Illustres réformés (6) : Philippe Duplessis-Mornay (1549-1623)
3 janvier 2019

Un érudit

Ce qui frappe premièrement chez Duplessis-Mornay, c’est son érudition. Il écrit et parle le latin classique comme si c’était sa langue maternelle, il connait le grec, l’hébreu, l’allemand, l’anglais, l’italien et le néerlandais. Sa connaissance historique sur l’Antiquité et sa compréhension de l’Europe de son temps sont aussi remarquables dans ses écrits.

L’homme politique

Après le choc du massacre de la Saint-Barthélémy, auquel il a échappé de peu, Duplessis-Mornay comprend que la cause réformée ne pourra triompher qu’avec le soutient d’un prince capable de défendre la cause protestante. C’est alors qu’il s’engage auprès de Henri III de Navarre (qui deviendra Henri IV de France).

Il est nommé par ce dernier gouverneur de Saumur qui est, avec La Rochelle et le Poitou, un bastion du protestantisme. Il est en effet conseiller d’Henri de Navarre, remarqué pour ses vertus. Voltaire le décrira ainsi dans sa Henriade :

« Non moins prudent ami que philosophe austère,
Mornay sait l’art discret de reprendre et de plaire.
Son exemple instruisait bien mieux que ses discours.
Les solides vertus furent ses seuls amours.
Avide de travaux, insensible aux délices,
Il marchait d’un pas ferme au bord des précipices.
Jamais l’air de la cour et son souffle infecté
N’altéra de son cœur l’austère pureté »

Le négociateur de l’édit de Nantes

Quand, à sa grande déception, le Roi Henri IV abjura la foi protestante, il comprit que le meilleur à faire pour la cause qui lui tenait à coeur, c’est-à-dire l’avancée de foi réformée, était de permettre aux huguenots d’avoir un statut légal en France. Il proposa en fait d’accorder aux protestants ce qu’il avait promis d’accorder aux catholiques lorsque Henri de Navarre remportait des victoires le rapprochant du trône. En effet, il avait écrit en son nom la Lettres aux trois États de ce royaume qui garantissait aux catholiques la liberté de conscience et la protection des minorités. C’est ce qu’il obtint lors des négociations préparant l’Édit de Nantes. Et c’est ici qu’il influença de façon décisive l’histoire de France.

Un huguenot convaincu

En bon théologien, il écrivit aussi des traités théologiques pour défendre sa foi maintenant en danger, dont le Traité de l’Eucharistie, qui lui valut de perdre définitivement sa position auprès du Roi.

Son engagement auprès de ce qu’il appelait “la vraie religion”, c’est-à-dire la foi réformée, était sincère et total et l’on raconte que, déjà à 14 ans, il était le seul élève de son collège qui refusa de se mettre à genoux devant le “Saint Sacrement”.

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Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à l'Université Catholique de Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas D'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leur petit Thomas.

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