La différence entre l'Eglise et les autres religions et la philosophie [Intro Heidelberg]
6 décembre 2019

Les prolégomènes généraux, concernant la doctrine de l’église se décompensent en cinq questions

  1. Qu’est ce que la doctrine de l’Église ?
  2. Quelles en sont les parties et en quoi ces parties diffèrent-elles les unes des autres?
  3. En quoi la doctrine de l’Église diffère-t-elle de celle des diverses religions, sectes, et de la philosophie, et pourquoi ces distinctions devraient être gardées ?
  4. Quelles sont les preuves de la vérité de cette doctrine ?
  5. Quelles sont les différentes méthodes d’enseignement et d’étude de cette doctrine ?[…]

En quoi la doctrine de l’Eglise diffère-telle de celle des autres religion et philosophiques, et pourquoi ces distinctions doivent être gardées ?

Il y a quatre différences entre les doctrines de l’église et celle des autres religions :

  1. La doctrine de l’Eglise a Dieu pour auteur, à partir duquel elle a été transmise par les prophètes et les apôtres.  Les autres religions viennent des hommes par la suggestion des démons.
  2. Seule la doctrine de l’Eglise a le témoignage divin en sa faveur, certain et infaillible, qui apaise les consciences et convainc d’erreur les autres sectes.
  3. Dans l’Eglise, la Loi de Dieu est conservée entière et sans corruption. Les autres religions et sectes mutilent ou corrompent la Loi de Dieu. En effet, elles rejettent complètement la reconnaisance de la doctrine de la Première Table au sujet du vrai Dieu et son culte. Elles imaginent un autre Dieu que celui qui a révélé sa parole et ses œuvres à l’Eglise et cherchent à connaître Dieu en dehors du Fils, ou rendent un culte à Dieu qui est différent de celui qui est prescrit dans la Parole. Elles ignorent carrément l’obéissance spirituelle et intérieure de la seconde table. Quant aux choses bonnes ou vraies que possèdent encore ces religions, peu importe lesquelles, elles ne sont qu’une partie des préceptes de la Seconde Table, qui concernent la discipline extérieure, ou les devoirs civils quant aux hommes.
  4. Dans l’Eglise seule, l’évangile de Christ est enseigné entièrement et selon sa droite compréhension. Quant aux différentes sectes, soit elles rejettent et ignorent ouvertement celui-ci, comme les ethniques, les philosophes, les juifs, les turcs ; ou alors elles ajoutent quelques erreurs à elle dans ce qu’elles ont détourné de la doctrine des apôtres, tels les Ariens, les papistes, les anabaptistes et tous les hérétiques, qui font erreur soit sur la personne, soit sur l’office de médiateur de Christ.

Ces grandes différences montrent que seule la doctrine de l’Eglise doit être enseignée et maintenue. Quant aux autres sectes et doctrines, elles sont combattues comme des mensonges dont il faut se méfier et fuir, comme lorsqu’il est écrit : « Gardez–vous des prophètes de mensonge » et «gardez–vous des idoles. » (Matthieu 7.15 et 1 Jean 5.21) 

Il en va autrement pour la philosophie. En effet la vraie philosophie – même si, en elle-même, elle diffère beaucoup de la doctrine de l’Eglise- ne s’oppose pas à celle-ci, ni n’est un mensonge, comme le sont les fausses doctrines des sectes. Mais elle est vraie, et pour ainsi dire un certain rayon de la sagesse de Dieu, qui fait son impression sur l’esprit des homme par la Création. Elle est en effet la doctrine au sujet de Dieu et des créatures et d’autres choses bonnes et utiles aux genre humain, à partir de la lumière naturelle et des signes extraits par les sages à partir des principes de la nature. D’où il suit qu’il est non seulement légitime, mais également utile pour un chrétien de faire de la philosophie, alors qu’au contraire il est illicite d’étudier les doctrines des autres sectes, au contraire il faut les fuir comme les mensonges du Diable en personne.

Cependant la Philosophie et la doctrine de l’Eglise diffèrent surtout sur ces points :

  1. Sur les principes. La Philosophie est toute naturelle et est extraite et confirmée à partir des signes de la nature. Dans la doctrine de l’Eglise il y a encore beaucoup de choses naturelles. Cependant une partie de son contenu –ne serait-ce que l’Evangile- précède et dépasse la nature, au point où à moins que le Fils ne nous révèle son Père, aucune connaissance humaine ou angélique ne pourrait le trouver.
  2. Quant au sujet. La doctrine de l’Eglise contient les paroles complètes et sans corruption de la Loi et de l’Evangile. La Philosophie ignore carrément l’Evangile, et omet une partie du contenu de la Loi. Dans celle-ci, elle retient et expose un peu de disciplines et des devoirs extérieurs à partir de la loi divine, de façon imparfaite et obscure. Cependant elle enseigne des arts et sciences de la vie humaine utiles, comme la logique, la physique, et les mathématiques qui ne sont pas enseignée dans la doctrine de l’Eglise, mais qui enseignent et apprennent des choses utiles à avoir.
  3. Dans l’effet. Seule la Doctrine de l’Eglise dévoile la source de tous les maux et misères de l’homme, notamment la Chute et la Désobéissance de nos premiers parents, appelé aussi le Péché. Au contraire, la Philosophie ignore la cause de notre mal, et ne comprend ni ne garantit aucun vrai confort.

La Philosophie a certaines consolations communes avec la théologie, qui sont la providence de Dieu, la nécessité d’obéir à Dieu, la bonne conscience, la dignité des vertus, les causes finales de celles-ci, l’exemple des autres, les espèces de récompenses, la comparaison d’évènement où le petit malheur est comparé au grand, et remis à juste place. Mais les vraies consolations du péché et de la mort sont propres à l’Eglise, sans aucun doute : le rachat gratuit des péchés par et pour le Christ, la grâce et la présence de Dieu dans le malheur, la libération finale et la vie éternelle.

D’où il en sort que la vraie philosophie est imparfaite par rapport à la théologie et qu’elle est déficiente en ce qu’elle dit. Cependant, elle ne s’oppose jamais à la théologie. Quant aux livres erronés des philosophes, ou ceux qui luttent avec la doctrine de l’Eglise, ou bien les hérétiques qui font appel à la philosophie contre l’Ecriture : de telles choses ne sont pas de la philosophie, mais des arguments vains inventés par les hommes, et qui portent atteinte à la vraie philosophie, comme l’opinion d’Aristote sur l’éternité du monde, celle d’Epicure sur la mortalité de l’âme etc. Ou alors elles sont de la philosophie, mais qui s’accorde de travers avec la théologie.

Ces différences entre la doctrine chrétienne et les autres religions aussi bien que de la philosophie qui doivent être maintenues :

  1. Pour contribuer pleinement à la gloire de Dieu, ce qui ne peut être fait sans qu’on croit en ce qu’il est et ce qu’il veut : il ne faut que nous sachions, et reconnaissions et n’ajoutions quoique ce soit à ses révélations. En effet, il ne faut pas mélanger Dieu avec des idoles, la vérité divine avec les mensonges du Diable, sinon le plus grand outrage est fait à son nom.
  2. Pour ne pas mettre en danger notre salut, ce qui arriverait si nous embrassions les différentes doctrines des sectes ou de la philosophie à la place de la vraie religion.
  3. Pour que notre foi et notre consolation soient rendus plus fermes ce qui arrive si tous voient que la doctrine de l’Eglise est plus parfaite que toutes les autres, qui sont dans notre religion et que les autres désirent parce qu’elle amène au salut, tandis que les autres sont damnés avec leurs sectes, et rejetés de Dieu.

Enfin, nous nous séparons des épicuriens et des académiques, qui méprisent toute religion, et arrache complètement celle-ci, en observant n’importe comment leur religion, tordant ainsi ce que dit l’apôtre « Celui qui est juste en vertu de la foi vivra. » De telles personnes (Epicuriens) sont indignes d’une réfutation. Pour les autres (les Académiciens) ils corrompent les paroles de l’apôtre de façon évidente et sont facilement réfutés.  En effet le pronom « celui » ne signifie pas la foi qu’il s’imagine, mais la vraie foi qui est propre et qui est opposée à la fausse foi, qui n’est pas selon les préjugés liés à la justice des œuvres, et dont le sens est : « Le juste est justifié non selon les œuvres de la loi, mais par la foi seule en Christ, et bien en lui seul, et non un autre. »

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Étienne Omnès

Mari, père, appartient à Christ. Les marques de mon salut sont ma confession de foi et les sacrements que je reçois.

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