En prรฉparation de ma dissertation, j’ai dรฉcouvert La Conformitรฉ de la Discipline des รglises Rรฉformรฉes par Matthieu de Larroque. Ce dernier est un pasteur du XVIIe siรจcle, actif peu avant la rรฉvocation de l’รdit de Nantes, ร un temps oรน l’apologรฉtique protestante รฉtait une question de vie ou de mort. Il รฉcrivit donc cet ouvrage pour convaincre les รฉlites de son temps que le fonctionnement de l’รglise rรฉformรฉe n’รฉtait pas une nouveautรฉ, mais en continuitรฉ avec l’hรฉritage de l’รglise universelle ou catholique en son sens premier. Je vous propose aujourd’hui son long article sur l’institution des anciens et des diacres dans l’รglise rรฉformรฉe.
Aprรจs avoir parlรฉ des ministres et des รฉcoles oรน ils doivent faire leurs รฉtudes pour parvenir ร la charge du saint ministรจre, l’ordre veut que nous traitions de ceux qui partagent avec eux les soins de la conduite des troupeaux, c’est-ร -dire, des anciens et des diacres, qui sont parmi nous des personnes laรฏques servant dans l’Eglise et distinguรฉes des ministres, ou, pour parler avec les pรจres, du clergรฉ ; c’est donc de ces deux sortes de personnes et de leur รฉlection que je dois parler dans l’examen de cet article, selon le dessein et l’intention des auteurs de notre discipline.
Je commencerai par les diacres, qui, comme chacun sait, sont d’institution apostolique. En effet, nous apprenons, du chapitre VI du livre des Actes, que les apรดtres, voulant se donner tout entiers ร la prรฉdication de l’Evangile, obligรจrent l’Eglise de Jรฉrusalem de jeter les yeux sur quelques personnes, ร qui l’on rendit bon tรฉmoignage, et pour la sagesse, et pour la piรฉtรฉ, afin qu’ils pussent se dรฉcharger sur elles du soin des pauvres, qu’ils expriment par le service des tables, et vaquer par ce moyen sans distraction ร la priรจre et ร l’administration de la Parole. St.-Chrysostome remarque sur ce lieu que ce fut alors que se fit la premiรจre institution des diacres, dont le nom n’รฉtait pas encore connu, c’est-ร -dire dans l’Eglise chrรฉtienne ; car, pour la judaรฏque, elle a eu ses diacres, ร ce qu’รฉcrit St.-Epiphane dans l’hรฉrรฉsie des Ebionites, qui est la 30e ; on les appelait azanites ; et c’est peut-รชtre de lร que les apรดtres ont tirรฉ l’origine des diacres chrรฉtiens, et on les nomma ainsi parce qu’ils servaient aux tables et ร la distribution des deniers des pauvres. C’est ร ce mรชme temps-lร que rapportent l’origine du diaconat ceux qui, aprรจs St.-Chrysostome, ont รฉcrit sur le livre des Actes des apรดtres, comme Bรฉda et Oecumรฉnius.
Pour ce qui est des anciens laรฏques, tels que sont les nรดtres, je n’en trouve pas l’institution dans l’Ecriture, comme j’y trouve celle des diacres ; car, par les anciens des Eglises chrรฉtiennes, dont il est parlรฉ en divers endroits du Nouveau Testament, je suis persuadรฉ qu’il faut entendre les pasteurs mรชmes, qui รฉtaient appelรฉs indiffรฉremment anciens, ou prรชtres et รฉvรชques ; je n’en excepte pas mรชme ce fameux passage du chap. V, vers. 17 de la premiรจre รฉpรฎtre ร Timothรฉe : Que les anciens qui prรฉsident bien soient estimรฉs dignes de double honneur, principalement ceux qui travaillent ร la prรฉdication de la Parole et ร l’instruction. Il est constant que ces anciens รฉtaient tous d’un mรชme ordre, c’est-ร -dire qu’ils รฉtaient tous pasteurs ; mais, parce qu’il en avait plusieurs dans chaque Eglise, et que les uns รฉtaient plus propres ร la prรฉdication de la Parole que d’autres, on leur donnait des emplois diffรฉrents selon la diversitรฉ des dons ; il ne faut pas, ร mon avis, d’autre preuve de cette vรฉritรฉ que le droit de prรฉsider que S. Paul attribue indiffรฉremment ร tous grec aussi dont il se sert marque d’ordinaire une prรฉsidence qui n’est due qu’aux pasteurs, que les anciens dรฉsignent assez souvent par ce nom, particuliรจrement St.-Justin, martyr.
Mais, avec tout cela, je ne doute nullement que l’origine de nos anciens ne soit trรจs-ancienne, et qu’elle n’approche de bien prรจs du siรจcle des apรดtres, s’ils n’en sont plutรดt eux-mรชmes les auteurs ; et, ce qui me confirme dans cette pensรฉe, c’est qu’ils รฉtablirent dans l’Eglise un gouvernement semblable ร celui de la synagogue, un presbytรจre chrรฉtien ร l’instar du presbytรจre judaรฏque ; et, comme il y avait des anciens du peuple judaรฏque qui avaient part au gouvernement de la synagogue, il est fort vraisemblable qu’il y eut aussi des anciens du peuple chrรฉtien qui en eurent ร celui de l’Eglise, sinon dรจs la premiรจre naissance du christianisme, du moins aprรจs que le nombre des chrรฉtiens fut accru d’une maniรจre considรฉrable ; car il fallut penser alors ร รฉtablir cette forme de gouvernement que je viens de toucher et dont les รฉcrivains sacrรฉs n’ont pas marquรฉ le temps de l’รฉtablissement, parce qu’ils n’ont peut-รชtre pas eu d’occasion particuliรจre de le faire, comme St.-Luc en eut d’รฉcrire l’histoire de l’institution des diacres, laquelle nous serait peut-รชtre inconnue si le murmure des Grecs contre les Hรฉbreux, parce que leurs veuves รฉtaient mรฉprisรฉes au service ordinaire, ne l’avait obligรฉ de la consigner par รฉcrit.
Quoi qu’il en soit, afin qu’on ne s’imagine pas que je mets en avant de simples conjectures, et des conjectures entiรจrement dรฉnuรฉes de l’autoritรฉ de la tradition, je produis le tรฉmoignage formel d’Hilaire, diacre romain, รฉcrivain du IVe siรจcle, qui parle de la sorte (in 1 Tim. V, 1, 2, apud Ambros. tom. III, p. 582) : La synagogue, et l’Eglise aprรจs, a eu des anciens, sans le conseil desquels on ne faisait rien dans l’Eglise, et je ne sais par quelle nรฉgligence cela a รฉtรฉ aboli, si ce n’est peut-รชtre par la nonchalance des docteurs, ou plutรดt par leur orgueil, pour faire accroรฎtre qu’ils sont quelque chose. Il paraรฎt clairement, par ces paroles du diacre Hilaire, que l’Eglise a eu ses anciens de mรชme que la synagogue, et qu’il y avait dรฉjร trรจs-longtemps qu’elle avait commencรฉ de s’en servir quand il รฉcrivait ses commentaires sur les รฉpitres de S. Paul ; car il se plaint de l’abolition de ce saint usage, qui, selon toutes les apparences, dura un temps considรฉrable aprรจs son institution, et dans les lieux mรชmes, oรน, selon le tรฉmoignage de cet ancien docteur, il avait รฉtรฉ รฉteint par la nรฉgligence et par la malice des hommes vains et ambitieux ; ce qui justifie, ce me semble, ce que j’ai dit de son antiquitรฉ, c’est-ร -dire, qu’il en faut rapporter le premier รฉtablissement ou aux apรดtres, ou du moins ร leurs premiers successeurs, quand mรชme nous n’en trouverions pas les traces dans les monuments des รฉcrivains ecclรฉsiastiques qui suivirent immรฉdiatement le siรจcle des apรดtres.
Cependant, qui sait si Claude, Ephรจbe, Valรจre, Biton et Fortunat, que St.-Clรฉment, disciple des apรดtres, envoya ร l’Eglise de Corinthe (Epist. ad Corinth., pag. 73), avec cette excellente lettre qu’il lui รฉcrivit, pour pacifier les troubles dont elle รฉtait travaillรฉe, qui sait, dis-je, s’ils n’รฉtaient pas de ces anciens dont nous cherchons l’origine et l’institution ? car il ne dit quoi que ce soit qui nous puisse faire croire qu’ils ne fussent ni diacres ni pasteurs. Au fond, vers le milieu du IIIe siรจcle, Firmilien, รฉvรชque de Cรฉsarรฉe en Cappadoce, et un des plus cรฉlรจbres prรฉlats de son temps, fait mention des anciens, qu’il joint aux pasteurs pour la discussion des affaires qui regardaient le bien et l’รฉdification des Eglises : Nous nous assemblons tous les ans, dit-il, et anciens et pasteurs (seniores et praepositi), pour disposer des choses qui ont รฉtรฉ commises ร nos soins, et pour traiter par avis commun des plus grandes et des plus importantes (apud Cyprian., p. 144). Environ cinquante ans aprรจs, Mensurius, รฉvรชque de Carthage, ayant reรงu ordre de se rendre ร la suite de la cour de l’empereur, confia, dit Optat Milรฉvitain (Optat., lib. 1, p. 41. Paris 1631), ร la garde de quelques anciens plusieurs ornements d’or et d’argent qui appartenaient ร l’Eglise, mais aprรจs en avoir fait un mรฉmoire qu’il mit entre les mains d’une vieille femme, avec ordre de le donner ร son successeur, s’il arrivait qu’il mourรปt en ce voyage, comme en effet il y mourut ; de sorte que, Cรฉcilien ayant รฉtรฉ รฉtabli en la place de Mensurius, cette femme ne manqua pas de lui donner le mรฉmoire qu’elle avait, et en vertu duquel il fit appeler ces anciens ร qui Mensurius avait confiรฉ ce dรฉpรดt, dans la persuasion oรน il รฉtait qu’ils รฉtaient gens de bien et de bonne foi ; mais ces perfides s’รฉtant accommodรฉs, pour satisfaire leur avarice de cet or et de cet argent dont ils รฉtaient les dรฉpositaires, Cรฉcilien fut frustrรฉ de son attente ; et, comme il se mit en devoir de les contraindre, ils arrachรจrent de la communion de l’Eglise une partie du peuple et commencรจrent ce schisme des donatistes qui a รฉtรฉ si funeste aux Eglises d’Afrique ; et, ce qui prouve invinciblement que c’รฉtaient des anciens laรฏques comme les nรดtres, c’est qu’Optat les distingue expressรฉment de Botrus et de Cรฉlรฉsius qui รฉtaient du clergรฉ de l’Eglise de Carthage et qui, n’ayant pu parvenir ร l’รฉpiscopat oรน leur ambition les faisait aspirer, se joignirent ร ces anciens infidรจles avec Lucilla, femme puissante et factieuse, et qui en voulait de longue main ร Cรฉcilien.
Voilร dรฉjร des arguments assez convaincants de la vรฉritรฉ du fait que nous examinons ; nรฉanmoins, parce que plusieurs se sont imaginรฉs que notre pratique ร l’รฉgard des anciens est nouvelle et inconnue ร l’ancienne Eglise, il ne sera pas hors de propos d’insister plus longtemps sur cette matiรจre et d’allรฉguer encore d’autres preuves pour รฉtablir plus fortement l’antiquitรฉ de l’usage que nous dรฉfendons. Je commencerai par les actes de la purgation de Cรฉcilien et de Fรฉlix d’Aptonge, son ordinateur, qui sont ร la fin des notes de feu M. de l’Aubรฉpine, รฉvรชque d’Orlรฉans, sur Optat, รฉvรชque de Milรจve en Numidie. Dans ces actes, qui sont antรฉrieurs au 1er Concile de Nicรฉe, il y a diverses choses qui regardent directement notre sujet, comme ce qui est dit ร l’occasion de l’argent que Lucilla, femme de qualitรฉ, avait donnรฉ pour faire Majorin รฉvรชque (page 268), que tous les รฉvรชques, les prรชtres, les diacres et les anciens en avaient connaissance ; et, quelques lignes plus bas, un รฉvรชque nommรฉ Purpurius รฉcrit ร Sylvain, รฉvรชque de Cirthe, qui รฉtait accusรฉ de plusieurs choses, d’employer ceux de son clergรฉ et les anciens du peuple, qui sont des hommes ecclรฉsiastiques, afin qu’ils informent de la nature de ces dissensions ; et dans la mรชme page il est parlรฉ des clercs et des anciens de l’Eglise de Cirthe ; et dans la page suivante il est fait mention d’une lettre รฉcrite au clergรฉ et aux anciens, et six pages aprรจs un certain Maxime dit : Je parle au nom des anciens du peuple chrรฉtien de la loi catholique (pag. 276 init.).
Saint Augustin, dans son troisiรจme livre contre Cresconius (tom. VII, pag. 191, c. 56), parle du prรชtre Pรฉrรฉgrin et des anciens de l’Eglise de la contrรฉe Mustitane ; le titre de sa lettre 137 est conรงu en ces termes (tom. II, p. 250) : A mes frรจres bien aimรฉs, le clergรฉ, les anciens et tout le peuple de l’Eglise de Bonne ou Hippone, ร laquelle je sers en l’amour de Jรฉsus-Christ. Il y a dans les sermons de ce mรชme pรจre sur les psaumes (tom. VIII, in Ps. 36, conc. II, p. 119, extr.) une lettre synodale du concile Cabarsussitan, qui, parlant de Primien, donatiste, dit qu’il a รฉtรฉ donnรฉ pour รฉvรชque au peuple de Carthage, selon la demande que les anciens de l’Eglise en avaient faite par lettres ; et dans la page suivante il est encore fait mention des lettres et des dรฉputรฉs des anciens de l’Eglise. Dans le sermon 19 des paroles du Seigneur, qui est le 3e dans l’appendice du Xe tome (page 732), il fait voir en quoi consistait une partie des devoirs de leurs charges. Le canon 100 du code africain qu’on attribue au concile de Carthage de l’an 407 parle jusqu’ร trois fois des anciens a nova Germania, et parce qu’il y avait quelque diffรฉrend entre cette Eglise et Maurentius, son รฉvรชque, et que cependant les anciens dรฉputรฉs pour cela au synode ne comparaissaient point, le concile accorda ร Maurentius les juges qu’il demanda et laissa au choix des anciens, quoiqu’absents, la nomination de ceux qu’il fallait encore pour rendre le nombre complet ; et ce qu’il y a de trรจs-remarquable dans cette conjoncture, c’est que ces anciens dรฉfendaient le droit du peuple, qui รฉtait la partie directe de l’รฉvรชque qui se plaignait de leurs outrages et de leurs calomnies.
Tout ce que j’ai รฉcrit jusqu’ici fait voir clairement que, quand le diacre Hilaire se plaint de ce qu’on a aboli l’usage des anciens, il a รฉgard vraisemblablement ร l’Italie, oรน cela pouvait รชtre arrivรฉ en divers lieux, bien que la mรชme pratique continuรขt ailleurs, comme je l’ai justifiรฉ par plusieurs exemples postรฉrieurs au temps qu’รฉcrivait ce diacre romain. Je passe plus avant, et je dis que cet usage n’รฉtait pas entiรจrement รฉteint en France ni en Sicile ร la fin du VIe siรจcle ; je dis premiรจrement en Sicile, car le pape Grรฉgoire I รฉcrit ร Jean, รฉvรชque de Palerme (tom. II, lib. 11, ind. 6, ep. 49, p. 1083), et lui recommande deux choses, l’une d’รฉtablir un receveur, avec le consentement des anciens et du clergรฉ, qui rende compte tous les ans pour รดter tout soupรงon de fraude ; l’autre de ne pas croire facilement les rapports qu’on lui pourra faire de quelqu’un de son clergรฉ, mais d’examiner soigneusement la vรฉritรฉ en prรฉsence des anciens de son Eglise. Je dis en second lieu que ce mรชme usage s’observait aussi en France ; en effet, Grรฉgoire de Tours (Hib. lib. X, cap. 16) nous a conservรฉ la lettre d’une assemblรฉe d’รฉvรชques, faite ร Poitiers par l’autoritรฉ du roi pour remรฉdier aux dรฉsordres du monastรจre de Ste-Radegonde, et dans cette lettre l’abbesse confesse entre autres choses qu’elle a reรงu des arrhes pour le mariage de sa niรจce qui รฉtait orpheline, qu’elle les a reรงues en prรฉsence de l’รฉvรชque, du clergรฉ et des anciens. Et, l’an 585, le roi Gontran fait expresse mention des anciens de l’Eglise, qu’il distingue du clergรฉ, dans l’รฉdit qu’il adresse aux รฉvรชques et aux juges de son royaume. (tom. I, conc. gall. p. 391). Je ne sais si Agobard, รฉvรชque de Lyon, dans le IXe siรจcle, ne portait pas sa pensรฉe sur ces mรชmes anciens, lorsque, se plaignant des personnes de qualitรฉ qui abusaient des prรชtres qu’ils avaient dans leurs maisons, il dit (Lib. de jure sacerd. p. 135, tom. I) qu’ร l’occasion de ces prรชtres domestiques ils abandonnaient les Eglises, les anciens et le service public.
Maintenant il faut que je dise quelque chose de la forme et de la maniรจre de l’รฉlection de nos diacres et de nos anciens. Le rรจglement que j’examine distingue les lieux oรน la discipline n’est pas encore รฉtablie de ceux oรน elle est dรฉjร reรงue ; dans les premiers, il veut que l’รฉlection se fasse par les suffrages du peuple et des pasteurs ; dans les autres, il ordonne que la nomination s’en fera dans le consistoire, et qu’elle sera notifiรฉe au peuple, pour avoir ou son consentement, ou son refus ; parce que leur รฉtablissement dรฉpend de l’agrรฉment et de l’approbation du peuple, la nomination qui s’en fait dans le consistoire n’รดtant pas au peuple son droit, puisque la plupart de ceux qui la font, c’est-ร -dire les anciens et les diacres, reprรฉsentent le peuple et sont revรชtus de ses droits et de son pouvoir. C’est donc du peuple que dรฉpend parmi nous, ou immรฉdiatement ou mรฉdiatement, l’รฉtablissement des diacres et des anciens ; et en cela notre discipline a suivi religieusement la pratique des saints apรดtres, qui remirent ร la libertรฉ du peuple l’รฉlection des sept diacres, dont St.-Luc raconte l’histoire dans le chapitre VI du livre des actes ; et ce n’est pas seulement ร l’รฉgard des diacres que les apรดtres en ont ainsi usรฉ, ils voulurent mรชme que toute l’Eglise de Jรฉrusalem eรปt part ร l’รฉtablissement de Matthias (Act. 1), qui, d’un commun accord, fut ajoutรฉ au nombre des onze apรดtres ; et, quand ils รฉtablissaient des pasteurs ordinaires, ils le faisaient, sans doute, par l’avis des assemblรฉes et des peuples ร la conduite desquels ils les destinaient ; exemple que les chrรฉtiens qui vinrent aprรจs imitรจrent fort soigneusement, comme nous l’avons fait voir sur l’art. 4 du Ier chapitre ; notre discipline ne prescrit donc rien, pour ce qui regarde l’รฉlection de nos anciens et de nos diacres, qui ne soit trรจs-conforme ร la pratique des apรดtres et ร celle des premiers chrรฉtiens.
En effet, si dans les premiers siรจcles du christianisme le peuple avait bonne part ร la vocation de ses ministres, ร plus forte raison en avait-il ร l’รฉtablissement des anciens, qui รฉtaient, s’il faut ainsi dire, les exรฉcuteurs de sa puissance et les dispensateurs de ses droits ; et si nos ministres sont obligรฉs par l’article 9 du Ier chapitre de signer notre confession de foi et notre discipline ecclรฉsiastique, conformรฉment ร ce qui se pratiquait dans la primitive Eglise, on ne doit point trouver รฉtrange que nous y obligions aussi nos anciens et nos diacres, puisqu’ils composent un mรชme corps avec les ministres de chaque Eglise, et qu’ils partagent avec eux la conduite des mรชmes troupeaux.





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