Nous avons publié plusieurs articles relatifs aux miracles eucharistiques, certains de nature théologique, d’autres sous l’angle des affirmations scientifiques.
Articles théologiques
- Quelles sont les options, si le protestantisme est vrai, relativement aux miracles eucharistiques ?
- Les miracles eucharistiques contredisent la doctrine de la résurrection.
Articles d’ordre scientifique
- Le groupe sanguin des miracles eucharistiques – réfutation ;
- Le miracle de Lanciano – analyse ;
- Le héros des miracles eucharistiques est une fraude.
Le présent article vise à offrir un autre argument théologique contre la possibilité des miracles eucharistiques véritables. Sans plus tarder, voici l’argument :
- Prémisse théologique : depuis l’Ascension, le Christ est corporellement et localement présent dans une sphère de la création que l’Écriture nomme « le ciel » ;
- Prémisse philosophique : le corps du Christ ne peut être que, de manière locale, circonscrit en un seul lieu.
- Conclusion 1 : Le corps humain de Jésus-Christ n’est présent localement qu’au ciel.
- Prémisse 3 : Les miracles eucharistiques impliquent nécessairement une présence locale du corps ailleurs qu’au ciel.
- Conclusion 2 : Les miracles eucharistiques contredisent l’Ascension.
La prémisse théologique ne peut pas être contestée par le théologien catholique romain. Pour la prémisse philosophique, elle correspond simplement à l’enseignement classique des Pères sur ce que signifie le concept de corps : une substance répandue de manière circonscrite en un certain espace. Voyez par exemple ce qu’en dit Augustin :
Le Sauveur est au ciel, mais, par la vérité, il habite toujours parmi nous. Le corps ressuscité du Sauveur se trouve nécessairement en un seul endroit ; mais sa vérité est répandue en tous lieux1.
Ce n’est point selon cette forme corporelle que le Christ est présent partout; il ne faut pas établir sa divinité aux dépens de la vérité même de son corps. […] Car en Jésus-Christ, Dieu et l’homme ne font qu’une seule personne et un seul Jésus-Christ : en tant que Dieu, il est partout; en tant qu’homme, il est au ciel. Mais pour notre Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, égal à son Père, et en même temps fils de l’homme, ce qui rend son Père plus grand que lui, croyez qu’en tant que Dieu, il est tout entier présent partout, qu’il habite dans ceux en qui Dieu habite comme dans son temple ; croyez aussi que son corps, un corps véritable est dans quelque endroit du ciel2.
Par son corps, l’homme se trouve en un endroit, et il en sort; et quand il a pénétré dans un autre, il n’est plus dans celui où il se trouvait auparavant. Pour Dieu, il remplit tous les lieux; il est tout entier partout; il n’est renfermé nulle part, dans un espace quelconque. En tant qu’homme, notre Seigneur Jésus-Christ se trouvait sur la terre; mais par son infinie et invisible majesté, il était sur la terre et dans le ciel3.
Pour la prémisse 3, enfin, elle n’est qu’un constat : un miracle eucharistique tel que ceux que nous examinons implique que le corps du Christ est présent selon un mode local et quantitatif en un lieu sur terre. Admettre ce fait ne peut se faire qu’au prix soit d’un reniement de l’Ascension, soit d’une redéfinition complète du concept même de corps. C’est précisément ce que Thomas d’Aquin cherchait à éviter en définissant la présence du Christ dans l’Eucharistie comme une présence substantielle non locale, une précision que les apologètes des miracles eucharistiques sont prompts à oublier.





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