Pédobaptême et éducation des enfants
27 février 2019

Ici, j’aimerai décrire quelques conséquences que j’ai pu observer dans ma façon de penser qui ont été entrainées par le pédobaptisme. Je vous les partage car je pense que plusieurs d’entre elles peuvent être acceptée même si l’on rejette tout ce que j’ai dit jusque maintenant. Simplement, elles me semblent plus cohérente avec le pédobaptisme.

L’ÉDUCATION DES ENFANTS

Considérer que Dieu a fait une promesse spécifique à nos enfants, leur donnant un droit d’admission dans son Église transforme notre conception de l’éducation. Le but de l’éducation n’est pas de sauver les apparences ou de faire en sorte que l’enfant ait une moralité passable jusqu’à ce qu’il puisse enfin « se convertir ».

L’éducation est un moyen établi par Dieu par lequel il peut donner ou faire grandir la foi de l’enfant. Celui-ci ne passera pas nécessairement par une crise et peut donc apprendre, dès l’enfance, à prier avec nous « Notre Père ». Non pas juste « Ton Père à toi papa qui sera le mien quand je me serai converti », l’enfant est déjà dans une relation privilégiée avec le Père.

Pareillement, si deux enfants se blessent et pèchent l’un contre l’autre, l’éducation d’un enfant chrétien ne consistera pas à dire « pardonne ton frère parce que c’est bien » mais « pardonne ton frère comme Dieu nous a pardonné en Christ ». Lorsque l’on rappelle à l’enfant ses devoirs, on ne lui dit pas simplement « obéit à tes parents car cela est bien », on peut lui présenter le commandement de l’alliance et la bénédiction de l’alliance : « honore ton père et ta mère afin que tu sois heureux et que tu vives longtemps sur la terre » (Eph 6 :3, Dt 5 :16, Ex 20 :12).

Ce que je dis ici ne concerne pas principalement les mots que l’on utilise, mais la façon globale dont on considère l’éducation. L’enfant n’est pas un païen à convertir, il est un fils de l’alliance dans laquelle Paul puise les préceptes pour les instruire dans ses lettres. L’enfant obéit « dans le Seigneur » (Col 3 :20), et l’on sait combien cette expression est riche en signification dans les épitres de Paul. Il s’agit d’une relation d’alliance avec le Seigneur. « Dans le Seigneur » ou « en Christ » sont des expressions courantes chez Paul, de telle sorte que leur signification est sans équivoque, il s’agit bien d’une relation qu’un païen ne connait pas.

Est-ce que cela veut dire qu’il ne faut pas prêcher l’Évangile et la repentance à l’enfant ? Quelle folie ! Toute sa vie sera bâtie sur l’Évangile. Il faut prêcher l’Évangile à tout le monde, même (surtout ?) aux chrétiens (Romains 1 :15). Car la repentance et la foi ne sont pas des réalités faites pour la « conversion », ce sont des réalités quotidiennes. La conversion dans la Bible n’est pas une journée où tout change mais une repentance quotidienne. Tous les jours je dois me détourner de mes péchés et tous les jours je sais que Dieu m’accueille comme un bon Père, grâce à l’œuvre du Fils.

Ainsi, un réformé n’élève pas l’enfant comme un païen mais, en appliquant un jugement de charité, l’élève comme ce qu’il est, un chrétien en lui annonçant et rappelant la Bonne Nouvelle, en lui apprenant à prier son Père, en lui déclarant qu’il doit obéir dans le Seigneur et en lui annonçant les bénédictions de l’alliance.

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs deux enfants et sont moniteurs de la méthode Billings.

2 Commentaires

  1. Nat

    Le statut de l’enfant de parents chrétiens ne peut pas être subordonné à l’administration ou non d’un signe.
    Dans les faits, les enfants de parents pedo ou credo baptistes sont éduqués de la même manière, c’est-à-dire dans la crainte de l’Éternel LEUR Dieu. Comme tout autre, ils ont besoin de la croix. Si on croit à l’élection, l’une ou l’autre des positions n’aura aucune influence sur le choix déjà fait par Dieu de toute éternité et de sa grâce qu’il déverse sur les enfants baptisés ou non…
    Sauf à être sacramentaliste, les nourrissons baptisés ne partent pas avec une longueur d’avance sur les autres et ne sont pas plus bénis…
    Ayons la sagesse de penser qu’on ne peut pas clore un débat vieux de 500 ans (avec de grands théologiens de chaque bord), et comme disait le réformateur : il y a des doctrines de moindre importance…

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    • Maxime N. Georgel

      Bonjour,

      Je n’ai jamais soutenu que le statut de l’enfant dépendait de son baptême. En fait, j’ai même dit l’inverse : c’est parce que l’enfant a déjà un certain statut qu’il doit être baptisé. Je ne soutiens donc pas plus que les nourrissons baptisés partent avec une longueur d’avance en raison de leur baptême. Mais il parte avec une promesse qui légitime leur baptême.

      Je ne vois pas en quoi ne pas clore un débat serait une preuve de sagesse. Un désaccord et un refus de trancher n’est pas un signe de sagesse, surtout quand le débat est « récent » dans l’histoire de l’Église. Ce qu’il faut regarder, ce sont les arguments et non pas le fait qu’il y ait tel ou tel théologien de chaque côté. La diversité d’opinion et la qualification des personnes de chaque côté du débat ne nous apprend pas que nous ne pouvons pas trouver la solution mais nous apprend que 1) il est difficile de la trouver, il faut étudier sérieusement et 2) il a plusieurs fausses routes à éviter et il faut donc être prudent lors de notre étude. Mais difficulté ne veut pas dire impossibilité. Face à la difficulté, il y a deux attitudes possibles : la persévérance, motivée par l’amour de la vérité ou la résignation du sceptique, empreinte de doute.

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