À quoi bon un baptême avant la foi ? – James Ussher
23 juillet 2026

James Ussher (1581-1656) est un théologien et archevêque anglican irlandais, connu pour son érudition biblique et historique. Archevêque d’Armagh et primat de toute l’Irlande, il fut l’un des principaux théologiens protestants de son époque et joua un rôle important dans l’élaboration de la théologie réformée en contexte anglican. Il est surtout célèbre pour sa chronologie biblique, qui situe la création du monde en 4004 av. J.-C., ainsi que pour ses travaux sur l’histoire de l’Église et les antiquités chrétiennes. Dans l’extrait qui suit, il use de l’analogie de l’héritage d’un bien réservé de droit à un enfant avant qu’il en jouisse de fait pour illustrer la réalité du bénéfice baptismal pour un enfant avant même qu’il ne croie.


Nous savons qu’un bien peut être attribué à un enfant, et que, dès son enfance, il en a le droit, bien qu’il n’en ait pas la possession effective avant d’avoir atteint un certain âge.

Or, durant le temps où l’enfant est incapable d’en jouir, l’usage et le bénéfice de ce bien sont certes perdus pour lui ; mais son droit et son titre ne sont ni vains ni illusoires : ils sont véritables et réels, et demeurent fermement assurés à l’enfant, afin qu’il puisse en revendiquer la jouissance dès qu’il en sera capable. De même, les enfants élus ont Christ et tous ses bienfaits qui leur sont scellés dans le sacrement du baptême ; cependant, en raison de leur incapacité, ils n’en ont pas encore la jouissance effective, jusqu’à ce que Dieu leur donne une foi véritable pour les saisir et se les approprier.

Le baptême administré dans notre enfance est-il donc perdu ? Était-ce une cérémonie vaine et vide de sens ? Non, c’était un sacrement complet et efficace ; et les grâces invisibles de Dieu y étaient véritablement scellées sous des signes visibles. Et bien que l’enfant ne jouisse pas encore, pour le moment, de l’usage et du réconfort du baptême, le parent, lui, en jouit, lui qui croit aux promesses de Dieu pour lui-même et pour sa descendance, ainsi que toute l’assemblée. Et les choses qui ont alors été accomplies deviendront effectivement efficaces pour l’enfant, dès qu’il sera capable d’en faire usage1.

  1. James Ussher, A Body of Divinity, p. 377.[]

Maxime Georgel

Maxime est médecin à Lille. Fondateur du site Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs quatre enfants, sont membres de l'Église de la Trinité (trinitelille.fr) et sont moniteurs de la méthode Billings.

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