« Péchez hardiment ! » – Martin Luther
8 août 2025

Dans une lettre adressée à son ami Philip Mélanchton, Martin Luther a fameusement écrit : 

Soyez un pécheur et péchez hardiment, mais croyez et réjouissez-vous dans le Christ encore plus hardiment, car il est victorieux sur le péché, la mort et le monde1

Plus emphatiquement encore, il ajoute dans la même lettre :

Aucun péché ne peut nous séparer de l’Agneau (Romains 8,38), même si nous nous engagions à la fornication et assassinons des millions de fois par jour.

Un langage emphatique et hyperbolique

Certains auteurs catholiques, feignant de ne pas saisir la nature évidemment hyperbolique du propos (peut-on vraiment forniquer et tuer des millions de fois par jour ?!), ont voulu en déduire une doctrine : Luther enseignerait qu’un chrétien peut sans difficulté continuer à pécher. C’est ce qu’affirme notamment l’abbé Jean-Michel Gleize dans un récent ouvrage, où il produit cette citation de façon tronquée sans l’indiquer à son lecteur2. Le chanoine Pasquier, quant à lui, pousse le ridicule jusqu’à faire une analyse « fine » de la grammaire latine du propos de Luther3. Autant faire une analyse au microscope d’un dessin d’enfants !

Le propre d’un langage hyperbolique est en effet de dire des choses qui, considérées littéralement, sont fausses mais qui permettent par la force excessive du langage de rendre plus saisissante une chose qui, elle, est vraie. Si le langage hyperbolique ne convient pas à propos technique et finement mesuré, il est tout à fait approprié selon les contextes. Ici, il s’agit d’un échange privé entre Luther et un bon ami à lui, docteur en théologie et tout à fait apte à comprendre la nature hyperbolique du propos. Comme le dit James Swan :

Luther était enclin à de fortes hyperboles. C’est son style, et cette déclaration en est un parfait exemple. Luther n’écrit pas de théologie analytique. Il écrit des sentiments profonds et verbeux qui poussent à une réflexion approfondie4.

Ainsi, Norbert Weiss, directeur du Bulletin du protestantisme français au début du siècle dernier, relève tout à fait à propos : 

Pour quiconque lit ces paroles sans prévention, Luther veut dire : quand même tu serais un très grand pécheur, et que, par impossible, tu aurais commis en un jour mille paillardises ou meurtres, la grâce de Dieu en Jésus-Christ, agneau sans tache, offert pour notre rédemption, est encore plus grande5.

C’était peut-être de sa part présumer un sens littéraire trop aiguisé pour le chanoine Pasquier et l’abbé Gleize ! Fort heureusement, d’autres auteurs catholiques sont plus avisés, ou plus honnêtes. Ainsi l’érudit catholique Jared Wicks commente :

Il faut être attentif aux envolées rhétoriques de Luther et faire preuve de discernement en distinguant la substance de son message des extrêmes linguistiques avec lesquels il a parfois fait valoir ses arguments6.

Le luthérien W.H.T. Dau s’amuse ainsi de l’absurdité de la lecture proposée par les détracteurs de Luther :

Qu’est-ce qui a poussé Luther à écrire ces mots ? Mélanchthon envisageait-il un crime qu’il était trop timide pour commettre ? D’après les expressions horrifiées des catholiques, telle devait être la situation. Luther, selon eux, dit à Mélanchthon : Philippe, tu es un simplet. Pourquoi te méfier d’un péché ? Tu es prisonnier d’une morale très étroite. Tu dois t’en débarrasser. Aie le courage d’être méchant. Fais de toi un héros en commettant une iniquité audacieuse. Sois un « Übermensch ». Pèche avec une insouciance effrontée ; sois fornicateur, meurtrier, menteur, voleur, défie toute loi morale – seulement, n’oublie pas de croire au Seigneur Jésus-Christ. Sa grâce est destinée, non pas aux pécheurs hésitants et lâches, mais aux criminels audacieux, fougueux et nobles… Le lecteur peut-il se persuader que Luther a conseillé à Mélanchthon de faire ce qu’il savait lui-même être une impossibilité morale pour lui-même en raison de sa relation avec Dieu ?… Quel péché courageux Mélanchthon a-t-il réellement commis après avoir été ainsi conseillé par Luther7 ?

Des exemples bibliques de propos sarcastiques ou hyperboliques

Cette intensité dans le verbe dans laquelle Luther excellait n’est pas toutefois une spécificité luthérienne. Le texte sacré de la Bible lui-même emploie des figures de style qui, si elles sont prises littéralement, enseigneraient des choses scandaleuses.

Apocalypse 22,11a déclare par exemple :

Que celui qui est injuste soit encore injuste, que celui qui est souillé se souille encore.

Ne pourrait-on pas conclure, à la façon de nos exégètes papistes, qu’Apocalypse enseigne positivement que l’on doit persévérer dans le péché ?

Le prophète Amos au chapitre 4,4a déclare encore :

Allez à Béthel, et péchez ! Allez à Guilgal, et péchez davantage !

Béthel et Guilgal étaient des lieux de prostitution spirituelle, d’idolâtrie, et le prophète exhorte ici le peuple à se livrer à l’idolâtrie. Bien entendu, son propos est sarcastique et doit être entendu comme un reproche. Il serait absurde, comme le fait le chanoine Pasquier avec le texte de Luther, de se livrer à une analyse fine de la grammaire hébraïque et de relever qu’il s’agit d’un verbe à l’impératif masculin pluriel.

Que signifie cette hyperbole ?

Que voulait donc dire Luther par cette hyperbole ? Comme l’a relevé Weiss que nous citions, il s’agit d’établir une comparaison entre nos péchés, même les pires, et l’abondance de la grâce de Dieu. Comme dit l’apôtre Paul en Romains 5,20 : « Or, la loi est intervenue pour que l’offense abondât, mais là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. » Là encore, il ne faut pas rater la figure de style. Il ne s’agit pas de dire que la finalité de la loi était de faire abonder le péché. Paul souligne ici que la loi, en raison de notre péché, a produit en réaction une foule d’offenses, mais que ces offenses ont été dépassées par la grâce. Comme le dit le Psautier de Genève, selon la version de Gonin, au Psaume 6 :

Combien grande est ma faute !
Mais ta grâce est plus haute.

Ainsi, James Swan explique :

La première chose à comprendre est que cette phrase est une comparaison. L’objectif de Luther n’est pas de pousser à commettre chaque jour de multiples péchés le cœur léger, mais plutôt de croire et de se réjouir en Christ avec encore plus d’audace, malgré le péché dans nos vies. Les chrétiens ont un véritable Sauveur. Aucun péché n’est trop grand pour être expié par un Sauveur parfait dont la justice est imputée au pécheur qui tend la main avec foi. Mais alors, quelle est l’application pratique du péché « audacieux » ? Quel est le cœur de cette comparaison4 ?

Pour répondre à cette question Swan produit un autre texte de Luther qui y répond.

Armons donc nos cœurs de ces déclarations et d’autres semblables de l’Écriture, afin que, lorsque le diable nous accuse en disant : « Tu es un pécheur ; donc tu es damné », nous puissions répondre : « Le fait même que tu dises que je suis un pécheur me donne envie d’être juste et sauvé. » Non, tu seras damné, dit le diable. Certainement pas, réponds-je, car je me réfugie en Christ, qui s’est donné pour mes péchés. C’est pourquoi tu n’arriveras à rien, Satan, en essayant de m’effrayer en me présentant la grandeur de mes péchés et en me séduisant ainsi dans la tristesse, le doute, le désespoir, la haine, le mépris et le blasphème contre Dieu. En effet, en m’appelant pécheur, tu me fournis des armes contre toi-même afin que je puisse te tuer et te détruire avec ta propre épée ; car Christ est mort pour les pécheurs. De plus, tu me proclames toi-même la gloire de Dieu ; tu me rappelles l’amour paternel de Dieu pour moi, pécheur misérable et perdu ; Car il a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils (Jean 3:16). De même, chaque fois que tu me révèles que je suis pécheur, tu ravives en moi la bénédiction du Christ, mon Rédempteur, sur les épaules duquel, et non sur les miennes, reposent tous mes péchés ; car « l’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous » et « il a été frappé à cause des transgressions de son peuple » (Isaïe 53:6-8). Ainsi, lorsque tu me révèles que je suis pécheur, tu ne me terrifies pas ; tu me réconfortes au-delà de toute mesure8.

Luther, par cette hyperbole, encourageait à ne pas désespérer de ses péchés, aussi grands soient-ils. Voilà pourquoi, immédiatement après la citation produit en en-tête de cet article, il déclare à son ami : 

Pensez-vous que le prix payé pour la rédemption de nos péchés par un si grand Agneau soit trop petit ? Priez avec audace : vous aussi, vous êtes un grand pécheur.

L’enseignement de Luther sur les œuvres bonnes

Le sens de cet hyperbole étant exposé, il convient de déterminer ce que Luther enseignait sur les œuvres bonnes.

Pour avoir une idée exacte de l’enseignement de Luther sur les œuvres, plutôt que de produire une citation tronquée d’un propos emphatique issu d’une lettre privée qui n’existe que sous forme fragmentaire, il vaut mieux consulter ses écrits théologiques où il exprime précisément ce qu’il croit à ce propos. Or, lorsque l’on veut bien prêter attention aux écrits de Luther, on constate qu’il enseigne sans l’ombre d’un doute qu’une personne qui persiste dans le péché n’est pas chrétienne. James Swan a listé près de 90 citations de Martin Luther sur la nécessité des œuvres bonnes, j’en reproduis 6 en guise d’illustration.

Dans cette première citation, Luther enseigne indubitablement que le chrétien a le devoir de lutter contre le péché qui persiste en lui. Certes, Dieu n’impute pas les fautes aux croyants, mais « seulement à ceux qui entreprennent courageusement le combat contre leurs faiblesses et, invoquant la grâce de Dieu, les combattent » :

Le péché demeure dans l’homme spirituel pour l’exercice de la grâce, l’humilité de l’orgueil et la répression de la présomption. Car celui qui ne s’applique pas à chasser le péché commet indubitablement un péché par le seul fait de cette négligence, même s’il n’a commis aucun autre péché pour lequel il pourrait être damné. Car nous ne sommes pas appelés à l’oisiveté ; nous sommes appelés à lutter contre nos passions. Celles-ci ne seraient pas exemptes de culpabilité – car ce sont de véritables péchés, voire des péchés condamnables – si la miséricorde de Dieu ne renonçait à nous les imputer. Mais il ne les impute pas seulement à ceux qui entreprennent courageusement le combat contre leurs faiblesses et, invoquant la grâce de Dieu, les combattent. Par conséquent, celui qui se confesse ne doit pas s’imaginer se décharger de ses fardeaux pour vivre dans l’aisance. Au contraire, il doit savoir qu’en se déchargeant de ses fardeaux, il s’engage à servir en soldat de Dieu et assume un fardeau différent, celui de combattre pour Dieu contre le diable et ses propres faiblesses. Celui qui ignore cela rechutera rapidement. Alors, celui qui n’a plus l’intention de combattre désormais, pourquoi demande-t-il à être absous et à s’enrôler dans l’armée du Christ9 ?

Dans cet autre extrait, il enseigne encore que nous devons répondre « tu ne fais pas partie de l’Église » à ceux qui font des œuvres mauvaises :

Seules les œuvres révèlent la foi, tout comme les fruits ne font que montrer si l’arbre est bon. Je dis donc que les œuvres justifient, c’est-à-dire qu’elles montrent que nous sommes justifiés, tout comme ses fruits montrent qu’un homme est chrétien et croit en Christ, puisqu’il n’a pas une foi et une vie feintes devant les hommes. Car les œuvres indiquent si j’ai la foi. Je conclus donc qu’il est juste, quand je vois qu’il fait de bonnes œuvres. Aux yeux de Dieu, cette distinction n’est pas nécessaire, car il n’est pas trompé par l’hypocrisie. Mais elle est nécessaire parmi les hommes, afin qu’ils comprennent correctement où est la foi et où elle n’est pas. Comme le dit Paul, nous ne devons pas nous fier à une foi fausse, comme lorsque quelqu’un croit faire partie de l’Église tout en se prostituant [1 Cor. 5:11]. En cela, je vois qu’il n’est pas un bon arbre et lorsqu’il se glorifie en disant : « J’en fais partie », je peux lui répondre : « Tu n’en fais pas partie, car tes œuvres sont mauvaises. » Par conséquent, ces œuvres sont aussi, pour lui-même et pour les autres, une preuve de sa foi véritable. Car ceux qui se glorifient d’être chrétiens et ne manifestent pas leur foi par de telles œuvres, comme cette femme pécheresse, mais persistent jusqu’à présent à vivre ouvertement dans le péché, la prostitution et l’adultère, ne sont pas chrétiens du tout. Car le chrétien montre sa vie et sa conversion par l’amour et les bonnes œuvres, et fuit tous les vices. Nous ne devons pas être membres de l’Église seulement par le nombre, comme les hypocrites, mais aussi par nos œuvres, afin que notre Père céleste soit glorifié. L’amour mérite le pardon des péchés, c’est-à-dire qu’il révèle que ses péchés ont été pardonnés10.

Dans le sermon qui suit, il affirme qu’il est impossible au vrai croyant de ne pas bien agir :

Car il est impossible à celui qui croit au Christ, juste Sauveur, de ne pas aimer et faire le bien. Mais s’il ne fait pas le bien et n’aime pas, il est certain que la foi fait défaut. C’est pourquoi l’homme reconnaît aux fruits de quel arbre il s’agit, et l’amour et les actes prouvent si le Christ est en lui et s’il croit en lui. Comme le dit saint Pierre dans 2 Pi. 1, 10 : « C’est pourquoi, frères, appliquez-vous d’autant plus à affermir votre vocation et votre élection ; car en faisant cela, vous ne broncherez jamais. » Autrement dit, si vous pratiquez courageusement les bonnes œuvres, vous serez sûrs et ne pourrez douter que Dieu vous a appelés et choisis11.

Dans cet autre extrait, il affirme que les œuvres sont nécessaires au salut :

Ce que dit Augustin est tout à fait vrai : Celui qui vous a créés sans vous-même ne vous sauvera pas sans vous-même. Les œuvres sont nécessaires au salut, mais elles ne le causent pas ; car la foi seule donne la vie. Pour les hypocrites, il faut dire que les bonnes œuvres sont nécessaires au salut. Il faut accomplir des œuvres, mais il ne s’ensuit pas que les œuvres sauvent… Les œuvres sauvent extérieurement, c’est-à-dire qu’elles témoignent que nous sommes justes et qu’en l’homme réside cette foi qui le sauve intérieurement, comme le dit Paul : “C’est en croyant du cœur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut12.”

Dans cet autre extrait, il déclare que celui qui n’aime pas son prochain n’est pas chrétien :

Un chrétien ne vit pas en lui-même, mais en Christ et en son prochain. Autrement, il n’est pas chrétien. Il vit en Christ par la foi, en son prochain par l’amour. Par la foi, il est élevé au-delà de lui-même en Dieu. Par l’amour, il descend au-dessous de lui-même en son prochain. Pourtant, il demeure toujours en Dieu et dans son amour, comme le dit le Christ dans Jean 1[:51] : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’homme13. »

Enfin, lorsque Luther liste les signes qu’une personne a le Saint-Esprit, ceux-ci comprennent notamment le fait de « ne pas prendre plaisir au péché » :

« Mais les signes extérieurs [qu’une personne a le Saint-Esprit]… sont les suivants : aimer entendre parler du Christ ; l’enseigner, le remercier, le louer et le confesser, même au prix de ses biens et de sa vie ; accomplir son devoir selon sa vocation d’une manière courageuse, dans la foi et la joie ; ne pas prendre plaisir au péché ; ne pas empiéter sur la vocation d’autrui mais servir la sienne ; aider un frère dans le besoin, consoler celui qui est affligé, etc. Par ces signes, nous sommes assurés et confirmés a posteriori que nous sommes en état de grâce14. »

Conclusion

L’argument catholique qui voudrait que Luther enseignerait le fait qu’un chrétien peut persévérer dans le péché est tout simplement malhonnête. Il ne tient pas compte de la nature évidemment hyperbolique du propos mais surtout il ne tient pas compte de l’enseignement constant de Luther dans ses sermons, traités et écrits doctrinaux. Il s’agit d’un exemple assez manifeste et déplorable de lecture à charge que le débat interconfessionnel doit s’efforcer d’éviter.


  1. Luther, Lettre à Mélanchthon, Août 1, 1521, dans les Œuvres de Luther, vol. 48, pages 281-282.[]
  2. Abbé Jean-Michel Gleize, Le vrai visage de Luther, Clovis, page 84.[]
  3. Chanoine Pasquier, Dictionnaire de théologie catholique, article « Luther », Letouzey et Ané, tome 9, 1926, pages 599-675.[]
  4. James Swan, Did Luther say, “Be a sinner and sin boldly”? A Look at Justification By Faith Alone and Good Works in Luther’s Theology, 2005, consultable ici.[][]
  5. Norbert Weiss, Bulletin du protestantisme français, janvier-mars, 1918, p. 79.[]
  6. Jared Wicks, Luther and His Spiritual Legacy, Delaware, Michael Glazier, Inc., 1983, page 29.[]
  7. W.H.T. Dau, Luther Examined and Reexamined: A Review of Catholic Criticism and a Plea for Reevaluation, St Louis,  Concordia Publishing House, 1917, page 126.[]
  8. Martin Luther, What Luther Says 3:1315.[]
  9. Martin Luther, What Luther Says, 3:1319.[]
  10. Martin Luther, LW 34:161.[]
  11. Martin Luther, Sermons, 1:40.[]
  12. Martin Luther, What Luther Says, 3:1509.[]
  13. Martin Luther, LW 31:370.[]
  14. Martin Luther, LW 26:378.[]

Maxime Georgel

Maxime est médecin à Lille. Fondateur du site Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs quatre enfants, sont membres de l'Église de la Trinité (trinitelille.fr) et sont moniteurs de la méthode Billings.

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