Notre médiateur avec Dieu [Q18 Heidelberg]
22 mars 2019

18. Mais qui est maintenant ce Médiateur, qui est à la fois un vrai Dieu et un vrai homme sans péché ?

A. Notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous est donné gratuitement pour la rédemption complète et la justice.

EXPOSITION :

Nous avons maintenant montré quel type de médiateur nous devons avoir. La prochaine question qui mérite notre attention est : Qui est ce Médiateur ? Nous prouvons que ce Médiateur est Jésus Christ, le Fils de Dieu, manifesté dans la chair, par ces considérations :

  1. Il appartient au Médiateur d’être vraiment Dieu, comme cela a été démontré. Dieu le Père, cependant, ne pourrait pas être le Médiateur, parce qu’il n’agit pas par lui-même mais par le Fils et le Saint-Esprit. Le Père n’est pas non plus un messager, car il n’est envoyé par personne, mais il envoie lui-même le Médiateur. L’Esprit Saint ne pouvait pas non plus être le Médiateur, car il devait être envoyé par le Médiateur dans le cœur des élus. Par conséquent, seul le Fils est ce Médiateur.
  2. Il fallait que le Médiateur ait ce qu’il s’apprêtait à nous confier. C’était à lui de nous conférer le droit et le titre de fils de Dieu, que nous avions perdus ; […]
  3. […]. Le Médiateur devait aussi être un messager et un artisan de paix entre Dieu et nous, et nous régénérer par l’Esprit Saint. Par conséquent, seul le Fils est ce Médiateur.
  4. Il appartient au Médiateur d’envoyer immédiatement l’Esprit Saint. Mais c’est le Fils seul qui envoie ainsi le Saint-Esprit. Le Père envoie effectivement le Saint-Esprit, mais c’est par le Fils. Le Fils envoie l’Esprit immédiatement du Père, comme il le déclare lui-même : « Que je t’enverrai du Père. » (Jean 15:26)
  5. Il appartenait au Médiateur de souffrir et de mourir. Mais aucune des personnes de la divinité ne pouvait souffrir et mourir, sauf le Fils, qui a assumé notre nature. « Dieu s’est manifesté dans la chair. » « Christ a été mis à mort dans la chair. » (1 Tim. 3:16 ; 1 Pet. 3:18) Par conséquent, le Fils est le Médiateur.
  6. Le fait que le Fils soit le Médiateur peut être prouvé par une comparaison des prophéties de l’Ancien Testament avec leur accomplissement dans le Nouveau Testament.
  7. Les œuvres et les miracles du Christ établissent ses prétentions à la fonction de Médiateur. « Les oeuvres que je fais, témoignent de moi, que le Père m’a envoyé. » « Croyez le travail. » « Quand le Christ viendra, il fera plus de miracles que ceux-ci. » « Va montrer à Jean ce que tu entends et vois. Les aveugles recouvrent la vue », etc. (Jean 5:36 ; 10:38 ; 7 ; 31 ; Matt. 11:4, 5)
  8. Par ces témoignages clairs de l’Écriture : « Il y a un médiateur entre Dieu et l’homme, l’homme Jésus-Christ. » « C’est à cause de lui que tu es en Jésus-Christ, qui est devenu pour nous la sagesse de Dieu, c’est-à-dire notre justice, notre sainteté et notre rédemption « , c’est-à-dire qu’il nous est fait maître de sagesse, justificateur, sanctificateur et rédempteur, ce qui revient à dire qu’il est à la fois Médiateur et Sauveur, par son mérite et son efficacité, car dans cette déclaration de l’apôtre, l’abstrait est mis au concret (1 Tim 2.5 ; 1 Cor.1.30).

Il est digne de mention que le Médiateur nous a été donné par Dieu, ce qui signifie qu’il a été nommé et qu’il a été donné. Le Médiateur aurait dû être donné par nous, et procéder de nous, parce que nous avions péché. Mais nous n’avons pas été capables de donner un Médiateur, dans la mesure où nous étions tous des enfants de la colère. Il était donc nécessaire qu’il nous soit donné par Dieu.

Il est également digne de mention que la justice et la sainteté étaient une seule et même chose en nous avant la chute, à savoir : une conformité inhérente à Dieu et à la loi divine, comme c’est maintenant le cas chez les saints anges. Depuis la chute, cependant, ce n’est plus la même chose en nous. Car, maintenant, Christ est notre justice ; et notre justification consiste en l’imputation de sa justice, par laquelle nous sommes comptabilisés juste devant Dieu. La sainteté est le commencement de notre conformité avec Dieu, tandis que la sanctification est la continuation de cette conformité avec Dieu, qui dans cette vie est imparfaite, mais qui sera pleinement parfaite dans la vie à venir ; quand la justice et la sainteté seront à nouveau la même chose en nous, comme elles le sont maintenant chez les saints anges. La somme et la substance de l’ensemble de la doctrine du Médiateur sont contenues dans ce qui suit.

CONCERNANT LE MÉDIATEUR

La doctrine du Médiateur, intimement liée à la gloire de Dieu et à notre confort, doit être soigneusement examinée pour les raisons suivantes :

  1. Pour que nous puissions reconnaître et magnifier la miséricorde de Dieu, en ce qu’il a donné son Fils pour qu’il soit notre Médiateur, et qu’il nous offre un sacrifice pour nos péchés.
  2. Afin que nous sachions que Dieu est juste, dans la mesure où il ne le voulait pas, par clémence, pardonner le péché ; mais il en était si mécontent qu’il ne le remettrait pas, si ce n’était par la mort de son Fils qui le satisfaisait.
  3. Pour que nous soyons assurés de la vie éternelle, en ayant un Médiateur qui soit à la fois disposé et capable de nous l’accorder.
  4. Parce que la doctrine du Médiateur est le fondement et la substance de la doctrine de l’Église.
  5. A cause des hérétiques, qui s’opposent à tout moment, avec une grande amertume, à cette doctrine ; et qu’ayant une bonne connaissance de celle-ci, nous puissions la défendre contre toutes leurs attaques.

[…]. Les principaux éléments à prendre en considération à l’égard du médiateur sont les suivants :

  1. Qu’est-ce qu’un médiateur ?
  2. Avons-nous besoin d’un médiateur ?
  3. Quel est son office ?
  4. Quel genre de médiateur devrait-il être ?
  5. Qui est-il ? Qui est-ce ?
  6. Peut-il y avoir plus d’un médiateur ?

1. CE QU’EST UN MÉDIATEUR

Un médiateur, en général, signifie celui qui réconcilie deux parties en désaccord, en s’interposant et en pacifiant la partie offensée, en implorant, en satisfaisant et en donnant la garantie que la même infraction ne sera plus commise. […] Cela inclut:

  1. Intervenir en faveur du coupable auprès de l’offensé.
  2. De faire satisfaction pour la blessure faite.
  3. Promettre et faire en sorte que la partie fautive ne répète pas l’infraction.
  4. Rassembler les parties en désaccord.

Si l’une ou l’autre de ces conditions fait défaut, il ne peut y avoir de véritable réconciliation.

Mais en particulier, et comme ici appliqué au Christ, un Médiateur est une personne réconciliant Dieu, qui est en colère contre le péché, et le genre humain exposé à la mort éternelle à cause du péché, en donnant satisfaction à la justice divine par sa mort, en intercédant pour les coupables et en appliquant, en même temps, ses mérites par la foi à ceux qui croient, les régénérant par son Esprit Saint, leur faisant ainsi passer pour cesser de pécher ; et finalement en entendant les plaintes et prières des gens qui lui demandent. Ou bien, un Médiateur est un pacificateur entre Dieu et les hommes, apaisant la colère de Dieu, et restaurant les hommes à sa faveur, en intercédant et en donnant satisfaction à leurs péchés, en faisant en sorte que Dieu aime les hommes, et que les hommes aiment Dieu, afin qu’une paix constante et éternelle ou un accord s’effectue entre eux.[…]

2. DE SI NOUS AVONS BESOIN D’UN MÉDIATEUR AVEC DIEU

Que nous avons besoin d’un médiateur, c’est évident.

  1. Parce que la justice de Dieu n’admet aucune réconciliation sans un retour en sa faveur. Un avocat est donc nécessaire. […]
  2. Dieu a exigé un médiateur de la partie qui avait commis l’infraction. En tant qu’Etre divin, il ne pouvait pas recevoir satisfaction de lui-même.[…] Un tel Médiateur, cependant, nous ne pouvions absolument pas le trouver parmi nous, parce que nous étions tous des enfants de la colère. Il était donc nécessaire qu’une tierce personne vienne en tant que Médiateur, qui devait être donnée par Dieu, et qui serait vraiment homme, et en même temps très acceptable pour Dieu.
  3. Il est nécessaire que ceux qui veulent obtenir la délivrance fassent satisfaction à la justice de Dieu, soit par eux-mêmes, soit par un autre. Ceux qui ne peuvent pas se satisfaire de cette satisfaction ont besoin d’un médiateur. Il est exigé de nous maintenant, si nous voulons obtenir la délivrance du péché, de satisfaire la justice de Dieu soit par nous-mêmes, soit par un autre. Mais nous ne sommes pas en mesure d’y parvenir par nous-mêmes. Nous avons donc besoin d’un médiateur. […]

3. CE QU’EST L’OFFICE DU MÉDIATEUR

Il appartient au Médiateur de traiter avec les deux parties, les offensés et les offensants. C’est ainsi que le Christ a exercé la fonction de Médiateur, en traitant avec chaque partie.

Avec Dieu, le parti offensé, Il fait ces choses :

  1. Il intercède pour nous auprès du Père et prie pour que notre péché ne soit pas mis à notre charge.
  2. Il s’offre comme une satisfaction en notre nom.
  3. Il fait cette satisfaction en mourant pour nous, et en endurant une punition suffisante pour répondre à notre situation, certes limitée dans le temps, mais infinie dans sa dignité et sa valeur.
  4. Il devient notre garantie que nous n’offenserons plus Dieu par nos péchés. Sans cette caution, l’intercession n’a pas sa place, pas même chez les hommes, encore moins chez Dieu.
  5. Il accomplit pleinement cette promesse en nous en nous donnant son Esprit Saint et la vie éternelle.

Avec nous, en tant que partie offensante, Il fait ces choses :

  1. Il se présente à nous comme le messager du Père, nous révélant ceci, sa volonté, qu’il se présente comme notre Médiateur, et que le Père accepte de sa satisfaction.
  2. Il fait cette satisfaction, et il nous l’accorde et nous l’applique.
  3. Il nous donne la foi en nous, en nous donnant l’Esprit Saint, afin que nous puissions embrasser, et non rejeter ce bien qui nous est offert ; car il ne peut y avoir de réconciliation sans le consentement de chacun : « Il travaille en nous à la fois la volonté et l’action. » (Phil. 2:13)
  4. Il nous la donne par le même Esprit que celui avec lequel nous cessons de pécher et commençons une nouvelle vie.
  5. Il nous préserve dans cet état de réconciliation par la foi et une nouvelle obéissance, et nous défend contre le diable, et tous les ennemis, même contre nous-mêmes, de peur que nous ne tombions.
  6. Enfin, Il nous ressuscitera d’entre les morts et nous glorifiera, c’est-à-dire qu’Il perfectionnera le salut commencé, et les dons que nous avons perdus en Adam, ainsi que ceux qu’Il a mérités pour nous.

Toutes ces choses que le Christ fait, obtient et perfectionne, non seulement par ses mérites, mais aussi par son efficacité. On dit donc de lui qu’il est un Médiateur, à la fois en mérite et en efficacité, parce qu’il ne le fait pas seulement par son sacrifice pour nous, mais qu’il nous confère aussi, en vertu de son Esprit, ses bienfaits, qui consistent en la justice et la vie éternelle, selon ce qui est dit : « Je donne ma vie pour les moutons. » « Je leur donne la vie éternelle. » « De même que le Père a la vie en lui-même, de même il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. » « Comme le Père ressuscite les morts et les vivifie, ainsi le Fils vivifie qui il veut. » (Jean 10:15, 28 ; 5:21, 46)

Il y a beaucoup de bienfaits compris dans la fonction de médiateur, car Dieu l’a instituée dans le but d’accorder des bénédictions à l’Église. Paul comprend ces bénédictions très brièvement en quatre termes généraux, lorsqu’il dit : « Mais vous êtes de lui dans le Christ Jésus, qui, de Dieu, nous a été fait sagesse, justice, sanctification et rédemption ». (1 Cor. 1:30) Il est fait pour nous sagesse,

  1. Parce qu’il est la matière et le sujet de la sagesse que nous possédons. « J’ai décidé de ne rien savoir d’autre parmi vous que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié. » « Nous prêchons le Christ crucifié, pierre d’achoppement pour les Juifs, et de folie pour les Grecs ; mais à ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, le Christ, puissance de Dieu, et sagesse de Dieu ». 51 Cor. 2:2; 1:24)
  2. Parce qu’il est la cause de notre sagesse, et cela de trois manières ; parce qu’il l’a apportée du sein du Père – instituée et qu’il conserve le ministère de la Parole, par lequel il nous instruit sur la volonté du Père et sa fonction de Médiateur ; et, enfin, parce qu’il agit efficacement dans le cœur des élus, pour qu’ils se rallient à cette doctrine, et soient rénovés à l’image de Dieu. En un mot, le Christ est notre sagesse, parce qu’il est le sujet, l’auteur et le médium.

Il est notre justice, c’est-à-dire notre justification. Notre justice est en lui comme en son sujet, et il nous la donne lui-même par son mérite et son efficacité.

Il est notre sanctification, c’est-à-dire notre sanctificateur, parce qu’il nous régénère et nous sanctifie par l’Esprit Saint.

Il est notre rédemption, c’est-à-dire notre rédempteur, parce qu’il nous délivre enfin : car la parole qui est ici traduite rédemption, ne signifie pas seulement le prix, mais aussi l’effet et la consommation de notre rédemption.

4. QUEL GENRE DE MÉDIATEUR IL DEVAIT ÊTRE

[…]En réponse à cette question, nous répondrions que notre Médiateur doit être un homme – vraiment un homme, qui tire sa nature de notre race et la conserve à jamais – un homme parfaitement juste, et même Dieu. En un mot, il doit être une personne théanthrope, ayant à la fois la nature divine et humaine, dans l’unité de sa personne, afin d’être vraiment une personne intermédiaire, et un médiateur entre Dieu et les hommes.[…]

5. QUI EST CE MÉDIATEUR, QUI EN UNE PERSONNE EST À LA FOIS DIEU ET HOMME

Jusqu’à présent, on a parlé du Médiateur comme du Fils de Dieu, notre Seigneur Jésus-Christ, comme nous l’avons montré dans la dix-huitième question du Catéchisme.

La somme et la substance de ce que nous devons croire par rapport à ce sujet est ceci, que les Écritures attribuent en même temps ces trois choses au Christ, et à lui seul :

  1. D’abord, qu’il est Dieu. « La Parole était Dieu. » « Toutes choses ont été faites par lui. » « L’Église de Dieu, qu’il a achetée de son propre sang. » « Qui a été déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l’Esprit de sainteté. » « Il y en a trois qui portent témoignage dans les cieux, le Père, la Parole et le Saint-Esprit, et ces trois-là sont un. » (Jean 1:1 ; Actes 20:28 ; Rom 1:4 ; 1 Jean 5:7). À ces déclarations des Écritures, nous pouvons ajouter celles qui attribuent au Christ le culte divin, l’invocation, l’écoute de la prière et les œuvres qui sont propres à Dieu seul. Ces passages qui attribuent au Christ le nom de Jéhovah, sont aussi dans le point. (Jer. 23:6 ; Zach. 2:10 ; Mal. 3:1). On peut dire la même chose des déclarations des Écritures qui se réfèrent au Christ, les choses que Jéhovah a dites dans l’Ancien Testament. (Is 9:6 ; Jean 12:40, etc.)
  2. Qu’il est vraiment homme. L’humanité du Christ est prouvée par ces déclarations de l’Écriture qui affirment qu’il était homme, le Fils de l’homme, le fils de David, le fils d’Abraham, etc. (1 Tim. 2:5 ; Matt. 1:1 ; 9:6 ; 16:13) Aussi, ceux qui déclarent qu’il a été fait de la semence de David selon la chair, qu’il avait un corps de chair, et est venu en chair. (Rom. 1:3 ; Col. 1:22 ; 1 Jean 4:2) La même chose est également prouvée par les passages qui attribuent au Christ des choses propres à l’homme : croître, manger, boire, être ignorant, fatigué, se reposer, être circoncis, être baptisé, pleurer, se réjouir, etc.
  3. que ces deux natures en Christ constituent une seule personne. Ces déclarations de l’Écriture sont ici en question, qui attribuent, par la communication des propriétés, à la personne du Christ, ce qui est propre à la nature divine, ou humaine. « Le Verbe s’est fait chair. » « Il a pris sa part de chair et de sang. » « Avant qu’Abraham soit, je suis. » « Je suis toujours avec vous, jusqu’à la fin du monde. » « Dieu nous a parlé en ces derniers jours par son Fils, par qui aussi il a fait le monde. » « Jésus Christ est venu en chair et en os. » « Qui est au-dessus de tout, Dieu béni à jamais. » « S’ils l’avaient su, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de la Gloire. » (Jean 1:14 ; Hébreux 2:14 ; Jean 8:38 ; Matthieu 28:20 ; Hébreux 1:1, 2 ; 1 Jean 4:3 ; Rom. 9:6 ; 1 Co 2:8)

6. S’IL PEUT Y AVOIR PLUS D’UN MÉDIATEUR

Il n’y a qu’un seul Médiateur entre Dieu et l’homme. La raison en est que personne d’autre que le Fils de Dieu ne peut exercer la fonction de Médiateur ; et comme il n’y a qu’un seul Fils naturel de Dieu, il ne peut y avoir plus d’un Médiateur.[…]

Étienne Omnès

Mari, père, appartient à Christ. Les marques de mon salut sont ma confession de foi et les sacrements que je reçois.

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