Protestants illustres

Illustres réformés (14) : Laurent Drelincourt (1626-1681)

Nous avons peu d’information sur la vie de Drelincourt. Il fut le fils du pasteur Charles Drelincourt et, après avoir suivi une formation à l’académie de Saumur, il fut à son tour pasteur à La Rochelle pendant 10 ans avant de devoir s’exiler à Paris en raison des persécutions. Il y fut protégé par Valentin Conrart.

En parallèle de son ministère de prédication, Laurent Drelincourt est rendu célèbre par ses sonnets, ces poèmes de 14 vers. Boileau dira qu' »un sonnet sans défaut vaut seul un long poème ». Les sonnets de Drelincourt, en tout cas, valent bien un long sermon. Reproduisons quelques uns d’entre eux.

En tout temps, en tout lieu, sur la terre et sur l’eau,
Ressouviens-toi, Mortel, que tu dois te résoudre
A voir, au premier Vent, éteindre ton flambeau,
Et que ton vase d’Or doit, enfin, se dissoudre.

Jeune et vieux, riche et pauvre, est soumis au Tombeau ;
Les lauriers les plus verts sont sujets à la Foudre ;
Ton corps, ce riche Habit, ce Chef-d’oeuvre si beau,
Doit tomber dans la fosse, et retourner en poudre.

Chrétien, si ce Tableau t’imprime de l’Horreur,
C’est ici le moyen d’en bannir la Terreur,
Et de braver la Mort, et toute sa Puissance.

Embrasse par la Foi l’heureuse Eternité,
Et mets en ton Sauveur ton unique Espérance ;
Mourant tu revivras dans l’immortalité.

Sur la Mort, Remède

Ainsi, pour le Travail, tes Bontez paternelles
Font régner la Lumière au terrestre Sejour :
Et, par tes sages Lois, la Nuit vient, à-son-tour,
Apporter le Repos, sous l’ombre de ses ailes.

Mais, si le noir Sommeil doit couvrir mes prunelles,
Ouvre sur moy, mon Dieu ! les yeux de ton Amour :
Dissipe mes Péchez ; sois mon Astre et mon jour :
Et que tes Anges saints soient mes Gardes fidèles

Le Jour, incessamment englouty par la Nuit,
De la fin de ma vie incessamment m’instruit :
Et je dois, nuit-et-jour, saintement m’y résoudre.

Fai que, pour moy, la Mort ne soit qu’un dous Sommeil
Où, l’Ame entre tes Bras, et le corps dans la poudre,
De l’éternel Matin, j’attende le Réveil

Prière pour le soir

Ses poèmes, on le voit, sont remplis de sa foi et de l’espérance qui l’ont accompagné jusqu’à sa mort en 1681. C’est cette espérance qu’il confessait dans ses sonnets « l’Assurance » ou « Sur la Mer » :

Ainsi le Châtiment, dont l’offense est suivie,
Porte un vieux nom contraire à ses nouveaux effets :
La Mort n’est maintenant qu’un passage à la Vie.

L’Assurance

Mais, quand dois-je aborder cette Mer Pacifique,
Sans tempête, sans flots ; où dans l’Eternité,
L’on voit ce que la Gloire a de plus magnifique ?

Sur la Mer

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