Récemment, un échange avec nos lecteurs m’a conduit à consulter des notes prises il y a un moment sur la prière dans l’Église antique. Aussi, je vais publier dans les jours à venir des citations issues de ces notes.
- Voici la première, de saint Irénée à propos de l’invocation des anges.
- Voici la seconde, de Clément d’Alexandrie sur l’exclusivité de la prière à Dieu.
Et voici maintenant quelques citations d’Origène :
Toute prière, toute supplication, toute intercession et toute action de grâces doivent être adressées au Dieu suprême par le Souverain Sacrificateur, qui est au-dessus de tous les anges, le Verbe vivant et Dieu. Et c’est aussi au Verbe lui-même que nous prierons, que nous adresserons nos intercessions, que nous offrirons nos actions de grâces et nos supplications, si toutefois nous avons la capacité de distinguer entre l’usage légitime et l’abus de la prière : invoquer les anges, sans avoir acquis une connaissance de leur nature plus grande que celle que possèdent les hommes, serait contraire à la raison. Mais, selon notre hypothèse, supposons que cette connaissance d’eux — chose admirable et mystérieuse — soit obtenue. Alors cette connaissance, nous révélant leur nature et les offices auxquels ils sont respectivement établis, ne nous permettra pas de prier avec assurance un autre que le Dieu suprême, qui suffit à toutes choses, et cela par notre Sauveur, le Fils de Dieu, qui est le Verbe, la Sagesse, la Vérité, et tout ce que les écrits des prophètes de Dieu et des apôtres de Jésus lui attribuent1.
Car quiconque voit avec les yeux de son âme sert l’Être divin d’aucune autre manière que celle qui le conduit à considérer sans cesse le Créateur de toutes choses, à adresser ses prières à Lui seul, et à accomplir toutes choses comme si elles se faisaient devant Dieu, qui nous voit en totalité, jusqu’à nos pensées2.
Il y a donc un seul dont nous devons rechercher la faveur et à qui nous devons adresser nos prières pour qu’il nous soit favorable : le Dieu Très-Haut, dont la faveur s’acquiert par la piété et la pratique de toutes les vertus. Et si Dieu voulait que nous recherchions ensuite la faveur d’autrui après celle du Très-Haut, qu’on considère que, comme le mouvement de l’ombre suit celui du corps qui la projette, il en va de même : lorsque nous avons la faveur de Dieu, nous avons également la bienveillance de tous les anges et esprits amis de Dieu. Car ils savent qui mérite l’approbation divine, et ils ne sont pas seulement bien disposés envers eux, mais ils coopèrent avec eux dans leurs efforts pour plaire à Dieu : ils recherchent sa faveur en leur faveur ; par leurs prières, ils unissent leurs propres prières et intercessions aux leurs.
On peut même affirmer avec assurance que les hommes qui aspirent à de meilleures choses ont, lorsqu’ils prient Dieu, des dizaines de milliers de puissances sacrées à leurs côtés. Celles-ci, même si l’on ne les invoque pas, prient avec eux, viennent en aide à notre race mortelle et, pour ainsi dire, prennent les armes à ses côtés : car elles voient les démons guerroyer et lutter avec acharnement contre le salut de ceux qui se consacrent à Dieu, et méprisent l’hostilité des démons ; elles les voient féroces dans leur haine envers l’homme qui refuse de les servir par le sang et les fumées des sacrifices, mais qui s’efforce, par la parole et par l’action, d’être en paix et en union avec le Très-Haut par Jésus, qui chassa des multitudes de démons lorsqu’il allait guérir et délivrer tous ceux qui étaient opprimés par le diable3.
Il reste donc à prier Dieu seul, le Père de tous, mais non pas séparément du Souverain Sacrificateur qui a été désigné par le Père avec serment, selon les paroles qu’Il a jurées et ne reniera pas : “Tu es prêtre pour toujours selon l’ordre de Melchisédek.” C’est pourquoi, dans leurs prières, les saints rendent grâce à Dieu et reconnaissent Ses bienfaits par Jésus-Christ4.
De plus, pour ceux qui placent leur confiance dans les saints, il convient de rappeler cet exemple : “Maudit soit l’homme qui place son espoir en un homme” ; ainsi que celui-ci : “Ne mets pas ta confiance dans les hommes” ; mais aussi celui-ci : “Il est bon de se confier dans le Seigneur plutôt que de se confier dans des princes.” Mais si l’on doit placer son espoir en quelqu’un, laissons tous les autres de côté et plaçons notre espérance dans le Seigneur, en disant : “Si une armée se dresse contre moi, mon cœur ne craindra pas5.”
Pour les anglophones qui veulent creuser la question, je recommande ces deux vidéos du pasteur américain Gavin Ortlund :




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