Sa naissance et la nôtre
8 janvier 2023

Cette prédication a été donnée (en polonais) dans l’Église réformée évangélique de Varsovie — Synode de Lituanie (pasteur Dariusz Bryćko), le dimanche 25 décembre dernier.


45C’est pourquoi il est écrit : Le premier homme, Adam, devint un être vivant. Le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant. 46Le spirituel n’est pas le premier, c’est ce qui est naturel ; ce qui est spirituel vient ensuite. 47Le premier homme tiré de la terre est terrestre. Le deuxième homme vient du ciel. 48Tel est le terrestre, tels sont aussi les terrestres ; et tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. 49Et de même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste. 50Ce que je dis, frères, c’est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et que la corruption n’hérite pas l’incorruptibilité.

1 Corinthiens 15,45-50.

12Mais à tous ceux qui l’ont reçue [la véritable lumière], elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom 13et qui sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. 14La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père.

Jean 1,12-14.

La fête de Noël, que nous célébrons aujourd’hui, est moins importante que Pâques. Le salut, c’est par la mort du fils de Dieu sur la croix que nous l’obtenons : son sacrifice pour le péché et sa résurrection des morts pour notre justification. Mais l’Incarnation est une étape capitale, cruciale, qui nous y conduira, et est déjà en elle-même une occasion de reconnaissance et de réjouissance. Demandons-nous en ce jour comment elle s’inscrit dans l’histoire du salut, de quelle manière la naissance de Jésus annonce et préfigure notre nouvelle naissance.

Adam et Christ

L’apôtre Paul met en parallèle Adam et Jésus-Christ ; c’est un motif fréquent sous sa plume, fondamental dans sa théologie. Dans notre extrait, Paul appelle Christ le deuxième ou le dernier homme, le deuxième ou le dernier Adam. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’Adam était plus qu’un simple individu. C’était quelqu’un avec qui Dieu avait conclu une alliance, une alliance qui obligeait aussi tous ses descendants. Adam est et demeure à jamais notre chef, le représentant de notre humanité. Les promesses qui lui ont été faites ne concernaient pas que lui ou sa famille proche, mais toute l’humanité ; et de même les malédictions qu’il a reçues nous poursuivent encore jusqu’à nos jours. C’est le principe qui est à la racine de ce qu’on appelle le péché originel. Pareillement, étant le second Adam, Jésus a le pouvoir et le droit de nous représenter ; ce qui veut dire que si nous sommes les descendants spirituels de Jésus, nous aurons part à ce qui lui a été promis. Nous hériterons, comme le dit Paul, ce qu’il a obtenu.

Les auteurs de Nouveau Testament pointent régulièrement en direction de ce parallèle. Dans le récit de l’Annonciation, quelques détails viennent nous rappeler subtilement les trois premiers chapitres de la Genèse, c’est-à-dire le récit de la Création (du monde et de l’homme) et de la chute. Nous y voyons le Saint-Esprit au-dessus de la surface des eaux, puis nous le voyons venir sur la vierge Marie, et la puissance du Très-Haut la couvre de son ombre. Nous voyons Dieu créer l’univers par sa volonté et sa parole, et nous voyons Marie demander qu’il lui soit fait selon sa parole. Dans le récit de la chute, comme dans l’Annonciation, c’est une femme qui a le premier rôle, et elle reçoit une mission, une demande d’un ange (de Satan, ange déchu, dans le premier cas, de l’archange Gabriel dans le second). Après la création d’Ève comme après la conception de Jésus, un homme se réveille : Adam prend Ève pour sa femme, et Joseph Marie. Adam et Joseph donnent un nom au nouvel être humain (Ève et Jésus, respectivement). Les deux hommes, Adam et Jésus-Christ, doivent être fidèles à Dieu dans le cadre de l’Alliance ; des bénédictions et des malédictions y sont attachées.

Bien sûr, il y a aussi des différences importantes : car si le deuxième Adam n’était en rien différent, en rien supérieur au premier, nous n’en aurions pas du tout besoin, et nous ne célébrerions d’ailleurs pas son anniversaire. La différence la plus visible, c’est peut-être le contraste entre la défaite d’Adam, qui avait voulu s’élever, se faire l’égal de Dieu, d’une part, et la victoire de Christ, qui a accepté de s’abaisser, de s’humilier, de se faire homme, d’autre part. Le premier Adam, en se détruisant lui-même, a ruiné l’image de Dieu en lui. Le dernier Adam, lui, en ressuscitant, a restauré l’image de Dieu ; il est lui-même par excellence l’image de Dieu (Colossiens 1,15). Nous voyons aussi une différence dans la manière dont la femme réagit à la visite de l’ange : Ève se laisse tenter, quand Marie fait un acte de foi.

Que l’Incarnation de Jésus soit comparée à la Genèse, à la Création et à la chute, voilà qui doit nous faire méditer sur la profondeur de notre péché. Il n’a fallu rien de moins qu’une nouvelle création (et même plusieurs, si l’on se souvient que le Déluge était déjà une sorte de nouvelle création, presque à partir de zéro). Le péché ruine tout, et il était particulièrement abondant… et pourtant la grâce de Dieu a surabondé !

Aujourd’hui, beaucoup de gens ont des difficultés à accepter une telle conception du monde et de l’histoire humaine. La théologie de l’Alliance va à contre-courant de notre individualisme. Ce qui était naturel à l’époque de Paul ne l’est plus aujourd’hui. Nous voudrions ne rien avoir à voir avec Adam, nous ne nous sentons à vrai dire pas concernés ; d’ailleurs, souvent nous ne croyons pas qu’il ait réellement existé. Nous rejetons volontiers l’idée du péché originel, et même quand nous l’acceptons du bout des lèvres, elle peut nous sembler tout de même assez injuste. Mais voici ce que nous devons comprendre : le péché venu d’Adam et le salut venu du Christ fonctionnent symétriquement. Pourquoi recevrions-nous le salut du Christ, et pas le péché d’Adam ? Si nous ne sommes que de purs individus, si Adam ne peut pas avoir été notre représentant, alors Christ non plus n’a aucune raison de l’être. Cela procède d’une seule et même logique. Celui qui veut devenir descendant de Jésus doit d’abord saisir qu’avant de croire en lui, il est ou il était un descendant d’Adam, compris dans son alliance, frappé par sa malédiction. Voilà notre premier enseignement.

La chair du Christ

Le deuxième enseignement, c’est de comprendre ce qu’est la chair du Christ, ce qu’en dit Paul. Qu’est-ce donc que le Christ ? Paul donne trois éléments de réponse. La chair du Christ, c’est une chair humaine ; c’est une chair vivifiante ; et c’est une chair immaculée. Elle est exactement telle qu’il fallait pour que nous fussions sauvés.

Paul commence par rappeler à ses lecteurs que le fils de Dieu s’est fait homme — ce que nous célébrons aujourd’hui à Noël. Il s’est fait un homme, et non un animal. Voilà pourquoi Paul écrit juste avant l’extrait que nous avons lu : Toute chair n’est pas la même chair ; mais autre est celle des hommes, autre la chair des animaux, autre la chair des oiseaux, autre celle des poissons. (1 Corinthiens 15,39) Pourquoi est-ce important ? Parce que cela signifie que le fils de Dieu a la même nature que nous. Et c’est uniquement pour cela qu’il est en mesure de racheter notre nature, de nous sauver. C’est un grand cadeau fait à l’humanité qu’il se soit incarné en un homme. Dieu aurait par exemple pu devenir un ange, l’ange est supérieur à l’homme, comme nous le dit le psaume 81. Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres ; mais autre est l’éclat des corps célestes, autre celui des corps terrestres, continue Paul. Mais Dieu a préféré assumer précisément notre nature ; il semble bien qu’il se soit résolu pour nous à revêtir une gloire un peu moindre. En ayant la même nature que nous, Jésus a aussi la même nature qu’Adam. Il est vraiment un nouvel, un second Adam. Pourquoi Paul écrit-il, en citant l’Écriture (Genèse 2,7), que le premier homme, Adam, devint un être vivant ? Cela peut nous sembler une évidence, mais ce ne l’était pas à l’époque. Le judaïsme de l’époque hellénistique avait déjà bien conscience de tout ce qu’Adam avait gâché, de son rôle de chef d’alliance pour l’humanité. Mais les philosophes juifs du temps, par exemple Philon d’Alexandrie, cherchaient leur secours dans une sorte d’Adam idéel, désincarné, un archétype platonicien d’être humain, abstrait. Philon distinguait ainsi deux Adams, un Adam idéel, céleste (οὐράνιος ἄνθρωπος), l’archétype de l’homme à l’image de Dieu, et un autre, l’Adam réel, l’Adam terrestre (γήϊνος ἄνθρωπος).

Paul s’oppose fermement à cette doctrine, parce que la Parole enseigne le contraire. Il n’y a pas d’Adam idéel, archétypique. Paul est un philosophe réaliste et enseigne, un peu à la manière scolastique : Le spirituel n’est pas le premier, c’est ce qui est naturel ; ce qui est spirituel vient ensuite. Paul nous renvoie à nos commencements modestes, terrestres : l’homme est sorti de la poussière ; nous sommes de manière définitive et irrévocable des créatures, nous ne sommes aucunement des émanations de Dieu, de l’essence divine, nous ne venons pas de quelque être humain idéal que ce soit, du monde des esprits. Seul le Christ est celui qui vient du ciel. Seul lui peut prétendre être un Adam idéal, quoiqu’il ait aussi pris notre nature.

Bien sûr, aujourd’hui nous ne trouverons plus représentées les vues philosophiques de Philon. Mais elles ont des équivalents contemporains : la théologie féministe, ou théologie du genre, voudraient voir en Adam un être encore sexuellement indifférencié, une personne un peu plus primordiale, un peu plus abstraite. Le point de vue évolutionniste fait d’Adam et d’Ève des personnages mythologiques plutôt que nos ancêtres directs. Les raisons sont bien sûr différentes. Mais tout cela a quelque chose de commun : on cherche sans cesse à prendre ses distances d’Adam, à mettre à distance de nous son péché. Nous ne voulons pas accepter notre état, notre filiation. Mais nous ne devons pas regarder vers le passé (par exemple, vers un passé idéalisé, qui serait encore plus ancien que celui d’Adam). Le salut ne vient pas d’Adam ; il n’y a pas d’éternel retour. Portons donc plutôt nos regards vers l’avenir, vers la venue du second Adam. Ne nous lamentons pas de notre chair, mais efforçons-nous de vivre selon l’Esprit.

La chair du Christ, en effet, n’est pas seulement vivante, mais aussi vivifiante. Le Christ a été conçu du Saint-Esprit. Nous, nous avons la vie, mais lui, il est la vie. Il est la source de la vie, et peut pour cela la donner aux autres. Il est Dieu (car c’est Dieu qui est la vie !) et homme en une seule personne ; en polonais, le nom même de Noël, Boże Narodzenie [La naissance de Dieu] nous le fait bien comprendre. Il y a une grande différence entre la vision chrétienne de la mort et de la résurrection, et les autres conceptions sur ce thème ; elle réside en ce qu’il ne s’agit pas pour nous de nous arracher à notre condition charnelle, mais de rencontrer, par l’Esprit, celui qui est venu du ciel, qui a une chair spirituelle et qui se rend accessible sur terre : Jésus-Christ. Ce qui est naturel, charnel est appelé à durer, car il est premier. Mais nous recevons aussi la marque de l’Esprit. L’Esprit croît en nous, et le fardeau de notre chair, les difficultés de la chair vont en diminuant. Ce qui est spirituel ne vient pas de notre esprit humain, mais de l’Esprit saint (qui peut être sur nous, et dont les chrétiens ont été oints au jour de la Pentecôte). C’est pourquoi nous disons de l’Esprit saint aussi qu’il est vivifiant. Nous donner la vie, nous sanctifier, c’est un procès qui prend du temps. Nous sommes en présence de deux forces en même temps, qui continuent chacune à agir. Les corinthiens, tout chrétiens qu’ils étaient, n’en demeurent pas moins des hommes, et sont donc faillibles, infirmes. Ils sont à la ressemblance de celui qui a été formé de la poussière, ils ne sont pas encore le peuple de l’Esprit saint, un peuple sans tache. L’Église d’ici-bas est une réalité mixte, elle n’est pas un corps pur. Et nous ne le constatons malheureusement que trop souvent. Le Christ, avant même d’avoir commencé la période la plus active de son ministère terrestre, offensait déjà, divisait déjà les gens, les rois, les prêtres, etc.

Pas question donc de se séparer totalement de la chair. Jésus n’est pas né sans chair, mais sans péché. Ce qui est nécessaire, c’est que le péché laisse place à la sainteté, que la chair soit sanctifiée : c’est ce que le Saint-Esprit opère en nous et qu’il parfera à la résurrection. Lorsque nous aurons été rendus saints et purs, alors nous verrons Dieu face à face. Nous serons libérés de la corruption qui, depuis la chute, semblait irrémédiablement attachée à notre condition et à notre nature humaine, ce qu’on constate le plus clairement à l’heure de la mort (car la mort, c’est la dissolution de la chair, la séparation de ce qui ne devait pas l’être, de l’âme et du corps). Oui, c’est un grand mystère que de considérer que c’est précisément ce pour quoi Dieu, l’incorruptible, l’immaculé par excellence, est venu sur terre. Mais c’est précisément ce dont il a fait l’expérience sur la croix et dans le tombeau. Et voici que nous obtenons, paradoxalement, l’incorruptibilité à la suite de Jésus, par sa mort et sa résurrection. Dans la suite de sa correspondance avec l’Église de Corinthe, Paul écrira : Car tandis que nous sommes dans cette tente, nous gémissons, accablés, parce que nous voulons, non pas nous dévêtir, mais nous revêtir, afin que ce qui est mortel soit absorbé par la vie. (2 Corinthiens 5,4) Nous jouirons d’une paix absolue après la résurrection : paix avec Dieu, paix avec nos ennemis extérieurs, mais aussi absence de tout conflit en nous-mêmes, par exemple entre l’âme et le corps. Plus aucune écharde dans la chair.

Une nouvelle naissance pour l’humanité

Un troisième et dernier enseignement : que dit cette naissance, celle de Jésus, sur la nôtre, notre naissance de l’Esprit ? Le dernier Adam, nous l’avons dit, est venu au monde à Noël, mais Marie connaissait son existence depuis neuf mois déjà. Le signe de sa venue, c’est sa conception et sa naissance d’une vierge. Le rôle de l’Esprit saint dans sa naissance d’une vierge fut de conserver la sainteté, l’incorruptibilité de celui qui naissait. Ce fut quelque chose de sans précédent, de totalement nouveau, qui différait même des grossesses tardives et miraculeuses des femmes de l’Ancien Testament (et d’Élisabeth, six mois avant Jésus, dans le Nouveau Testament), qui en servirent d’ombres et figures. C’est ainsi que le fils de Dieu put assumer notre nature humaine, qu’il reçut de Marie, sans recevoir pour autant le péché. Jésus n’est pas une nouvelle créature ex nihilo, il n’a pas une nouvelle nature, et c’est pour cela qu’il peut nous sauver ; mais cette nature humaine devait « seulement » être sanctifiée par l’action de l’Esprit saint. Sans cela, le Λόγος divin n’aurait pas même pu la revêtir authentiquement. De nos jours, on a parfois tendance à penser que la conception virginale diminue l’humanité de Jésus, fait de lui quelqu’un de différent de nous ; en réalité, c’était la condition de l’humanité véritable du Fils. Les deux natures du Christ, humaine et divine, réunies dans une seule et même personne, garantissent tant la réalité de son union avec nous, dans notre humanité véritable, que sa liberté par rapport au péché et à la malédiction d’Adam. Ainsi, il n’est pas seulement un deuxième Adam : il est le meilleur Adam qui ait jamais existé sur terre. Le théologien réformé écossais Sinclair Ferguson écrit à ce propos :

Puisque sa personne n’est pas de l’espèce adamique, il n’a pas part à la culpabilité et à la condamnation d’Adam (Rm 5,12-14). Puisqu’il a revêtu la nature humaine par l’Esprit, qui a sanctifié cette union dès le moment de sa conception, il a été l’un d’entre nous et a été capable de porter la culpabilité des autres, tout en étant personnellement innocent. Si son origine avait été « terrestre », il aurait eu part à la culpabilité et à la condamnation de « l’homme terrestre » (1 Co 15,48).

L’Esprit saint, Charols : Excelsis, 2020², p. 44.

Le Christ est donc par excellence cet homme céleste, cet homme qui est sur terre sans être terrestre, cet homme qui est dans le monde sans être du monde. C’est aussi la destinée du chrétien (Jean 15,19).

Avec un tel Messie, avec un tel homme-Dieu, voici la promesse qui nous est faite : quoique nous appartenions à Adam par la chair, celui qui vient du ciel nous rend tels qu’il est : tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. Voilà la plus grande promesse de l’Évangile : grâce à lui, par la foi en lui, nous deviendrons semblables à lui. Notre état de créature ne nous empêche pas de nous élever au-dessus de notre faible chair, pour avoir part à la vie de l’Esprit. La chair ne sera plus un obstacle, mais nous participerons au grand concert de louange dans les cieux. Nous appartiendrons, corps et âme, et nous appartenons déjà aujourd’hui par la foi, à Jésus notre Sauveur, comme l’enseigne le Catéchisme de Heidelberg2. Cela concerne notre personne entière. Christ sera notre identité, notre carte de visite. Comme l’écrit Paul dans une autre de ses lettres, nous serons ressuscités avec Christ (Colossiens 3,1). Prêtons attention aux mots : nous ne serons pas ressuscités après Christ, mais avec lui. Notre vie sera comme cachée avec le Christ en Dieu (Colossiens 3,3). Christ sera notre vie (Philippiens 1,21). Parce que Dieu a pris part à notre nature, nous serons à notre tour participants de la nature divine, comme l’écrit un autre apôtre (2 Pierre 1,4).

La naissance du fils de Dieu est donc la préfiguration, l’image de notre propre renaissance. L’apôtre Jean, dans le prologue de son Évangile, écrit des mots qui nous sont bien connus : le Fils, la lumière de ce monde, a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom et qui sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. Notre nouvelle naissance est le fait exclusif de la volonté de Dieu, comme le fut la naissance de Jésus. Jésus n’est pas né du sang, et aucun homme n’a participé à sa naissance ; de même, notre nouvelle naissance sera exclusivement une naissance d’en haut, de l’Esprit. La naissance virginale n’est donc pas qu’une formule magique pour que le fils de Dieu soit libéré du péché en s’incarnant : elle nous dit aussi quelque chose d’important, de vital sur notre propre naissance. La chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et la corruption n’hérite pas l’incorruptibilité. Que Dieu nous donne de nous souvenir aussi de cela en ce temps de fête.

Amen.


Illustration : fresque de la chapelle de la Sainte-Trinité (détail), XVe siècle, Lublin (Pologne).

  1. À condition de suivre la tradition de la Septante en traduisant מְּ֭עַט מֵאֱלֹהִ֑ים par de peu inférieur aux anges. Remarquons que c’est ainsi que l’épître aux Hébreux traduit ce psaume lorsqu’elle le cite (βραχύ τι παρ’ἀγγέλους, Hébreux 2,7).[]
  2. Question n°1.[]

Arthur Laisis

Linguiste, professeur de lettres, étudiant en théologie à la faculté Jean Calvin et lecteur dans les Églises réformées évangéliques de Lituanie. Principaux centres d'intérêts : ecclésiologie, christologie, histoire de la Réforme en Europe continentale. Responsable de la relecture des articles du site.

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