Le pédobaptême : les avertissements en Hébreux
24 août 2018

Cet argument s’adresse à ceux qui, en accord avec ce que la Bible enseigne, croient que l’on ne peut pas perdre le salut. C’est un argument un peu complexe que vous êtes donc libres de sauter.

Les baptistes qui croient avec raison que le Fils ne perdra aucun de ceux que le Père lui a donné ont quelques problèmes quand ils arrivent à l’interprétation de Hébreux 6 et 10. La plupart essayent de dire que les personnes visées par ces avertissements n’étaient pas vraiment membre de la nouvelle alliance (puisque, pour eux, il ne peut pas y avoir d’irrégénérés dans la nouvelle alliance).

J’ai souvent été mal à l’aise avec cette interprétation, surtout quand on en vient à Hébreux 10 :26-31. En effet, Paul établit ici un parallèle entre celui qui brise l’alliance mosaïque et celui qui brise…la nouvelle alliance. Alors, disserter du fait que ce qui a été « sanctifié » dans ce texte soit Christ, ou l’alliance, ou l’apostat comme le font les réformés baptistes ne résout pas le problème véritablement.

Je reproche aux arminiens de chercher à tout voir dans le texte sauf ce qu’il dit quand on arrive à Romains 9, je n’ai pas envie de faire la même erreur en Hébreux 10. Celui qui brise l’alliance mosaïque était lapidé, celui qui brise la Nouvelle Alliance tombera dans les mains du Dieu vivant. Cela renforce le fait que, comme dans l’Ancienne Alliance, on peut être dans le peuple visible de Dieu et dans l’Alliance sans être croyant, ni sauvé, ni élu. En d’autres termes, on peut faire partie du peuple visible de Dieu sans être un véritable croyant, membre de l’Église invisible. Le vocabulaire employé par l’auteur implique que la personne n’était pas un païen lambda mais quelqu’un en qui l’Esprit avait agi d’une certaine manière.

Cela confirme le fait qu’il y a un décalage entre l’administration et la grâce, entre l’Église visible et invisible. Or, comprendre ce décalage aide à comprendre le fait de baptiser des personnes qui ne croient pas (encore), sur la base des promesses divines.

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs deux enfants et sont moniteurs de la méthode Billings.

3 Commentaires

  1. Maxime Georgel

    Tu as l’air de ne pas saisir quelque chose : c’est précisément sur la supposée pureté de l’Eglise (absence de non-régénérés dans l’Eglise) que repose l’argumentaire réformé-baptiste auquel je réponds. Ces distinctions sont donc d’aucune aide pour notre discussion.

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  2. Klein

    je suis reconnaissant pour la didacticité de votre exposé. j’ai de lointains souvenirs de mes années théologique à Aix-en Provence 1986-1990 où le pédobaptisme régnait et règne en bonne place.
    je n’emettrai qu’une une objection l’absence de baptême d’enfants dans le NT
    André

    Réponse

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