Les vidéos 21 à 27 de Peter Leithart sur le livre de l’Apocalypse
23 mai 2026

Peter J. Leithart du Theopolis Institute a publié il y a 5 ans une série de 36 vidéos très brèves (entre 1:50 et 4:39 minutes) consacrées au livre de l’Apocalypse. Peter J. Leithart est l’auteur d’un très beau commentaire sur l’Apocalypse en deux volumes dans lequel il développe une interprétation prétériste jusqu’au chapitre 19 avec d’excellents arguments à mes yeux. Je retranscris ici en français les vidéos 21 à 27 de cette série.

21. Mange le livre

Récapitulons. Jean voit quatre grandes visions qui sont délimitées par l’expression « en esprit ». Jean est « en esprit » à Patmos, Jean est  « en esprit » au ciel, il est « en esprit » dans le désert, et finalement il est « en esprit » sur une haute montagne.

Nous sommes au milieu de la deuxième de ces visions, lorsque Jean est monté au ciel. Il a assisté à la liturgie céleste. Il a vu l’Agneau recevoir le livre de celui qui est sur le trône, et maintenant l’Agneau a ouvert tous les sceaux du livre. Les trompettes ont retenti, et il est temps que le contenu du livre soit lu. Ces contenus n’ont pas encore été révélés. Ils ne sont révélés que lorsque le livre est remis à Jean. Jean reçoit le livre d’une figure angélique qui descend du ciel, vêtu de soleil, vêtu de nuées, avec un visage brillant comme le soleil et des pieds ardents comme du métal dans une fournaise. Cet ange tient un livre ouvert qu’il remet à Jean. L’ange se tient à cheval entre la mer et la terre, parce que ce message concerne à la fois les Juifs et les Gentils. Jean reçoit ce livre, le mange, et ce qu’il a ainsi avalé est alors révélé dans les visions qu’il va consigner.

Avant d’en voir le contenu se déployer sur plusieurs chapitres, Jean entend une voix qui donne un aperçu des événements à venir. Cet aperçu concerne des événements dans la ville sainte, Jérusalem, appelée spirituellement Sodome et Égypte. Il concerne aussi deux témoins dans cette ville sainte. Ces deux témoins sont comparés aux anges à Sodome, à Moïse et Aaron en Égypte, à Élie et Élisée au temps d’Achab. Ces deux témoins représentent les Juifs et les Gentils qui témoignent ensemble dans la ville sainte. Ils sont mis à mort dans cette ville, puis ils sont ressuscités dans cette ville, et la ville sainte est ébranlée. Cette vision courte, cette courte description est un aperçu ou un résumé de ce qui va se produire dans les chapitres suivants. Maintenant que Jean a mangé le livre, il peut déclamer ces visions et montrer les choses qui doivent arriver bientôt.

22. Une mère et un dragon

Après que Jean a mangé le livre, il commence à voir des visions, et la première vision se déroule dans le ciel. Il voit une mère, une femme enceinte, sur le point d’accoucher. Elle est vêtue du soleil, elle se tient sur la lune, et elle porte une couronne de douze étoiles sur sa tête. Non loin d’elle se trouve un dragon, se tenant prêt à dévorer l’enfant qu’elle va mettre au monde, aussitôt qu’il naîtra.

Cette vision a à voir avec l’histoire d’Israël et, bien sûr, avec la naissance de Jésus. Les personnages de cette vision sont relativement faciles à identifier, au moins pour deux d’entre eux. Le texte lui-même nous dit que le dragon est le serpent ancien, appelé Satan et le diable. Et nous savons que l’enfant est Jésus, celui qui va monter au ciel et régner avec une verge de fer. Nous voyons ici une version très abrégée et condensée du ministère de Jésus : il naît, puis il est emporté au ciel pour régner.

La question qui se pose dans cette vision concerne l’identité de la femme. Qui est-elle ? Est-ce une vision d’Ève ? Est-ce une vision de la Vierge Marie donnant naissance à Jésus ? Je pense qu’en un certain sens, c’est les deux à la fois, mais que c’est aussi une vision qui ne se restreint pas à cela seulement. Ce que Jean voit est une vision de l’histoire entière d’Israël. Israël a la vocation d’être la mère de la descendance, celle qui doit faire venir la descendance dans le monde – celui qui régnera sur les nations avec une verge de fer. Les douleurs de l’accouchement que Jean voit représentent l’histoire d’Israël, une grande histoire de naissance qui s’étend sur plusieurs siècles, alors qu’Israël est en gestation et finit par donner naissance au Messie. Le Messie monte au ciel, le dragon est précipité sur la terre, mais cela ne met pas fin au conflit. Le dragon a échoué. Il n’a pas pu dévorer l’enfant dès sa naissance. Le dragon ressemble à Hérode, qui a essayé de tuer Jésus dès sa naissance, mais a échoué. Maintenant, le dragon, précipité sur la terre, commence à attaquer la femme et les autres enfants de la femme. Il poursuit la femme, mais celle-ci s’échappe en recevant des ailes et s’envole dans le désert. Le dragon essaie de noyer la femme en faisant jaillir de l’eau de sa bouche, mais la terre absorbe l’eau et la femme est sauvée. Les plans du dragon sont une nouvelle fois déjoués, mais il persiste et signe. Il continue de s’en prendre à la femme et à sa descendance. Pour ce faire, il doit appeler des auxiliaires, et dans la prochaine vidéo nous parlerons de ces auxiliaires et subordonnés que le dragon suscite pour attaquer la femme et sa descendance.

23. Un monstre marin

Le dragon a échoué dans son projet de se débarrasser de la femme. Il a poursuivi la femme jusque sur le sable de la mer, mais il n’est parvenu ni à se débarrasser d’elle, ni à venir à bout des saints qui sont les enfants de la femme. Pour les attaquer, le dragon doit faire appel à des subordonnés. Il est rejoint dans son entreprise par un monstre marin et par un monstre terrestre, qui forment ensemble une trinité monstrueuse, contrefaite, démoniaque, qui commence à attaquer les saints.

Le monstre qui sort de la mer ressemble à un léopard, un ours et un lion. C’est un animal composite, et le fait qu’il vienne de la mer est une indication de première importance pour déterminer son identité. Le monstre marin vient de la mer des nations. Dans toute la Bible, la mer représente le monde des nations païennes, en constante agitation, en mouvement, rugissant sans cesse. Ce monstre marin est une version composite des bêtes décrites dans Daniel 7, où Daniel voit une vision de plusieurs bêtes sortant de la mer, représentant différents empires anciens : Babylone, puis la Perse, ensuite la Grèce, et enfin Rome. Ce que Jean voit est la dernière de ces bêtes, la bête marine, la bête romaine, une synthèse de toutes les bêtes précédentes. C’est cette bête qui monte de la mer qui va désormais poursuivre l’attaque du dragon contre la femme et contre les saints. Au début de l’Apocalypse, Jésus assure son peuple, dans les églises d’Asie, que s’ils persévèrent, ils seront vainqueurs. Mais en Apocalypse 12, cette promesse est comme mise à terre. La bête marine, le monstre marin, triomphe des saints. Il les dévore, les attaque, et semble victorieux. Inspiré par le dragon, l’empire romain s’est désormais retourné contre les chrétiens. Les Romains semblent l’emporter contre l’Église. C’est là une nouveauté que Jean voit, que Jean révèle.  Jusqu’à ce point dans les livres du Nouveau Testament, les autorités romaines avaient protégé l’Église des persécuteurs juifs. Mais désormais le dragon a pris le contrôle de la bête marine, la bête marine protectrice qu’était Rome, et l’a transformée en entité démoniaque. Maintenant, l’empire romain va attaquer les saints. C’est cela la nouveauté que Jean révèle, ce qui doit bientôt arriver pour les lecteurs de Jean.

24. Un monstre issu de la terre

Le dragon appelle un monstre de la mer qui représente l’Empire romain, désormais devenu démoniaque. Ce monstre, qui était autrefois le protecteur de l’Église et d’Israël, devient un persécuteur de l’Église. Mais le dragon reçoit également l’aide d’un monstre issu de la terre. La terre représente Israël, et le monstre terrestre représente les Juifs qui se sont alliés avec Rome et attaquent maintenant l’Église. La bête juive est un propagandiste pour l’Empire romain. La bête juive est décrit plus tard dans l’Apocalypse comme un faux prophète. En tant que prophète, il conçoit une image de la bête, qui, selon moi, fait référence au temple d’Hérode. Bien qu’il soit censé être dédié au culte de Dieu, ce temple devient en réalité un porte-voix de la propagande romaine et un lieu de persécution sanglante de l’Église.

Les Juifs jurent leur allégeance à César lors du procès de Jésus en déclarant : « Nous n’avons pas d’autre roi que César. » Et le monstre terrestre poursuit désormais cette même propagande, ce même programme, et le temple lui-même devient une source d’effusion du sang et de persécution. Nous ne devrions pas considérer l’alliance entre Rome et le judaïsme contre l’Église comme une simple combinaison de deux entités préexistantes. Je pense qu’il s’agit plutôt de quelque chose de nouveau. Tout comme l’Église est quelque chose de nouveau au premier siècle, avec Jésus formant une nouvelle humanité en réunissant Juifs et Gentils, cette alliance de Rome et du judaïsme est une image inversée, un reflet déformé, une contrefaçon de cette nouvelle humanité qui attaque désormais l’Église. C’est une entité nouvelle, dédiée à attaquer l’Église, une sorte d’Église contrefaite, avec un nouveau sacrement, la marque de la bête, une nouvelle trinité, le dragon, la bête marine et la bête terrestre, et un nouveau marqueur d’identité, le chiffre qui résume le nom de la bête, le nombre 666. Ce chiffre se réfère à la fois à Néron César, dont le nom donne ce total en numérologie, et à l’apostasie de Salomon dans le Premier Livre des Rois, lorsqu’il accumule 666 talents d’or. Cette alliance forme une nouvelle humanité contrefaite, qui cherche à détruire la véritable humanité nouvelle formée par l’Église.

Je pense qu’il y a là une leçon importante pour nous. Bien que ces visions concernent le premier siècle, elles enseignent ce à quoi nous devons nous attendre à chaque époque de l’histoire de l’Église. L’idolâtrie de l’État est une forme d’idolâtrie courante dans le monde moderne. Mais chaque fois que l’idolâtrie de l’État se manifeste, qu’un monstre marin surgit, il y a toujours un monstre terrestre, une Église contrefaite, dont la propagande en faveur d’un ordre politique assoiffé de sang en fait une sorte de prophète de cour. Nous pouvons nous attendre à cela dans notre propre époque. Partout où il y a persécution par l’État, il y aura des chrétiens, de faux chrétiens, des chrétiens contrefaits, qui soutiendront ces persécutions en applaudissant l’attaque contre les véritables saints. Mais nous savons, grâce au reste de l’Apocalypse, que cette alliance échoue. Les bêtes marine et terrestre inspirées par le dragon ne parviennent pas à vaincre les saints. Beaucoup de saints meurent, mais leur sang, versé, devient l’agent de la transformation du monde, de l’effondrement de la cité, et du commencement d’un nouveau monde, une nouvelle Jérusalem qui descend du ciel.

25. Le chant des cieux

Les martyrs étaient apparus pour la première fois dans l’Apocalypse lorsque le sixième sceau avaient été ouvert. Ils étaient sous l’autel et criaient pour demander vengeance. On leur avait fait une promesse : ils avaient reçu des robes blanches, qui étaient un gage qu’ils monteront finalement et accéderont aux lieux célestes pour rejoindre la liturgie céleste et le chœur céleste. Mais ils avaient aussi reçu une nouvelle décevante : ils devaient attendre encore un peu, car il fallait que d’autres martyrs fussent ajoutés. Le nombre complet des martyrs n’avait pas encore été atteint. Au chapitre 7 de l’Apocalypse, nous avions vu ces martyrs additionnels être marqués pour le martyre : les 144 000, soit 12 000 de chacune des 12 tribus, ont été désignés pour devenir des sacrifices et des prêtres s’offrant eux-mêmes en sacrifices vivants, mourant pour Jésus. Tout cela se produit relativement tôt dans le livre de l’Apocalypse, et pendant un certain nombre de chapitres, les 144 000 ne réapparaissent pas. On pourrait presque les avoir oubliés, mais Dieu ne les a pas oubliés, et Jean non plus. Une grande partie de ce qui se passe entre les chapitres 6 et 14 prépare le destin final de ces 144 000.

Ils réapparaissent au début du chapitre 14, mais les choses ont changé. Ils ne se tiennent plus sous l’autel ; ils se tiennent désormais sur le mont Sion. Ils ne se tiennent plus loin de Dieu, car l’Agneau est parmi eux. Ils ont déjà commencé à chanter le cantique des cieux. Ils ne portent pas encore leurs robes blanches ; ils ne sont pas encore au-dessus du firmament dans le chœur céleste. Mais ils apprennent les cantiques des cieux, et par ce cantique, ils se préparent au martyre. Si vous voulez que votre Église soit une Église de témoins courageux, des gens prêts à témoigner de Jésus et à aimer la vie même face à la mort, alors il vous faut chanter et prier. C’est ainsi que les martyrs se préparent au martyre dans l’Apocalypse, et c’est ainsi que l’Église, à travers les âges, se prépare à témoigner courageusement pour Jésus.

26. Une moisson

Apocalypse 14 se termine par une scène de moisson. Quelqu’un semblable au Fils de l’homme traverse la scène sur une nuée, portant une couronne d’or, avec une faucille tranchante à la main. Avec cette faucille, il rassemble le grain et les raisins. Beaucoup interprètent cette scène comme une image du jugement final, un jugement contre les méchants. Mais pour comprendre correctement cette section d’Apocalypse 14, il faut la lire dans le contexte de tout le chapitre.

Ce chapitre commence par une vision des 144 000, qui sont appelés les prémices de la moisson. Ce sont les premiers fruits que Jésus va récolter. Plus tard, dans le même chapitre, nous voyons la scène de la moisson. Il s’ensuit que les prémices mentionnées au début du chapitre sont tirées de la même moisson que les récoltes moissonnées à la fin du chapitre. Ce qui se passe à la fin de l’Apocalypse 14, c’est que Jésus, le Fils de l’homme, vient pour sauver son peuple de la terre et de leurs persécuteurs, et les emmène au ciel. Ils sont le peuple des grains et des raisins, les martyrs qui ont mangé Jésus, qui ont consommé Jésus, qui ont consommé son corps et son sang, qui ont été conformés à lui et qui, désormais, deviennent eux-mêmes du pain et du vin pour le monde. Et Jésus vient les moissonner. C’est cela le martyre. Vu depuis la terre, le martyre est horrible : il implique la torture, il implique la moquerie, il implique des morts atroces. Mais du point de vue céleste, nous savons que Jésus est actif dans cette moisson de son peuple, qu’il les élève au-delà du firmament pour les amener en sa présence, et qu’il les porte à leur perfection, faisant d’eux un peuple du pain et du vin. Il en fait un peuple semblable à Christ, un peuple de témoignage.

27. L’exode des martyrs

En Apocalypse 14, nous voyons les 144 000 sur le mont Sion. Ils sont les premiers fruits, et l’Agneau est au milieu d’eux. Ils montent depuis la base de l’autel et s’élèvent maintenant vers les cieux. Ensuite, Jésus vient comme le Fils de l’homme pour les moissonner. C’est pourquoi, dans la scène suivante, au chapitre 15 de l’Apocalypse, nous voyons une multitude de personnes au-dessus du firmament, chantant et jouant des instruments. Ce sont les mêmes personnes qui ont été moissonnées. Jésus a emporté son peuple, l’a arraché à la terre dans un mouvement semblable à un enlèvement, au-delà du firmament. Ce sont les martyrs qui se trouvent maintenant en sécurité dans les lieux célestes. Ils ont reçu des instruments pour rejoindre la liturgie céleste. Ils chantent le cantique de Moïse et le cantique de l’Agneau. Le cantique de Moïse est un indice sur la nature de cet événement : il s’agit d’un exode. Ils ont été sauvés des bêtes, ces prédateurs féroces qui tentaient de tuer les martyrs et les saints. Jésus vient pour les sauver, les délivrer à travers leur propre martyre. Ils ont maintenant traversé la mer du firmament et se trouvent dans les lieux célestes, où ils peuvent chanter un chant de victoire. Leur martyre est véritablement une victoire : une victoire sur Satan, sur le dragon, sur la bête terrestre et sur la bête marine. Désormais, ils se trouvent dans les lieux célestes avec Christ, participant au chant de louange au Roi.

Cela constitue une immense assurance pour les martyrs de toutes les époques, et particulièrement dans notre époque. Partout dans le monde, des martyrs souffrent. Beaucoup meurent aujourd’hui même pour Jésus. Mais cela correspond à Jésus moissonnant son peuple, les sauvant et les emportant au-delà de la mer du firmament pour rejoindre le chœur céleste. Face aux diverses menaces, où que nous soyons, nous devrions témoigner avec audace, dans l’assurance que notre martyre est, en réalité, un exode : une délivrance du Pharaon et une ascension à travers le firmament vers les lieux célestes.

28. Le sacrement de l’autel

L’Apocalypse est une liturgie. Au début du livre, Jean est appelé à monter au ciel. C’est une sorte de Sursum Corda : « Élevez vos cœurs ». Et par la puissance de l’Esprit, Jean est emporté au ciel et rejoint la liturgie céleste. L’Agneau reçoit un livre, il en ouvre les sceaux pour que son contenu puisse être dévoilé. Les anges sonnent des trompettes pour préparer l’audience du livre. Jean mange ce livre, puis en révèle le contenu après l’avoir ingéré. C’est ce qui se passe chaque semaine dans nos cultes. Nous sommes transportés dans les lieux célestes. Jésus ouvre le livre, et le pasteur, qui a ingéré le passage biblique, qui a « mangé » ce livre au cours de la semaine, nous le transmet. Et dans les chapitres 14 à 16, nous arrivons à la partie sacramentelle de l’Apocalypse, qui mène finalement à l’invitation au festin des noces de l’Agneau. Cette partie sacramentelle commence avec la moisson des martyrs : le pain et le vin, le grain et les raisins. Les martyrs, en tant que raisins de Dieu, sont placés dans le pressoir, écrasés, et leur sang est versé. C’est un sang de joie, le sang du vin, mais c’est aussi le sang de la colère. Le sang des martyrs va maintenant être versé et aspergé sept fois à partir de sept coupes sur la terre.

C’est ce que montre le chapitre 16 de l’Apocalypse, une sorte de grand jour des expiations avec une aspersion septuple de la terre. La terre est aspergée, la mer est aspergée, le soleil est aspergé, et finalement l’air est aspergé. Lorsque le sang est répandu dans l’air, tout commence à s’effondrer : un tremblement de terre, des éclairs, du tonnerre, une tempête de grêle avec des grêlons d’une taille comme il n’y en a jamais eu. Le monde entier est en train de s’écrouler. Les éclairs et le tonnerre sont associés au trône de Dieu que Jean a vu au ciel, et le trône de Dieu perce désormais le firmament de glace, le brisant, provoquant une tempête de grêle, tandis que le trône de Dieu descend sur la terre. Cela se produit grâce aux martyrs, et les royaumes de ce monde deviennent les royaumes de notre Seigneur et de son Christ, parce que les martyrs ont versé leur sang en union avec Jésus-Christ.

Chaque fois que le sang des martyrs est versé sur la terre, un monde s’effondre et un nouveau monde émerge. C’est là le pouvoir du martyre, le pouvoir d’un témoignage audacieux.


Illustration de couverture : J. Martin, Le dernier homme, huile sur toile, 1849, Liverpool, Walker Art Gallery.

Pierre-Sovann Chauny

Pierre-Sovann est professeur de théologie systématique à la Faculté Jean Calvin, à Aix-en-Provence. Il s'intéresse particulièrement à la doctrine des alliances, à l'interprétation des textes eschatologiques, à la scolastique réformée, aux prolégomènes théologiques et aux bons vins. Il est un époux et un père heureux.

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