L’ultime ironie de Constantin
18 juin 2021

J’ai relayé sur plusieurs articles la défense de l’œuvre de Constantin que fait Peter J. Leithart dans son livre Defending Constantine. Je ne doute pas que malgré cela, il y aura encore beaucoup d’« anti-constantiniens » qui affirmeront qu’être empereur et chrétien n’est pas compatible, et que tout ce qu’a fait Constantin n’est pas à la hauteur de l’Évangile. Dans cet article nous allons voir que les dernières paroles (publiques) de Constantin s’accordent avec eux. Alors qu’il était en voyage vers l’est en vue d’aller conquérir les Sassanides, il tombe malade à Nicomédie. Se doutant qu’il allait bientôt mourir, il demande enfin le baptême. À cette occasion il dit:

Car si c’est la volonté de celui qui est Seigneur sur la vie et la mort, que mon existence soit prolongée, et si je suis ainsi destiné à m’associer avec le peuple de Dieu, et m’unir avec eux en prière en tant que membre de l’Église, je me prescrirais à moi-même un mode de vie conforme à son service.

Vie de Constantin 4.62, cité par Peter J. Leithart, Defending Constantine, p.300

Autrement dit : toutes les prières, toutes les louanges à Dieu, toutes les lois inspirées par le christianisme dont il est à l’origine, tous les efforts pour relever et protéger l’Église, la famille et l’Empire… tout cela n’était pas encore aux yeux de Constantin le vrai service rendu à Dieu, la vraie vie chrétienne. En un sens, Constantin est le premier anti-constantinien. Il mérite donc à tout le moins notre indulgence : lui-même au soir de sa vie n’était pas sûr de sa propre œuvre.

Quant à nous, comme nous le disions dans un article précédent, si nous apprécions le bien qu’il a fait à l’Église de son époque, c’est surtout ce qu’il a permis — l’avènement de la chrétienté — que nous admirons, et pour lequel nous lui sommes reconnaissants, à lui, à la sainte femme qui fut sa mère, et au Seigneur qui l’a fait venir à l’existence.


Illustration : Giovan Francesco Penni, Jules Romain, Le baptême de Constantin, fresque, 1520 (Rome, musées du Vatican).

Etienne Omnès

Mari, père, appartient à Christ. Les marques de mon salut sont ma confession de foi et les sacrements que je reçois.

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