Peter J. Leithart du Theopolis Institute a publié il y a 5 ans une série de 36 vidéos très brèves (entre 1:50 et 4:39 minutes) consacrées au livre de l’Apocalypse. Peter J. Leithart est l’auteur d’un très beau commentaire sur l’Apocalypse en deux volumes dans lequel il développe une interprétation prétériste jusqu’au chapitre 19 avec d’excellents arguments à mes yeux. Je retranscris ici en français les vidéos 8 à 12 de cette série.
13. Les cavaliers de l’Apocalypse
Jean avait été informé qu’il allait voir des visions concernant des choses qui allaient se produire bientôt, des événements qui appartenaient à son avenir proche. Cependant, au début de l’Apocalypse, nous ne voyons pas des événements à venir pour Jean, mais des événements passés pour lui. Nous avons noté précédemment que le chapitre 5 de l’Apocalypse parle de l’Agneau apparaissant dans le ciel pour recevoir le livre et commencer à en ouvrir les sceaux. C’est une vision de l’ascension de Jésus. Jean a vu Jésus partir de la terre, et maintenant il le voit monter au ciel en tant qu’Agneau et entrer dans sa gloire depuis l’autre côté du firmament. Cela nous donne un point de repère fixe pour comprendre ce qui se passe dans les scènes suivantes de l’Apocalypse. Nous avons un événement auquel nous pouvons référer les autres : tout ce qui se passe dans le chapitre 6 de l’Apocalypse suit l’ascension de Jésus.
Jésus commence à ouvrir les sceaux, et les quatre cavaliers apparaissent. Ces cavaliers représentent des événements qui se produisent après l’ascension de Jésus. L’événement le plus évident qui suit l’ascension de Jésus est le don de l’Esprit. Je pense que c’est ce que représentent les quatre cavaliers. Alors que l’Agneau ouvre les sceaux dans le ciel, l’Esprit descend comme le cavalier monté sur le cheval qu’est l’Église. Yahvé avait dit à Israël qu’Israël était son destrier, et l’Église est maintenant le destrier de l’Esprit. Lorsque l’Esprit sort, les événements symbolisés par les chevaux se produisent sur la terre. Voici ces événements :
- L’Esprit monte un cheval blanc, qui symbolise la conquête, la victoire, et le message triomphal de l’Évangile.
- L’Esprit monte un cheval rouge, qui représente la division et le conflit. Le cavalier reçoit une épée, car l’Évangile crée des divisions parmi les hommes, comme Jésus l’a dit : il divise même les familles.
- Ensuite l’Esprit monte un cheval noir, qui symbolise une famine partielle. Le blé et l’orge sont diminués, mais l’huile et le vin sont préservés. Cela illustre que certaines choses sont appauvries, tandis que d’autres sont préservées, dans le contexte de la division provoquée par la prédication de l’Évangile. Certaines parties du monde s’appauvrissent, tandis que d’autres s’enrichissent en personnes et en ressources.
- Enfin, l’Esprit monte un cheval vert, qui représente la mort, la guerre, la famine et la peste. Lorsque ceux qui résistent à Christ continuent de le rejeter, un jugement final survient.
Ce que Jean voit dans cette vision est une image de ce qui se produit dans la période apostolique, telle que décrite dans le livre des Actes : l’Esprit descend, l’Évangile est proclamé, il y a une division, l’Église grandit, tandis qu’Israël se fragilise, et il y aura un jugement final qui s’ensuivra. Cela se produit chaque fois que l’Esprit monte le destrier qu’est l’Église. À chaque fois que l’Esprit sort, il apporte division, il provoque un déclin des ressources pour ceux qui résistent, il apporte mort et jugement, et par ce processus, le monde est transformé et devient le royaume du Seigneur.
14. Sous l’autel
L’Agneau ouvre le cinquième sceau du livre, et Jean voit une vision des âmes répandues sous l’autel. Cet autel est l’autel de bronze, une vision de l’autel de bronze situé dans le parvis du tabernacle ou du temple. C’est l’autel sur lequel les offrandes pour le péché étaient présentées, et où le sang de l’offrande était versé sur sa base, permettant à l’animal de s’élever en fumée dans la présence du Seigneur.
Les âmes sous l’autel sont les âmes des martyrs. La vie de la chair est dans le sang, l’âme de la chair est dans le sang. Ces martyrs ont versé leur sang, leur vie, à la base de l’autel. Mais ils ne sont pas encore montés au ciel ; ils crient encore depuis la base de l’autel pour demander vengeance. La vision que Jean contemple est à la fois une source d’assurance et une source de déception pour ces âmes sous l’autel :
- Leur assurance consiste en ce que chaque martyr reçoit la promesse d’une robe blanche. Cela signifie que chacun d’eux va monter, prendre place dans l’assemblée céleste, et rejoindre le chœur céleste. Nous voyons cela se réaliser plus tard dans le livre de l’Apocalypse.
- Leur déception réside dans le fait que cela ne va pas arriver tout de suite. Le Seigneur leur dit qu’il faut qu’il y ait encore d’autres martyrs avant qu’ils puissent monter au ciel.
Cela nous donne un indice sur l’identité de ces martyrs. Jésus parle de la vengeance des martyrs depuis Abel jusqu’à Zacharie, fils de Barachie. Tout ce sang versé sous l’ancienne alliance est mis au compte de Jérusalem, selon Jésus, à la fin de sa série de malédictions dans Matthieu 23. Les âmes à la base de l’autel sont donc les âmes des martyrs de l’Ancien Testament. Mais avant qu’elles ne puissent monter au ciel, il doit y avoir davantage de martyrs : les martyrs du Nouveau Testament doivent les rejoindre. Lorsque leur sang sera versé sur la base de l’autel, alors tous seront exaltés et tous seront vengés ensemble. À ce moment-là, ils porteront tous des robes blanches et rejoindront les armées célestes pour louer l’Agneau.
15. Les 144 000
Lorsque l’Agneau ouvre le sixième sceau du livre, le monde commence à s’effondrer. Il y a un grand tremblement de terre, et les cieux sont également ébranlés : La lune devient comme du sang. Le soleil devient noir, comme éclipsé. Les étoiles tombent du ciel. Le firmament est retiré. Toutes les personnes sur la terre cherchent un endroit pour se cacher, car elles ne veulent pas être exposées à la colère de l’Agneau. Maintenant que le firmament est enlevé, il n’y a plus rien pour les protéger de la colère de l’Agneau. Cela ressemble à la fin du monde. Et dans un certain sens, c’est la fin — la fin du monde de l’écoumène, le monde de l’empire, le monde de l’ordre post-exilique. Mais cette fin est interrompue : elle n’est pas encore consommée.
C’est l’un des nombreux endroits dans le livre de l’Apocalypse (et dans la Bible) où un découpage en chapitres est malheureux. Le sixième sceau ne se termine pas avec le chapitre 6 de l’Apocalypse. La vision du sixième sceau se poursuit au chapitre 7. Le monde est en train de s’effondrer, les vents sont sur le point de souffler sur la terre pour achever cette destruction. Mais un ange apparaît et ordonne aux anges aux quatre coins de la terre de retenir les vents. La fin n’arrivera finalement pas maintenant. Pourquoi ? Parce qu’il faut davantage de martyrs.
Un autre ange apparaît alors avec un sceau et marque sur le front 144 000 saints qui vont être martyrisés. Ces 144 000 sont issus des 12 tribus d’Israël, et il faut les comprendre littéralement : ce sont des martyrs juifs. Ce n’est pas encore la fin du monde, il ne va pas s’effondrer totalement avant que tous ces martyrs ne soient offerts. Ils sont marqués sur le front comme des prêtres, afin qu’ils puissent s’offrir eux-mêmes en sacrifice. Leur sacrifice et leur prêtrise ressemblent à ceux de Jésus. Jésus est à la fois prêtre et sacrifice, et les martyrs s’unissent à son sacrifice en s’offrant eux-mêmes. Ils sont les prêtres de leur propre sacrifice. Lorsque leur sacrifice sera accompli, lorsqu’ils seront récoltés, alors la fin viendra.
C’est une œuvre que le Seigneur accomplit. Il promet une vengeance pour son peuple, une rétribution pour leurs souffrances. Il élèvera son peuple, et ils monteront dans les lieux élevés. Mais parfois, le Seigneur impose d’abord des souffrances supplémentaires. Nous souhaitons la rétribution immédiatement, mais le Seigneur nous dit d’attendre, jusqu’à ce que tous les martyrs soient accomplis. Alors, tous les martyrs seront vengés ensemble.
16. Vous êtes des témoins
Les cinquième et sixième sceaux, ouverts dans le livre, inaugurent l’histoire des martyrs dans l’Apocalypse. Le livre de l’Apocalypse, parmi ses nombreux thèmes, est également une théologie du martyre. Et pour cette raison, il est pertinent pour chaque époque. Même si l’Apocalypse révèle des événements proches du moment de Jean, elle dévoile également des vérités intemporelles sur le martyre et le témoignage, des vérités qui sont vraies à chaque étape de l’histoire de l’Église, et qui le sont encore aujourd’hui. Beaucoup de chrétiens en Occident ne réalisent pas à quel point le martyre et la souffrance ont été omniprésents au cours du siècle dernier. Plus de martyrs sont morts pour Jésus-Christ au siècle dernier que dans n’importe quel autre siècle de l’histoire de l’Église. Nous vivons dans le grand âge du martyre. Et même aujourd’hui, à ce moment précis, des chrétiens sont en prison à cause de leur témoignage. Des pasteurs sont torturés à cause de leur témoignage. Partout dans le monde, des chrétiens subissent des formes variées de marginalisation et d’oppression à cause de leur foi en Christ : ils ne peuvent pas trouver d’emploi. Des foules les molestent et détruisent ou brûlent leurs lieux de culte. Des croyants sont tués.
Le message de l’Apocalypse est que le Seigneur fait attention à ceux qui témoignent fidèlement. Il n’ignore pas le sang de ses martyrs. Il entend leurs supplications et il leur rendra justice.
Pour ceux d’entre nous vivant dans un Occident confortable, l’Apocalypse a aussi un message. Nous ne souffrons pas comme nos frères et sœurs dans le monde, mais nous sommes soumis à diverses pressions, et nous avons aussi des occasions où nous pouvons témoigner. En grec, le mot pour « témoin » est martus, ou marturia. En d’autres termes, le mot grec pour « témoin » est le même que pour martyr. Si nous témoignons fidèlement malgré les pressions familiales, si nous témoignons fidèlement face à des pratiques commerciales corrompues au travail, si nous témoignons fidèlement au sein d’une Église infidèle, alors nous agissons en tant que martyrs, témoins audacieux de Jésus, tenant fermement sa parole face à l’opposition. Ce type de témoignage ne peut pas être vaincu. Le pire que quelqu’un puisse faire est de tuer des chrétiens. Mais lorsque les chrétiens sont tués, ils rejoignent les souffrances de Jésus, et leur sang devient le sang qui attire la colère de Dieu. Leur témoignage est indéfectible. Et ceux qui témoignent courageusement, qui agissent comme des martyrs courageux dans n’importe quelle circonstance, seront victorieux, car ils partagent les souffrances et la victoire de Jésus-Christ.
17. Des trompettes
L’Apocalypse est divisée en quatre visions, chacune marquée par l’expression en esprit. Dans la deuxième de ces visions, Jean, en esprit, monte au ciel, où il voit l’Agneau recevoir un livre et commencer à en ouvrir les sceaux. Beaucoup pensent qu’en ouvrant les sceaux, on découvre le contenu du livre, que l’ouverture des sceaux révèle ce qui est écrit dans le livre. Mais je pense que c’est une erreur. L’Apocalypse est un livre symbolique, plein de mystères, mais le mystère n’est pas l’absurde. Quand un livre est scellé, on ne peut pas en lire le contenu tant que tous les sceaux ne sont pas ouverts. Ainsi, dans les chapitres 6 et 7 de l’Apocalypse, nous ne découvrons pas encore le contenu du livre. Ce contenu est révélé plus tard dans le livre.
Je ne pense pas non plus que le contenu soit révélé avec le son des trompettes, comme beaucoup l’interprètent. Selon cette lecture, une fois que le livre est entièrement ouvert, les anges soufflent dans les trompettes pour proclamer le contenu du livre. Mais je pense que, dans la séquence de l’Apocalypse, les trompettes jouent un rôle différent : elles sont plus comme une fanfare attirant l’attention sur la lecture imminente du livre. Dans l’Apocalypse, c’est Jean lui-même qui va proclamer le contenu du livre, après l’avoir reçu, mangé, et alors il commence à prophétiser. Cela se produit dans les chapitres 10 et 11. C’est là que nous découvrons le véritable contenu du livre. Jusqu’à ce moment, nous voyons dans les sceaux et les trompettes seulement les préliminaires à la révélation des événements qui doivent bientôt arriver.
Les trompettes annoncent que le livre du royaume va bientôt être proclamé. Les trompettes appellent le peuple à se rassembler. Elles proclament que le roi est présent. Elles mobilisent les troupes pour le combat. Toutes ces significations des trompettes de l’Ancien Testament sont reprises dans l’Apocalypse. Dans l’intrigue de l’Apocalypse, les trompettes jouent le rôle d’une fanfare, semblable à un crieur public proclamant : « Écoutez bien, écoutez bien ! » Les trompettes attirent l’attention sur le fait que, bientôt, Jean va proclamer le contenu du livre que l’Agneau lui a donné.
18. Une décréation
Les martyrs jouent un rôle crucial dans l’intrigue de l’Apocalypse. Ils apparaissent d’abord au pied de l’autel, où ils crient à Dieu pour réclamer vengeance. Le Seigneur leur assure qu’ils seront vengés et élevés jusqu’à lui, mais qu’il faut d’abord qu’il y ait d’autres martyres. Les 144 000 du sixième sceau représentent ces martyrs supplémentaires. Dans la section des trompettes, ce que nous voyons est une préparation du monde pour leur sacrifice final — cet acte de martyre ultime qui mettra fin à l’attente et conduira à la vengeance de tous les martyrs, depuis Abel jusqu’à Zacharie, fils de Barachie, et tous les martyrs du Nouveau Testament. Ce qui se passe dans la section des trompettes est une version symbolique de ce qui se produit dans le livre des Actes. Dans Actes, les apôtres commencent à prêcher avec la puissance de l’Esprit. Beaucoup se convertissent. Une opposition croissante surgit contre cette prédication. Les dirigeants juifs deviennent de plus en plus violents dans leur réponse à l’Église. La section des trompettes dépeint un portrait symbolique de cette opposition croissante.
Nous voyons par exemple une montagne embrasée jetée dans la mer, et la mer est changée en sang, un fléau égyptien. Mais c’est aussi un signe de ce qui advient en Israël : Israël est cette montagne embrasée. Cette montagne embrasée est le mont Sinaï, ou le mont Sion (le mont Morija, où se trouve le temple). Jetée dans la mer des nations païennes, cette montagne provoque une réaction meurtrière des païens.
Nous voyons aussi une étoile tombée du ciel, appelée Absinthe. Cette étoile tombe dans les rivières et les sources, les empoisonnant. Ces sources d’eau représentent les synagogues et le temple, qui étaient censés apporter la vie à la terre. Désormais corrompues, elles apportent la mort au lieu de la vie. Ce que nous voyons dans la section des trompettes, c’est l’opposition croissante à l’Église que le livre des Actes rapporte d’une manière plus historique. Ce que nous voyons aussi ici, c’est la décréation du judaïsme. Les jugements des trompettes tombent sur la mer. Ils tombent sur la terre. Ils tombent sur les rivières. Ils tombent sur les étoiles, le soleil et la lune. Toutes les zones du cosmos sont jugées. Le monde subit une décréation, mais il ne s’agit pas d’une décréation de l’univers physique. Il s’agit d’une décréation du monde du judaïsme, alors qu’il s’élève contre l’Église. Ce monde est sur le point d’être démantelé pour permettre l’émergence d’un nouveau monde.
19. Un anti-temple
Les quatre premières trompettes de l’Apocalypse apportent des jugements sur les différentes zones de la création : les cieux, la terre et les mers. Elles suivent aussi approximativement la séquence des jours de la création. La deuxième trompette apporte un jugement sur la mer, correspondant au deuxième jour de la création, où les eaux sont séparées. La troisième trompette cible les eaux sur la terre, correspondant au troisième jour, où Dieu fait apparaître la terre et les eaux. La quatrième trompette frappe les corps célestes, correspondant au quatrième jour, où Dieu crée le soleil, la lune et les étoiles.
Lorsque nous arrivons à la cinquième trompette, nous trouvons une continuité avec le cinquième jour de la création, jour où Dieu crée les êtres grouillants. Lors de la cinquième trompette apparaissent des êtres grouillants, des sauterelles, qui émergent d’un puits. Une étoile tombe du ciel, appelée Abaddon ou Apollyon (le destructeur). Cette étoile ouvre un puits sans fond, un abysse, d’où s’élève une épaisse fumée. De cette fumée émergent des créatures composites, ressemblant à des sauterelles et à des scorpions. Cette fumée crée une sorte d’obscurité et il y a ici une combinaison de plusieurs plaies d’Égypte : la plaie des sauterelles et la plaie des ténèbres combinées… Et il y a ces créatures qui sortent de l’obscurité, et ces créatures qui sortent de la fumée sont des créatures composites : il s’agit de sauterelles et de scorpions à la fois — des « saute-corpions ». Ces créatures ont des visages humains, chevauchent des chevaux, ont des cheveux comme des femmes. Bref, ce sont des chérubins infernaux, des chérubins démoniaques.
Cette scène de la cinquième trompette représente un temple inversé. Le temple devait être une échelle vers le ciel, un lieu où Israël pouvait accéder à Dieu. Mais au début du premier siècle, avant les grands conflits que l’Apocalypse va révéler, le temple est devenu l’opposé de ce qu’il devait être. Au lieu d’être une échelle vers le ciel, il devient une échelle vers l’abîme. Satan occupe le temple, et de ce temple occupé par Satan, des hordes de démons jaillissent, causant la douleur, le chaos et la destruction à travers le pays. Cette vision symbolique reflète ce qui se passe dans le livre des Actes. Les autorités du temple, inspirées par Satan, envoient des troupes pour attaquer les apôtres et corrompre l’Église. Ces troupes, symbolisées par les « saute-corpions », intensifient le conflit entre l’Église et les autorités religieuses. Ce conflit atteint son paroxysme dans un grand affrontement au premier siècle : une lutte entre les martyrs et les hordes démoniaques inspirées par Satan.
20. Une cavalerie
Lorsque retentit la cinquième trompette, apparaît une horde d’anti-chérubins émergeant d’un anti-temple. Satan occupe désormais le temple, et au lieu d’être une source de vie et de protection angélique, le temple devient un foyer de démons. Ces démons se répandent dans le pays, faisant la guerre à l’Église.
Lorsque la sixième trompette retentit, une autre armée apparaît. Celle-ci est souvent comprise comme une autre horde démoniaque, un exemple supplémentaire que des puissances et principautés spirituelles sont en guerre dans le pays. Mais je pense que nous devrions voir cette deuxième armée qui apparaît avec la sixième trompette comme une armée angélique. Celle-ci est en effet dénombrée : cette armée compte 200 millions de membres. Dans la Bible, les choses dénombrées ou mesurées sont toujours saintes. Ce dénombrement indique que cette armée est composée de saints ou d’êtres célestes, des anges. De plus, les chevaux de cette cavalerie sont décrits comme « crachant le feu », tandis que les prophètes sont ceux qui crachent le feu. Cette image peut représenter la puissance du message de l’Évangile, proclamé par les apôtres sous la direction des puissances angéliques. Je pense donc que ce que nous voyons ici n’est pas une autre horde démoniaque, mais une armée angélique qui se dresse pour affronter la horde démoniaque sortie de l’abîme.
Ce que nous voyons dans cette section des trompettes, c’est l’inéluctabilité de la victoire de Jésus. Jésus a des légions d’anges qu’il peut mobiliser. Il y en a des centaines de millions, des myriades de myriades d’anges qu’il peut mobiliser pour combattre pour lui. L’Apocalypse dévoile la réalité spirituelle derrière les conflits de l’Église primitive. Ce que nous voyons, c’est une guerre spirituelle qui oppose les anges du ciel aux démons de l’abîme, avec les êtres humains jouant un rôle dans cette bataille : les judaïsants et les juifs opposés à l’Église d’un côté, et les apôtres de l’autre. Jésus sera victorieux et il vaincra les démons. Les martyrs, qui unissent leur vie et leur mort à Jésus, partageront aussi sa victoire. Ils seront vainqueurs. Les hordes démoniaques et la ville qui les soutient tomberont finalement.
Illustration de couverture : J. Martin, Le dernier homme, huile sur toile, 1849, Liverpool, Walker Art Gallery.




0 commentaires