Recevez avec douceur la Parole de Dieu (1/3)
25 fรฉvrier 2024

Voici la premiรจre partie d’un nouveau sermon sur l’รฉpรฎtre de Jacques. Ce sermon suivra le plan suivant :

1/3 : Notre estime de la Parole

2/3 : Notre รฉcoute de la Parole

3/3 : Notre rรฉception de la Parole


Notre estime de la Parole

Pรฉricope

Sachez-le, mes frรจres bien-aimรฉs. Ainsi, que tout homme soit prompt ร  รฉcouter, lent ร  parler, lent ร  se mettre en colรจre; car la colรจre de l’homme n’accomplit pas la justice de Dieu. C’est pourquoi, rejetant toute souillure et tout excรจs de malice, recevez avec douceur la parole qui a รฉtรฉ plantรฉe en vous, et qui peut sauver vos รขmes.

Jacques 1,19-21

Introduction

(Vous pouvez passer directement au point ยซ Clarification entre Galates et Jacques ยป si vous avez lu les prรฉcรฉdents sermons rรฉcemment, la premiรจre partie ci-dessous รฉtant un rรฉsumรฉ de ces derniers.)

La prรฉdication d’aujourd’hui portera sur lโ€™รฉpรฎtre de Jacques, que nous allons reprendre lร  oรน nous l’avions laissรฉe, c’est ร  dire ร  partir du verset 19, jusqu’au verset 21. C’est un texte court, mais trรจs riche en enseignements pratiques, ร  l’image de toute cette lettre, qui est souvent considรฉrรฉe comme le livre des proverbes du Nouveau Testament.

Beaucoup d’entre vous n’รฉtaient pas prรฉsents lors des prรฉcรฉdentes prรฉdications, et il me semble donc important de reposer briรจvement le contexte de cette lettre, ainsi que les vรฉritรฉs essentielles sur lesquelles nous avons dรฉjร  mรฉditรฉ. Car s’il est vrai que le style de Jacques est trรจs entrecoupรฉ, qu’il aborde des thรจmes trรจs diffรฉrents, souvent sans faire de transition, il y a malgrรฉ tout, au moins dans le dรฉbut de sa lettre, une certaine cohรฉrence, une certaine continuitรฉ qui nous aide ร  mieux comprendre chacun de ces thรจmes.

Commenรงons donc par nous rafraรฎchir la mรฉmoire sur le contexte gรฉnรฉral de cette lettre. Je vous invite pour cela ร  laisser votre Bible ouverte et ร  suivre avec moi les premiers versets, jusqu’au verset 19.

Auteur

Je le disais il y a un instant, l’auteur de cette lettre est Jacques, le frรจre de Jรฉsus. C’est un homme qui a donc eu l’occasion de cรดtoyer le Christ durant tout son ministรจre terrestre, mais qui, tout comme ses autres frรจres, lui รฉtait hostile, et ce n’est que lorsqu’il contempla le Christ ressuscitรฉ que le Saint-Esprit rรฉgรฉnรฉra son cล“ur. Aprรจs cela, il devint un de ses pasteurs principaux de l’ร‰glise, รฉtant ancien dans celle de Jรฉrusalem, oรน il prรฉsida le premier concile. Il รฉtait donc considรฉrรฉ comme l’un des piliers de l’ร‰glise aux cotรฉs de Pierre et de Jean. C’รฉtait un homme d’une grande piรฉtรฉ, dotรฉ d’une foi vivante qu’il mettait en pratique avec zรจle, et qui n’avait de cesse, ร  l’image de cette lettre, d’exhorter ses frรจres et sล“urs ร  en faire de mรชme. L’historien Eusรจbe de Cรฉsarรฉe รฉcrivit qu’il mourut en martyr, jetรฉ dans le vide du sommet du Temple ร  Jรฉrusalem. Mais le plus important ร  retenir pour nous ร  propos de Jacques, c’est qu’il รฉtait un juif endurci dont le cล“ur fut transformรฉ par le Saint-Esprit, le rendant capable de se prรฉsenter avec humilitรฉ au premier verset de sa lettre comme le serviteur de Dieu et du Seigneur Jรฉsus-Christ.

Destinataires

Il se prรฉsente ainsi ร  ses destinataires qu’il dรฉcrit comme รฉtant les douze tribus qui sont dans la dispersion. Il dรฉsigne par cette expression un ensemble d’ร‰glises locales, en Asie mineure, parmi lesquelles sa lettre รฉtait destinรฉe ร  circuler pour y รชtre lue publiquement. C’est pour cette raison que les problรฉmatiques et les exhortations que Jacques leur adresse sont communes ร  tous les chrรฉtiens, et non spรฉcifiques ร  une ร‰glise en particulier comme c’est le cas d’autres รฉpรฎtres du Nouveau Testament, comme celles de Paul aux Galates ou aux Corinthiens par exemple.

Thรจmes prรฉcรฉdemment abordรฉs

La perseverence

Le contexte social et historique de cette lettre nous aide quant ร  lui ร  mieux comprendre l’emphase de Jacques sur la persรฉvรฉrance du croyant dans l’adversitรฉ et notamment face ร  la persรฉcution. En effet, cette รฉpรฎtre est probablement l’รฉcrit le plus ancien du Nouveau Testament, rรฉdigรฉ avant l’an 49. ร€ cette รฉpoque lร , l’ร‰glise est fortement persรฉcutรฉe, par les juifs et les romains, et c’est d’ailleurs pour cette raison que ces douze ร‰glises sont dispersรฉes, car leurs membres ont dรป fuir cette persรฉcution. Elles sont donc composรฉes de chrรฉtiens d’origine juive et paรฏenne qui ont dรป quitter leur famille, leur maison, leurs biens, peut-รชtre perdu des proches. Ce sont des hommes, des femmes, et des enfants durement รฉprouvรฉs ร  cause de leur foi, qui ont besoin d’รชtre encouragรฉs ร  persรฉvรฉrer malgrรฉ cette persรฉcution, en apprenant ร  considรฉrer comment Dieu utilise cette persรฉvรฉrance pour les sanctifier en vue de la vie รฉternelle. Leurs รฉpreuves ne sont pas le fruit du hasard et encore moins de la mรฉchancetรฉ de Dieu, mais elles sont au contraire le moyen incontournable par lequel Dieu les perfectionne en accomplissant son ล“uvre de restauration en eux. Des versets 2 ร  4, Jacques va donc jusqu’ร  encourager ces chrรฉtiens ร  considรฉrer comme un sujet de joie complรจte ces diverses รฉpreuves auxquelles ils peuvent รชtre exposรฉs.

La priรจre efficace

Ensuite, puisque Jacques sait qu’une telle persรฉvรฉrance n’est possible que pour le chrรฉtien dotรฉ d’une sagesse spirituelle, il nous encourage ร  demander cette sagesse ร  Dieu, en priant avec foi, c’est ร  dire avec la ferme assurance que Dieu nous donnera ce que nous demandons, car nous connaissons son caractรจre, ses promesses, et la disposition de cล“ur qu’il attend de nous dans la priรจre. C’est ce que nous avons vu des versets 5 ร  8, les trois caractรฉristiques principales de la priรจre efficace : le bon destinataire โ€“ Dieu, les bons sujets โ€“ conformes ร  la volontรฉ de Dieu, et la bonne maniรจre โ€“ prier avec un cล“ur sincรจre, avec foi.

Le danger des richesses terrestres

Ensuite des versets 9 ร  11, nous avons considรฉrรฉ comment le chrรฉtien, dotรฉ de ce cล“ur nouveau, entiรจrement attachรฉ et obรฉissant ร  Dieu, soupirant aprรจs les trรฉsors cรฉlestes impรฉrissables, รฉtait capable de rรฉsister aux dangers que reprรฉsentent les richesses de ce monde pour son รขme. Chaque chrรฉtien, riche ou pauvre, dans la situation que Dieu a voulu pour lui dans sa providence, peut chuter ร  cause de son cล“ur pรฉcheur. Ce n’est pas une question de possรฉder beaucoup ou peu, c’est une question de valeurs, de prioritรฉs et d’affections : qu’est ce qui compte le plus pour moi ? le regard des hommes ou celui de Dieu ? รŠtre prospรจre ici-bas ou dans les cieux ? Suis-je attachรฉ ร  Mammon, ou ร  Christ ? Seul celui dont le cล“ur nouveau est vรฉritablement attachรฉ ร  Christ et ร  son royaume รฉternel se gardera des dangers et tentations liรฉs aux richesses de ce monde, qu’il soit riche,ou pauvre.

La tentation

Et justement, nous avons mรฉditรฉ des versets 12 ร  15 sur un sujet trรจs important, central de notre vie chrรฉtienne, ร  savoir : Comment sommes-nous tentรฉs ? Quel est le processus qui nous amรจne de la convoitise ร  la tentation puis au pรฉchรฉ consommรฉ ? S’il est vrai que le monde dans lequel nous vivons est rempli de sources de tentation, nous avons vu que l’origine, la source de la tentation n’est pas extรฉrieure ร  nous-mรชme, mais qu’elle est enracinรฉe dans notre cล“ur pรฉcheur, dans notre chair corrompue. Les appรขts extรฉrieurs dans le monde ne fonctionnent que parce nous sommes, dรจs notre naissance, naturellement attirรฉs et amorcรฉs vers le pรฉchรฉ par notre propre convoitise. Et s’il n’y prend pas sรฉrieusement garde, le chrรฉtien qui nรฉglige le combat contre la tentation et le pรฉchรฉ se dirige droit vers la mort spirituelle. Et lorsque nous chutons, nous sommes particuliรจrement prompts ร  accuser directement Dieu ou sa providence, mais c’est bien nous qui transformons en tentation, puis en pรฉchรฉ consommรฉ, les รฉpreuves qu’il nous fait traverser pour notre bien. Ce n’est jamais Dieu qui nous pousse ร  pรฉcher, c’est toujours notre cล“ur inclinรฉ au mal.

La beautรฉ de notre rรฉgรฉnรฉration

Au contraire, nous avons considรฉrรฉ des versets 16 ร  18 que tout ce qui vient de Dieu รฉtait bon. Il est le Pรจre des lumiรจres et de lui ne peut sortir que grรขces excellentes et dons parfaits. Donc, davantage que de ne pas accuser Dieu d’รชtre responsable de nos malheurs ou de nos chutes, nous devons aussi nourrir envers lui une profonde gratitude en reconnaissant que tout ce qui est bon dans notre vie nous vient de lui. Et en particulier, le don divin le plus excellent, le plus prรฉcieux, que Jacques nous prรฉsente au verset 18, ร  savoir : notre nouvelle naissance, notre rรฉgรฉnรฉration spirituelle.

Voilร  ce que nous avons dรฉjร  pu mรฉditer ensemble, et vous constaterez que malgrรฉ le fait que Jacques se soucie peu des transitions entre les thรจmes trรจs variรฉs qu’il aborde, il n’en reste pas moins qu’il y a une cohรฉrence globale, un fil conducteur qui les lie les uns aux autres. Et je dirais que le fil conducteur dans ces premiers versets de la lettre, c’est l’aller-retour constant que Jacques fait entre notre cล“ur et nos mains, entre la rรฉalitรฉ intรฉrieure et la manifestation extรฉrieure de notre foi, entre la conviction de notre esprit, et la mise en pratique par notre corps, dans nos actes.

Clarification entre Galates et Jacques

Et aujourd’hui, nous allons revenir vers des exhortations trรจs pratiques, que Jacques nous adresse dans ces versets 19 ร  21, en partant du verset 18, car cette fois-ci, il nous fait grรขce d’une transition, par cette exclamation au verset 19 : Sachez-le, mes frรจres bien aimรฉs… Ce que nous devons savoir ici, ce n’est pas ce qui suit, mais bien ce qui prรฉcรจde, en particulier les vรฉritรฉs exposรฉes au verset 18. Il est important de partir du verset 18 non seulement pour bien comprendre ce que Jacques dit par la suite, mais aussi pour faire le lien avec nos prรฉdications du moment sur Galates. Et c’est important. Car si l’emphase de l’รฉpรฎtre aux Galates est que notre justification s’obtient par le moyen de la foi seule indรฉpendamment des ล“uvres de la loi, l’emphase de l’รฉpรฎtre de Jacques est que cette mรชme foi sans les ล“uvres est une foi morte, qui n’est pas la foi qui justifie et qui sauve.

Cela peut sembler contradictoire ร  premiรจre vue, mais il n’en est rien. Et soyez rassurรฉs sur le fait que toutes ses exhortations passionnรฉes que Jacques nous adresse, pour que nous pratiquions de bonnes ล“uvres, sont parfaitement cohรฉrentes avec le fait que nous sommes justifiรฉs en Jรฉsus-Christ seul par le seul moyen de la foi. Si l’on rassemble ces deux rรฉalitรฉs de notre vie chrรฉtienne, il s’agit simplement de dire la chose suivante : La foi salvatrice authentique, celle qui justifie l’homme en Christ, produit forcement son fruit en nous, et ce fruit de l’Esprit qui nous rรฉgรฉnรจre intรฉrieurement, se manifeste extรฉrieurement par une vie d’obรฉissance aux commandements de Dieu, c’est ร  dire, par de bonnes ล“uvres. Ceux qui aiment Dieu (c’est ร  dire qui ont un cล“ur rรฉgรฉnรฉrรฉ par le Saint-Esprit, car le cล“ur de l’homme naturel n’aime pas Dieu) gardent ces commandements (c’est ร  dire pratiquent de bonnes ล“uvres).

La foi salvatrice authentique, celle qui justifie l’homme en Christ, produit forcement son fruit en nous, et ce fruit de l’Esprit qui nous rรฉgรฉnรจre intรฉrieurement, se manifeste extรฉrieurement par une vie d’obรฉissance aux commandements de Dieu, c’est ร  dire, par de bonnes ล“uvres.

Lorsque nous disons qu’il est normal qu’un pommier produise des pommes, et que nous faisons tout pour favoriser cette production, en taillant ses branches, en l’arrosant, nous ne confondons pas pour autant ses fruits avec ses racines. Nous savons trรจs bien que ce sont les racines de l’arbre qui tirent de la terre tout ce dont il a besoin pour produire ses fruits. De bons fruits sont ร  la fois le rรฉsultat et la preuve d’une bonne santรฉ de l’arbre, mais jamais la source de cette bonne santรฉ.

Il en va de mรชme pour nous dans notre vie chrรฉtienne, et c’est particuliรจrement important de nous le rappeler dans le contexte de cette lettre, et d’ailleurs, comme je le disais il y a un instant, Jacques le fait au verset 18. Il nous prรฉsente dans ce verset les racines de l’arbre, si l’on garde cette mรฉtaphore. Ce qu’il nous exhorte ร  comprendre, c’est que la source de toute bonne ล“uvre que nous pratiquons, c’est un cล“ur rรฉgรฉnรฉrรฉ par le Saint Esprit, selon la volontรฉ de Dieu, par sa parole de vรฉritรฉ : ยซย Sachez-le, mes frรจres bien aimรฉs, tout don parfait vous vient d’en haut, du Pรจre des lumiรจres. C’est lui qui vous a engendrรฉ, qui a fait de vous ses enfants, dans sa maison, et cela est un acte de pure grรขce car rien d’autre que sa seule volontรฉ ne l’a poussรฉ ร  vous engendrer ainsi.ย ยป

La source de vos bonnes ล“uvres, c’est votre cล“ur rรฉgรฉnรฉrรฉ. L’auteur de cette rรฉgรฉnรฉration, c’est Dieu, votre Pรจre cรฉleste, qui vous a adoptรฉ en Jรฉsus-Christ, et l’outil de cette rรฉgรฉnรฉration, c’est la parole de vรฉritรฉ.

Voici comment Jacques nous prรฉpare ร  la suite de sa lettre, et c’est, encore une fois, essentiel de bien le comprendre. Le socle fondateur, c’est ce verset 18. Quelles que soient les bonnes ล“uvres que nous pourrions pratiquer, elles ne seront jamais une source de fiertรฉ, de gloire personnelles et encore moins de justification pour nous. Car elles ne seront que le rรฉsultat logique, que le fruit (sur)naturel de ce cล“ur nouveau que Dieu a dรฉcidรฉ de crรฉer en nous par sa seule volontรฉ. Au mรชme titre qu’un bรฉbรฉ ne participe aucunement ร  sa propre naissance et ne peut en retirer aucun mรฉrite, le chrรฉtien ne participe aucunement ร  sa nouvelle naissance et ne peut en retirer aucun mรฉrite : il s’agit d’un don parfait, unilatรฉral, de la part de Dieu.

Sachez-le mes frรจres bien aimรฉs, avant tout autre chose, avant toute exhortation ร  l’obรฉissance, ร  la mise en pratique de votre foi : Considรฉrez le don parfait le plus รฉlevรฉ, le plus prรฉcieux que Dieu vous ait accordรฉ : votre nouvelle naissance, qui s’accompagne de la vie รฉternelle et de tout l’hรฉritage que Christ a reรงu en rรฉcompense de ses ล“uvres. Nous parlons ici du Salut รฉternel de notre รขme, de l’hรฉritage infiniment glorieux qui nous est rรฉservรฉ dans les cieux.

Nous ne pouvons pas considรฉrer d’enjeu plus important que celui de la destinรฉe รฉternelle de notre รขme, et c’est Dieu qui s’est chargรฉ de tout accomplir pour que cette destinรฉe รฉternelle, nous la vivions dans son royaume, en sa prรฉsence favorable, en le contemplant face ร  face en la personne de Jรฉsus-Christ.

Car n’oublions pas qu’avant que Dieu dรฉcidรขt de nous rรฉgรฉnรฉrer, notre destinรฉe รฉternelle รฉtait l’enfer. C’est lui qui est venu nous arracher de cet enfer auquel nous appartenions, pour nous transporter dans le royaume de son admirable lumiรจre. Et tout cela, par quel moyen Dieu l’a-t-il accompli en nous ?

Par la parole de vรฉritรฉ.

La haute considรฉration de la Parole de vรฉritรฉ

Cette parole de vรฉritรฉ est au cล“ur des versets 19 ร  25. Elle est finalement au cล“ur de toute la lettre de Jaques car il n’a de cesse de nous exhorter ร  la mettre en pratique. Mais pour la mettre en pratique, nous devons tout d’abord l’รฉcouter et la recevoir avec un cล“ur bien disposรฉ.

Et si nous comprenons que cette Parole de vรฉritรฉ est la seule, par l’action du Saint-Esprit en nous, ร  pouvoir nous faire naรฎtre de nouveau, ร  pouvoir nous sanctifier jour aprรจs jour et nous guider vers le ciel, alors, nous devrions la considรฉrer comme notre possession physique la plus importante, la plus prรฉcieuse, et la plus digne d’รชtre lue, รฉtudiรฉe, enseignรฉe, รฉcoutรฉe, mรฉditรฉe, priรฉe, et pratiquรฉe.

Si le salut de votre รขme a quelque importance pour vous, alors rien de devrait รชtre plus prรฉcieux et plus cher ร  votre cล“ur que la parole de Dieu, la Bible, les Saintes ร‰critures. Elle est, elle aussi, un don parfait de notre Pรจre de lumiรจre, elle est la seule par laquelle nous obtenons le plus grand des dons parfaits : notre nouvelle naissance et notre sanctification. Sachez-cela, mes frรจres bien aimรฉs, nous exhorte Jacques.

Tout ce qui va suivre dans les six prochains versets sont les implications logiques, nรฉcessaires de cette haute considรฉration, de cette profonde affection que nous devrions tous avoir pour la parole de Dieu. Et si vous avez besoin d’รชtre renouvelรฉs dans votre apprรฉciation des ร‰critures, je vous encourage ร  รฉcouter la prรฉdication que notre pasteur David a donnรฉe dimanche dernier, et je vous encourage รฉgalement ร  participer ร  nos confรฉrences en Mai, dont le thรจme est justement la suffisance des ร‰critures1. Car mรชme si vous รชtes prรฉoccupรฉs par le salut de votre รขme, mais que vous n’รชtes pas convaincus que la parole de vรฉritรฉ est votre seul moyen de Salut, alors votre considรฉration pour elle en sera forcement affectรฉe.

Voici quelques รฉlรฉments qui devraient nous pousser ร  tenir en haute estime les ร‰critures.

La Bible est la Parole de Dieu

Lorsque nous lisons la Bible, ce ne sont pas des รฉcrits seulement humains, remplis de sagesse humaine que nous lisons, mais bien la parole de Dieu. Prenons un instant pour rรฉaliser ce que nous sommes en train de dire. Ces mots sont ceux du Dieu qui a crรฉรฉ toutes choses ร  partir de rien, dont la sagesse, la connaissance, l’intelligence, la puissance, sont infinies. Si un tel Dieu n’est pas digne d’รชtre รฉcoutรฉ, alors qui รฉcouterez-vous ? Jรฉsus-Christ lui-mรชme, ร  l’image de tous les prophรจtes qui l’ont prรฉcรฉdรฉ, a dรฉclarรฉ : Mon enseignement ne vient pas de moi, mais de celui qui m’a envoyรฉ (Jean 7,16), c’est ร  dire, de Dieu le Pรจre. Tout ce que les prophรจtes de l’Ancien Testament, Jรฉsus, et les Apรดtres ont enseignรฉ ne venait pas d’eux, mais de Dieu. La Bible est digne de notre considรฉration car Dieu est son auteur.

La Bible est la parole toute puissante qui a crรฉรฉ le monde

Car vous pourriez me dire : trรจs bien, mais qu’est ce qui nous dit qu’elle a effectivement la capacitรฉ, le pouvoir de nous rรฉgรฉnรฉrer, comme l’affirme Jacques au verset 18 ? Paul rรฉpond ร  cette question en faisant le parallรจle entre la crรฉation ex nihilo de l’univers par Dieu, et notre nouvelle naissance, en 2 Corinthiens 4,6 : Car Dieu, qui a dit : ยซ La lumiรจre brillera du sein des tรฉnรจbres ! ยป a fait briller la lumiรจre dans nos cล“urs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ.

Voici un bon exemple de la maniรจre dont nous pouvons, sans forcement nous en rendre compte, remettre en question des doctrines aussi essentielles que la rรฉgรฉnรฉration en remettant en question des doctrines qui nous semblent moins importantes. Paul affirme ici qu’il faut autant de puissance pour nous faire naรฎtre de nouveau que pour crรฉer le monde. Le monde รฉtait informe et vide, plongรฉ dans les tรฉnรจbres, Dieu parla et la lumiรจre, et tout ce que le monde renferme, fut. C’est par sa Parole toute puissante que Dieu crรฉa tout ร  partir de rien, et c’est par cette mรชme Parole que Dieu nous fit naรฎtre de nouveau. Si vous doutez de la puissance de la Parole de Dieu pour transformer votre cล“ur de pierre en cล“ur de chair, regardez autour de vous, toutes les merveilles de la crรฉation, et rappelez vous qu’il fut un temps ou tout cela n’existait pas. Dieu parla, et toutes ces choses existรจrent ! La Bible est la parole crรฉatrice toute puissante de Dieu.

Paul affirme qu’il faut autant de puissance pour nous faire naรฎtre de nouveau que pour crรฉer le monde.

La Parole s’est incarnรฉe en Jรฉsus-Christ

Si cela ne vous suffit pas encore pour avoir une haute considรฉration de la Bible, alors rappelez-vous que Jรฉsus-Christ est la Parole incarnรฉe. Quelque part, si vous avez du respect, de la considรฉration, de l’affection pour Jรฉsus-Christ, alors vous en avez forcement pour la Parole de Dieu. Car le Christ n’est pas seulement venu nous apporter les enseignements de son Pรจre comme nous l’avons vu, il est la Parole de Dieu. C’est aussi pour cela qu’il est capable de nous sauver, qu’il a la puissance de reprendre sa vie aprรจs l’avoir donnรฉe, et de nous ressusciter ร  sa suite. Car il est la Parole qui crรฉa le monde ร  partir de rien. Tout ce qui est vrai de Christ l’est de la Parole et inversement : Si vous avez une haute considรฉration pour Jรฉsus-Christ, vous devriez forcement avoir une haute considรฉration pour la Parole de Dieu.

La Parole est la vรฉritรฉ

Et pour en finir sur ce point voici un dernier aspect notable de cette Parole de Dieu par laquelle nous sommes nรฉs de nouveau, comme le dit Jacques au v.18 : elle est la Parole de vรฉritรฉ.

Nous avons vu qu’elle est la lumiรจre qui brille dans ce monde, et dans nos cล“urs de tรฉnรจbres ; elle est aussi la vรฉritรฉ proclamรฉe dans ce monde et dans nos esprits dominรฉs par le mensonge et la tromperie. Le Psaume 119,160 nous dit : ยซย Le fondement de ta parole, cโ€™est la vรฉritรฉ, et toutes tes justes sentences sont รฉternelles.ย ยป.

Dieu est le Pรจre de lumiรจre, il est la vรฉritรฉ, et par consรฉquent, tout ce qu’il dit est vrai, uniquement vrai et รฉternellement vrai. Ce n’est pas vrai seulement de telle annรฉe ร  telle annรฉe, de tel jour ร  tel jour : Lorsque la Parole de Dieu dit cela et vrai et cela est faux, cela est valable รฉternellement. Nous sommes les crรฉatures de Dieu, limitรฉes dans notre entendement, et de plus, corrompues par notre pรฉchรฉ. Sans sa Parole, nous sommes vouรฉs ร  airer dans les tรฉnรจbres, aveugles ร  la vรฉritรฉ. Au milieu de tant d’incertitude, la Parole de Dieu est la vรฉritรฉ. Elle est notre mรจtre รฉtalon pour discerner le vrai du faux. Si nous avons raison de douter de notre sagesse ou de celle des hommes, mรชme les plus รฉrudits, nous pouvons avoir une confiance absolue dans la Parole de vรฉritรฉ qu’est celle de Dieu. Sa Parole est la vรฉritรฉ, et non pas une vรฉritรฉ parmi d’autres.

Lorsque la Parole de Dieu dit cela et vrai et cela est faux, cela est valable รฉternellement.

Nous ne pouvons pas conclure ce point premier point sans lire les premiers versets de l’ร‰vangile de Jean qui synthรฉtisent ces quatre vรฉritรฉs d’une si belle maniรจre :

ยซย Au commencement รฉtait la Parole, et la Parole รฉtait avec Dieu, et la Parole รฉtait Dieu. Elle รฉtait au commencement avec Dieu. Toutes choses ont รฉtรฉ faites par elle, et rien de ce qui a รฉtรฉ fait n’a รฉtรฉ fait sans elle. En elle รฉtait la vie, et la vie รฉtait la lumiรจre des hommes. La lumiรจre luit dans les tรฉnรจbres, et les tรฉnรจbres ne l’ont point reรงue. Il y eut un homme envoyรฉ de Dieu : son nom รฉtait Jean. Il vint pour servir de tรฉmoin, pour rendre tรฉmoignage ร  la lumiรจre, afin que tous crussent par lui. Il n’รฉtait pas la lumiรจre, mais il parut pour rendre tรฉmoignage ร  la lumiรจre. Cette lumiรจre รฉtait la vรฉritable lumiรจre, qui, en venant dans le monde, รฉclaire tout homme. Elle รฉtait dans le monde, et le monde a รฉtรฉ fait par elle, et le monde ne l’a point connue. Elle est venue chez les siens, et les siens ne l’ont point reรงue. Mais ร  tous ceux qui l’ont reรงue, ร  ceux qui croient en son nom, elle a donnรฉ le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nรฉs, non du sang, ni de la volontรฉ de la chair, ni de la volontรฉ de l’homme, mais de Dieu. Et la parole a รฉtรฉ faite chair, et elle a habitรฉ parmi nous, pleine de grรขce et de vรฉritรฉ ; et nous avons contemplรฉ sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Pรจre. Jean lui a rendu tรฉmoignage, et s’est รฉcriรฉ : C’est celui dont j’ai dit : Celui qui vient aprรจs moi m’a prรฉcรฉdรฉ, car il รฉtait avant moi. Et nous avons tous reรงu de sa plรฉnitude, et grรขce pour grรขce; car la loi a รฉtรฉ donnรฉe par Moรฏse, la grรขce et la vรฉritรฉ sont venues par Jรฉsus-Christ. Personne n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est dans le sein du Pรจre, est celui qui l’a fait connaรฎtre.ย ยป

Jean 1,1-18

Nous pourrions considรฉrer encore d’autres caractรฉristiques pour lesquelles il est lรฉgitime d’avoir une haute considรฉration des Saintes ร‰critures, mais nous allons en rester lร  pour ne pas nous รฉloigner du texte d’aujourd’hui. Avant mรชme de considรฉrer si nous รฉcoutons et recevons la Parole de Dieu comme il convient, demandons-nous d’abord si nous la considรฉrons ร  sa juste valeur.

Que ce soit par ignorance ou maladresse pour le jeune converti, par habitude ou accoutumance pour le plus vieux dans la foi, il peut facilement arriver que notre considรฉration de la Bible, et notre attitude envers elle, ne soient pas ร  la hauteur de ce qu’elle est et de ce qu’elle peut produire en nous. Croyez-vous vraiment que la Bible est la parole du Dieu crรฉateur ? Croyez-vous vraiment qu’elle contient la mรชme puissance que celle qui crรฉa le monde ร  partir de rien et qui peut vous faire naรฎtre de nouveau ? Croyez-vous vraiment que Jรฉsus-Christ est la Parole incarnรฉe ? Et enfin peut-รชtre la question la plus importante ร  poser dans une รฉpoque aussi relativiste que la nรดtre : Croyez-vous que la Parole est la vรฉritรฉ, et non pas une vรฉritรฉ parmi d’autres ?

Posez-vous sรฉrieusement ces questions, pour vous-mรชme, car si vous n’รชtes pas d’abord convaincu de la nature et du but glorieux de la Parole de Dieu, alors vous aurez beaucoup de mal ร  entretenir cette attitude qui favorise son ล“uvre rรฉdemptrice en vous, et que nous allons considรฉrer maintenant.

Car une fois que l’on a compris la dignitรฉ et la suffisance de la Parole, mais avant de la mettre en pratique (ce qui est le sujet des versets 22 ร  25), il y a une รฉtape intermรฉdiaire, mais essentielle, qui consiste ร  รฉcouter et recevoir le contenu de cette parole de vรฉritรฉ. Comment convient-il d’รฉcouter et de recevoir la parole de Dieu ? Y-a-t-il une bonne et une mauvaise faรงon de le faire ? Puis-je avoir une attitude qui favorise, ou au contraire, qui entrave, voir inhibe lโ€™ล“uvre transformatrice de cette Parole dans ma vie ?

Voici la question centrale ร  laquelle nous rรฉpondrons ce matin : Quelle est la maniรจre la plus appropriรฉe et efficace d’รฉcouter et de recevoir la Parole de Dieu pour le salut de mon รขme ?


Illustration : Edouard Dubufe (1855), La lecture de la Bible.

  1. Il s’agit de la Confรฉrence bonne nouvelle qui a eu lieu en mai 2023. Vous pouvez visionner les enregistrements de cette confรฉrence ici[]

Nathanaรซl Fis

Nathanaรซl est assistant pastoral ร  l'Eglise rรฉformรฉe baptiste Bonne Nouvelle de Poissy. Lui et son รฉpouse sont les heureux parents de deux garรงons. Il รฉtudie la thรฉologie au Thirdmill Institute.

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