Peut-on chanter un chant qui ne nous parle pas ?
14 juillet 2018

Récemment le dimanche matin, j’ai été confronté à une situation plutôt courante : le chant proposé à l’Église ne décrivait pas une situation que je vivais. Alors que j’aime chanter les Psaumes, il m’est arrivé plus d’une fois de me retrouver dans les paroles du psalmiste, mais aussi de chanter des expériences de vie qui me semblent lointaines ou qui, si je les ai connues par le passé, ne sont plus d’actualités.

Est-ce hypocrite de chanter un tel chant ? C’est une question qui peut nous venir en tête.

Aujourd’hui, je ne pense pas qu’il soit hypocrite de chanter un cantique ou un psaume qui ne nous parle pas sur le moment. La raison en est simple : le but du chant n’est pas uniquement d’exprimer nos affections du moment mais aussi (et surtout ?) d’imprimer les vérités bibliques pour nous aider à vivre tous les jours avec foi. Oui, je ne vis peut-être pas la détresse ou la joie du psalmiste, mais imprimer ses paroles en moi m’aidera à vivre les choses de la bonne manière quand je passerai éventuellement par cela. Ou alors, cela peut m’aider à lire différemment mes expériences passées. Ou encore, cela peut m’aider à encourager un frère ou une soeur en lui rappelant ces paroles quand il ou elle vivra une situation similaire.

Par ailleurs, il faut comprendre que le chant en Église n’est pas une affaire individuelle. Cela dépasse l’individu. Oui, les Psaumes partent d’expérience particulière comme le Psaume 51 qui part du péché et de la repentance de David, mais il s’élargit à la fin vers l’ensemble du peuple d’Israël. Ainsi, dans la diversité de nos chants, nous exprimons comme un corps la diversité des expériences que chaque membre individuel traverse et nous sommes édifiés l’un l’autre en voyant comment chacun traverse avec foi ces situations différentes, en étant uni à la même tête.

Enfin, le chant en Église nous parle aussi de l’expérience du peuple de Dieu par le passé, de la délivrance d’Israël hors d’Egypte, de la mort du Messie et nous sommes appelés à partager les expériences de nos pères en la foi, même si nous ne les connaissons pas directement. C’est une forme de compassion et de communion avec les chrétiens du passé.

Ainsi, en ayant en tête ces choses : le chant sert à imprimer les vérités bibliques, il est communautaire avant d’être individuel et nous relie avec l’Église dans tous les siècles, nous serons capables d’apprécier les chants qui décrivent des choses qui nous semblent lointaines sur le moment, mais qui sont proches soit parce que nous les vivrons, soit parce que d’autres membres du corps auquel nous participons. les ont vécu ou les vivent. En espérant que cela vous aide à chanter Dieu de tout votre coeur !

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à l'Université Catholique de Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas D'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leur petit Thomas.

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