Prières réformées (46) : Dieu nous a tant aimés qu’il a envoyé son Fils — Bénédict Pictet
12 décembre 2021

Pour encourager nos lecteurs dans leur dévotion et culte privé et leur faire découvrir la piété réformée, nous publierons régulièrement des prières d’auteurs réformés. Nous poursuivons avec une prière de Bénédict Pictet, tirée de son livre Prières pour les jours de sainte cène, de Noël, de Pâques, de Pentecôte et de septembre, et pour les jours de jeûne. Nous remercions Philippe Lacombe de Pensées 365 pour la mise en forme des textes.


Mon Seigneur et mon Dieu, tu me vois prosterné devant ta majesté souveraine, pour te supplier de me donner ton Saint-Esprit, afin que je puisse comprendre, avec tous les saints, la hauteur, la largeur, la profondeur et la longueur de ta charité. Mon esprit et mes pensées se confondent, quand je considère jusqu’à quel point tu nous as aimés, toi le Saint des saints, le Créateur de l’univers, le Roi des anges et des hommes ; toi qui possèdes toutes les perfections ; qui as le ciel pour trône, et la terre pour ton marchepied  ; nous qui rampons dans la poudre, et qui sommes souillés depuis la plante de nos pieds jusqu’au sommet de nos têtes  ; nous qui étions soulevés contre toi, et qui méritions toute ta haine. Comment, ô Dieu, as-tu pu nous aimer, jusqu’à nous donner tout ce que tu avais de plus cher ?

Ton Fils, ton propre Fils, ton Unique, la splendeur de ta gloire  ; l’empreinte de ta personne, ton image parfaite, par qui tu as fait les siècles, et qui soutient toutes choses par sa parole puissante. Si tu avais donné ton Fils pour les anges, ces intelligences célestes, qui t’adorent dans les cieux dans une parfaite innocence, ou si tu l’avais donné pour nos premiers parents, pendant qu’ils étaient justes, nous aurions déjà sujet d’admirer ta bonté infinie. Mais tu l’as envoyé ce Fils pour des créatures qui ne méritaient pas de voir la lumière, et qui étaient dignes de toutes les foudres de ta colère, qui avaient foulé aux pieds tes divines lois, et qui méprisaient les richesses de ta patience. Si le Fils que tu nous as donné était un simple mortel, que tu eusses pourtant élevé au-dessus des autres hommes par des qualités éminentes, nous aurions encore matière de te rendre nos actions de grâces, de ce que tu as pensé à nous, et de ce que tu as eu compassion de notre misère.

Mais ce cher Fils, que tu as fait descendre du ciel pour nous sauver, est Dieu béni éternellement avec toi  ; il possède avec toi la même essence, la même gloire, la même majesté, les mêmes perfections. Cependant tu nous l’as donné, et tu l’as exposé à la mort pour nous rendre éternellement bienheureux. Ô Dieu, ta fidélité atteint jusqu’aux nues, mais ta bonté et ta miséricorde est au-dessus des cieux. Nos esprits sont trop petits pour concevoir toute la grandeur de ton amour  ; mais, Seigneur, ne permets pas que nous soyons ingrats à tes faveurs inestimables.

Puisque tu nous aimé d’un amour qui surpasse toute connaissance, fais aussi que nous t’aimions autant que nous sommes capables d’aimer  ; plus que toutes les plus excellentes créatures, infiniment plus que nous-mêmes, et que tout ce qui est en nous. Que nous t’aimions sur la terre comme nous t’aimerons dans le ciel. Nous te demandons cette grâce par ce cher Fils que tu nous as donné.

Amen.


Illustration en couverture : Eastman Johnson (1824-1906), Child at prayer, 1873.

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs deux enfants et sont moniteurs de la méthode Billings.

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