10 août 2025

Cette brève méditation fut partagée à l’occasion du temps d’offrandes d’un culte de l’Église Bonne Nouvelle. Je publierai régulièrement ces exhortations dominicales, afin qu’elles contribuent, Dieu voulant, à votre édification en ce jour du Seigneur.

Je partageais cette semaine, sur le groupe de discussion de notre Église, une exhortation à rester vigilant sur la nourriture que nous donnons quotidiennement à notre âme. C’est une réalité que nous ne devons pas oublier : notre âme a tout autant besoin de nourriture que notre corps, et si cette nourriture est mauvaise, alors notre âme sera en mauvaise santé spirituelle. « L’homme ne vivra pas de pain seulement mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Matthieu 4,4) : même si nous nous maintenons physiquement en vie en nourrissant notre corps de pain, si nous négligeons de nourrir notre âme, alors nous finirons par mourir.

Je crois qu’il s’agit d’un rappel important, surtout pour les plus jeunes générations, qui peuvent passer des heures à consommer du contenu sur certains réseaux qu’on pourrait facilement comparer à de la très mauvaise fast-food pour leur âme. Mais s’ils sont les plus touchés ou les plus à risque, nous sommes tous concernés ; si nous n’y prenons pas garde, nous serons progressivement influencés puis transformés par la nourriture que nous donnons, plus ou moins passivement, à notre âme, ainsi que le dit le proverbe : « Nous sommes ce que nous mangeons ».

Un des effets pervers du contenu largement présent sur les réseaux est de nous faire croire que les quelques centaines d’influenceurs qui partagent leur vie de luxe sont représentatifs de l’ensemble de l’humanité. À force de regarder les vidéos de ces ultra riches, de ces personnes qui passent leur vie à voyager à travers le monde, dorment dans les plus beaux hôtels, roulent dans les plus belles voitures, travaillent allongés dans des hamacs ; notre cerveau tombe dans le piège et finit par croire à cette illusion, en oubliant, que la réalité de l’immense majorité de l’humanité est toute autre.

Nous vivons dans un monde qui ne devrait même plus exister. Nous vivons dans un monde où l’abondance a laissé place à la rareté, où la facilité a laissé place à la difficulté, où la vie a laissé place à la mort. Nous vivons dans un monde qui a été entièrement détruit par un déluge, dans un monde où Dieu a divisé l’humanité qui cherchait à s’élever contre lui à Babel. Nous vivons dans un monde où Satan promet gloire et richesse à ceux qui plieront le genou devant lui, dans un monde hostile, dangereux, instable, où de courtes périodes de joie et de paix laissent place aux plus terribles épreuves, à l’échelle individuelle, communautaire, nationale, voire mondiale. Nous vivons dans un monde où nous, chrétiens, faisons la guerre à la chair, résistons aux traits enflammés du malin, où nous cherchons à protéger nos enfants de ses mauvaises influences, où nous devons endurer la moquerie, le rejet, la persécution.

L’illusion trompeuse et dangereuse dans laquelle nous tomberons, si nous n’y prenons pas garde, en laissant notre âme écouter les murmures de Satan à travers toutes ces mauvaises influences, c’est que nous pouvons vivre dans ce monde en sursis comme si nous étions déjà au paradis. Et comme satan a en réserve des mensonges pour chacun, il peut aussi faire croire à ceux qui mènent des vies marquées par la difficulté et la souffrance qu’à l’inverse, Dieu et le paradis n’existent tout simplement pas.

Ces deux extrêmes sont des mensonges dangereux pour notre âme. La réalité frères et sœurs, c’est que ce monde dans lequel nous vivons aujourd’hui est comme un navire autrefois sublime qui se détruit progressivement au milieu de la tempête. Nous sommes des naufragés, accrochés à des morceaux plus ou moins beaux et confortables ; mais chacun des morceaux de ce navire finira par être détruit par la tempête, et chacun devra un jour faire face, seul, à cette tempête qui représente la colère de Dieu face à notre péché.

Nous ne devons pas perdre de vue que ce monde sera jugé, qu’il sera détruit, avant d’être régénéré. En Jésus-Christ, nous avons l’assurance de vivre éternellement dans ces nouveaux cieux et cette nouvelle terre qui émergeront de cette destruction. Et alors, frères et sœurs, dans ce nouveau monde, peu importe notre prospérité actuelle, notre vie sera caractérisée par une joie, une paix, et une prospérité parfaites et éternelles. Voici les deux réalités dont nous devons nourrir notre âme afin qu’elle ne soit pas empoisonnée :

Cette vie glorieuse nous attend certainement, mais elle n’est pas de ce monde.

Voici deux versets pour, justement, donner une bonne nourriture à notre âme à ce sujet :

Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ : pour vous, il s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis.

2 Corinthiens 8,9

J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous.

Romains 8,18

Alors, que cette perspective puisse nous encourager à la fois à ne pas nous accrocher à nos biens terrestres, qui sont par définition voués à la destruction, et que nous puissions au contraire investir dans ce monde à venir, où la prospérité du plus humble dépassera de très loin celle des plus riches de ce monde. Et lorsque nous offrons notre argent pour la location d’un lieu de culte, pour le salaire d’un pasteur, l’achat de livres, le soutien de familles missionnaires, le soutient des plus démunis ; alors nous manifestons que nous croyons à cette réalité. Même la prospérité présente que Dieu peut nous accorder doit nous servir à préparer notre vie future au paradis, et non à chercher à vivre au paradis dans notre vie actuelle.

Soyez bénis en apportant vos offrandes à Dieu.

Illustration : An Arcadian Landscape, Ferdinand Knab, 1897.

Nathanaël Fis

Nathanaël est assistant pastoral à l'Eglise Bonne Nouvelle à Paris. Il est l'heureux époux de Nadia et père de Louis et Hugues. Il étudie la théologie à Thirdmill Institute.

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