5 avril 2024

Peut-on prier le Saint-Esprit, troisiรจme personne de la Trinitรฉ, au mรชme titre que le Pรจre et le Fils ? Pour les opposants ร  la priรจre au Saint-Esprit, une telle pratique ne serait pas fondรฉe dโ€™un point du vue scripturaire. Or, cette objection mรฉrite dโ€™รชtre discutรฉe et nuancรฉe. En effet, le thรฉologien รฉvangรฉlique D. Glenn Butner, dans son ouvrageย Trinitarian Dogmatics: Exploring the Grammar of the Christian Doctrine of Godย (2022), derniรจre synthรจse de rรฉfรฉrence en matiรจre de thรฉologie trinitaire, dรฉclare, au sujet des priรจres adressรฉes au Pรจre, mais aussi au Fils et ร  lโ€™Esprit (p. 23)ย : ยซ Le Saint-Esprit n’a pas seulement inspirรฉ des cantiques ; il est aussi directement [nous soulignons] invoquรฉ dans les bรฉnรฉdictions des รฉpรฎtres du Nouveau Testament (2 Corinthiens 13,13 ; cf. Romains 15,13)1.ย ยป Examinons les exemples choisis par lโ€™auteur. Pour 2 Corinthiens 13,13, lโ€™Esprit est invoquรฉ au mรชme titre que le Dieu le Pรจre et le Fils : Que la grรขce du Seigneur Jรฉsus-Christ, lโ€™amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous. Paul appelle ainsi le Pรจre ร  rรฉpandre son amour (แผ€ฮณฮฑฯ€แฝต), le Fils ร  prodiguer sa grรขce (ฯ‡แฝฑฯฮนฯ‚) et lโ€™Esprit ร  assurer la communion (ฮบฮฟฮนฮฝฯ‰ฮฝแฝทฮฑ) des croyants. Bien que lโ€™Esprit soit invoquรฉ avec le Pรจre et le Fils, Paul appelle chacune des trois personnes, dont lโ€™Esprit, ร  agir en faveur des fidรจles pour lesquels il proclame cette bรฉnรฉdiction : lโ€™Esprit est ainsi invoquรฉ pour quโ€™il unisse les fidรจles dans la communion. Mais le deuxiรจme passage allรฉguรฉ par D. Glenn Butner (Romains 15,13) semble encore plus probant : Que le Dieu de lโ€™espรฉrance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, afin que vous abondiez dโ€™espรฉrance par la puissance du Saint-Esprit. En utilisant deux infinitifs (ฯ€ฮปฮทฯแฟถฯƒฮฑฮน et ฯ€ฮตฯฮนฯƒฯƒฮตแฝปฮตฮนฮฝ) ร  valeur, respectivement, dโ€™impรฉratif (ฯ€ฮปฮทฯแฟถฯƒฮฑฮน) et de but (ฯ€ฮตฯฮนฯƒฯƒฮตแฝปฮตฮนฮฝ), Paul exprime le souhait fervent de voir Dieu le Pรจre (ฮธฮตแฝนฯ‚) remplir (ฯ€ฮปฮทฯแฟถฯƒฮฑฮน) ses lecteurs de joie et de paix, mais aussi le Saint-Esprit (ฯ€ฮฝฮตแฟฆฮผฮฑ แผ…ฮณฮนฮฟฮฝ) de faire abonder (ฯ€ฮตฯฮนฯƒฯƒฮตแฝปฮตฮนฮฝ) chez eux lโ€™espรฉrance. La valeur proprement jussive de ces deux infinitifs traduit lโ€™appel que lance Paul au Pรจre et lโ€™Esprit afin quโ€™ils agissent favorablement en faveur des croyants.ย 

Si ces deux exemples, certes discrets, indiquent que la priรจre ร  lโ€™Esprit est bien prรฉsente chez Paul, un troisiรจme passage, notamment dans sa rรฉception augustinienne, apparaรฎt comme capital en vue de fonder, dโ€™un point de vue biblique, le principe de la priรจre ร  lโ€™Esprit. En Philippiens 3,3, lโ€™apรดtre Paul dรฉclare, selon les traductions franรงaises usuelles : En effet, nous sommes de la circoncision, car nous rendons un culte ร  Dieu en Esprit et nous nous glorifions dans le Christ Jรฉsus, ne plaรงant pas notre confiance dans la chair. Mais une traduction plus juste serait : En effet, nous sommes de la circoncision, car nous rendons un culte ร  lโ€™Esprit de Dieu et nous nous glorifions dans le Christ Jรฉsus, ne plaรงant pas notre confiance dans la chair. En effet, le syntagme ฯ€ฮฝฮตแฝปฮผฮฑฯ„ฮน ฮธฮตฮฟแฟฆ (ou ฯ€ฮฝฮตแฝปฮผฮฑฯ„ฮน ฮธฮตแฟท selon certains manuscrits) est lโ€™objet du verbe ยซ rendre un culte ยป (ฮปฮฑฯ„ฯฮตแฝปฯ‰), qui rรฉgit le datif ; ฯ€ฮฝฮตแฝปฮผฮฑฯ„ฮน ฮธฮตฮฟแฟฆ nโ€™est donc pas un complรฉment adverbial de ฮปฮฑฯ„ฯฮตแฝปฯ‰. En outre, que ฯ€ฮฝฮตแฝปฮผฮฑฯ„ฮน ฮธฮตฮฟแฟฆ soit lโ€™objet de ฮปฮฑฯ„ฯฮตแฝปฯ‰ est confirmรฉ par la syntaxe : ร  la proposition participale ฮฟแผฑ ฯ€ฮฝฮตแฝปฮผฮฑฯ„ฮน ฮธฮตฮฟแฟฆ ฮปฮฑฯ„ฯฮตแฝปฮฟฮฝฯ„ฮตฯ‚ correspond, en structure parallรจle, le ฮบฮฑฯ…ฯ‡แฝฝฮผฮตฮฝฮฟฮน แผฮฝ ฮงฯฮนฯƒฯ„แฟท แผธฮทฯƒฮฟแฟฆ. Cโ€™est ainsi que lโ€™avait bien compris Augustin dโ€™Hippone lorsque, dans son De Trinitate2, il dรฉclare que certains exรฉgรจtes se mรฉprennent en traduisant ce passage par ยซ nous rendons un culte ร  Dieu en Esprit ยป. Pour Augustin, Paul indique bien quโ€™il est digne de rendre un culte (servireservitus) ร  lโ€™Esprit. Augustin en conclut que lโ€™Esprit nโ€™est pas une simple crรฉature, puisque ยซ tous les chrรฉtiens lui rendent un culte (servitus), conformรฉment ร  la parole de lโ€™apรดtre Paul ยป de Philippiens 3, 3 (cui ab omnibus sanctis talis servitus exhibitur dicente Apostolo). Augustin รฉtablit, avec raison, le culte qui est dรป ร  lโ€™Esprit comme personne divine, au mรชme titre que le Pรจre et le Fils. Or, quโ€™est-ce rendre un culte ร  lโ€™Esprit sinon lโ€™adorer, et donc le prier ? Rappelons simplement, en franรงais, quโ€™ยซ adorer ยป vient du latin adorare, composรฉ de ad– (ยซ vers ยป) et orare (ยซ prier ยป). Mais Augustin, dโ€™une acuitรฉ thรฉologique redoutable, va encore plus loin. Dans ce mรชme passage du De Trinitate, il cite 2 Corinthiens 6,19 : Ou bien ignorez-vous que votre corps est le Temple (ฮฝฮฑแฝนฯ‚) mรชme du Saint-Esprit qui vous a รฉtรฉ donnรฉ par Dieu et qui, maintenant, demeure en vous ? Augustin rรฉpond, ร  lโ€™appui de ce verset, ร  ceux qui estimeraient que lโ€™Esprit nโ€™est pas digne dโ€™รชtre adorรฉ : ยซ Mais ne serait-ce point un blasphรจme et un sacrilรจge que dโ€™oser dire que le chrรฉtien, membre de Jรฉsus-Christ, est le temple dโ€™une crรฉature infรฉrieure ร  Jรฉsus-Christ ? ยป (Quid autem insanius magisque sacrilegum est, quam ut quisquam dicere audeat membra Christ templum esse creaturae minoris secundum ipsos, quam Christum est ?) Augustin a vu juste : de la mรชme maniรจre que Dieu est adorรฉ dans son Temple, le Saint-Esprit est adorรฉ dans le Temple quโ€™est le corps du croyant. Or quโ€™est-ce que le Temple (ฮฝฮฑแฝนฯ‚, templum) sinon un lieu de priรจre et dโ€™adoration ? En consรฉquence, lโ€™Esprit, qui vit dans le croyant mรชme, qui en est le Temple, doit รชtre adorรฉ et priรฉ comme personne divine. Les implications de 2 Corinthiens 6,19 sont, ร  ce titre, dรฉcisives pour la piรฉtรฉ et lโ€™acte liturgique en rรฉgime chrรฉtien.

Nous nous permettrons dโ€™ajouter, aux testimonia avancรฉs par Augustin, la parole de Jรฉsus en Jean 14,16 : Et moi, je prierai le Pรจre, et il vous donnera un autre consolateur (ou Paraclet), afin quโ€™il demeure รฉternellement avec vous. Si donc Jรฉsus est le premier Paraclet et lโ€™Esprit le second Paraclet, pour quelle raison pourrait-on librement prier le premier Paraclet, alors que nous ne pourrions pas adresser nos suppliques au second ? Le second Paraclet โ€“ lโ€™Esprit โ€“ serait-il donc infรฉrieur au premier Paraclet โ€“ le Fils โ€“ au point quโ€™il soit indigne de nos priรจres et de notre adoration ?

Dorรฉnavant, dโ€™un point du vue dogmatique, ceux qui formulent des objections ร  lโ€™รฉgard de la priรจre au Saint-Esprit mรฉconnaissent un principe fondamental de la thรฉologie trinitaire, bien formulรฉ pour la premiรจre fois par Jean Damascรจne : la pรฉrichorรจse, du verbe grec ฯ€ฮตฯฮนฯ‡ฯ‰ฯฮตแฟ–ฮฝ, qui signifie ยซ contenir, inclure ยป. En vertu de ce principe, qui sโ€™appuie sur Jean 10,38 (cf. Jean 14,10 ; 17,21, 23), les trois personnes de la Trinitรฉ sโ€™interpรฉnรจtrent mutuellement3 : le Pรจre est dans le Fils, comme le Fils est dans le Pรจre, lโ€™Esprit est dans le Pรจre, comme le Pรจre est dans lโ€™Esprit, etc. Les personnes divines ne subsistent pas les unes ร  cรดtรฉ des autres, mais subsistent les unes dans les autres de maniรจre insรฉparable. le dogme de la pรฉrichorรจse permet ainsi de mieux affirmer la distinction des personnes divines sans pour autant amoindrir leur unitรฉ consubstantielle. Le dogme de la pรฉrichorรจse a une incidence directe sur la question de la priรจre au Saint-Esprit : quand le croyant adresse sa priรจre au Pรจre, cette priรจre est aussi reรงue par le Fils et lโ€™Esprit. De mรชme, quand le croyant adresse sa priรจre au Fils, cette priรจre est aussi reรงue par le Pรจre et lโ€™Esprit. Enfin, lorsque le chrรฉtien adresse sa priรจre ร  lโ€™Esprit, cette priรจre est aussi reรงue par le Fils et le Pรจre. Ainsi, en vertu de la consubstantialitรฉ divine et de la pรฉrichorรจse, il nโ€™est pas de priรจre qui ne soit accueillie par la totalitรฉ des trois personnes de la Trinitรฉ. En somme, quand nous prions le Pรจre ou le Fils, nous prions aussi lโ€™Esprit. De mรชme, prier lโ€™Esprit ne revient pas ร  le prier seul, ร  lโ€™exclusion du Fils et du Pรจre ; prier et adorer lโ€™Esprit, cโ€™est aussi prier et adorer le Pรจre et le Fils, avec lesquels il partage une mรชme essence divine.

Pour les quelques raisons รฉvoquรฉes ci-dessous, les chrรฉtiens ont trรจs tรดt composรฉ des priรจres au Saint-Esprit ; point nโ€™est besoin dโ€™attendre lโ€™รฉpoque carolingienne โ€” nous pensons au Veni Creator Spiritus โ€” pour voir apparaรฎtre des priรจres en ce sens. Dรจs le deuxiรจme siรจcle, mรชme si elles restent peu frรฉquentes au regard des priรจres au Pรจre et au Fils, des priรจres ร  lโ€™Esprit furent รฉlaborรฉes et rรฉcitรฉes. Reproduisons, par exemple, cette trรจs belle priรจre dโ€™illumination dโ€™Origรจne, adressรฉe directement au Saint-Esprit : ยซ Prions le Seigneur, prions le Saint-Esprit, afin quโ€™il daigne รฉcarter tout nuage, toute tรฉnรจbre, qui, par le fait de nos pรฉchรฉs, pourrait obscurcir notre vue ; quโ€™il nous donne une intelligence spirituelle et merveilleuse de la Loi, selon le mot de celui qui a รฉcrit :  Dessille mes yeux et je contemplerai les merveilles de ta Loi (cf. Psaume 119,18). ยป On pourra รฉgalement citer lโ€™exemple dโ€™Augustin lui-mรชme : ยซ Respire en moi, Saint-Esprit, afin que je pense ce qui est saint. Agis en moi, Saint-Esprit, afin que je fasse ce qui est saint. Attire-moi, Saint-Esprit, afin que jโ€™aime ce qui est saint. Affermis-moi, Saint-Esprit, afin que je garde ce qui est saint. Garde-moi, Saint-Esprit, afin que je ne perde jamais ce qui est saint. ยป

Il nโ€™est pas inutile de rappeler que lโ€™adoration due au Saint-Esprit, qui sโ€™est traduite par la crรฉation dโ€™hymnes et priรจres au cours des premiers siรจcles du christianisme, a รฉtรฉ dรฉfendue de maniรจre vigoureuse par les tenants de lโ€™orthodoxie nicรฉenne, notamment par les Pรจres cappadociens (Basile de Cรฉsarรฉe, Grรฉgoire de Nazianze et Grรฉgoire de Nysse), qui durent parer les objections des pneumatomaques (reprรฉsentรฉs surtout par Macรฉdonius de Constantinople) ; en effet, les pneumatomaques, qui rejetaient simplement la divinitรฉ de lโ€™Esprit, dรฉniaient, logiquement, toute forme dโ€™adoration ou de priรจre ร  lโ€™รฉgard de la troisiรจme personne de la Trinitรฉ. Mais lโ€™hรฉrรฉsie fut condamnรฉe sans appel  au concile de Constantinople de 381. Ainsi, pour le parti orthodoxe, qui sโ€™en tient aux dรฉfinitions dogmatiques de Nicรฉe (325) et de Constantinople (381), lโ€™Esprit est divin au mรชme titre que le Fils et le Pรจre ; en consรฉquence, de la mรชme maniรจre que les chrรฉtiens rendent un culte au Fils et au Pรจre en tant que personnes divines, ils doivent aussi rendre un culte au Saint-Esprit. Par exemple, Basile de Cรฉsarรฉe, dans son traitรฉ Sur le Saint-Esprit4, ne dรฉcรจle aucune raison qui interdirait la priรจre ร  lโ€™Esprit, montrant notamment que la formule doxologique et Filio cum Spiritu sancto โ€“ priรจre adressรฉe ร  รฉgalitรฉ au Pรจre, au Fils et ร  lโ€™Esprit โ€“ est tout aussi fondรฉe dโ€™un point de vue scripturaire que celle, dont abusรจrent malheureusement les Ariens, per Filium in Spiritu Sancto. De mรชme, pour Ambroise de Milan5, les chrรฉtiens doivent non seulement adorer en Esprit, mais ils doivent aussi adorer lโ€™Esprit lui-mรชme. Les Pรจres nicรฉens sont unanimes ร  ce propos.

Finalement, sans sโ€™en rendre compte, ceux qui nient la validitรฉ scripturaire et dogmatique de la priรจre au Saint-Esprit non seulement ravivent la vieille hรฉrรฉsie pneumatomaque โ€“ selon laquelle, prรฉcisรฉment, on ne pouvait adorer ni prier lโ€™Esprit ! โ€“ mais ils rรฉcusent aussi lโ€™orthodoxie nicรฉenne, qui postule la stricte รฉgalitรฉ du Pรจre du Fils et de lโ€™Esprit, trois personnes qui sont, comme le rappelle la confession de foi de la Rochelle de 1559 (chapitre 6), ยซ รฉgales en gloire et en majestรฉ ยป. Or si le Pรจre et le Fils mรฉritent dโ€™รชtre glorifiรฉs, priรฉs et adorรฉs, lโ€™Esprit โ€“ qui nโ€™est pas une simple puissance (virtus) ou crรฉature (creatura) mais une personne divine (persona) โ€“ mรฉrite aussi toute gloire, toute priรจre et toute adoration. Ainsi, bien que la priรจre adressรฉe au Pรจre, par lโ€™intermรฉdiaire du Fils, en communion avec lโ€™Esprit soit plus conforme au tรฉmoignage biblique, la priรจre individuelle ร  lโ€™Esprit, tout comme les priรจres adressรฉes isolรฉment au Pรจre ou au Fils, demeure parfaitement recevable dโ€™un point de vue scripturaire, dogmatique, rationnel et traditionnel.


Nous vous invitons ร  consulter notre page recensant diverses priรจres par thรจme, qui contient notamment dans la catรฉgorie ยซ Requรชtes ยป une priรจre au Saint-Esprit du pasteur rรฉformรฉ Charles Drelincourt (1595-1669) ; รฉgalement cet extrait de Grรฉgoire de Nazianze sur la divinitรฉ du Saint-Esprit, contre les pneumatomaques.

  1. ยซ The Holy Spirit did not only inspire songs; he isย directlyย [nous soulignons] invoked in benedictions in New Testament Epistles (2 Cor. 13:13; cf. Rom. 15:13).ย ยป[]
  2. Augustin, De Trinitate I, 13.[]
  3. D. Glenn Butner parle justement de mutual indwelling.[]
  4. Les chapitres 1 ร  5 notamment.[]
  5. De Spiritu Sancto, III,11-12.[]

Damien Labadie

Philologue, orientaliste et historien des religions (chargรฉ de recherche au CNRS - CIHAM). J'ai enseignรฉ ร  l'Institut catholique de Paris, ร  lโ€™institut al Mowafaqa de Rabat (Maroc), ร  lโ€™universitรฉ de Strasbourg et ร  lโ€™ร‰cole franรงaise de Rome. Jโ€™interviens รฉgalement rรฉguliรจrement ร  la Facultรฉ Jean Calvin (Aix-en-Provence) pour des cours de patristique. Vous pouvez me retrouver sur http://damienlabadie.blogspot.com.

3 Commentaires

  1. Claude lussier

    De plus en plus, je trouve que les รฉcrits de Paul ont une tengeante qui nous ฤ—loigne de la parole du christ. Que ce soit ร  propos de l’argent, de la sexualitฤ— ou de l’image que nous nous faisons de Dieu, Paul apporte des dรฉtails auquel Christ n’a jamais fait allusion. C’est ร  se demander si c’est de la mรชme inspiration.

    Rรฉponse
    • Maxime Georgel

      Puisque
      1) Jรฉsus a annoncรฉ qu’il enverrait son Esprit pour conduire les apรดtres (cf. รฉvangile de Jean) ;
      2) l’รฉvangรฉliste Luc nous rapporte en Actes que Paul a รฉtรฉ personnellement choisi par Jรฉsus ;
      3) et que Pierre tรฉmoigne dans son รฉpรฎtre que l’apostolat de Paul รฉtait reconnu par lui ;
      je suggรจre que si un conflit est perรงu par vous โ€” un lecteur sรฉparรฉ de 2000 ans du Christ โ€” entre les enseignements de Paul et ceux du Christ, il est plus probable que ce conflit provienne d’une mauvaise lecture des รฉvangiles, de Paul ou des deux plutรดt que d’un conflit rรฉel entre les deux.

      Rรฉponse
  2. Romain Girardi

    Merci pour ce vivifiant article ! Tout ร  fait convaincu par cette belle dรฉmonstration, il me reste nรฉanmoins une interrogation majeure: Bibliquement comment expliquer cette discrรฉtion extrรชme ? Les priรจres au Pรจre abondent, celles au Fils sont un peu plus discrรจtes, mais alors celles ร  lโ€™Esprit se rรฉduisent ร  peau de chagrin. Thรฉologiquement, RAS.
    Bibliquement, vous lโ€™avez rappelรฉ, le fait existe mais il est tout de mรชme trรจs marginal ! Alors ne doit-on pas aussi en conclure quelque chose ? Lโ€™Esprit lui-mรชme qui ne rend pas tรฉmoignage de lui mais de Christ semble รชtre une pisteโ€ฆ
    En toute fraternitรฉ,
    Romain Girardi

    Rรฉponse

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