Cet article est issu d’une discussion sur notre groupe Telegram « PLF Lectures Bibliques » associé à notre plan de lecture., d’où le style plus léger. Cette ressource est aussi accessible par notre index biblique des sermons, rassemblant toutes nos ressources d’exégèse et nos prédications sur des passages bibliques particuliers.
Pour ceux d’entre vous qui lisez 2 Tim 3.1-9 de manière idéaliste (c’est-à-dire que les « derniers jours » du v. 1 couvre l’ensemble de la période entre la première et la deuxième venue), comment comprenez-vous le v. 9 ?
2 Timothée 3:8-9 (NEG1979) ⁸De même que Jannès et Jambrès s’opposèrent à Moïse, de même ces hommes s’opposent à la vérité, étant corrompus d’entendement, réprouvés en ce qui concerne la foi. ⁹Mais ils ne feront pas de plus grands progrès; car leur folie sera manifeste pour tous, comme le fut celle de ces deux hommes.
Mon sentiment, sans grande surprise, est le suivant : ces deux versets se comprennent bien plus naturellement dans le cadre d’une lecture prétériste du passage, suivant lequel les « derniers jours » en question sont ceux de l’ancienne alliance judaïque. Jannès et Jambrès servent alors de prototype du judaïsme apostat, qui s’oppose à Jésus comme les mages égyptiens s’opposèrent à Moïse. Mais leur temps était compté : ils cesseront bientôt de progresser, et leur folie sera rendu manifeste au jour de la destruction de Jérusalem et de l’ancien système judaïque.
Les v.12-13 sont parfois mobilisés contre les thèses de type postmillénariste, ou même contre les formes optimistes d’amillénarisme.
2 Timothée 3:12-13 (NEG1979) ¹²Or, tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés. ¹³Mais les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes.
Il faut toutefois noter que les affirmations faites par Paul ici le sont dans le contexte immédiat des « derniers jours » dont il vient de parler, et plus près encore (v. 11), des persécutions qu’il a lui-même subi lors de ses voyages missionnaires dont Luc donne un compte-rendu inspiré dans les Actes :
2 Timothée 3:11 (NEG1979) ¹¹mes persécutions, mes souffrances. A quelles souffrances n’ai-je pas été exposé à Antioche, à Icone, à Lystre? Quelles persécutions n’ai-je pas supportées? Et le Seigneur m’a délivré de toutes.
Dans ce contexte, il est possible (même si la charge de la preuve est, sur ce point, sur les optimistes) de comprendre le propos de Paul comme relatif au temps qui était le sien : celui de la terminaison de l’ancienne alliance. Dans ce cadre terminal qui implique un conflit exacerbé entre le christianisme et le judaïsme apostat, pas de trêve possible – et des persécutions en pagaille, dont l’apôtre Paul a été lui-même la victime.
Les limites posées au mal
Remarquez la tension entre le v. 13 et le v.9. Le v. 13 semble indiquer une croissance dans le mal sans limite :
2 Timothée 3:13 (NEG1979) ¹³Mais les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes.
Cependant, le v. 9 avait déjà établi un cadre qui limitait l’avancée du mal :
2 Timothée 3:9 (NEG1979) ⁹Mais ils ne feront pas de plus grands progrès; car leur folie sera manifeste pour tous, comme le fut celle de ces deux hommes.
Il faut sans doute comprendre que l’avancée du mal est sans limite, au niveau individuel, chez ceux qui s’y enfoncent de plus en plus. En revanche, historiquement, une limite très claire est fixée providentiellement par Dieu. La différence est au niveau du point de vue : individuel d’un côté, « macro » de l’autre.



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