Hymne du soir – Grégoire de Naziance
21 janvier 2020

Nous te bénissons maintenant,
ô mon Christ, Verbe de Dieu.
Lumière de la Lumière sans commencement,
dispensateur de l’Esprit.
Nous te bénissons, triple lumière
de la gloire indivise.
Tu as vaincu les ténèbres
et produit la lumière
afin de tout créer en elle.

Tu as donné consistance à la matière
en y façonnant le visage du monde
et la forme de sa beauté. Tu as éclairé l’esprit de l’homme
en lui donnant raison et sagesse.
Partout se retrouve
le reflet de la lumière éternelle,
pour que, dans la lumière,
l’homme découvre la splendeur
et tout entier devienne lumière.

Tu as éclairé le ciel
de lumières diaprées.
À la nuit et au jour
tu as commandé d’alterner en paix,
leur donnant comme règle
une fraternelle amitié.
La nuit met un terme aux labeurs de notre corps,
le jour nous éveille au travail,
aux affaires qui nous préoccupent.
Mais nous fuyons les ténèbres,
vers le Jour sans déclin nous nous hâtons,
vers le jour qui jamais ne connaîtra
la tristesse du crépuscule.

Accorde à mes paupières
un sommeil léger,
pour que ma voix ne reste pas longtemps muette.
Ta création veillera
pour psalmodier avec les anges.
Que mon sommeil toujours
soit habité de ta présence. (…)
Même séparé du corps,
l’esprit, ô Dieu, te chante :
Père et Fils
et Saint-Esprit.
À toi honneur, gloire et puissance,
dans les siècles des siècles,
Amen1.


  1. Poèmes dogmatiques, I, 32, PC 37, 511 A-514 A, selon O. Clément, Sources, p. 175-176 cité dans Spanneut, Michel, Les Pères de l’Eglise. 2 : Du IVe au VIIIe siècle, Paris : Desclée, 1998, p. 46-47.[]

Jean-Mikhaël Bargy

Étudiant en M. Litt au Davenant Institute, ingénieur de formation, pèlerin de la vérité et mari d’une graphiste exceptionnelle. Court après une connaissance toujours plus grande de son Sauveur et de la réalité dans laquelle il l’a placé.

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