Prières réformées (14) : viens à mon secours, ô mon Rédempteur (Pierre Jurieu)
18 octobre 2020

Pour encourager nos lecteurs dans leur dévotion et culte privé et leur faire découvrir la piété réformée, nous publierons régulièrement des prières d’auteurs réformés. Nous poursuivons avec une prière de Pierre Jurieu (1637-1713), tirée de son livre Traité de la dévotion. Nous remercions Philippe Lacombe de Pensées 365 pour la mise en forme des textes.


Ô mon Dieu, mon divin Sauveur, ouvre les fontaines de ta grâce, et que les ruisseaux en coulent jusqu’à moi. Rends-moi sensible à l’avantage de te posséder, et aux plaisirs de ta jouissance, afin que je ne me traîne pas, et rarement et difficilement aux lieux où tu me parles, et où je te parle, dans ton temple et dans la retraite de ma chambre. Tire-moi, afin que je coure après toi. Quand j’ai dessein de m’approcher de toi par les actions de ma dévotion, ne t’éloigne pas de mon âme.

Je sais que je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. Il n’y a pas longtemps que mon coeur était une caverne de brigands, et un repaire d’esprits malins ; tu les en as chassés par ta grâce divine ; mais ces sales hôtes ont laissé des restes d’impuretés après eux qui rendent cette demeure indigne de ta sainteté.

Néanmoins, Soleil de mon âme, dont les rayons ne sauraient être souillés par l’impureté des lieux dans lesquels ils entrent, pénètre jusque dans mes entrailles, porte ton feu au dedans de moi, m’embrase des flammes de ton amour.

Si je m’endors dans la sécurité, réveille-moi. Si je tombe dans la négligence et que je vienne à interrompre les saints exercices de la piété si nécessaires pour conserver la dévotion, frappe à la porte de mon coeur pour me solliciter à la vigilance ; et si le marteau de ta parole n’est pas suffisant, n’épargne pas même celui des afflictions. Brise-moi plutôt que de me laisser dans ma dureté naturelle, car jamais tes coups ne blesseront ma tête, ils me feront toujours plus doux que le baume.

Viens à mon secours, ô mon Rédempteur, pour achever de vaincre mes infirmités. Je suis pesant et matériel, mais rends-moi spirituel et céleste. Les mouvements de la grâce et de la dévotion qui m’élèvent en haut sont opposés aux mouvements de la nature qui me tirent en bas; dans ce combat je suis déchiré par les deux contraires. La nature a l’insolence de s’opposer à ta grâce, et ce combat fait la rareté de mes exercices de dévotion. Mais, ô Saint-Esprit, rends-les-moi faciles et plaisants afin que j’y retourne souvent.

Illustration en couverture : Eastman Johnson (1824-1906), Child at prayer, 1873.

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à l'Université Catholique de Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas D'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leur petit Thomas.

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