Cette brève méditation fut partagée en ouverture de culte à l’Église Bonne Nouvelle. Elle visait à appeler l’assemblée à l’adoration, tout en préparant les cœurs à la prédication du jour, centrée sur Ézéchiel 6,1-7. Je publierai régulièrement ces exhortations dominicales, afin qu’elles contribuent, Dieu voulant, à votre édification en ce jour du Seigneur.

La montagne de l’Éternel
Laissez-moi vous poser une question qui vous surprendra peut-être : quel est d’après-vous le sport le plus spirituel ? La réponse est : l’alpinisme. Et pour bien vous garder dans la circonspection, laissez-moi ajouter que nous pratiquons tous ce sport le dimanche matin en venant au culte. En effet, chaque dimanche, notre Dieu nous appelle à venir l’adorer en haut de sa montagne sainte.
Ce thème de la montagne est un sujet de théologie biblique absolument passionnant, fondamental, central, et récurrent dans la Bible, de Genèse, en passant par Exode, les prophètes, les Évangiles, pour finir en Apocalypse.
L’histoire de l’humanité commence dans le jardin d’Éden, sur « le saint mont de Dieu » comme le nomme le prophète Ézéchiel (Ez 28,13-14). Ce temple, constitué d’un jardin au sommet de cette montagne primordiale, était un lieu privilégié où Dieu résidait en communion parfaite avec l’Homme, et d’où l’eau jaillissait vers les nations. Un lieu de présence divine, d’autorité, et de bénédiction pour toute l’humanité.
Puis, après la chute, c’est sur le mont Sinaï, que Dieu descendit dans le feu, le tonnerre et les éclairs, et donna sa loi à la nation Israël. C’était un lieu de terreur sacrée, mais aussi de révélation et de rencontre, notamment entre Dieu et Moïse.
Par la suite, de nombreux prophètes tels que Ésaïe, Michée, Ézéchiel ou Habacuc reprennent cette image des montagnes, monts ou collines pour décrire soit de manière littérale les hauts lieux où d’idolâtrie était pratiquée, soit pour désigner, de manière allégorique, les royaumes arrogants qui s’élèvent contre Dieu.
Mais le prophète Ésaïe proclame qu’au milieu de toutes ces collines :
la montagne de la maison de l’Éternel Sera fondée sur le sommet des montagnes, Qu’elle s’élèvera par-dessus les collines, Et que toutes les nations y afflueront.
Ésaïe 2,2
Les Évangiles nous apprennent que c’est sur un mont, le mont Golgotha, aussi appelé mont du calvaire, que notre Seigneur Jésus-Christ accomplit l’alliance, en écrasant le péché et en établissant son royaume éternel. C’est sur cette montagne, à la fois de jugement et de triomphe, que Dieu scella, par l’humiliation volontaire de son Fils, sa victoire définitive sur Satan, le péché, et la mort.
Hébreux 12,22 affirme que les croyants n’approchent plus du Sinaï, mais de la montagne de Sion, la ville du Dieu vivant, prémices de la nouvelle Jérusalem.
Et c’est pour finir en Apocalypse 21,10 que l’apôtre Jean est transporté sur une haute montagne pour contempler la Jérusalem céleste, épousant pleinement la présence de Dieu. Cette montagne eschatologique, éternelle est l’achèvement de l’histoire biblique : Dieu demeure enfin avec les siens, au sommet de toute la création.
Toute l’Écriture témoigne, frères et sœurs, de la victoire de la montagne de l’Éternel sur toute autre colline orgueilleuse et idolâtre : Elle est la plus élevée, et le lieu de la présence de Dieu, elle est le lieu de notre salut, et elle est la finalité de l’histoire de la rédemption.
Alors chère assemblée, préparons-nous à gravir cette montagne. Notre péché nous a expulsés du mont Éden, la loi du mont Sinaï nous condamne d’autant plus, ainsi que les monts d’idolâtrie que nous élevons dans nos cœurs ; mais notre Sauveur Jésus-Christ a inversé notre malédiction sur le mont du calvaire, afin que nous puissions ce matin encore, gravir la sainte montagne de Dieu à sa suite.
Lisons quelques versets de la Parole pour préparer nos esprits et nos cœurs à cette rencontre avec Dieu sur sa montagne, en terminant par le Psaume 99,9 que vous avez devant vos yeux.
Elle est belle, la colline, joie de toute la terre, la montagne de Sion… Dieu, dans ses palais, est connu pour une haute retraite.
Ps 48,2-3
Éternel, qui séjournera dans ta tente ? Qui demeurera sur ta montagne sainte ?
Ps 15,1
Je les amènerai sur ma montagne sainte, et je les réjouirai dans ma maison de prière… car ma maison sera appelée une maison de prière pour tous les peuples.
Es 56,6-7
Il arrivera, dans la suite des temps, Que la montagne de la maison de l’Éternel sera fondée sur le sommet des montagnes… Des peuples s’y rendront en foule… Venez, et montons à la montagne de l’Éternel… Il nous enseignera ses voies, Et nous marcherons dans ses sentiers.
Es 2,2-3
Exaltez l’Éternel, notre Dieu, et prosternez-vous sur sa montagne sainte ! Car il est saint, l’Éternel, notre Dieu.
Psaumes 99,9
Prière
Éternel, notre Dieu, quelle grâce tu nous accordes ce matin de pouvoir gravir ta sainte montagne, sur laquelle aucune créature souillée par le péché ne peut poser le pied.
Chaque pas que nous osons faire dans cette glorieuse ascension, nous le faisons dans l’empreinte des pieds percés de notre Sauveur Jésus-Christ. Lui, notre grand prêtre, nous précède en purifiant nos pas, nos mots, nos regards, nos pensées, nos affections, nos chants, nos prières.
Qu’elle est belle, cette montagne élevée au-dessus de toutes les autres, où la gloire de ta justice, de ta miséricorde et de ta grâce resplendit aux yeux des nations ! Père éternel, ne nous laisse pas redescendre de cette montagne ce matin sans avoir pu contempler cette gloire. Le temps d’y dresser notre tente n’est pas encore venu, mais la maison dans laquelle nous y résiderons éternellement nous attend, car tu nous la prépares, conformément à tes promesses.
Éternel des armées, bénis ce culte que nous te rendons au sommet de ta montagne, au nom de ton Fils Jésus-Christ et en sa présence. Amen.

Illustration : Convent of St. Catherine with Mount Horeb, David Roberts, 1839


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