Neuf méditations pour Noël — Luc 1
18 décembre 2020

Nous aimons mettre en lumière les trésors de l’histoire de l’Église. Quoi de plus lumineux que la période des fêtes pour vous faire découvrir le Festival des Neuf Leçons et Chants de Noël ? Cette célébration anglicane, conçue et organisée pour la première fois par Edward White Benson en 1880 réunit neuf leçons et chants de Noël qui retracent l’histoire du salut, de la chute de l’homme au mystère de l’Incarnation. Inauguré à la cathédrale de Truro en Angleterre, l’événement est reconduit tous les ans depuis lors.
L’histoire ne s’arrête pourtant pas là. À son retour de la grande guerre, l’aumônier du 
King’s College de Cambridge souhaita réchauffer les cœurs en calquant le culte de Noël traditionnel de l’école sur celui des fameuses leçons et chants de Benson. Dès la première année son succès fut immense, dix ans plus tard, il devenait un événement mondial lorsque la BBC commença à le diffuser sur ses programmes étrangers. Ce sont désormais des millions d’auditeurs qui écoutent ces leçons, composées de neuf lectures de la Bible entrecoupées de chants de Noël.

À travers une collaboration mêlant méditations des contributeurs et illustrations de Pauline Bargy, nous vous proposons de les découvrir, afin de méditer avec plus d’attention encore sur la naissance de notre sauveur, que ce soit pour votre édification personnelle (les raisons et les implications de la naissance du Messie font partie des sujets de méditation les plus glorieux pour le chrétien !), ou pour témoigner autour de vous de ce que nous devrions réellement célébrer à l’occasion de cette fête. Méditez, contemplez et surtout découvrez le vrai sens de Noël!

L’Annonciation, Pauline Bargy ; consulter les détails sur l’illustration.

Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. L’ange entra chez elle, et dit : Je te salue, toi à qui une grâce a été faite ; le Seigneur est avec toi. Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L’ange lui dit : Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin. Marie dit à l’ange : Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? L’ange lui répondit : Le Saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. Voici, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois. Car rien n’est impossible à Dieu. Marie dit : Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole ! Et l’ange la quitta.

Luc 1:26-38

L’Annonciation : Dans l’humble intimité de la plus glorieuse des nouvelles

Cette scène, communément appelée Annonciation, est à la fois majestueuse et très humble, à l’image du ministère terrestre de notre sauveur et Seigneur Jésus-Christ. Si la glorieuse humiliation du Christ commença dès son incarnation (Hébreux 2:7,9 ; Philippiens 2:5-11), l’annonce même de sa naissance revêt ses caractéristiques.

Une annonce majestueuse

Un prestigieux héraut

Peu de temps après avoir annoncé la naissance du prophète Jean-Baptiste à son futur père Zacharie, l’ange Gabriel est missionné par Dieu lui-même pour porter une nouvelle similaire à Marie. Par trois fois dans la Bible1, Gabriel est ainsi envoyé pour annoncer ou expliquer les paroles de Dieu aux hommes. Et lorsque cela arrive, nous savons qu’il s’agit d’un message de la plus haute importance, que Dieu adresse à des personnes qu’il a souverainement choisies pour jouer un rôle important dans ses plans. Et en effet, il s’agit sûrement ici de l’annonce la plus importante que Dieu ait pu confier à son ange.

Le Messie

Car cet enfant qui doit naître est tout à fait unique. Son destin est tracé et annoncé depuis bien longtemps par les prophètes dans les saintes Écritures. Avant même qu’un seul mot soit prononcé, celui qui connaît la Torah ne peut passer à côté de certains détails d’importance : l’ange s’adresse à une vierge, ce qui fut annoncé par le prophète Ésaïe (Ésaïe 7:14), vierge fiancée à un descendant de la maison de David, ce qui fut annoncé par le prophète Samuel (2 Samuel 7). Mais si un doute demeurait, l’identité de cet enfant nous est confirmée, et même précisée par Gabriel aux versets 32-33 :

Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n’aura point de fin.

Si vous avez lu les précédentes méditations pour Noël, vous savez que la révélation du Messie au cours de l’histoire du salut fut progressive, et qu’à chaque étape, une nouvelle facette glorieuse de sa personne et de ses œuvres était donnée par Dieu aux hommes, dans le cadre de son alliance de grâce.

Et ici, en quelques mots, l’ange Gabriel confirme que l’enfant que Marie mettra au monde est le Messie tant attendu, dont le nom, qui n’est pas laissé au choix de sa mère, est déjà fixé : Jésus, qui signifie « Dieu sauve ». Cet enfant sera le rédempteur du monde, celui qui écrasera la tête du serpent et qui en anéantira la puissance en détruisant le péché et finalement, la mort.

Le roi

Mais plus encore : le sauveur du monde sera également le descendant de David qui régnera sur le peuple de Dieu pour l’éternité, selon les promesses faites par Dieu au roi d’Israël via le prophète Samuel2. Il deviendra le sceptre qui ne s’éloignera jamais de la maison de Jacob, ainsi que le prophétisa ce dernier peu avant de mourir :

Le sceptre ne s’éloignera point de Juda, ni le bâton souverain d’entre ses pieds, jusqu’à ce que vienne le Schilo, et que les peuples lui obéissent. Il attache à la vigne son âne, et au meilleur cep le petit de son ânesse ; il lave dans le vin son vêtement, et dans le sang des raisins son manteau.

Genèse 49:10-11

Contemplez la majesté de cet enfant qui n’est pas encore né, mais dont le futur resplendit déjà d’une gloire incomparable : celle du sauveur du monde, le roi éternel d’une humanité et d’une création parfaitement renouvelées. Il sera la descendance de la femme qui écrasera la tête du serpent, la descendance d’Abraham en qui toutes les nations de la terre seront bénies, le descendant de David dont le trône sera éternel.

Le Fils de Dieu

Mais ce n’est pas tout ! Dans la suite de l’Annonciation se trouve un des dogmes fondamentaux, indissociable de la foi chrétienne, qui fut quelques années plus tard inscrit dans le symbole des apôtres3. Quelques mots qui précisent encore un peu plus la nature de cet enfant qui va naître : Cet enfant sera appelé Fils du très haut. Il ne sera pas seulement le fils de Joseph et Marie, il sera aussi, et avant tout, le Fils de l’Éternel lui-même. Le moment est venu pour Dieu le Fils, la seconde personne de la Trinité, de s’incarner avec humilité dans la chair d’un homme afin de sauver ses élus du jugement éternel, ainsi que le dit Paul en Galates 4 :

Mais, lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi, afin que nous reçussions l’adoption.

Galates 4 :4-5

Ce sauveur, ce roi qui va naître, porte en lui l’essence même de la divinité : il est le Fils de Dieu.

Conçu par le Saint-Esprit

Et Marie de s’étonner, avec raison, de ce que cet enfant puisse naître sans que son mariage avec Joseph ne soit consommé. Et c’est dans la réponse apportée par l’ange Gabriel que la prophétie prononcée par Dieu lui-même en Éden s’accomplit : cet enfant ne sera pas conçu par la semence d’un homme, mais par le Saint-Esprit. Ainsi, Il ne sera pas seulement vraiment homme par sa mère, mais il sera aussi vraiment Dieu, car conçu par le Saint-Esprit, la deuxième personne de la Trinité dans la chair d’un homme : vraiment Dieu et vraiment homme. C’est le mystère de l’Incarnation. Ne sont-ce pas là les prémisses de l’accomplissement du protévangile en Genèse 3:15 ? Le premier représentant d’une nouvelle humanité non corrompue par le péché ? La descendance de la femme qui, n’ayant pas hérité du péché originel transmis de génération en génération, sera capable d’accomplir et de restaurer ce que le premier Adam a détruit par sa chute ? C’est un second Adam qui sera conçu par le Saint-Esprit, le représentant d’une nouvelle humanité qui, à son image, sera sans péché.

Certains osent s’appeler chrétiens tout en remettant en question la conception unique et miraculeuse du Christ. Ceux-là ont dû passer à côté du verset 37. À l’image d’Isaac, fils de la promesse, par la naissance duquel Dieu fait resplendir sa fidélité et sa puissance, il en est de même avec Jésus-Christ, à un niveau infiniment plus élevé. À l’approche de Noël, puissions-nous recevoir ces paroles de notre Dieu de la même manière que Marie le fit, même (surtout !) lorsqu’elles dépassent (et non négligent) notre raison :

Marie dit : Je suis la servante du Seigneur; qu’il me soit fait selon ta parole! Et l’ange la quitta.

Luc 1:38

Une annonce humble

Après avoir contemplé la gloire de l’Annonciation, son humilité ne devrait en rien nous choquer, ou ternir la vision que nous avons du Christ, dont le ministère terrestre est marqué par cette humilité (Hébreux 2:7,9, Philippiens 2:5-11). Si nous devons apprécier la splendeur de la gloire divine, nous devons aussi apprécier, et imiter l’humilité dont notre Seigneur s’est revêtu afin de nous sauver.

Ainsi l’annonce de sa venue est certes faite par l’ange Gabriel, mais dans l’intimité de l’humble chambre d’une jeune vierge sans grande condition. Pas de « Oyez, oyez », pas de fête en grande pompe. C’est dans une famille humble d’une nation humble que le roi des rois grandira humblement comme tous les enfants de notre race. Lui, le créateur du monde et de tout ce qu’il contient, sera mis au monde et nourri au sein par sa mère. Quelle humilité ! Et quelle leçon pour nous qui sommes si prompts à nous faire valoir, alors que nous sommes si peu de choses face à l’Éternel.

Une annonce pleine d’espoir

Si Marie fut d’abord troublée par les paroles de l’ange, ce dernier s’empressa de la rassurer. C’est une merveilleuse nouvelle qu’il a à lui annoncer. C’est bien le Messie tant attendu, le sauveur des nations, le Fils de Dieu lui-même, qu’elle portera en son sein. Tout comme Noé et Abraham avant elle, Marie trouva grâce aux yeux de l’Éternel, et c’est elle qu’il choisit afin de franchir une nouvelle étape cruciale de l’histoire du salut : l’incarnation de Dieu le Fils, venu sur terre afin d’accomplir le grand salut dont il est l’auteur, et dont nous bénéficions par la foi.


  1. À Daniel afin de lui expliquer les visions qu’il a reçu, puis à Zacharie pour lui annoncer la naissance de Jean Baptiste, et enfin à Marie, pour lui annoncer la naissance de Jésus-Christ. Pour plus de détails, consulter ce lien.[]
  2. Lire 2 Samuel 7. Pour plus de précisions au sujet de l’alliance davidique, voir ce lien.[]
  3. Voir ce lien pour une présentation exhaustive des crédos du christianisme.[]

Nathanaël Fis

Nathanaël est ancien en formation à l'Eglise Bonne Nouvelle à Paris où il vit avec sa merveilleuse épouse Nadia. Il étudie la théologie au Birmingham Theological Seminary.

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