Théodoret de Cyr contre la transsubstantiation
27 mai 2022

Théodoret de Cyr fut évêque de Cyr, en Chypre, au IVe siècle. Il est notamment connu pour avoir participé à la querelle christologique sur la double nature de Christ, dont il représente une étape cruciale dans la formulation du dogme chalcédonien : Jésus est vraiment Dieu sans changement, ni confusion, sans séparation. Dans son ouvrage Dialogues, ou l’Éraniste, Théodoret réfute l’eutychianisme, une erreur christologique qui expliquait le mystère de l’Incarnation en prétendant que la nature humaine s’était « dissoute » dans l’union des deux natures.

Accidentellement, ce débat nous fournit un indice sur la doctrine de la présence de Christ dans la Cène, car Éraniste (l’hérétique) tente de justifier son erreur en invoquant une forme ancienne du dogme de la transsubstantiation. On voit alors Théodoret nier frontalement que la « substance » ne change, ce qui est pourtant le cœur du dogme romain de la transsubstantiation. En sens inverse, sa formulation de la présence de Jésus se rapproche assez de la conception réformée.

Ces paroles sont extraites du discours 2 : Contre la confusion [des deux natures].


Théodoret de Cyr

L’Éraniste — De même que les symboles du corps et du sang du Seigneur sont une chose avant l’invocation sacerdotale, et qu’après l’invocation ils sont changés et deviennent une autre chose, de même le corps du Seigneur après l’assomption est changé en la substance divine.

L’orthodoxe — Vous êtes pris dans le filet que vous avez vous-même tissé. En effet, même après la consécration, les symboles mystiques ne sont pas privés de leur nature propre ; ils restent dans leur substance, leur figure et leur forme antérieures ; ils sont visibles et tangibles comme ils l’étaient auparavant. Mais on les considère comme ce qu’ils sont devenus, on croit qu’ils le sont, et on les vénère comme étant ce qu’on croit qu’ils sont. Comparez donc l’image avec l’archétype, et vous verrez la ressemblance, car le type doit être semblable à la réalité. Car ce corps conserve sa forme, sa figure et sa limite antérieures, en un mot la substance du corps ; mais après la résurrection, il est devenu immortel et supérieur à la corruption ; il est devenu digne d’un trône à la droite du Père ; il est adoré par toute créature comme étant appelé le corps naturel du Seigneur.

Étienne Omnès

Mari, père, appartient à Christ. Les marques de mon salut sont ma confession de foi et les sacrements que je reçois.

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