Lโhomme est un animal politique, ฮถแฟทฮฟฮฝ ฯฮฟฮปฮนฯฮนฮบแฝนฮฝ. Cette fameuse expression dโAristote reflรจte, en partie, ce quโest lโhomme. Par-dessus tout, il diffรจre des autres animaux par sa rationalitรฉ โ sa nature est dรฉfinie par sa rationalitรฉ โ mais aussi par son caractรจre politique. Alors que lโhomme est un animal politique, il tend ร rassembler les membres de la mรชme espรจce et ร respecter des principes. Ce nโest plus seulement lโindividu qui est considรฉrรฉ, mais aussi la sociรฉtรฉ. Une bonne articulation entre le bien particulier et celui, plus large, de la sociรฉtรฉ, est alors espรฉrรฉe par lโanimal rationnel. Le bien commun fait son apparition. Cette notion permet notre vie quotidienne, bien que nous nโen soyons pas toujours conscients ou que nous essayions de lโรฉviter. Elle fonde les rรฉflexions de politique internationale, aussi bien que nos plus humbles rรฉflexions de citoyen. La sociรฉtรฉ, รฉtant un assemblage plus ou moins important de sociรฉtรฉs, lโhomme ne peut pas รฉchapper ร lโรฉtude du bien commun.
Il faut reconnaรฎtre que cette notion est complexe. Chercher ce qui est bien pour la sociรฉtรฉ et pour chacun nโest pas une tรขche facile. Mais cela ne soit pas nous dรฉcourager. Notre รฉpoque tend ร atomiser la sociรฉtรฉ. Elle particularise le bien aux dรฉpens du collectif, du bien partagรฉ. Le bien commun tend alors ร รชtre redรฉfini selon une dรฉfinition simpliste. Pour รฉviter cet รฉcueil, regarder en arriรจre peut รชtre salutaire. Nos Pรจres ont sรปrement quelque chose ร nous dire ร ce sujet. Thomas dโAquin et son travail colossal sont une valeur sรปre. Lโรฉtendue de sa rรฉflexion nโa pas รฉvitรฉ lโรฉtude du bien commun. Quelques siรจcles plus tard, le traitรฉ de philosophie morale De Lege naturรฆ apodictica methodus par le luthรฉrien Niels Hemmingsen, partagea quelques rรฉflexions sur le sujet. Et quelques annรฉes aprรจs, The Laws of Ecclesiastical Polity par lโanglican Richard Hooker a aussi pris la libertรฉ de donner quelques notions sur le sujet, au milieu dโune rรฉflexion plus large. Un scolastique, un luthรฉrien et un anglican nous parlent du bien commun. Ce n’est pas le dรฉbut d’une blague mais une sรฉrie de trois articles dans laquelle nous examinerons ces trois auteurs pour montrer ce quโils pensent sur la nรฉcessitรฉ du bien commun et sur le bien commun lui-mรชme.
Thomas dโAquin
Thomas d’Aquin va plus loin quโAristote. Il approfondit sa fameuse phrase ยซ lโhomme est un animal politique ยป. Pour Thomas, l’homme est un animal politique et social. En effet, dans le premier chapitre de De regno, il affirme quโยซ il est dans la nature de lโhomme dโรชtre un animal social et politique, vivant dans une multitude1. ยป
Un animal politique et social
Cette particularitรฉ amรจne lโhomme ร ne pas rester seul, mais ร chercher ร sโunir avec des รชtres de mรชme nature que lui. Il espรจre former des relations pour รชtre lโรฉmetteur et le rรฉcepteur de relations sociales. Naturellement, les hommes se rejoignent pour former des groupes sociaux et politiques dans lesquels ils sโรฉpanouissent. Une vie humaine nโest pas vรฉcue seul, mais dans des groupes plus ou moins importants.
Cette particularitรฉ de lโhomme est aussi la cause de devoirs, nรฉcessaires pour le bien-รชtre de la sociรฉtรฉ. Parce quโil est un animal social, ยซ un homme doit ร un autre, par nature, ce qui est indispensable au maintien de la sociรฉtรฉ humaine2 ยป. Thomas dโAquin argumente quโune de ces nรฉcessitรฉs est la vรฉritรฉ parce que ยซ les hommes ne pourraient pas vivre ensemble sโils nโavaient pas de confiance rรฉciproque, cโest-ร -dire sโils ne se manifestaient pas la vรฉritรฉ3. ยป. Il approfondit cette conclusion quelques questions plus tard et conclut quโune communautรฉ humaine a besoin dโune responsabilitรฉ sociale basรฉe sur la vรฉritรฉ, la justice et la joie de chaque personne :
Or, de mรชme que lโhomme ne pourrait vivre en sociรฉtรฉ sans vรฉritรฉ, il ne le pourrait pas sโil รฉtait privรฉ dโagrรฉment. Comme dit Aristote : โ Personne ne peut passer toute une journรฉe avec un homme chagrin ou sans agrรฉment. โ Cโest pourquoi lโhomme est tenu par une certaine dette naturelle dโhonnรชtetรฉ ร rendre agrรฉables ses relations avec les autres, ร moins que pour un motif particulier il sโimpose de les contrister pour leur bien.
Thomas dโAquin, ST, II-II, q. 114, a. 2, ad. 1.
Cette รฉquitรฉ naturelle est prรฉsente dans lโhomme et tente de le prรฉserver de construire des groupes sociaux injustes puisque ses partenaires sociaux sont ses semblables, de la mรชme nature que lui. Et cette nature partagรฉe est le bien commun des humains et constitue la fondation de lโรฉgalitรฉ, de la justice. En effet, comme lโa dit le Philosophe :
Et puisque, ร la fois, l’homme injuste est celui qui manque 10 ร l’รฉgalitรฉ et que l’injuste est inรฉgal, il est clair qu’il existe aussi quelque moyen entre ces deux sortes d’inรฉgal. Or ce moyen est l’รฉgal, car en toute espรจce d’action admettant le plus et le moins il y a aussi l’รฉgal.
Il semble que la justice est une sorte d’รฉgalitรฉ.
Aristote, รthique ร Nicomaque, V.3.1131a-1131b et Aristote, รthique ร Eudรจme, VII.9.I241b (W. Ross ed. I925), cites dans Peter Westen, โThe Empty Idea of Equality.โ Harvard Law Review 95, no. 3 (1982), p. 543.
Pour Thomas, tout รชtre dรฉsire le bien. Il est recherchรฉ par le dรฉsir de sโy reposer et dโen profiter. Par consรฉquent, le bien est une cause finale, une fin pour les รชtres. Individuellement, le bien est recherchรฉ par tous. Collectivement, ยซ toutes les communautรฉs visent un certain bien, auquel elles tendent comme ร leur finalitรฉ4 ยป. Cโest le bien commun. Il est commun ยซ non point en ce sens quโils seraient classรฉs sous le mรชme genre ou sous la mรชme espรจce que ce qui regarde essentiellement le bien commun, mais parce quโils sont considรฉrรฉs comme des moyens de contribuer au bien commun ; en ce sens, le bien gรฉnรฉral est appelรฉ la fin commune5. ยป Le bien commun est une fin, unique, mรชme si elle est cherchรฉe par de nombreux individus. La sociabilitรฉ des hommes les rassemble et les fait tendre vers un bien commun.
La partie et le tout
Le bien individuel nโest pas la fin derniรจre de lโindividu. Il est dirigรฉ vers un plus grand bien : le bien commun. Et il sโinscrit dans un รฉtat plus parfait, la communautรฉ. Cette derniรจre expรฉrimente des รฉtats plus ou moins avancรฉs de perfection. Par exemple, la sociรฉtรฉ politique est une communautรฉ plus parfaite que la famille :
Si lโhomme est partie dโune famille, la famille elle-mรชme est partie de la sociรฉtรฉ politique, et cโest cette derniรจre qui constitue la sociรฉtรฉ parfaite, selon le livre I des Politiques. Cโest pourquoi, de mรชme que le bien dโun seul individu nโest pas la fin ultime, mais est ordonnรฉ au bien commun ; de mรชme encore le bien dโune famille est ordonnรฉ au bien de la citรฉ, qui est la sociรฉtรฉ parfaite. Aussi, celui qui gouverne une famille peut bien faire des prescriptions et des statuts, ceux-ci nโauront pas raison de loi.
Thomas dโAquin, ST I-II, q. 90, a. 3, ad. 3.
Cette รฉchelle de perfection du bien et de la communautรฉ sโexplique par la relation qui est รฉtablie entre les parties et le tout. La partie doit sโharmoniser avec le tout afin de rรฉclamer un plus grand bien. ยซ Toute partie, en ce quโelle est, appartient au tout ยป, ยซ tout homme, en lui-mรชme et avec ce quโil possรจde, appartient ร la multitude6. ยป Inversement, le tout peut rรฉclamer un plus grand bien si ses parties sont proportionnรฉes. Sur la base dโune citation dโAugustin, voici ce que Thomas affirme ร la question 92 :
La bontรฉ dโune partie sโapprรฉcie dโaprรจs son rapport avec le tout ; cโest pourquoi S. Augustin รฉcrit que โ toute partie est difforme quand elle nโest pas accordรฉe ร son tout โ. Donc, puisque tout homme est une partie de la citรฉ, il est impossible quโun homme soit bon sโil nโest pas proportionnรฉ au bien commun. Et le tout lui-mรชme ne peut รชtre bien constituรฉ, sinon par des parties qui lui sont proportionnรฉes.
Thomas dโAquin, ST I-II, q. 92, a. 1, ad. 3.
Pourtant, Thomas semble considรฉrer la famille comme รฉtant une communautรฉ plus parfaite quโune communautรฉ politique. Dans sa Sententia Libri Ethicorum, il argumente que lโhomme est plus un animal conjugal quโun animal politique7. En effet, la sociรฉtรฉ domestique est plus proche de la nature parce quโelle permet ร lโhomme de prรฉserver son รชtre par la procrรฉation et la nourriture. De plus, la procrรฉation est commune aux autres animaux. Mais dans son commentaire sur La politique dโAristote, il spรฉcifie que :
Il est nรฉcessaire que le tout soit antรฉrieur ร la partie selon un ordre de nature et de perfection [โฆ] Ainsi donc il devient รฉvident que le tout est antรฉrieur par nature aux parties matรฉrielles, bien que les parties soient antรฉrieures dans l’ordre de la gรฉnรฉration. Mais les hommes pris individuellement se comparent ร ce tout qui est la citรฉ comme les parties de l’homme se comparent ร l’homme. Car tout comme la main ou le pied ne peuvent exister sans l’homme, de mรชme un homme ne peut se suffire ร lui-mรชme en vivant sรฉparรฉment de la citรฉ.
Thomas dโAquin, Commentaire du traitรฉ de la politique d’Aristote, I.1.79075.
Par consรฉquent, lโhomme en tant quโanimal conjugal est orientรฉ vers un ordre plus parfait, la communautรฉ politique. Patrick Bersnak a aussi montrรฉ que, chez Thomas, lโhomme en tant quโanimal social est soumis ร lโhomme en tant quโanimal politique8. Nous pourrions en conclure que lโindividu ou les petites communautรฉs sont absorbรฉs et noyรฉs dans les plus grandes, mais, par-dessus tout, que les biens plus individuel subissent le mรชme sort. Nรฉanmoins, ce nโest pas le cas. En effet, mรชme si les biens particuliers sont ordonnรฉs au bien commun, ils ne sont pas nรฉcessairement supprimรฉs ou absorbรฉs. Bien que le bien commun soit plus grand, une fin plus ultime, il nโest pas opposรฉ ร un bien plus individuel. Thomas affirme les mots suivants :
Or la raison peut considรฉrer un mรชme รชtre sous des rapports diffรฉrents, en sorte quโil soit bon sous un rapport, et ne le soit pas sous un autre. Cโest pourquoi celui qui voudra cet รชtre en tant quโil est bon, et celui qui ne le voudra pas en tant quโil est mauvais, auront lโun et lโautre une volontรฉ bonne.
Thomas dโAquin, ST I-II, q. 19, a. 10, co.
Il illustre cette distinction :
Ainsi la volontรฉ du juge est bonne lorsquโil veut la mort dโun bandit parce quโelle est juste ; et la volontรฉ de lโรฉpouse ou du fils de ce bandit est bonne รฉgalement lorsquโils ne veulent pas sa mort, parce que cette mise ร mort est un mal selon la nature.
Loc. cit.
Au contraire, Thomas considรจre que le bien commun est la perfection ou lโachรจvement de lโindividu. Il se fait selon la nature humaine et en pointant vers le Bien suprรชme. Dieu, en tant que Bien suprรชme, est la cause de toute bontรฉ qui perfectionne l’individu ; et le bien commun, qui est plus proche de Dieu que les biens individuels, peut donner plus de bontรฉ. En effet, ร cause de sa proximitรฉ avec Dieu, le bien commun est davantage capable de rรฉpandre son bien sur ses parties :
Ce qui rรฉalise toute perfection dans un genre donnรฉ, est la cause de tous les รชtres qui appartiennent ร ce genre ; ainsi le feu qui est au plus haut degrรฉ du chaud, est-il cause de la chaleur dans les autres corps. Le souverain bien qui est Dieu, est donc cause de bontรฉ dans tous les biens, et par consรฉquent il est aussi en chaque fin cause de sa raison de fin, puisque tout ce qui est fin est tel en raison de sa bontรฉ. Or ce qui est la raison d’รชtre de quelque perfection dans un genre, possรจde par excellence cette perfection. Dieu est donc par excellence la fin de tous les รชtres.
Thomas dโAquin, Somme contre les Gentils, III, chap. 17.
Les pensรฉes de Thomas sur Dieu en tant que Bien suprรชme nous introduisent ร sa hiรฉrarchie des biens, l’ordre de la charitรฉ.
La hiรฉrarchie des biens
Dans la Secunda Secundรฆ Partis de la Summa theologiรฆ, ร la vingt-sixiรจme question, le docteur angรฉlique dรฉfend lโexistence et le contenu de lโordre de la charitรฉ. Dans le premier article, il argumente que lโamour de la charitรฉ tend vers Dieu en tant que principe de la bรฉatitude. Dieu est le premier principe de cet amour et les choses aimรฉes par charitรฉ se positionnent en fonction de leur relation avec le Premier principe, Dieu.
Les articles suivants prรฉsentent et dรฉfendent cet ordre de la charitรฉ. Le deuxiรจme article nous dit que l’amitiรฉ de la charitรฉ est fondรฉe sur la communion de la bรฉatitude qui dรฉcoule de Dieu, le Premier principe. Par consรฉquent, Dieu doit รชtre aimรฉ tout dโabord et par-dessus tout par charitรฉ, car il est la cause du bonheur. Nous devons aimer Dieu plus que notre prochain.
Ensuite, dans le troisiรจme article, Thomas affirme que parce queยซ dans un tout, chaque partie aime naturellement le bien commun de ce tout plus que son bien propre et particulier ยป, lโhomme doit aimer Dieu, le bien commun de tous, plus que lui-mรชme9. ยซ En effet, la bรฉatitude rรฉside en Dieu comme dans la source et le principe communs de tous ceux qui peuvent en participer3. ยป Nous pouvons noter que cette question confirme explicitement que Dieu est lโultime bien commun.
Le quatriรจme article traite dโune dimension plus horizontale ร propos de la charitรฉ entre nous et notre prochain. Thomas argumente que nous aimons Dieu en tant que principe du bien, alors que nous nous aimons nous mรชme en tant que participant de ce bien et que nous aimons notre prochain ร cause de sa participation ร ce bien. Par consรฉquent, ยซ de mรชme que lโunitรฉ lโemporte sur lโunion, de mรชme participer soi-mรชme du bien divin est un motif dโaimer supรฉrieur ร celui qui vient de ce quโun autre nous est associรฉ dans cette participation10. ยปDonc, nous devons nous aimer nous-mรชmes plus que notre prochain.
Le cinquiรจme article traite de la mรชme question, mais considรจre la nature corporelle de lโhomme plutรดt que sa nature spirituelle (comme dans la prรฉcรฉdente). Thomas propose que nous devons aimer notre prochain (son รขme) plus que notre propre corps parce quโavec la premiรจre, nous vivons une communion dans la pleine participation ร la bรฉatitude. Au contraire, avec le corps, nous ne vivons quโune simple participation ร la bรฉatitude par rejaillissement.
Dans le sixiรจme article, il affirme que nous devons aimer notre prochain plus que les autres. En effet, ยซ puisque Dieu et celui qui aime sont les principes de lโamour, il est nรฉcessaire quโil y ait un plus grand sentiment de dilection, selon que celui qui en est lโobjet est plus rapprochรฉ de lโun de ces deux principes11. ยป Thomas continue son raisonnement dans le septiรจme article. Pour lui, nous devons aimer ceux qui sont plus intimement unis ร nous, pare que notre amour pour eux est plus intense et quโil y a plus de raisons pour les aimer quโune simple charitรฉ.
Le huitiรจme article contient lโargumentation suivante :
Ainsi donc faut-il dire que lโamitiรฉ de ceux qui sont du mรชme sang est fondรฉe sur la communautรฉ de lโorigine naturelle, celle qui unit des concitoyens sur la communautรฉ civile, celle qui unit des soldats sur la communautรฉ guerriรจre. Cโest pourquoi, en ce qui concerne la nature, nous devons aimer davantage nos parents ; en ce qui touche aux relations de la vie civile, nos concitoyens ; et enfin, en ce qui concerne la guerre, nos compagnons dโarmes.
Thomas dโAquin, ST II-II, q. 26, a. 8, co.
De plus, lโunion basรฉe sur lโorigine naturelle ยซ a la prioritรฉ et est aussi la plus stable parce quโelle tient ร la substance de notre รชtre, tandis que les autres liens sont surajoutรฉs et peuvent disparaรฎtre3. ยปPar consรฉquent, nous devons aimer dantage ceux ร qui nous sommes liรฉes par le sang.
Ensuite, Thomas introduit la distinction dans lโordre de la charitรฉ entre nos enfants et nos parents (article 9), notre รฉpouse (ou รฉpoux) et nos parents (article 11), nos bienfaiteurs et ceux ร qui nous avons fait du bien (article 12) et affirme que le pรจre doit รชtre plus aimรฉ que la mรจre (article 10). Le treiziรจme article nous รฉlรจve avec lโaffirmation que lโordre de la charitรฉ continuera dans les cieux.
Ainsi, nous pouvons voir que lโordre de la charitรฉ est dรฉfini par la mรฉtaphysique. Dieu est le bien suprรชme duquel les biens sont ordonnรฉs. Par consรฉquent, ceux qui sont plus proches du principe du bien, qui y participent le plus, doivent รชtre davantage aimรฉs. Cette distinction est faite selon les individus, mais aussi selon leurs parties. Cโest pour cela que lโรขme de notre prochain a la prioritรฉ sur notre propre corps.
Cet ordre de la charitรฉ a des implications morales parce que, pour Thomas, lโamour est une vertu. Et la possession dโune vertu rend son dรฉtenteur bon. Par consรฉquent, cet ordre sโincarner dans une rรฉflexion plus large sur le bien commun.
Conclusion
Pour Thomas dโAquin, lโhomme est un animal politique et social. Cette tendance ร se rassembler et ร ordonner les choses politiquement crรฉe, ร travers le principe dโรฉquitรฉ, le besoin dโune poursuite du bien commun. Cette recherche oriente le bien particulier vers un bien plus grand, mais ne l’absorbe ni ne l’efface pour autant. Cet ordre de la charitรฉ, avec Dieu ร sa tรชte, nous permet de voir quels sont les biens ร prioriser dans notre recherche du bien commun.
Illustration : Claude Gellรฉe, L’Embarquement de la reine de Saba, huile sur toile, 1648 (Londres, National Gallery).
- Thomas dโAquin, De regno I, chap. 1.[↩]
- Thomas dโAquin, Summa Theologiรฆ II-II, q. 109, a. 3, ad. 1.[↩]
- Ibid.[↩][↩][↩]
- Thomas dโAquin, Commentaire du traitรฉ de la politique d’Aristote, I.1.79075.[↩]
- Thomas dโAquin, ST I-II, q. 90, a. 2, ad. 2.[↩]
- Thomas dโAquin, ST I-II, q. 96, a. 4, co.[↩]
- Thomas dโAquin, Sententia Libri Ethicorum, VIII, lect. 12, n. 1720.[↩]
- Patrick B. Bersnak, The Political Common Good according to St. Thomas Aquinas and John Finnis, thรจse de doctorat, The Catholic university of America, 2014, pp. 162-70.[↩]
- Thomas dโAquin, ST II-II, q. 26, a. 3, co.[↩]
- Thomas dโAquin, ST II-II, q. 26, a. 4, co.[↩]
- Thomas dโAquin, ST II-II, q. 26, a. 6, co.[↩]





0 commentaires
Trackbacks/Pingbacks