Cette brève méditation fut partagée en ouverture de culte à l’Église Bonne Nouvelle. Elle visait à appeler l’assemblée à l’adoration, tout en préparant les cœurs à la prédication du jour, centrée sur Ézéchiel 5,15-17. Je publierai régulièrement ces exhortations dominicales, afin qu’elles contribuent, Dieu voulant, à votre édification en ce jour du Seigneur.

Notre Seigneur Jésus-Christ nous appelle à manifester notre amour pour lui en gardant ses commandements. En plus de notre profession de foi, nous sommes appelés à nous démarquer du monde par notre intégrité morale. Et s’il est clair pour la très grande majorité des chrétiens que cela implique, par exemple, de ne pas mentir, de ne pas voler, de ne pas commettre l’adultère ; il est peut-être moins évident que garder le sabbat du dimanche fait pleinement partie de cette intégrité morale chrétienne. Certains accordent, je ne sais trop sur quelle base, un statut différent à ce commandement qui constitue pourtant avec les neuf autres, la loi morale selon laquelle tout chrétien est appelé à conformer sa vie : les dix commandements.
Cela veut dire frères et sœurs que notre culte communautaire, ainsi que l’ensemble des activités que nous pratiquons le dimanche, sont un acte d’évangélisation ; notre société païenne, sécularisée, nous regarde, nous l’Église du Christ, garder ce jour du dimanche à part, afin de nous réunir pour adorer notre Dieu ensemble, pour nous bénir les uns les autres, et pour pratiquer des œuvres de bienfaisance. Au même titre que de ne pas mentir, de rester fidèle toute notre vie à notre conjoint, de ne pas calomnier notre prochain, et de n’adorer que le seul vrai Dieu ; respecter le jour du Seigneur nous démarque du monde, et témoigne de notre nouvelle identité en Christ.
C’est d’ailleurs probablement l’une des meilleures et plus courantes opportunités que nous avons au quotidien d’aborder le sujet de la foi avec notre entourage non chrétien. Qui de nous n’a jamais eu à répondre à cette question banale du lundi matin : « qu’as-tu fait ce week-end ? » Et combien de fois avons-nous trouvé une façon de ne pas répondre clairement « le dimanche, j’étais à l’Eglise évidemment ! », nous faisant manquer une belle opportunité d’évangélisation.
Le monde observe notre manière de vivre frères et sœurs. L’usage que nous faisons de notre temps est un révélateur très fiable des priorités de notre cœur, et notre emploi du temps sera donc souvent une façon simple et concrète de montrer aux non chrétiens que, contrairement à eux, Christ est véritablement notre priorité, notre joie suprême, et notre repos.
Avant de lire ensemble ces versets de la Parole, laissez-moi vous partager les convictions de plusieurs théologiens sur le fait que le respect du jour du repos par l’Eglise a un impact positif sur l’ensemble de la société.
Jean Calvin tout d’abord, dans son Institution de la religion chrétienne, souligne que le sabbat a aussi une vertu protectrice envers les travailleurs les plus humbles, et même envers les animaux :
« Le but du sabbat est de donner un temps au peuple pour se réunir à l’église, écouter la Parole, prier, et faire profession de sa foi. »
« […] Le sabbat est aussi une protection contre l’exploitation et le travail continuel des serviteurs, des pauvres et des bêtes. »
—
Jean CALVIN, Institution de la religion chrétienne, II.8.32
À la même époque, le manuel liturgique rédigé par l’assemblée de Westminster encourage les pasteurs à ne pas négliger l’impact que le respect du jour du repos par leurs fidèles aura sur la société :
« […] Les pasteurs exhorteront le peuple à sanctifier le jour du Seigneur, à s’éloigner des distractions mondaines et à faire en sorte que ce témoignage public attire le respect du monde. »
—
Assemblée de Westminster, The Directory for Public Worship (1645)
Plus récemment, voici ce qu’écrit James Bannerman dans L’Église du Christ en 1869 :
« La sanctification fidèle du sabbat chrétien est un des principaux moyens par lesquels l’Église exerce une influence sanctifiante sur la nation. »
—
James BANNERMAN, The Church of Christ, Vol. 1 (1869)
Et enfin, Herman Bavinck exprime une idée similaire dans sa Dogmatique réformée :
« Le dimanche chrétien est l’expression visible d’un peuple en marche vers le repos éternel, un signe eschatologique dans le temps. Il contribue à façonner la culture et l’ordre social. »
—
Herman BAVINCK, Dogmatique réformée, Vol. 4, §269
Alors frères et sœurs, soyons encouragés, évidemment par les bénédictions spirituelles généreuses que notre Dieu nous réserve chaque dimanche, mais aussi par le fait que notre simple respect de ce jour, tel qu’il nous l’a ordonné, est un acte puissant d’évangélisation dans ce monde gangrené par le rejet de Dieu et l’idolâtrie. Levons-nous pour lire Ésaïe 58,13-14 et prions pour remettre ce culte entre les mains de celui que nous sommes venus adorer.
« Si tu retiens ton pied pendant le sabbat, Pour ne pas faire ta volonté en mon saint jour, Si tu fais du sabbat tes délices, Pour sanctifier l’Éternel en le glorifiant, Et si tu l’honores en ne suivant point tes voies, En ne te livrant pas à tes penchants et à de vains discours, Alors tu mettras ton plaisir en l’Éternel, Et je te ferai monter sur les hauteurs du pays, Je te ferai jouir de l’héritage de Jacob, ton père ; Car la bouche de l’Éternel a parlé. »
—
Ésaïe 58,13-14.
Prière
Éternel notre Dieu, qu’il est triste de vivre dans un monde où les hommes que tu as créés ne consacrent pas une seconde de leur vie pour lever les yeux vers toi afin de contempler ta beauté. Ô combien les conséquences de notre péché sont grandes pour nous, et pour toute la création. Celle-ci soupire après ton retour qui verra sa restauration complète et définitive.
Par ta grâce, nous sommes les prémisses de cette restauration, individuellement en tant que tes enfants, mais plus encore lorsque nous nous rassemblons en tant que ton peuple, ta famille, le corps de ton Fils unique Jésus-Christ. Lorsque nous nous rassemblons le dimanche pour t’adorer, nous sommes ton témoignage aux yeux du monde que tes promesses sont certaines, que ta restauration de ta création a commencé, et que ton jugement approche. Merci, Ô roi juste et miséricordieux, d’avoir fait retomber le châtiment qui nous revenait sur ton Fils Jésus.
Saint-Esprit remplis nos cœurs de reconnaissance et de joie face à l’Evangile, et que chaque dimanche soit pour notre Eglise l’occasion de crier au monde que le jugement du Créateur approche inexorablement, mais que la main du sauveur Jésus-Christ restera gracieusement tendue jusqu’à ce jour qui pour nous, sera une clameur de délivrance et de victoire.

Illustration : Sunday Afternoon, Leonard John FULLER, 1920.





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