Il y a plus d’un an maintenant, nous avions lancé un appel à la prière et au jeûne alors que la loi sur l’euthanasie commençait d’être examinée. Cet appel avait été repris par le synode des Églises Protestantes Réformées Évangéliques (UNEPREF), diverses paroisses, pastorales locales et ministères chrétiens. Nous avons pu voir avec joie cette loi connaître un parcours législatif des plus houleux. Après avoir été interrompue par la dissolution de l’Assemblée Nationale, la loi s’est heurtée à deux refus du Sénat. Mais cette loi pourrait encore être votée ce 15 juillet, l’Assemblée Nationale ayant alors le dernier mot.
Cette loi menace la dignité des personnes souffrantes en leur proposant une voie impie pour les soulager, elle menace la conscience des personnels soignants et ouvre la voie à des dérives plus significatives que les autres pays qui précèdent la France dans ce chemin n’ont pas tardé à suivre. Si vous souhaitez plus d’éléments relatifs à cette loi ou aux convictions exprimées par les diverses instances évangéliques et réformées, nous vous invitons à consulter notre article de l’an dernier. Nous vous invitons également à consulter cet entretien que Regards Protestants m’avait accordé à cette occasion.
Nous avons toutefois de bonnes raisons d’espérer que cette loi puisse être mise en défaut à l’Assemblée Nationale. Le projet de loi pour le suicide assisté au Royaume-Uni a été mis en échec il y a quelques semaines et chaque vote en France s’est accompagné d’une régression du soutien à la loi.

Pourquoi prier et jeûner ?
Les citoyens de notre pays peuvent avoir recours aux pétitions, aux débats, au vote, aux manifestations pour tenter de faire prévaloir leurs idées. Seuls les chrétiens ont un accès filial à Celui qui incline les cœurs des rois et dont la vie de chacun dépend. Son Fils nous a fait prêtres pour ce monde, chargés spécifiquement d’intercéder et d’offrir notre monde à Dieu pour que sa volonté y soit faite comme elle l’est au ciel. La prière est l’arme spécifique des chrétiens, personne d’autre ne peut la manier comme le peuple de Dieu le peut. C’est donc à la fois notre privilège et notre responsabilité.
L’observance d’un jour consacré à la prière dans le contexte d’un malheur ou d’un péché d’une nation a de nombreux précédents dans la Bible1 et dans l’histoire des Églises protestantes et de l’Église en général2. Il semble que la matière soit particulièrement grave et invite à ce genre de réaction de la part des chrétiens. Pour de plus amples réflexions sur ce sujet, nous vous invitons à consulter cette conférence donnée par deux contributeurs de ce site auprès de la pastorale évangélique de Marseille l’an dernier :
POUR QUOI PRIER ?
À la lumière des éléments mentionnés dans cet article, il semble que plusieurs sujets invitent à la prière :
- Prions pour les personnes vulnérables, vieillissantes et souffrantes de notre pays et de notre entourage ; qu’elles puissent se voir offrir des soins respectueux de leur dignité d’êtres créés à l’image de Dieu (Genèse 1,27), et plus encore, qu’elles aient l’opportunité d’entendre l’espérance de l’Évangile (Romains 15,13) ;
- Prions pour les personnes en position d’autorité dans notre pays et pour les parlementaires (1 Timothée 2,2), qu’ils puissent appeler le bien bien et appeler le mal mal (Ésaïe 5,20), que Dieu incline leur cœur vers la sagesse (Proverbes 21,1) et fasse échouer les projets contraires à sa juste volonté (Job 5,12) ;
- Prions que la liberté des soignants chrétiens de rendre un culte à Dieu dans l’honnêteté (1 Timothée 2,3), y compris en pouvant exercer leur vocation avec une conscience pure (2 Timothée 1,3), ne soit pas mise en péril ;
- Prions de manière générale pour notre pays, que Dieu y fasse prospérer son Évangile, que nos concitoyens et nos autorités se détournent de leurs mauvaises voies, que Dieu patiente encore envers notre pays ;
- Prions chacun pour nos représentants dans les deux assemblées, et pour les députés plus particulièrement ;
- Prions pour les débats à venir à l’Assemblée, que le mal puisse y être réfréné de toutes les façons possibles ;
- Prions pour les diverses initiatives, pétitions, lettres aux députés. Que Dieu donne de la sagesse aux associations et acteurs impliqués pour être persuasif.
Nous invitons les pasteurs à relayer notre appel à la prière, soit par une invitation auprès des membres de leurs Églises à participer à la journée de prière du 6 juillet, soit dans les réunions de prières de leurs Églises ou par tout autre moyen qu’ils jugeront approprié. Puisque le vote aura lieu à l’Assemblée nationale le 15 juillet, ceux qui ne peuvent pas se joindre à nous le 6 juillet peuvent le faire dans les jours qui suivront.
Illustration en couverture : Une prière pour ceux qui voguent sur les mers, Frederick Daniel Hardy, 1879.
- Citons, en guise d’exemple, Daniel chapitre 9.[↩]
- Ainsi, entre 1567 et 1620, la seule ville de Genève, protestante, proclama à quinze reprises des jours de jeûne et prière, comme le relève l’historien Scott Clark.[↩]





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