Vos enfants mangent-ils ?
8 juillet 2019

Paul nous dit en 2 Thessaloniciens 3:10 : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus. »

La logique est simple, celui qui ne travaille pas ne doit pas manger. Une condition à remplir qui ouvre l’accès à un droit. Paul dit cela pour combattre une fausse doctrine poussant à la passivité. Pourtant, personne n’interdit aux enfants (ou aux chômeurs) de manger. Pourquoi ? Car ils sont en incapacité physique de remplir la condition.

Lorsqu’un baptiste répond à un réformé que l’enfant ne doit pas être baptisé car il ne peut pas professer la foi, c’est comme s’il lui disait que l’enfant ne doit pas manger parce qu’il ne peut pas travailler. En effet, l’argument se base sur une incapacité physique à remplir la condition exigée pour les adultes. Cette exigence est injuste et inadaptée dans le cas des enfants, le bon sens nous l’apprend. Il n’est pas nécessaire de préciser « sauf dans le cas des enfants » pour la question de la nourriture, pourquoi le serait-il dans le cas du baptême ?

La raison pour laquelle on pense que le raisonnement est valide dans un cas et invalide dans l’autre vient de présupposés à questionner sur ce qu’est le baptême. On le considère avant tout comme un acte humain là où il est bien plutôt un symbole visible d’une promesse de Dieu (Actes 2:38,39, Rom 4:11, Col 2:11,12). Ce symbole doit être appliqué à tous ceux qui font partie de l’Eglise visible de Dieu. Dire aux enfants, membres de l’Eglise visible, qu’ils ne peuvent pas le recevoir parce qu’ils ne peuvent pas professer c’est leur appliquer une condition injuste.

Bien-sûr, je sais que les baptistes ont d’autres raisons de rejeter le pédobaptême. Néanmoins, je pense qu’un baptiste devrait abandonner cet argument car il relève d’un raisonnement dont l’invalidité est manifeste dès lors qu’on le transpose dans d’autres domaines, comme celui du travail. On ne peut jamais se baser sur l’incapacité (physique et non pas morale) d’une personne pour le priver d’un droit. Ce serait comme dire « pas de bras, pas de chocolat ». C’est injuste.

Maxime Georgel

Maxime est étudiant en médecine à Lille. Fondateur du blog Parlafoi.fr, il se passionne pour la théologie systématique, l'histoire du dogme et la philosophie réaliste. Vous entendrez souvent dans sa bouche "Thomas d'Aquin", "Jean Calvin" et "Vive la scolastique". Il affirme être marié à la meilleure épouse du monde. Ils vivent ensemble sur Lille avec leurs deux enfants et sont moniteurs de la méthode Billings.

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Le baptême ne peut être administré que par un pasteur ou quelqu’un qui en a une commission. Dès le seizième siècle, le baptême administré par celui qui n’a aucune vocation ni commission est considéré comme nul. Dans le contexte d’alors, cela signifiait que l’on acceptait les baptêmes faits par des prêtres catholiques, mais qu’on rejetait ceux qui étaient faits par des moines, des proposants [élèves pasteurs] ou simples particuliers. Détail amusant : la plupart des gens au début du dix-septième siècle arrivaient jusqu’à la vieillesse sans autre baptême que celui qui était fait par les sages-femmes, considéré comme nul, ce qui a posé un problème particulier au synode de la Rochelle 1607. Par ailleurs, il ne suffit pas d’être docteur: c’est bien le statut de pasteur qui permet d’administrer les sacrements, et celui-là seul.

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