voyage, que ce me soit un avertissement salutaire, que je ne suis au monde que comme voyageur sur une terre étrangère, et un vif aiguillon pour exciter dans mon coeur le désir de cette cité permanente que tu as préparée pour la demeure éternelle de tes élus.

Permets-moi de rencontrer des gens de biens et qui craignent ton nom, afin que, sans scandaliser personne ni être scandalisé de personne, je puisse te prier, servir et glorifier en leur compagnie. Fais-nous la grâce que, soit par les chemins, soit quand nous serons arrivés, nous pensions tellement aux affaires particulières pour lesquelles nous faisons le voyage, que nous pensions surtout à toi, à méditer tes ordonnances, à nous rappeler de tes faveurs, et à faire ta volonté.

Que nos principaux entretiens et nos plus douces récréations soient de parler de ton amour, et de la grâce que tu nous as montrée en Jésus-Christ notre Seigneur, afin que comme les disciples qui s’en allaient à Emmaüs tous tristes et tous désolés, parlant de ton Fils bien-aimé, il se trouva au milieu d’eux, et consola leurs coeurs. Qu’il soit aussi à toute heure au milieu de nous, et par nos entretiens, et par ses bénédictions.

Enfin, comme tu fais aider toutes choses en bien à ceux qui t’aiment et te révèrent, que ce voyage sous ta paternelle conduite nous réussisse au bien de nos affaires, à la consolation de nos âmes, et ce qui est le principal à l’avancement de ta gloire.

Amen.

Garde-moi comme la prunelle qui est dans l’oeil, et cache-moi sous l’ombre de tes ailes (Psaume 17.8).

Illustration en couverture : Eastman Johnson (1824-1906), Child at prayer, 1873.

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à l'Université Catholique de Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas D'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leur petit Thomas.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *